Chaers lecteur·ices de Trou Noir,
Vous l’avez peut-être déjà lu : depuis plusieurs mois, Makassar, le distributeur d’un grand nombre de maisons d’édition indépendantes et politiques, traverse une crise sans précédent. Désormais incapable d’assurer ses missions de diffusion et de régler les importantes sommes dues aux éditeur·ices, il laisse aujourd’hui Trou Noir, comme des dizaines de maisons amies et de travailleur·euses du livre, dans une situation financière et structurelle extrêmement critique.
Depuis plus de six ans, Trou Noir s’attache à produire, traduire et diffuser des théories critiques et politiques consacrées aux mutations contemporaines du capitalisme, en les articulant aux questions de dissidence sexuelle, d’expériences queer et de luttes minoritaires.
Le passage au format papier nous a permis, ces dernières années, de publier six numéros de revue en rémunérant chaque auteur·ice à la mesure de nos moyens, de lancer nos premiers ouvrages de poésie et de théorie politique
Ainsi que de préparer la parution de deux romans pour la rentrée 2026.
Aujourd’hui, c’est l’ensemble de cette aventure éditoriale qui est directement menacé.
Nous tentons actuellement de résoudre cette situation, avec Hobo, notre diffuseur, afin de pouvoir le plus vite possible retourner en librairie. Il parait impossible de dé-corréler cette situation spécifique d’une crise plus générale affectant toute la chaine éditoriale. Réduction des subventions, des points de vente, hausse des loyers de librairie, précarisation des travailleur.euses du livre (impression, édition, distribution) au bénéfice de grandes entreprises qui assument de concentrer tous les pouvoirs comme Hachette ou Editis, imposant en conséquence de plus en plus leur monopole, leurs idées ou leur modèle de production et de diffusion.
Dans ce contexte économique et politique alarmant, les structures LGBTQI indépendantes sont durement touchées. Les récentes interpellations des Mots à la Bouche, de la Librairie L’Affranchie nous rappellent la difficulté comme l’urgence de maintenir des contre-modèles, des espaces faisant vivre les cultures minorisées, des initiatives incarnant un autre rapport au livre, des pensées, des modes de production, d’écriture susceptibles de lutter contre les formes culturelles les plus individualistes, homogénéisantes, discriminantes ou digestibles de nos vies par le réalisme capitaliste et ses multiples avatars politiques.
C’est aussi pour nous l’occasion de rappeler ce qu’est Trou Noir. Notre équipe est composée de quatre personnes, toutes entièrement bénévoles. Cette dimension amateure n’est pas seulement une contrainte : elle constitue un choix politique. Elle nous offre une liberté de ton, de forme et de contenu que les impératifs de rentabilité rendent souvent impossible. Être amateur·ice, c’est revendiquer le droit d’occuper une place qui ne nous était pas destinée ; c’est permettre à celles et ceux qui ne sont pas des professionnel·les du livre d’écrire, de traduire, de publier et de fabriquer collectivement d’autres formes de pensée.
Concrètement, nous avons besoin de sortir notre trésorerie du rouge. Nos pertes s’élevant à plus de 15.000 €, nous n’avons plus les moyens de continuer à éditer, à imprimer nos nouveautés de la rentrée, à faire un nouveau tirage des livres épuisés, ni à régler les droits de nos auteurices ou à rémunérer les graphistes et relecteur·ices.
Si vous souhaitez nous aider directement, le moyen le plus efficace est de commander nos livres en vente directe sur notre site, d’offrir un numéro de la revue ou un ouvrage autour de vous, ou encore de venir nous rencontrer et acheter nos publications lorsque nous tenons un stand sur un festival. Chaque commande passée cet été constitue un soutien immédiat. Elle nous permettra de sortir notre trésorerie du rouge, de poursuivre l’aventure Trou Noir et de relancer notre programme éditorial.




