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		<title>L'&#233;rotique du pouvoir</title>
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		<dc:subject>Antif&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Extrait</dc:subject>
		<dc:subject>fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Alberto Toscano</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; La construction de toutes pi&#232;ces de crises autour du sexe et du genre permet aux logiques g&#233;opolitiques et civilisationnelles de s'inscrire dans les corps m&#234;mes, au niveau le plus mat&#233;riel mais aussi le plus symbolique. &#187;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/salo.jpg?1741536626' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;a href=&#034;https://editionslatempete.com/produit/fascisme-tardif/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Fascisme tardif&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (sortie le 7 mars aux &#201;ditions la Temp&#234;te), Alberto Toscano d&#233;crit le fascisme comme un processus en constante &#233;volution, ancr&#233; dans des dynamiques d'exploitation et de domination qui pr&#233;c&#232;dent et perdurent au-del&#224; de sa cristallisation dans l'Italie de Mussolini et l'Allemagne de Hitler. Dans l'extrait que nous publions ici, il poursuit &lt;a href=&#034;https://www.trounoir.org/Reconsiderer-la-politique-sexuelle-du-fascisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le geste critique de Robyn Marasco&lt;/a&gt; concernant la mobilisation du sexe et du genre dans les mutations r&#233;centes du fascisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; plusieurs occasions dans ce livre, j'ai appel&#233; de mes v&#339;ux un retour aux d&#233;bats de la fin des ann&#233;es 1960 et des ann&#233;es 1970 sur le &#171; nouveau fascisme &#187; pour &#233;clairer notre situation politique et th&#233;orique. Cela appara&#238;t de mani&#232;re peut-&#234;tre encore plus frappante si l'on se penche sur les vies sexuelles du fascisme (y compris dans ses vies ult&#233;rieures), dans la mesure o&#249; les r&#233;volutions culturelles et les &#233;lans lib&#233;rateurs des ann&#233;es 1960 n'ont pas seulement jou&#233; un r&#244;le dans la constitution, en n&#233;gatif, des nouveaux fascismes et antifascismes de l'&#233;poque, ils repr&#233;sentent &#233;galement une composante essentielle des grands r&#233;cits de l'extr&#234;me droite elle-m&#234;me &#8211; pour qui &#171; l'id&#233;ologie du genre &#187; est aux &#233;meutes de Stonewall ce que la &#171; th&#233;orie critique de la race &#187; est au Black Power, c'est-&#224;-dire autant de signes d'une strat&#233;gie globale port&#233;e par les &#233;lites pour abolir la famille, la tradition et l'Occident (blanc). Une panique morale plan&#233;taire autour de la transidentit&#233; s'est ajout&#233;e, en tant que source d'inspiration des &#233;nergies fascistes, aux discours racistes sur la migration comme substitution ethnique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Judith Butler, &#171; Why is the idea of &#8220;gender&#8221; provoking backlash the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est important en soi de th&#233;oriser les liens complexes entre fascisme et &#233;ros, mais cela se r&#233;v&#232;le particuli&#232;rement urgent dans le contexte actuel, &#224; l'heure o&#249; les r&#233;seaux internationaux de la r&#233;action s'agglom&#232;rent autour de la menace que repr&#233;sente &#224; leurs yeux la non-conformit&#233; de genre et o&#249; la construction de toutes pi&#232;ces de crises du autour du sexe et du genre permet aux logiques g&#233;opolitiques et civilisationnelles de s'inscrire dans les corps m&#234;mes, au niveau le plus mat&#233;riel mais aussi le plus symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/prov_fascismetardif_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/prov_fascismetardif_n.jpg?1740336662' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la conf&#233;rence sur la schizo-culture organis&#233;e &#224; New York en 1975, Michel Foucault d&#233;crivait la t&#226;che consistant &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le fascisme apr&#232;s les ann&#233;es 1960 dans les termes suivants :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je pense que ce qui s'est pass&#233; depuis 1960, c'est l'apparition &#224; la fois de nouvelles formes de fascisme, de nouvelles formes de conscience du fascisme, de nouvelles formes de description du fascisme et de nouvelles formes de lutte contre le fascisme. Et le r&#244;le de l'intellectuel, depuis les ann&#233;es soixante, c'est bien pr&#233;cis&#233;ment de se situer selon ses exp&#233;riences, sa comp&#233;tence, ses choix personnels, son d&#233;sir, de se situer &#224; un certain point qui soit tel qu'il puisse &#224; la fois faire appara&#238;tre des formes de fascisme qui sont malheureusement non aper&#231;ues ou trop facilement tol&#233;r&#233;es, d&#233;crire ces formes de fascisme, essayer de les rendre intol&#233;rables et d&#233;finir quelle est la forme sp&#233;cifique de lutte que l'on peut entreprendre contre le fascisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, &#171; Schizo-Culture : On Prisons and Psychiatry &#187; [1989] dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar de George Jackson, dont l'assassinat avait fait l'objet d'une brochure du Groupe d'information sur les prisons anim&#233; par Foucault, le philosophe fran&#231;ais fait le choix de centrer son intervention sur les nouvelles formes de fascisme autour de la question de la soci&#233;t&#233; carc&#233;rale et punitive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Alberto Toscano, &#171; The Intolerable-Inquiry : The Documents of the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le m&#234;me jour, R. D. Laing parlait de l'usage politique des tranquillisants comme des &#171; drogues de conditionnement &#187; et la militante du Weather Underground Judy Clark pr&#233;sentait dans les moindres d&#233;tails les techniques de &#171; modification comportementale &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; la terreur physique et psychologique contre les personnes qui s'organisent &#224; l'int&#233;rieur [des prisons] et se rebellent contre les conditions &#224; l'int&#233;rieur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Judy Clark, Michel Foucault, Howie Harp et Ronald D. Laing, &#171; Schizo-Culture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Foucault lui-m&#234;me revenait sur le r&#244;le des m&#233;decins dans la supervision de la torture sous la dictature militaire au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;velopper les instances permettant de reconna&#238;tre les d&#233;clinaisons m&#233;connues et tol&#233;r&#233;es du fascisme, pr&#233;cis&#233;ment dans le but de les rendre perceptibles et intol&#233;rables, signifiait aussi se confronter &#224; la visibilit&#233; spectaculaire et sexualis&#233;e d'un certain fascisme dans la culture des ann&#233;es 1970. Le cin&#233;ma en particulier &#233;tait devenu le terrain privil&#233;gi&#233; d'un retour fantasmatique du fascisme comme ph&#233;nom&#232;ne sexuel dans des &#339;uvres controvers&#233;es, de &lt;i&gt;Portier de nuit &lt;/i&gt;de Liliana Cavani &#224; &lt;i&gt;Sal&#242; ou les 120 journ&#233;es de Sodome &lt;/i&gt;de Pier Paolo Pasolini en passant par &lt;i&gt;Salon Kitty &lt;/i&gt;de Tinto Brass, sans oublier toute la s&#233;rie de films de &lt;i&gt;nazisploitation&lt;/i&gt;. Foucault a d&#233;velopp&#233; ses analyses les plus ac&#233;r&#233;es du nazisme et du fascisme dans deux entretiens accord&#233;s &#224; des revues fran&#231;aises de cin&#233;ma au milieu des ann&#233;es 1970. Ses remarques ouvrent des pistes de recherche qui d&#233;passent &#224; maints &#233;gards le cadre &#171; biopolitique &#187; qui l'avait amen&#233;, dans le premier tome de l'&lt;i&gt;Histoire de la sexualit&#233;&lt;/i&gt;, &#224; mettre en &#233;vidence les continuit&#233;s entre l'&#201;tat-providence et la politique g&#233;nocidaire, consid&#233;r&#233;s comme deux p&#244;les interconnect&#233;s d'une politique des populations &#8211; dans des termes dont l'influence sur les d&#233;bats th&#233;oriques actuels a &#233;t&#233; consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; sur le rapprochement fantasmagorique dans la culture populaire entre sexualit&#233; d&#233;bordante et nazisme, le premier r&#233;flexe de Foucault consiste &#224; d&#233;s&#233;rotiser le fascisme, non sans une pointe de sarcasme :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le nazisme n'a pas &#233;t&#233; invent&#233; par les grands fous &#233;rotiques du xxe si&#232;cle, mais par les petits-bourgeois les plus sinistres, ennuyeux, d&#233;go&#251;tants qu'on puisse imaginer. Himmler &#233;tait vaguement agronome, et il avait &#233;pous&#233; une infirmi&#232;re. Il faut comprendre que les camps de concentration sont n&#233;s de l'imagination conjointe d'une infirmi&#232;re d'h&#244;pital et d'un &#233;leveur de poulets. H&#244;pital plus basse-cour : voil&#224; le fantasme qu'il y avait derri&#232;re les camps de concentration. On y a tu&#233; des millions de gens, donc je ne dis pas &#231;a pour diminuer le bl&#226;me qu'il faut faire porter sur l'entreprise, mais justement pour la d&#233;senchanter de toutes les valeurs &#233;rotiques qu'on a voulu lui surimposer. Les nazis &#233;taient des femmes de m&#233;nage au mauvais sens du mot. Ils &#339;uvraient avec des torchons et balais, voulant purger la soci&#233;t&#233; de tout ce qu'ils consid&#233;raient &#234;tre des sanies, des poussi&#232;res, des ordures : v&#233;rol&#233;s, homosexuels, juifs, sangs impurs, noirs, fous. C'est l'infect r&#234;ve petit-bourgeois de la propret&#233; raciale qui sous-tendait le r&#234;ve nazi. &#201;ros absent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, &#171; Sade, sergent du sexe &#187; (entretien avec G. Dupont), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/piege-nazi-pour-7-espions-affiche-de-film-120x160-1972-mario-amendola-nazisploitation.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/piege-nazi-pour-7-espions-affiche-de-film-120x160-1972-mario-amendola-nazisploitation.jpg?1740325664' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;Pi&#232;ge nazi &lt;/i&gt; (1967), un film de Irving Jacobs.&lt;/center&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'esth&#233;tisation libidinale du nazisme dans le cin&#233;ma et la culture populaire des ann&#233;es 1970 (souvenons-nous de la c&#233;l&#232;bre interview de David Bowie dans &lt;i&gt;Playboy &lt;/i&gt;en 1976, avec ses commentaires sur Hitler &#233;lev&#233; au rang de rock star &#171; aussi bon que Jagger &#187;, ou les croix gamm&#233;es arbor&#233;es par Siouxsie Sioux et Sid Vicious) est symptomatique selon Foucault d'une attraction durable bien qu'anachronique envers un &#233;rotisme propre &#224; la soci&#233;t&#233; disciplinaire &#8211; &#171; une soci&#233;t&#233; r&#233;glementaire, anatomique, hi&#233;rarchis&#233;e, avec son temps soigneusement distribu&#233;, ses espaces quadrill&#233;s, ses ob&#233;issances et ses surveillances &#187;. Le nom de cet &#233;ros disciplinaire est Sade &#8211; mais, r&#233;torque Foucault, &#171; il nous ennuie, c'est un disciplinaire, un sergent du sexe, un agent-comptable des culs et de leurs &#233;quivalents&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, &#171; Sade, sergent du sexe &#187; dans Dits et &#233;crits II (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, dans la foul&#233;e de mai 1968, le probl&#232;me consistait &#224; d&#233;finir les protocoles &#233;thiques d'une &#171; vie non fasciste &#187;, comme Foucault le sugg&#232;re dans sa pr&#233;face &#224; la traduction anglaise de &lt;i&gt;L'Anti-&#338;dipe&lt;/i&gt;, cela voulait dire aussi oublier Sade et les fantasmes sordides de contr&#244;le d&#233;sormais associ&#233;s &#224; son nom. Foucault nous y exhorte : &#171; Il faut inventer avec le corps, avec ses &#233;l&#233;ments, ses surfaces, ses volumes, ses &#233;paisseurs, un &#233;rotisme non disciplinaire : celui du corps &#224; l'&#233;tat volatil et diffus, avec ses rencontres de hasard et ses plaisirs sans calcul&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ou, pour citer l'invitation plus r&#233;cente de Jordy Rosenberg : &#171; Si les nazis dansent toute la nuit, alors notre r&#233;sistance n&#233;cessite plus que de la logique ; plus qu'une simple moue de d&#233;sapprobation de gens &#233;duqu&#233;s ou des sursauts fr&#233;n&#233;tiques de panique st&#233;rile. Nous avons besoin du d&#233;sir &#8211; de cette descente confuse, parfois &#226;pre, et m&#234;me autodestructrice vers la face qui reste cach&#233;e &#224; la raison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jordy Rosenberg, &#171; The Daddy Dialectic &#187;, Los Angeles Review of Books, 11 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; L'invention exp&#233;rimentale de plaisirs autres, indisciplin&#233;s, est le revers du diagnostic des formes nouvelles, insaisissables, de fascisme qui &#233;chappent &#224; toute assignation facile &#224; une identit&#233; politique et historique. Bien que plus proche, en derni&#232;re instance, du registre de l'&#233;thique des plaisirs que de celui de la schizo-analyse des d&#233;sirs, Foucault &#233;tait &#233;galement pr&#233;occup&#233;, comme Deleuze et Guattari, par ce qu'il appelait &#171; le fascisme qui est en nous tous, qui hante nos esprits et nos conduites quotidiennes, le fascisme qui nous fait aimer le pouvoir, d&#233;sirer cette chose m&#234;me qui nous domine et nous exploite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, &#171; Pr&#233;face &#187; &#224; la traduction am&#233;ricaine de Gilles Deleuze et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans les d&#233;bats des ann&#233;es 1960 et 1970 sur le &#171; nouveau fascisme &#187;, ce fascisme de la vie quotidienne, inconscient et intime, a consid&#233;rablement gagn&#233; en importance, notamment, comme l'indiquent la pr&#233;face de Foucault et la critique des groupuscules de gauche par Deleuze et Guattari, comme (auto)critique des rapports autoritaires dans les collectifs pr&#233;tendument r&#233;volutionnaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien qu'issu de la m&#234;me conjoncture id&#233;ologique, ce point de vue r&#233;flexif (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On le retrouve aussi chez les f&#233;ministes noires aux &#201;tats-Unis. Robin Kelley cite le passage suivant d'un chapitre sur &#171; La r&#233;volte des femmes noires &#187; dans l'ouvrage collectif publi&#233; en 1973, &lt;i&gt;Lessons from the damned&lt;/i&gt; : &#171; Nous trouvons au sein de nos familles et en nous-m&#234;mes les graines du fascisme que la gauche traditionnelle refuse de voir. Le fascisme n'&#233;tait pas un probl&#232;me massif et effrayant pour nous. C'&#233;tait notre vie quotidienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans Robin D. G. Kelley, Freedom Dreams, p. 147.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles formes de fascisme dont parlait Foucault, irr&#233;ductibles &#224; la r&#233;p&#233;tition de symboles et de mod&#232;les organisationnels datant de l'entre-deux-guerres, exigeaient que soit mise en place une microphysique du pouvoir. Aux antipodes du caract&#232;re massif de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs &#171; totalitaires &#187;, ces nouveaux variants de la &#171; peste brune &#187; nazie &#233;taient des &#171; microfascismes &#187; qui, pour &#234;tre correctement diagnostiqu&#233;s et d&#233;sactiv&#233;s, exigeaient une analyse des nouvelles formes d'accumulation et de subjectivation capitalistes. Comme le note F&#233;lix Guattari :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme mobilise tout ce qui freine la prolif&#233;ration et la mise en acte des potentialit&#233;s inconscientes. En d'autres termes, les antagonismes relev&#233;s par Freud, entre les investissements de d&#233;sir et les investissements sur-mo&#239;ques, ne rel&#232;vent ni d'une topique, ni d'une dynamique, mais d'une politique, d'une micropolitique. La r&#233;volution mol&#233;culaire commence l&#224; : tu es d'abord fasciste ou r&#233;volutionnaire avec toi-m&#234;me, au niveau de ton Surmoi, dans ton rapport au corps, aux sentiments, avec ton mari, ta femme, tes enfants, tes coll&#232;gues, dans ta fa&#231;on de porter en toi la justice, l'&#201;tat, etc. Il existe un continuum entre ces domaines &#171; pr&#233;personnels &#187; et tous les agencements et strates qui &#171; exc&#232;dent &#187; l'individu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;lix Guattari, &#171; Petites et grandes machines &#224; inventer la vie &#187; (entretien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La formulation de Guattari r&#233;sonne avec le plaidoyer de Foucault cit&#233; plus haut invitant &#224; rendre d&#233;tectables et intol&#233;rables les formes latentes et tol&#233;r&#233;es de fascisme qui se situent en dessous du seuil de reconnaissance sociale. Elle rappelle aussi les objectifs de nombreuses enqu&#234;tes d'apr&#232;s-guerre sur la vie psychique du pouvoir sous le capitalisme, en commen&#231;ant par les &lt;i&gt;&#201;tudes sur la personnalit&#233; autoritaire&lt;/i&gt;, consistant &#224; &#233;laborer une prophylaxie politique pour emp&#234;cher la cristallisation de nouvelles macro-formes de fascisme qui risqueraient de se d&#233;velopper &#224; partir des formes rest&#233;es pour l'essentiel inaper&#231;ues dans le corps social. Guattari d&#233;clare : &#171; Les &#233;l&#233;ments microfascistes doivent &#234;tre rep&#233;r&#233;s dans toutes nos relations aux autres, parce qu'en combattant au niveau mol&#233;culaire, nous r&#233;ussirons bien mieux &#224; emp&#234;cher l'av&#232;nement d'une formation vraiment fasciste, macro-fasciste, au niveau molaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;lix Guattari, &#171; A Liberation of Desire &#187;, entretien avec George Stambolian (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; D'o&#249; l'id&#233;e que les modalit&#233;s de l'antifascisme classique, organis&#233;es militairement ou li&#233;es &#224; des partis politiques, doivent d&#233;sormais passer le relais &#224; la &#171; lutte antifasciste micropolitique &#187;, ce qui implique de nouvelles formes de vigilance clinique et critique capables de reconna&#238;tre le fascisme m&#234;me lorsqu'il ne d&#233;file pas dans les rues avec ses insignes morbides&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;lix Guattari, &#171; Micro-politique du d&#233;sir &#187;, loc. cit., p. 50.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Guattari nous pr&#233;vient :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait donc, une fois pour toutes, renoncer &#224; la formule trop facile : &#171; Le fascisme ne passera pas ! &#187; Le fascisme est d&#233;j&#224; pass&#233; et il ne cesse de passer. Il passe &#224; travers les mailles les plus fines, il est en &#233;volution constante, dans la mesure o&#249; il participe d'une &#233;conomie micropolitique du d&#233;sir, elle-m&#234;me ins&#233;parable de l'&#233;volution des forces productives. Le fascisme semble venir de l'ext&#233;rieur, mais il trouve son &#233;nergie au c&#339;ur du d&#233;sir de chacun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 56. &#171; Une micropolitique du d&#233;sir, cela signifie que l'on se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion du dialogue men&#233; avec Foucault sur &#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, Deleuze a r&#233;it&#233;r&#233; avec force le principe m&#233;thodologique selon lequel une &#233;tude mat&#233;rialiste du pouvoir, et notamment de ses assemblages fascistes, ne saurait se cantonner &#224; la dimension des int&#233;r&#234;ts &#8211; o&#249; tout le monde, des th&#233;oriciens du choix rationnel aux marxistes traditionnels, semble l'avoir confin&#233;e &#8211; mais devrait au contraire prendre en consid&#233;ration les &#171; investissements de d&#233;sir qui expliquent qu'on puisse au besoin d&#233;sirer [&#8230;] d'une mani&#232;re plus profonde et diffuse que son int&#233;r&#234;t &#187;. Un mat&#233;rialisme politique libidinal doit viser l'articulation des d&#233;sirs et des int&#233;r&#234;ts puisque, comme l'observe Deleuze, on ne d&#233;sire pas contre son int&#233;r&#234;t, puisque l'int&#233;r&#234;t suit toujours et se trouve l&#224; o&#249; le d&#233;sir le met [&#8230;]. Il faut accepter d'entendre le cri de Reich : non, les masses n'ont pas &#233;t&#233; tromp&#233;es, elles ont d&#233;sir&#233; le fascisme &#224; tel moment ! Il y a des investissements de d&#233;sir qui mod&#232;lent le pouvoir et le diffusent, et qui font que le pouvoir se trouve aussi bien au niveau du flic que du Premier ministre, et qu'il n'y a pas diff&#233;rence de nature absolument entre le pouvoir qu'exerce un petit flic et le pouvoir qu'exerce un ministre. C'est la nature des investissements de d&#233;sir sur un corps social qui explique pourquoi des partis ou des syndicats, qui auraient ou devraient avoir des investissements r&#233;volutionnaires au nom des int&#233;r&#234;ts de classe, peuvent avoir des investissements r&#233;formistes ou parfaitement r&#233;actionnaires au niveau du d&#233;sir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gilles Deleuze et Michel Foucault, &#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons garder &#224; l'esprit les observations de Deleuze sur les investissements libidinaux qui sous-tendent le pouvoir politique et policier dans notre lecture du lien diagnostiqu&#233; par Foucault entre pouvoir et &#233;ros dans ses observations sur le sexe et le nazisme &#224; l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le premier r&#233;flexe de Foucault consiste &#224; d&#233;mystifier la vanit&#233; perverse d'un fascisme sadien, sexuellement transgressif, il saisit &#233;galement ce genre de falsifications sexualis&#233;es de la m&#233;moire et du sens comme autant d'occasions de dresser un aper&#231;u de la &#171; charge &#233;rotique &#187; du pouvoir. La simple invraisemblance d'un &#233;rotisme nazi repr&#233;sente une difficult&#233; historique et politique qui exige toute notre attention :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Comment se fait-il que le nazisme, qui &#233;tait repr&#233;sent&#233; par des gars lamentables, minables, puritains, des esp&#232;ces de vieilles filles victoriennes ou au mieux vicelardes, comment se fait-il qu'il ait pu devenir, maintenant et partout, en France, en Allemagne, aux &#201;tats-Unis, dans toute la litt&#233;rature pornographique du monde entier, la r&#233;f&#233;rence absolue de l'&#233;rotisme ? Tout l'imaginaire &#233;rotique de pacotille est plac&#233; maintenant sous le signe du nazisme. Ce qui pose, au fond, un probl&#232;me grave : comment aimer le pouvoir ? [&#8230;] Qu'est-ce qui fait que le pouvoir est d&#233;sirable et qu'il est effectivement d&#233;sir&#233; ? On voit bien les proc&#233;d&#233;s par lesquels cette &#233;rotisation se transmet, se renforce, etc. Mais pour que l'&#233;rotisation puisse prendre, il faut que l'attachement au pouvoir, l'acceptation du pouvoir par ceux sur qui il s'exerce soient d&#233;j&#224; &#233;rotiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, &#171; Anti-R&#233;tro &#187; (entretiens avec P. Bonitzer et S. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le cin&#233;ma de &lt;i&gt;sexploitation&lt;/i&gt; nazie appara&#238;t donc comme un sympt&#244;me de l'effondrement contemporain de l'attachement &#233;rotique au pouvoir (&#171; Personne n'aime plus le pouvoir [&#8230;] Il est clair qu'on ne peut pas aimer Brejnev d'amour, ni Pompidou, ni Nixon &#187;) et des efforts naissants pour r&#233;&#233;rotiser le pouvoir, allant des &#171; porno-shops aux insignes nazis &#187; aux penchants du pr&#233;sident de la R&#233;publique Val&#233;ry Giscard d'Estaing pour les costumes &#233;l&#233;gants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucault rep&#232;re aussi les sources de la charge &#233;rotique du pouvoir dans l'organisation politique de la violence fasciste, qui d&#233;passe la dialectique du d&#233;sir et de l'int&#233;r&#234;t et jette un &#233;clairage nouveau sur ce que nous avons appel&#233; dans un chapitre pr&#233;c&#233;dent la &#171; libert&#233; fasciste &#187;. La pol&#233;mique contre l'analyse marxiste du fascisme s'appuie ici sur l'affirmation (exacte dans le cas de Georgi Dimitrov et de ses &#233;pigones, beaucoup moins pour Daniel Gu&#233;rin ou Ernst Bloch) selon laquelle leur description de la domination fasciste comme simple intensification de la dictature bourgeoise n&#233;glige des &#233;l&#233;ments essentiels &#224; sa composition et &#224; son fonctionnement. Voici ce que soutient Foucault :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En particulier, il manque le fait que le nazisme et le fascisme n'ont &#233;t&#233; possibles que dans la mesure o&#249; il a pu y avoir &#224; l'int&#233;rieur des masses une portion relativement importante qui a pris sur elle et &#224; son compte un certain nombre de fonctions &#233;tatiques de r&#233;pression, de contr&#244;le, de police. Il y a l&#224;, je crois, un ph&#233;nom&#232;ne important du nazisme. C'est-&#224;-dire sa p&#233;n&#233;tration profonde &#224; l'int&#233;rieur des masses et le fait qu'une partie du pouvoir a &#233;t&#233; effectivement d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; une certaine frange des masses. C'est l&#224; o&#249; le mot &#171; dictature &#187; est &#224; la fois vrai en g&#233;n&#233;ral et relativement faux. Quand on songe au pouvoir que pouvait d&#233;tenir sous un r&#233;gime nazi un individu &#224; partir du moment o&#249; il &#233;tait simplement SS ou inscrit au Parti ! On pouvait effectivement tuer son voisin, s'approprier sa femme, sa maison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 654.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;126&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/questionhumaine.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/questionhumaine.jpg?1740326812' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le film &lt;i&gt;La question humaine&lt;/i&gt; (2007) de Nicolas Klotz explore la r&#233;manence de l'id&#233;ologie nazie dans la modernit&#233; manag&#233;riale.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme dans les descriptions par Chapoutot des hymnes &#224; l'autonomie de la performance et de l'initiative que sont les th&#233;ories nazies du management, on retrouve dans les observations de Foucault une remise en cause profonde du lieu commun selon lequel le fascisme se caract&#233;riserait essentiellement par la centralisation et la concentration du pouvoir. S'il existe effectivement pour Foucault une &#233;rotisation du pouvoir sous le nazisme, celle-ci est conditionn&#233;e par une logique de d&#233;l&#233;gation, de procuration et de d&#233;centralisation d'un type de pouvoir qui reste toutefois, sur la forme comme sur le fond, vertical, sectaire et sanguinaire. Le fascisme ne se r&#233;sume pas &#224; l'apoth&#233;ose du chef surplombant la masse gr&#233;gaire de ses disciples ; c'est aussi, de mani&#232;re moins spectaculaire mais peut-&#234;tre plus importante, une r&#233;invention de la logique coloniale de la souverainet&#233; &#224; petite &#233;chelle, une v&#233;ritable &#171; lib&#233;ralisation &#187; et &#171; privatisation &#187;, quoique soumises &#224; des contraintes extr&#234;mes, du monopole de la violence. Comme Foucault le rappelle &#224; son interlocuteur :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte de la mani&#232;re dont le pouvoir a &#233;t&#233; &#233;parpill&#233;, investi, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la population, il faut tenir compte de ce formidable d&#233;placement de pouvoir que le nazisme a op&#233;r&#233; dans une soci&#233;t&#233; comme la soci&#233;t&#233; allemande. Il est faux de dire que le nazisme &#233;tait le pouvoir des grands industriels reconduit sous une autre forme. Ce n'&#233;tait pas le pouvoir du grand &#233;tat-major renforc&#233;. &#199;a l'&#233;tait, mais &#224; un certain niveau seulement [&#8230;]. Le nazisme n'a jamais donn&#233; une livre de beurre aux gens, il n'a jamais donn&#233; autre chose que du pouvoir [&#8230;]. Le fait est que, contrairement &#224; ce qu'on entend d'habitude par dictature, c'est-&#224;-dire le pouvoir d'un seul, on peut dire que dans un r&#233;gime comme celui-l&#224;, on donnait la partie la plus d&#233;testable, mais en un sens la plus enivrante, du pouvoir, &#224; un nombre consid&#233;rable de gens. Le SS &#233;tait celui auquel on avait donn&#233; le pouvoir de tuer, de violer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 655-656.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La conception foucaldienne d'une &#171; &#233;rotique &#187; du pouvoir reposant sur l'externalisation de la pratique de la violence offre selon moi un cadre d'analyse du fascisme, dans ses variantes classique et tardive, plus complet que la th&#232;se hyperbolique de Guattari, pour qui les masses auraient investi dans la machine fasciste &#171; une fantastique pulsion de mort collective &#187;. Cette affirmation passe &#224; c&#244;t&#233; du diagnostic de Foucault &#8211; pourtant essentiel pour rendre compte de la d&#233;sid&#233;rabilit&#233; du fascisme &#8211; selon lequel &#171; une partie du pouvoir a &#233;t&#233; effectivement d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; une &lt;i&gt;certaine&lt;/i&gt; frange des masses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;lix Guattari, &#171; Micro-politique du d&#233;sir &#187;, loc. cit., p. 54. Guattari (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distribution genr&#233;e de la libido fasciste est largement ignor&#233;e ou implicitement pr&#233;suppos&#233;e dans les th&#232;ses de Foucault, Deleuze et Guattari que nous venons de r&#233;sumer. R&#233;pondant aux d&#233;fis th&#233;oriques pos&#233;s par ces auteurs, tout en se d&#233;lestant de l'attention que ces derniers portaient &#224; l'&#233;conomie politique et aux structures de pouvoir du fascisme, Klaus Theweleit met au centre de son livre &lt;i&gt;Fantasm&#226;lgories &lt;/i&gt;la misogynie paling&#233;n&#233;sique et le corps politique parano&#239;aque du fascisme &#8211; la menace psychosomatique de dissolution sous l'influence de la &#171; femme rouge &#187; justifiant la rage meurtri&#232;re pour endiguer l'inondation &#8211; pour saisir la mani&#232;re dont la production du d&#233;sir a pu se transformer en production de mort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le commentaire percutant du projet de Theweleit dans Barbara (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au regard du contexte actuel d'amalgame toxique entre fascisation et nouvelles communaut&#233;s masculines (&lt;i&gt;M&#228;nnerbunde&lt;/i&gt;), physiques ou virtuelles, Theweleit a jou&#233; un grand r&#244;le dans l'analyse du microfascisme contemporain comme &#171; guerre de restauration &#187; men&#233;e dans le but de raviver le fantasme archa&#239;que du pouvoir patriarcal au moyen de pratiques violentes de &#171; souverainet&#233; autog&#232;ne &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire la reproduction du pouvoir masculin sans et contre les femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un brillant expos&#233; de la g&#233;n&#233;alogie allemande des associations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme l'affirme Jack Z. Bratich : &#171; Le projet paling&#233;n&#233;sique d'une r&#233;surrection masculine d&#233;sire un futur sans reproduction biologique. Il remplit le monde de martyrs et de mythes, escouades spectrales du pass&#233; et du futur. C'est une r&#233;plication sans reproduction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jack Z. Bratich, On Microfascism, op. cit., p. 52. Voir aussi Anson (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Et pourtant, parce que&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;la souverainet&#233; autog&#232;ne est toujours un projet impossible, elle n&#233;cessite un renouvellement constant et elle recommence sa transformation du monde par la surveillance, la punition, le contr&#244;le [&#8230;]. Nous sommes confront&#233;s &#224; un double geste de la souverainet&#233; autog&#232;ne : un rejet de la d&#233;pendance et un retour vers la d&#233;pendance vis-&#224;-vis des femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jack Z. Bratich, On Microfascism, op. cit., p. 30.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette impossibilit&#233; pourrait &#233;galement &#234;tre interpr&#233;t&#233;e en termes de &lt;i&gt;discontinuit&#233; &lt;/i&gt;entre d'une part la naissance du fascisme dans des groupes d'hommes li&#233;s entre eux par la pratique et/ou le fantasme de la violence, et de l'autre le fascisme comme projet de reconfiguration de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;, contraint d'une mani&#232;re ou d'une autre d'incorporer les femmes et de s'adresser &#224; elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alberto Toscano.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Extrait issu du livre &lt;a href=&#034;https://editionslatempete.com/produit/fascisme-tardif/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Fascisme tardif. G&#233;n&#233;alogie des extr&#234;mes droites au pouvoir&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; paru aux &#201;ditions la Temp&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Judith Butler, &#171; Why is the idea of &#8220;gender&#8221; provoking backlash the world over ? &#187;, &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt;, 23 octobre 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, &#171; Schizo-Culture : On Prisons and Psychiatry &#187; [1989] dans Sylv&#232;re Lotringer (&#233;d.), &lt;i&gt;Foucault&lt;/i&gt;&lt;i&gt; Live : Collected Interviews, 1961-1984,&lt;/i&gt; New York, Semiotext(e), 1996, 179, cit&#233; dans Didier Eribon, &lt;i&gt;Michel Foucault &lt;/i&gt;[1989],&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Paris, Flammarion, coll. &#171; Champs &#187;, 2011, p. 504. Dans un autre contexte, Foucault a &#233;galement interrog&#233; la mani&#232;re dont, en l'absence de &#171; ces deux ombres gigantesques qu'ont &#233;t&#233; le fascisme et le stalinisme &#187; et de &#171; l'inqui&#233;tude politique &#187; qu'elles induisent dans les soci&#233;t&#233;s contemporaines, ses propres recherches sur les interstices du pouvoir n'auraient jamais pu prendre &#171; leur sens et leur intensit&#233; &#187;. Voir Michel Foucault,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; Non au sexe roi &#187; (entretien de M. Foucault avec B.- H. L&#233;vy), &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, n&#176;644, 12-21 mars 1977, p. 92-130, repris dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits III (1976-1979)&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, p. 264.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Alberto Toscano, &#171; The Intolerable-Inquiry : The Documents of the Groupe d'information sur les prisons &#187;, &lt;i&gt;Viewpoint Magazine&lt;/i&gt;, 25 septembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Judy Clark, Michel Foucault, Howie Harp et Ronald D. Laing, &#171; Schizo-Culture : On Prisons and Psychiatry &#187; dans Sylv&#232;re Lotingen (&#233;d.), &lt;i&gt;Foucault&lt;/i&gt;&lt;i&gt; Live : Collected Interviews, 1961-1984 &lt;/i&gt;[1989], trad. Lysa Hochroth et John Johnston, New York, Semiotext(e), 1996, p. 169, 174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, &#171; Sade, sergent du sexe &#187; (entretien avec G. Dupont), &lt;i&gt;Cin&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#233;matographe&lt;/i&gt;,, n&#176; 16, d&#233;cembre 1975-janvier 1976, p. 3-5, repris dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits II (1970-1975)&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, p. 820-821. Le refus par Foucault de penser le nazisme dans un cadre &#233;rotique rejoint en grande partie les remarques de Primo Levi sur la &lt;i&gt;nazisploitation &lt;/i&gt;au cin&#233;ma dans un article de &lt;i&gt;La Stampa&lt;/i&gt; en 1977. Voir Primo Levi, &#171; Films et croix gamm&#233;es &#187; (1977) dans &lt;i&gt;L'Asym&#233;trie et la vie&lt;/i&gt;, Paris, Robert Laffont, 2004, p. 78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, &#171; Sade, sergent du sexe &#187; dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits II (1970-1975)&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 821.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jordy Rosenberg, &#171; The Daddy Dialectic &#187;, &lt;i&gt;Los Angeles Review of Books&lt;/i&gt;, 11 mars 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, &#171; Pr&#233;face &#187; &#224; la traduction am&#233;ricaine de Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari, &lt;i&gt;Anti-&#338;dipus : Capitalism and schizophrenia&lt;/i&gt;, New York, Viking Press, 1977, p. XI-XIV, repris dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits III (1976-1979)&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 133-136.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bien qu'issu de la m&#234;me conjoncture id&#233;ologique, ce point de vue r&#233;flexif sur le fascisme de la vie quotidienne ou microfascisme doit &#234;tre distingu&#233; du discours sur le &#171; fascisme de gauche &#187; (&lt;i&gt;Linksfaschismus&lt;/i&gt;) port&#233; par des intellectuels comme J&#252;rgen Habermas en r&#233;ponse au mouvements radicaux et aux groupes arm&#233;s des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans Robin D. G. Kelley, &lt;i&gt;Freedom Dreams&lt;/i&gt;, p. 147.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F&#233;lix Guattari, &#171; Petites et grandes machines &#224; inventer la vie &#187; (entretien avec Robert Maggiori), &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 28-29 juin 1980, repris dans &lt;i&gt;Les Ann&#233;es d'hiver. 1980-1985&lt;/i&gt;, Paris, Bernard Barrault, 1986, p. 164-165. Pour une version ant&#233;rieure de cette m&#234;me th&#232;se, voir F&#233;lix Guattari, &#171; Desire is Power, Power is Desire : Answers to the Schizo-Culture Conference &#187; dans &lt;i&gt;Chaosophy : Texts and Interviews, 1972&#8211;1977&lt;/i&gt;, trad. David L. Sweet, Jarred Becker et Taylor Adkins, New York, Semiotext(e), 2009, p. 287. Pour Guattari, cette perspective micropolitique sur le fascisme avait &#233;t&#233; anticip&#233;e par Daniel Gu&#233;rin dans ses remarques sur le capitalisme allemand et italien de l'entre-deux-guerres qui ne voulait pas &#171; se priver de ce moyen incomparable, irrempla&#231;able, de p&#233;n&#233;trer dans toutes les cellules de la soci&#233;t&#233; que sont les organisations des masses fascistes &#187;. Cit&#233; dans F&#233;lix Guattari, &#171; Micro-politique du d&#233;sir &#187;, conf&#233;rence prononc&#233;e &#224; Milan &#224; l'occasion du colloque &#171; Psychanalyse et politique &#187;, d&#233;cembre 1973, repris dans Armando Verdiglione (&#233;d.), &lt;i&gt;Psychanalyse et politique&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1974, p. 51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F&#233;lix Guattari, &#171; A Liberation of Desire &#187;, entretien avec George Stambolian dans &lt;i&gt;Soft Subversions : Texts and Interviews, 1977-1985&lt;/i&gt;, trad. Chet Wiener et Emily Wittman, New York, Semiotext(e), 2009, p. 152.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F&#233;lix Guattari, &#171; Micro-politique du d&#233;sir &#187;, &lt;i&gt;loc. cit&lt;/i&gt;., p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 56. &#171; Une micropolitique du d&#233;sir, cela signifie que l'on se refusera d&#233;sormais &#224; laisser passer n'importe quelle formule de fascisme, &#224; quelque &#233;chelle qu'elle se manifeste, y compris au sein de sa famille ou m&#234;me dans sa propre &#233;conomie personnelle &#187; (p. 52).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gilles Deleuze et Michel Foucault, &#171; Les intellectuels et le pouvoir &#187;, &lt;i&gt;L'Arc&lt;/i&gt;, n&#176; 49, 2e trimestre 1972, p. 3-10, repris dans Michel Foucault, &lt;i&gt;Dits et &#233;crits II (1970-1975)&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 314.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, &#171; Anti-R&#233;tro &#187; (entretiens avec P. Bonitzer et S. Toubiana), &lt;i&gt;Cahiers du cin&#233;ma&lt;/i&gt;,, n&#176; 251-252, juillet-ao&#251;t 1974, p. 5-16, repris dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits II (1970-1975)&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 653, 656. Les r&#233;flexions de Foucault peuvent &#234;tre utilement compar&#233;es avec la position tenue par Susan Sontag sur la sexualisation du nazisme &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me moment dans &#171; Fascinant fascisme &#187; [1974] dans Susan Sontag, &lt;i&gt;Sous le signe de Saturne&lt;/i&gt;, trad. Philippe Blanchard, Robert Louit, Brigitte Legars et l'auteur, Paris, Christian Bourgois, coll. &#171; Titres &#187;, 2013, p. 89-130.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 654.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 655-656.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F&#233;lix Guattari, &#171; Micro-politique du d&#233;sir &#187;, &lt;i&gt;loc. cit&lt;/i&gt;., p. 54. Guattari pointe &#233;galement &#171; dans les masses la cristallisation d'un nouveau machinisme d&#233;sirant &#187; prenant les contours sp&#233;cifiques d'un investissement dans le &#171; style &#187; de Hitler, combinant des &#233;l&#233;ments &#171; pl&#233;b&#233;iens &#187; et &#171; d'ancien-combattant &#187; avec &#171; un opportunisme de boutiquier &#187; lui permettant de n&#233;gocier avec le grand capital, et un &#171; d&#233;lire raciste &#187; &#224; m&#234;me de capturer la &#171; pulsion de mort collective qui s'&#233;tait d&#233;gag&#233;e des charniers de la Premi&#232;re Guerre mondiale &#187; (p. 52).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le commentaire percutant du projet de Theweleit dans Barbara Ehrenreich, &#171; Foreword &#187; dans Klaus Theweleit, &lt;i&gt;Male Fantasies, vol. 1 &lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#8211; &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Women Floods Bodies History&lt;/i&gt;, trad. Stephen Conway, Erica Carter et Chris Turner, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1987, p. IX-XVII, absent de la traduction fran&#231;aise (qui r&#233;unit les deux volumes) : Klaus Theweleit, &lt;i&gt;Fantasm&#226;lgories&lt;/i&gt; [1977], trad. Christophe Lucchese, Paris, L'Arche, 2015. L'essai sur le fasciste belge L&#233;on Degrelle publi&#233; par Jonathan Littell, &lt;i&gt;Le Sec et l'&lt;/i&gt;&lt;i&gt;humide&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, L'Arbal&#232;te, 2008 est un remarquable exemple d'application de la m&#233;thode de Theweleit. Reprenant l'intuition de ce dernier, Littell remarque avec clairvoyance que &#171; la m&#233;taphore, pour le fasciste, n'est jamais &lt;i&gt;seulement&lt;/i&gt; une m&#233;taphore (d'o&#249; le pouvoir, l'incroyable efficacit&#233; des m&#233;taphores fascistes) &#187; (p. 29), comme par exemple dans le cas de la &#171; mar&#233;e &#187; communiste f&#233;minis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un brillant expos&#233; de la g&#233;n&#233;alogie allemande des associations masculines et de leur r&#244;le dans l'&#233;closion de la politique &lt;i&gt;v&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#246;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;lkisch&lt;/i&gt; et nazie, voir Hans Mayer, &#171; Les rites des associations politiques dans l'Allemagne romantique &#187; dans Denis Hollier (&#233;d.), &lt;i&gt;Le Coll&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#232;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;ge de sociologie&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1979, p. 448-474. Sur la forme du &lt;i&gt;Bund&lt;/i&gt; dans la droite nationaliste allemande pr&#233;-nazie, voir aussi George L. Mosse, &lt;i&gt;Les Racines intellectuelles du Troisi&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#232;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;me Reich&lt;/i&gt;&lt;i&gt;. La crise de l'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt;, trad. Claire Darmon, Paris, Calmann-L&#233;vy/M&#233;morial de la Shoah, 2006, coll. &#171; Points Histoire &#187;, p. 339-382. C'est en interrogeant le rapport entre libido et organisation des groupes politiques, plut&#244;t que par une approche purement psychanalytique, que l'on peut mieux aborder l'&#233;pineuse question de l'attirance de certains intellectuels et &#233;lites homosexuelles pour le fascisme &#8211; en d&#233;pit de la violente homophobie qui le caract&#233;rise. Voir par exemple George L. Mosse, &#171; L'homosexualit&#233; et le fascisme fran&#231;ais &#187; dans &lt;i&gt;La R&#233;volution fasciste&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 229-237. Sur les limites des th&#233;ories critiques du fascisme face &#224; l'homosexualit&#233; et &#224; l'identit&#233; queer, voir Bruce Baum, &#171; Queering Critical Theory : Re-Visiting the Early Frankfurt School on Homosexuality and Critique &#187;, &lt;i&gt;Berlin Journal of Critical Theory&lt;/i&gt;, n&#176; 5-2, 2021, p. 5-67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jack Z. Bratich, &lt;i&gt;On Microfascism&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 52. Voir aussi Anson Rabinbach et Jessica Benjamin, &#171; Foreword &#187; dans Klaus Theweleit, &lt;i&gt;Male Fantasies, vol. 2 &lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#8211; Male Bodies : Psychoanalyzing the White Terror&lt;/i&gt;, trad. Erica Carter, Chris Turner et Stephen Conway, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1989, p. XVII. Comme le font remarquer Anson Rabinbach et Jessica Benjamin, &#171; Theweleit ne s'int&#233;resse pas &#224; &#8220;l'id&#233;ologie&#8221; en tant que repr&#233;sentation de la r&#233;alit&#233;, mais &#224; la construction symbolique de l'autre comme m&#233;canisme de coh&#233;sion interne &#187; (p. XXII).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jack Z. Bratich, &lt;i&gt;On Microfascism&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Trump d&#233;cha&#238;ne le sadisme sur le monde. Nous ne devons pas nous laisser submerger</title>
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		<dc:date>2025-02-10T07:06:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>polyeucte</dc:creator>


		<dc:subject>Transphobie</dc:subject>
		<dc:subject>Transidentit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Tribune</dc:subject>
		<dc:subject>Judith Butler </dc:subject>
		<dc:subject>transf&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>fascisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un appel &#224; se d&#233;faire des op&#233;rations de capture du sadisme autoritaire&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/10000000000004b0000003a1b6caa075-8f64e.png?1739125878' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions cette tribune parue le 6 f&#233;vrier 2025 dans &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/commentisfree/2025/feb/06/trump-sadism-judith-butler?CMP=Share_iOSApp_Other&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;The Guardians&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;dans laquelle Judith Butler appelle &#224; sortir de la simple indignation. L'accumulation, son caract&#232;re rapide et brutal, des sorties obsc&#232;nes de Trump et de son administration, bien qu'elle nous plonge dans un &#233;tat de sid&#233;ration, doit perdre la puissance d'emprise qu'elle exerce sur nos discours. Tout au contraire, nous devons produire de nouvelles prises sur ce qui nous paralyse, &#224; partir de notre situation, mais aussi apprendre &#224; faire consister ces prises par de nouvelles politiques passionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trou Noir remercie Judith Butler pour sa confiance.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;r&#233;dits Photo : &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amny.com/news/protest-nyu-langone-trans-gender-affirming-care-ban/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dean Moses, Manifestation &#224; Manhattan&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que Trump multiplie jour apr&#232;s jour les d&#233;crets et d&#233;clarations publiques, tous plus d&#233;vastateurs et affligeants les uns que les autres, il n'a jamais &#233;t&#233; aussi essentiel de ne pas se laisser happer par son obsc&#233;nit&#233;. Il faut plut&#244;t se concentrer sur la fa&#231;on dont les probl&#232;mes qu'il g&#233;n&#232;re sont interconnect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est facile d'oublier ou de mettre de c&#244;t&#233; les d&#233;crets de la semaine derni&#232;re : l'interdiction des programmes et discours sur la diversit&#233;, l'&#233;quit&#233; et l'inclusion (DEI), ainsi que sur l'&#171; id&#233;ologie du genre &#187; dans tous les programmes financ&#233;s par le gouvernement f&#233;d&#233;ral, est rapidement &#233;clips&#233;e par de nouveaux propos abjects qui envahissent le paysage m&#233;diatique. Les menaces d'expulsion &#224; l'encontre d'&#233;tudiant&#11825;es &#233;tranger&#11825;&#232;res qui participent &#224; des manifestations l&#233;gitimes, les desseins expansionnistes portant sur le Panama et le Groenland, et les propositions de d&#233;placement int&#233;gral et forc&#233; des Palestinien&#11825;nes de Gaza s'encha&#238;nent fr&#233;n&#233;tiquement. &#192; chaque fois, Trump fait de sa d&#233;claration une d&#233;monstration de puissance, afin d'en tester la faisabilit&#233;. Les ordres de l'ex&#233;cutif peuvent &#234;tre suspendus par les tribunaux, mais les d&#233;portations d'immigr&#233;&#11825;es ont d&#233;j&#224; commenc&#233;, tout comme la r&#233;ouverture des sinistres camps de Guant&#225;namo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instauration d'un pouvoir autoritaire repose en partie sur la volont&#233; des populations &#224; croire au pouvoir exerc&#233;. Certaines d&#233;clarations de Trump servent surtout &#224; &#233;valuer l'opinion publique, mais d'autres ne trouvent leur accomplissement que dans le fait m&#234;me de les &#233;noncer. Il d&#233;fie la honte et les contraintes l&#233;gales pour d&#233;montrer sa capacit&#233; &#224; le faire, exhibant alors au monde un sadisme d&#233;complex&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exaltations de ce sadisme &#233;hont&#233; incitent d'autres &#224; c&#233;l&#233;brer cette version de la masculinit&#233;, un homme non seulement pr&#234;t &#224; braver les r&#232;gles et les principes qui r&#233;gissent la vie d&#233;mocratique (libert&#233;, &#233;galit&#233;, justice) mais aussi &#224; les &#233;riger en forme de lib&#233;ration des id&#233;ologies mensong&#232;res et des contraintes impos&#233;es par les obligations l&#233;gales.Une haine visc&#233;rale est alors revendiqu&#233;e comme libert&#233;, tandis que les v&#233;ritables libert&#233;s, celles pour lesquelles beaucoup d'entre nous ont lutt&#233; pendant des d&#233;cennies, sont discr&#233;dit&#233;es et caricatur&#233;es en un &#171; wokisme &#187; moral et r&#233;pressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette joie sadique dont il est question ne concerne pas que Trump : pour exister, elle doit &#234;tre partag&#233;e, communiqu&#233;e et appr&#233;ci&#233;e collectivement. Elle devient une c&#233;l&#233;bration communautaire et contagieuse de la cruaut&#233;, entretenue par la couverture m&#233;diatique qu'elle attire, qui va elle-m&#234;me alimenter la fr&#233;n&#233;sie sadique. Cette parade d'indignation et de d&#233;fiance r&#233;actionnaire doit &#234;tre vue, connue, entendue. C'est pourquoi la simple d&#233;nonciation de l'hypocrisie ne peut plus nous suffire, il n'y a pas de vernis moral &#224; &#244;ter. Non, au contraire, la demande publique d'une forme de moralit&#233; de la part du leader est invers&#233;e : ses adeptes vibrent &#224; l'&#233;talage de son m&#233;pris de la moralit&#233;, ils le partagent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le spectacle effront&#233; de la haine, le m&#233;pris des droits, la volont&#233; de priver les gens de leurs droits &#224; l'&#233;galit&#233; et &#224; la libert&#233; en interdisant le &#171; genre &#187; et ses contestations du syst&#232;me binaire du sexe (niant ainsi l'existence et les droits des personnes trans, intersexu&#233;es et non binaires), en d&#233;truisant les programmes DEI destin&#233;s &#224; redonner un pouvoir &lt;i&gt;d'agentivit&#233;&lt;/i&gt; &#224; celles et ceux qui ont souffert de discriminations syst&#233;miques et tenaces, en expulsant de force les immigrant&#11825;es et en appelant &#224; la d&#233;possession compl&#232;te de celles et ceux qui ont surv&#233;cu, traumatis&#233;&#11825;es, aux actions g&#233;nocidaires &#224; Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raphael Lemkin, le juriste juif polonais qui a forg&#233; le terme de &#171; g&#233;nocide &#187;, avait clairement indiqu&#233; que ce dernier consiste en un &#171; plan coordonn&#233; visant &#224; d&#233;truire les fondements essentiels de la vie de groupes nationaux [&#8230;], il peut &#234;tre accompli en &#233;liminant les bases de la s&#233;curit&#233; personnelle, de la libert&#233;, de la sant&#233; et de la dignit&#233; &#187;. Le transfert forc&#233; d'enfants est d'ailleurs l'un des cinq actes punissables selon la Convention sur le g&#233;nocide de 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si toutes les formes de privation de droits orchestr&#233;es par Trump ne rel&#232;vent pas du g&#233;nocide, beaucoup d'entre elles expriment des passions fascistes. Priver les personnes transgenres, intersexes et non binaires de leurs droits fondamentaux &#8211; acc&#232;s aux soins, reconnaissance juridique, libert&#233; d'expression &#8211; revient &#224; s'attaquer aux bases m&#234;mes de leur existence. M&#234;me la Cour supr&#234;me, conservatrice, a reconnu en 2020 que la discrimination contre ces personnes constitue une discrimination fond&#233;e sur le sexe (Bostock v. Clayton).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#232;s lors tout &#224; fait insens&#233; de soutenir que les droits des personnes transgenres menacent la l&#233;gislation fond&#233;e sur le sexe : ils en font partie int&#233;grante et doivent &#224; ce titre &#234;tre prot&#233;g&#233;s. Le fait de rafler les personnes immigr&#233;es dans les &#233;coles et &#224; leur domicile, de les d&#233;porter de force dans des centres de d&#233;tention et de les priver de leur droit &#224; une proc&#233;dure r&#233;guli&#232;re t&#233;moigne non seulement d'un m&#233;pris &#233;vident pour ces communaut&#233;s, mais aussi pour la d&#233;mocratie constitutionnelle en tant que telle. La menace qui p&#232;se sur l'acc&#232;s &#224; la citoyennet&#233; par droit du sol viole l'une des protections constitutionnelles fondamentales et place Trump au-dessus des r&#232;gles constitutionnelles et de l'&#233;quilibre des pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que nous nous laisserons chaque jour sid&#233;rer et submerger par l'indignation face &#224; ces nouvelles d&#233;clarations, nous &#233;chouerons &#224; comprendre les liens profonds qui les relient entre elles. La sid&#233;ration qui nous saisit est pr&#233;cis&#233;ment l'effet recherch&#233; par leur &#233;nonciation. En quelque sorte, Trump nous maintient sous son emprise en nous saisissant et en nous paralysant. L'indignation est l&#233;gitime, mais elle ne peut nous submerger au point d'obnubiler notre esprit. Le moment est venu d'identifier les passions fascistes qui nourrissent cette conqu&#234;te par les pouvoirs autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles et ceux qui c&#233;l&#232;brent l'attitude provocatrice et le sadisme de Trump sont tout aussi captif&#11825;ves de sa logique que celles et ceux paralys&#233;&#11825;es par l'indignation. Le moment est peut-&#234;tre venu de se d&#233;tacher de ces passions pour en appr&#233;hender les m&#233;canismes, mais aussi de d&#233;velopper nos propres passions : le d&#233;sir d'une libert&#233; &#233;quitablement partag&#233;e, d'une &#233;galit&#233; qui tienne ses promesses d&#233;mocratiques, de r&#233;parer et de r&#233;g&#233;n&#233;rer les processus vivants de la terre, d'accepter et d'affirmer la complexit&#233; de nos vies encorpor&#233;es, d'imaginer un monde dans lequel le gouvernement garantit la sant&#233; et l'&#233;ducation pour toutes et tous, o&#249; nous pouvons toutes et tous vivre sans crainte, en sachant que nos vies interconnect&#233;es ont la m&#234;me valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Judith Butler est professeur &#233;m&#233;rite &#224; la Graduate School de l'universit&#233; de Berkeley. Son dernier livre, &lt;i&gt;Who's Afraid of Gender ?&lt;/i&gt; a paru en fran&#231;ais aux &#233;ditions Flammarion en septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Sophiane Mechitoua et Quentin Dubois&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lionel Soukaz (1953-2025), clin d'oeil &#224; la cam&#233;ra</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>socrata</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Hommage</dc:subject>
		<dc:subject>Lionel Soukaz</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cin&#233;aste radical, exp&#233;rimental et militant, Lionel Soukaz est mort dans son sommeil, le 4 f&#233;vrier 2025 &#224; Marseille.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/+-Lionel-Soukaz-+" rel="tag"&gt;Lionel Soukaz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/sddefault.jpg?1738962779' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;Maman j'ai peur. Tu voulais pas que je fasse du cin&#233;ma. Tu voulais que je sois professeur, &#224; cause des vacances. Tu pensais que c'&#233;tait pas un monde pour moi le cin&#233;ma, un truc de fils de riches... un r&#234;ve d'enfant.&#034; Ainsi s'ouvrait le beau film &lt;i&gt;Maman que man&lt;/i&gt; que r&#233;alisa Lionel Soukaz en 1982. Nous avons appris sa mort cette semaine. On dit qu'il est mort pendant son sommeil. Nous tenons, avec Trou Noir, &#224; lui faire un clin d'&#339;il.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lionel a fait des films mineurs, au sens grand et r&#233;volutionnaire du terme, c'est-&#224;-dire pas des films de ma&#238;tres. Avec ses cam&#233;ras, super 8, cassettes ou num&#233;riques, il a travers&#233; plusieurs d&#233;cennies en mouvement, accompagn&#233; plusieurs manifestations militantes, et r&#233;alis&#233; un impressionnant journal film&#233;, et on comprenait alors que, ses amiti&#233;s &#233;taient son centre de gravit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet article, nous relayons un court texte en son hommage, &#233;crit par des proches qui font vivre LeSouk Collective. Nous les remercions pour leur confiance. Puis, en toute fin, vous pourrez d&#233;couvrir une vid&#233;o &#233;mouvante, un &lt;i&gt;cin&#233;maton&lt;/i&gt; que lui avait consacr&#233; le cin&#233;aste G&#233;rard Courant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cin&#233;aste radical, exp&#233;rimental et militant, Lionel Soukaz (1953-2025) est mort dans son sommeil, le 4 f&#233;vrier 2025 &#224; Marseille. Il a accompagn&#233; cinquante ans de luttes homosexuelles, anti-imp&#233;rialistes, anti-capitalistes en faveur des opprim&#233;.e.s et marginalis&#233;.e.s (s&#233;ropos, trans, immigr&#233;s&#8230;) dont il a document&#233; les combats.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 18 ans il se lie, en effet, &#224; l'exp&#233;rience du FHAR (Front Homosexuel d'Action R&#233;volutionnaire, fond&#233; en 1971) et il r&#233;alise ses premiers films en 16mm et Super 8, m&#234;lant rage militante et joie h&#233;doniste. Remarqu&#233; en 1978-1979 pour un important documentaire retra&#231;ant un si&#232;cle d'histoire de l'homosexualit&#233;, &lt;i&gt;Race d'Ep&lt;/i&gt;, con&#231;u avec Guy Hocquenghem, Lionel Soukaz se heurte plusieurs fois &#224; la censure. Il entreprend de la combattre et multiplie transgressions et subversions filmiques. Ses propos d&#233;rangent (l'homosexualit&#233; est alors p&#233;nalis&#233;e) et ses images sont parfois crues (sexe explicite, par exemple dans &lt;i&gt;Le sexe des anges&lt;/i&gt;, 1977) ou d&#233;lib&#233;r&#233;ment provocatrices (&lt;i&gt;Ixe&lt;/i&gt;, 1980).&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir acc&#233;d&#233; aux voies du cin&#233;ma financ&#233; et distribu&#233; en salles (&lt;i&gt;Maman que man&lt;/i&gt;, 1982 prim&#233; en 1984), il s'empresse de renouer avec la libert&#233; que lui donnent ses moyens autonomes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es suivantes, l'&#233;pid&#233;mie de SIDA frappe. Ses amants et amis meurent : la communaut&#233; est d&#233;cim&#233;e, les malades abandonn&#233;.e.s. Lui-m&#234;me s&#233;ropositif, il devient, avec sa cam&#233;ra, le chroniqueur et le m&#233;morialiste de ce d&#233;sastre aussi bien que des luttes politiques et de la vitalit&#233; qui lui r&#233;sistent. Ce journal film&#233; (&lt;i&gt;Journal Annales&lt;/i&gt;, 1991-2014), chant d'amour, de d&#233;sir et de fureur, compos&#233; de milliers d'heures, est &#224; pr&#233;sent d&#233;pos&#233; et conserv&#233; &#224; la Biblioth&#232;que Nationale de France o&#249; il est en partie consultable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au tournant des ann&#233;es 2000, Lionel Soukaz devient une source d'inspiration pour une nouvelle g&#233;n&#233;ration de cin&#233;astes exp&#233;rimentaux, et trouve un nouveau souffle cr&#233;ateur. Celui-ci se d&#233;ploie dans des essais impudiques, sensuels et pornos, comme &lt;i&gt;www. webcam &lt;/i&gt; (2005) et dans des pamphlets o&#249; l'invention se conjugue avec l'ironie dans une d&#233;testation intransigeante du racisme, du fascisme et de toutes les formes de r&#233;pression (par exemple en 2002 : &lt;i&gt;Texas Chainsaw Political Massacre&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, I Live in a Bush World&lt;/i&gt;). Les Archives Fran&#231;aises du Film restaurent ses long-m&#233;trages. En 2016, l'Anthology Film Archives de New York lui consacre une r&#233;trospective, &#171; Lionel Soukaz : a queer avant-garde pionneer. &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;ateur d'installations multi-&#233;crans depuis &lt;i&gt;Ixe&lt;/i&gt;, Lionel Soukaz renoue avec cette veine &#224; l'occasion de sa rencontre en 2009 avec le cin&#233;aste et historien des luttes St&#233;phane G&#233;rard. Leur complicit&#233; donne lieu &#224; des films de montage &#224; quatre mains qui travaillent l'immense mati&#232;re du &lt;i&gt;Journal Annales&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233;s dans des institutions culturelles (MUCEM, Palais de Tokyo, Cin&#233;math&#232;que Royale de Belgique &#8230;). Les films-installations&lt;i&gt; En corps +&lt;/i&gt; (2022) et &lt;i&gt;Artistes en Zone Troubl&#233;e &lt;/i&gt; (2023), ont &#233;t&#233; leurs deux derni&#232;res collaborations diffus&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi fermement intraitable que tendre et dr&#244;le, Lionel Soukaz se tenait au centre d'une constellation d'ami&#11825;e&#11825;s, de po&#233;te&#11825;sse&#11825;s, de militant&#11825;e&#11825;s, de penseur&#11825;euse&#11825;s. Parmi elles et eux, il fut un cin&#233;aste &#224; la premi&#232;re personne d'une vie libre, &#224; la marge de la soci&#233;t&#233; mais au centre des luttes et des d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LeSouk Collective.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lionel Soukaz (1979) par G&#233;rard Courant - Cin&#233;maton #47 &lt;/h2&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/sFMwd-Zh91w?si=qBWvXR3KCYR5BPPS&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Abonnez-vous !</title>
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		<dc:date>2025-01-28T10:34:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>socrata</dc:creator>


		<dc:subject>&#192; Propos</dc:subject>
		<dc:subject>Trou Noir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;D&#233;couvrez notre campagne d'abonnements !&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/5ans5numeros.png?1738056769' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un 28 janvier 2020 que la revue Trou Noir se lan&#231;a en ligne. On pouvait notamment lire &lt;a href=&#034;http://trounoir.org/ON-LES-AURA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un entretien avec notre &#233;toile H&#233;l&#232;ne Hazera&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://trounoir.org/La-Republique-des-professeurs-1932-de-Rene-Crevel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un texte du po&#232;te Ren&#233; Crevel&lt;/a&gt; dans lequel il attaque l'humanisme classique et l'individualisme bourgeois, ou encore &lt;a href=&#034;http://trounoir.org/I-feel-love-le-son-du-futur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une &#233;l&#233;gie du titre &lt;i&gt;I feel love&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Donna Summer. Cela fait donc 5 ans d&#233;sormais que nous proposons un voyage dans la dissidence sexuelle, avec ses forces et ses contradictions, en faisant un effort de composition entre textes th&#233;oriques, historiques, po&#233;tiques, r&#233;cits de vie, entretiens, tracts et tribunes. Et avec pour principe d'ouvrir cet espace d'&#233;criture autant aux chercheur&#183;euses universitaires, qu'aux militant&#183;es et aux anonymes, francophones ou internationaux. En 2022, nous avons franchi une nouvelle &#233;tape en d&#233;clinant avec succ&#232;s Trou Noir en version papier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voulons que les dimensions antagonistes du genre et de la sexualit&#233; racontent quelque chose de notre &#233;poque, de nos mani&#232;res de rapporter &#224; la politique, et en soubassement &#224; constituer un front anticapitaliste et antifasciste. Et nous voulons continuer &#224; affirmer cette aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous avons besoin de vous car nous allons mener deux nouveaux projets de front : une maison d'&#233;dition et une &#233;mission vid&#233;o. Or, nos ressources sont extr&#234;mement pr&#233;caires et nous fonctionnons principalement sur le b&#233;n&#233;volat. Et plut&#244;t que de faire un crowdfunding avec plusieurs goodies &#224; la cl&#233;, nous avons pr&#233;f&#233;r&#233; lancer un syst&#232;me d'abonnement &#224; la revue papier. Si vous avez la flemme de lire tout notre blabla, rendez-vous directement &lt;a href=&#034;https://www.helloasso.com/associations/trou-noir/collectes/abonnements-de-soutien-a-trou-noir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur notre page pour vous abonner !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2025, Trou Noir franchira donc une nouvelle &#233;tape dans sa jeune vie. Depuis 5 ans, nous relayons des analyses th&#233;oriques et politiques des questions de genre et de sexualit&#233;s, des r&#233;cits de vies queers, des entretiens, des po&#232;mes, des vues historiques, des r&#233;actions &#224; l'actualit&#233;, des tracts et des archives. Les publications en ligne et imprim&#233;es connaissent un succ&#232;s grandissant, nous n'en revenons toujours pas car nous sommes parties de rien. Nous avons tout appris sur le tas, en faisant, en essayant, en h&#233;sitant, en persistant, en se trompant aussi, en vous rencontrant, gr&#226;ce &#224; vos retours enthousiastes ou critiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trou Noir repose sur &lt;strong&gt;une petite &#233;quipe b&#233;n&#233;vole de trois personnes&lt;/strong&gt; et cela commence &#224; repr&#233;senter beaucoup de charges et de travail. Nous ressentons aujourd'hui le besoin de tout renouveler. Et on s'est dit que, plut&#244;t que d'en faire moins, on allait mettre les bouch&#233;es doubles !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble de ces projets nous projettent vers l'avenir qui, dans un climat de fascisation de la soci&#233;t&#233;, a besoin de ressources et de regards critiques &#224; partir des questions de genre et de sexualit&#233;. Et pour mener &#224; bien cette nouvelle &#232;re qui s'ouvre, nous avons besoin de votre soutien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois nouveaut&#233;s qui bouleverseront la routine de Trou Noir sont les suivantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. &lt;strong&gt;Trou Noir devient une maison d'&#233;dition &lt;/strong&gt; qui &#233;ditera ses num&#233;ros papiers mais aussi des livres, &#224; commencer par le nouveau banger de Gorge (aka &#201;lodie Petit) : &lt;i&gt;Fatal*e, ou l'impossible phantasme&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
2. La revue papier va conna&#238;tre une &lt;strong&gt;nouvelle formule&lt;/strong&gt;, elle para&#238;tra deux fois par an (au lieu d'une) et sera augment&#233;e d'une partie &#171; varia &#187; comprenant des articles hors th&#232;me principal. Avec 100 pages de plus, son prix de vente passera de 12&#8364; &#224; 15&#8364;.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Nous allons lancer &lt;strong&gt;notre &#233;mission vid&#233;o &lt;/strong&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il y aura deux types d'abonnement : un basique de 30&#8364; pour deux num&#233;ros par an et un autre de soutien de 60&#8364; pour la m&#234;me chose. On vous en dit plus maintenant sur le contenu de tous ces projets pour 2025 !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;center&gt;&lt;iframe id=&#034;haWidget&#034; allowtransparency=&#034;true&#034; src=&#034;https://www.helloasso.com/associations/trou-noir/collectes/abonnements-de-soutien-a-trou-noir/widget-bouton&#034; style=&#034;width: 100%; height: 70px; border: none;&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Deux num&#233;ros papier par an !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de la version papier nous encourage &#224; lui accorder une plus grande place. La revue papier para&#238;tra deux fois par an, un num&#233;ro au printemps et un autre &#224; l'automne. Chacun d'eux conservera une partie centrale th&#233;matique (nous avons d&#233;j&#224; un millier d'id&#233;es de th&#232;mes &#224; aborder) et sera d&#233;sormais accompagn&#233;e d'une partie &#171; hors th&#232;me &#187; qui comprendra des articles in&#233;dits ou issus du site. Le format de poche et le graphisme seront reconduits, en revanche le nombre de pages sera doubl&#233; et avoisinera les 300. Et comme depuis le d&#233;but, les contributions seront r&#233;mun&#233;r&#233;es. Les th&#232;mes des deux prochains num&#233;ros de l'ann&#233;e 2025 porteront sur la ville de Marseille (sortie fin mai) et sur le fascisme (sortie d&#233;but octobre).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Une &#233;mission vid&#233;o : CRAT&#200;RES &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec une moyenne de 25.000 visites par mois le site de Trou Noir est aussi une belle r&#233;ussite. Cette ann&#233;e, les textes de fonds, th&#233;oriques, les r&#233;cits, les po&#232;mes, para&#238;tront par livraisons r&#233;guli&#232;res &#224; chaque saison. Mais nous continuerons &#224; publier de mani&#232;re irr&#233;guli&#232;re les articles qui r&#233;pondent &#224; une actualit&#233; (&#233;v&#233;nements politiques, sorties d'un livre ou d'un autre objet culturel, tribunes, etc.)&lt;br class='autobr' /&gt;
La grande nouveaut&#233; sera la premi&#232;re &#233;mission vid&#233;o de Trou Noir intitul&#233;e CRAT&#200;RES. Nous proposerons deux formats, un court (30 mn) dans lequel un&#183;e invit&#233;&#183;e viendra pr&#233;senter ses recherches et un long (70 mn) permettant un dialogue plus soutenu avec un&#183;e ou plusieurs invit&#233;&#183;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
La revue en ligne restera en libre acc&#232;s et c'est l'abonnement de soutien qui rendra cette initiative possible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Une maison d'&#233;dition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A partir de 2025, Trou Noir disposera de sa propre maison d'&#233;dition pour &#233;diter ses revues mais aussi ses premiers livres ! Nous sommes actuellement en train de programmer les premi&#232;res publications &#224; venir et parmi elles se trouvent Fatal*e le prochain livre de Gorge (aka &#201;lodie Petit). D'autres ouvrages sont en projets mais ne pouvons pas en parler pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quels abonnements proposons-nous ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ABONNEMENT SIMPLE A 30 &#8364;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'abonnement simple, c'est simple. Sa dur&#233;e est d'un an et il vous permettra de recevoir avant-premi&#232;re les deux prochains num&#233;ros de la revue (Marseille. D&#233;sirs en d&#233;sordre et Pulsions fascistes) ainsi qu'un marque-page et des stickers. Il financera directement la production de chaque num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ABONNEMENT DE SOUTIEN A 60 &#8364;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'abonnement de soutien est tr&#232;s important pour nous car il permettra de financer, en plus de la revue papier, les autres projets en acc&#232;s libre et b&#233;n&#233;voles de Trou Noir, &#224; savoir la revue en ligne, la maison d'&#233;dition et les &#233;missions vid&#233;os. Id&#233;alement, nous aimerions d&#233;dommager les personnes qui graviteront autour du projet CRAT&#200;RES (animation, technique et invit&#233;&#183;es). &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet abonnement, vous donnera droit aux m&#234;mes avantage que l'abonnement simple : vous recevrez chez vous les deux prochains num&#233;ros de la revue (&lt;i&gt;Marseille. D&#233;sirs en d&#233;sordre &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Pulsions fascistes&lt;/i&gt;) ainsi qu'un marque-page, des stickers. Et pour vous remercier de ce bonus d'argent, nous glisserons un tote bag avec le prochain num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un dernier mot&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre objectif est de parvenir &#224; r&#233;colter 10.000 &#8364; pour mener &#224; bien ces projets. Cela peut repr&#233;senter une grosse somme mais ce n'est h&#233;las pas grand chose en regard des co&#251;ts de fabrication et de mat&#233;riels. Rien que le budget d'un seul num&#233;ro papier s'&#233;l&#232;ve &#224; 8000 &#8364;. Nous esp&#233;rons bien entendu d&#233;passer cet objectif pour nous sortir d'innombrables petits calculs et sacrifices qui nous maintiennent dans un &#233;tat de pr&#233;carit&#233;. En revanche, nous ferons tout pour que ces projets puissent exister quand bien m&#234;me l'objectif ne serait pas atteint. Car Trou Noir, en plus d'&#234;tre le lieu de diff&#233;rentes exp&#233;rimentations th&#233;oriques et politiques, est aussi un espace o&#249; s'inscrit la m&#233;moire de nos luttes, archiver le pr&#233;sent et le pass&#233;, c'est aussi lutter contre l'oubli et les r&#233;&#233;critures de l'histoire. Trou Noir a 5 ans mais nous avons pour objectif d'exister mille ans !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;&lt;iframe id=&#034;haWidget&#034; allowtransparency=&#034;true&#034; src=&#034;https://www.helloasso.com/associations/trou-noir/collectes/abonnements-de-soutien-a-trou-noir/widget-vignette&#034; style=&#034;width: 350px; height: 450px; border: none;&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La doctrine du consentement</title>
		<link>https://trounoir.org/La-doctrine-du-consentement</link>
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		<dc:date>2025-01-22T15:04:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>polyeucte</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Extrait</dc:subject>
		<dc:subject>transf&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>consentement</dc:subject>
		<dc:subject>Clara Serra</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Penser le consentement sans l'inscrire dans l'horizon punitif de notre pr&#233;sent.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/-HIVER-2024-2025-" rel="directory"&gt;HIVER 2024-2025&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Extrait-+" rel="tag"&gt;Extrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-transfeminisme-+" rel="tag"&gt;transf&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-consentement-+" rel="tag"&gt;consentement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Clara-Serra-+" rel="tag"&gt;Clara Serra&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/fab_25_11x16_8_serra_consentement_cover_1_.jpg?1737472712' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lafabrique.fr/la-doctrine-du-consentement/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La doctrine du consentement&lt;/i&gt; de Clara Serra&lt;/a&gt;, parue en 2024 sous le titre &lt;i&gt;El sentido de consentir&lt;/i&gt;, s'ouvre sur la n&#233;cessit&#233; de refuser une sorte d'&#233;vidence autour de la notion de consentement. Cherchant au contraire &#224; probl&#233;matiser cette notion, Serra se confronte aux approches lib&#233;rales qui ont particip&#233; &#224; l'&#233;laboration d'un nouveau paradigme juridique du consentement positif mais aussi aux th&#233;ories de la domination qui en ont d&#233;cr&#233;t&#233; l'impossibilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans la p&#233;riode clef des&lt;i&gt; Sex Wars&lt;/i&gt;, cristallisant dans les ann&#233;es 80 les fractures majeures d'un certain f&#233;minisme am&#233;ricain autour des questions de pornographie, prostitution et de SM mais aussi de la parano&#239;a anti-trans, que Serra situe l'une des cons&#233;quences majeures de la &#171; doctrine du consentement &#187; : soit l'accroissement du punitivisme d&#233;coulant de l'alliance du f&#233;minisme de la domination avec les politiques racistes de la nouvelle droite am&#233;ricaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
A ce &#171; f&#233;minisme radical &#187; et son agenda sexuel r&#233;actionnaire, Gayle Rubin r&#233;pondait d&#233;j&#224; dans &#171; Thinking Sex &#187; (1984) par une &#171; th&#233;orie radicale de la politique de la sexualit&#233; &#187;. Les pratiques contra-sexuelles (la culture SM, le &lt;i&gt;fistfucking&lt;/i&gt;) apparaissent alors comme la possibilit&#233; d'une subjectivation politique dissidente se faisant contre tout renforcement d'une r&#233;glementation de la sexualit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Clara Serra reprend une partie de cette g&#233;n&#233;alogie de la th&#233;orie radicale de la sexualit&#233; pour y trouver, suivant par l&#224; le geste fameux de Butler de &#171; contextualiser le sexe &#187;, une approche qui, en pla&#231;ant le consentement en son centre, r&#233;affirme l'exigence de transformation sociale du f&#233;minisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en publions ici un extrait. Trou Noir remercie les &#233;ditions La Fabrique pour leur confiance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Clara Serra pr&#233;sentera son ouvrage &#224; Paris le 4 f&#233;vrier (Institut Cervant&#232;s), le 6 f&#233;vrier (Pied &#224; terre) et le 7 f&#233;vrier (Cirque &#233;lectrique).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La scission du f&#233;minisme dans les &lt;i&gt;Sex Wars&lt;/i&gt; : deux fa&#231;ons de penser le consentement
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si tant les premiers &#233;crits de MacKinnon que l'affaire de &#171; la Manada &#187; nous mettent devant l'&#233;vidence que,&lt;i&gt;dans certains contextes&lt;/i&gt;, le consentement des femmes ne peut se d&#233;duire de l'absence de refus explicite dans la mesure o&#249; &lt;i&gt;dans certains contextes&lt;/i&gt; il n'est pas possible de dire non, qu'est-ce qui peut bien nous diviser en tant que f&#233;ministes ? Sur quoi reposent ces grands d&#233;saccords qui ont scind&#233; le f&#233;minisme aux &#201;tats-Unis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Judith Butler l'explique : loin de &lt;i&gt;contextualiser le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;sexe&lt;/i&gt;, &#171; Catharine MacKinnon s'est engag&#233;e dans une tout autre direction. &#192; son argument initial, elle a bient&#244;t ajout&#233; ceci : les hommes ont le pouvoir, les femmes ne l'ont pas ; et le harc&#232;lement sexuel est un mod&#232;le, un paradigme, qui permet de penser les relations h&#233;t&#233;rosexuelles en tant que telles. En faisant alliance avec Andrea Dworkin, MacKinnon en est venue &#224; d&#233;crire les hommes comme &#233;tant invariablement en position dominante, et comme ayant la domination pour seul objectif, et pour seul objet de leur d&#233;sir sexuel. &#187; Pour Butler, &#171; &lt;i&gt;cette &#233;volution ne fut rien moins qu'une erreur tragique.&lt;/i&gt; D&#233;sormais, la structure du harc&#232;lement sexuel cessait d'&#234;tre con&#231;ue comme contingente et d&#233;termin&#233;e par un contexte institutionnel : elle se g&#233;n&#233;ralisait au point de manifester une structure sociale o&#249; les hommes dominent et o&#249; les femmes sont domin&#233;es. Les femmes &#233;taient donc toujours victimes de chantage, elles &#233;taient toujours dans un environnement hostile : mieux encore, le monde lui-m&#234;me &#233;tait un environnement hostile et le chantage n'&#233;tait autre que le &lt;i&gt;modus operandi&lt;/i&gt; de l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Fassin et Michel Feher, &#171; Une &#233;thique de la sexualit&#233; : harc&#232;lement, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence, s'il est impossible de distinguer le sexe de la violence, ce n'est plus qu'il arrive &lt;i&gt;par&lt;/i&gt;&lt;i&gt;fois&lt;/i&gt; que les femmes ne puissent pas refuser d'avoir des relations avec les hommes, c'est qu'elles ne peuvent &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; le refuser. Comme l'&#233;crit Agust&#237;n Mal&#243;n dans son excellent ouvrage, &lt;i&gt;La doctrina del consentimiento afirmativo&lt;/i&gt;, &#171; pour MacKinnon [&#8230;] l'expression m&#234;me &lt;i&gt;violence sexuelle&lt;/i&gt; est un pl&#233;onasme. C'est la sexualit&#233; elle-m&#234;me qui est violente. C'est le principal dispositif par lequel les hommes dominent les femmes, avec l'avantage que celles-ci ne savent pas qu'elles subissent une domination. Quand elles croient d&#233;sirer et jouir, elles sont en r&#233;alit&#233; soumises et viol&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agust&#237;n Mal&#243;n, La doctrina del consentimiento afirmativo, Pampelune, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;. En faisant du harc&#232;lement sexuel non pas une contingence particuli&#232;re mais la logique m&#234;me de la sexualit&#233;, le f&#233;minisme abolitionniste a &#233;t&#233; amen&#233; &#224; consid&#233;rer le sexe comme un terrain inexorablement dangereux pour les femmes, &#224; faire de la pornographie le symbole de ce paradigme sexuel, &#224; r&#233;clamer un r&#244;le protecteur fort de l'&#201;tat et &#224; mettre en &#339;uvre des politiques prohibitionnistes et r&#233;pressives. Et, partant du postulat d'un immense syst&#232;me d'abus de pouvoir g&#233;n&#233;ralis&#233;, ce f&#233;minisme a g&#233;n&#233;ralis&#233; &#233;galement notre minorit&#233; sexuelle. Car, de fa&#231;on tout &#224; fait coh&#233;rente, la conclusion &#224; laquelle ce f&#233;minisme est arriv&#233;, c'est que, m&#234;me si les femmes acceptaient des pactes sexuels &#8211; le travail sexuel, la pornographie ou les rapports sadomasochistes &#8211;, ces oui n'&#233;taient pas valides dans la mesure o&#249; les conditions du consentement &#233;taient d'embl&#233;e invalid&#233;es. En d'autres termes, dans la perspective du f&#233;minisme de la domination, le concept de consentement est un pi&#232;ge id&#233;ologique qui sert &#224; dissimuler ce qui se produit toujours dans des conditions d'obligation. Si, dans un monde patriarcal, la contrainte sexuelle pr&#233;vaut toujours, le consentement ne change rien. Par cons&#233;quent, les &lt;i&gt;viols consentis&lt;/i&gt; sont constants dans notre soci&#233;t&#233;. Rien d'&#233;tonnant d&#232;s lors &#224; ce qu'aient surgi au sein de ce f&#233;minisme radical abolitionniste des courants mettant en avant le lesbianisme comme pari politique. C'&#233;tait l'une des conclusions logiques &#224; partir du moment o&#249; l'on posait un rapport consubstantiel entre violence, domination et sexualit&#233; h&#233;t&#233;rosexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, un f&#233;minisme diff&#233;rent, dans lequel s'inscrit Butler, mettait en cause l'h&#233;t&#233;ronormativit&#233; patriarcale en d&#233;fendant les multiples formes de dissidence sexuelle &#8211; parmi lesquelles Gayle Rubin inclut le lesbianisme, la transsexualit&#233; et le travestissement, le sexe non monogame, le BDSM, les relations sexuelles interg&#233;n&#233;rationnelles ou le sexe contre r&#233;mun&#233;ration &#8211; mais en critiquant dans le m&#234;me temps toute tentative d'imposer une autre normativit&#233; sexuelle (le lesbianisme, par exemple) au nom du f&#233;minisme. Le travail de f&#233;ministes comme Carole Vance et les contributrices de la s&#233;rie de textes recueillis et publi&#233;s sous le titre &lt;i&gt;Pleasure and Da&lt;/i&gt;&lt;i&gt;nger&lt;/i&gt; a jou&#233; un r&#244;le particuli&#232;rement important&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carol Vance (&#233;d.), Placer y peligro. Explorando la sexualidad femenina, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces autres voix f&#233;ministes ont alert&#233; sur le probl&#232;me que pose pour les femmes un discours au sujet de la sexualit&#233; ax&#233; sur le danger et elles ont revendiqu&#233; la n&#233;cessit&#233; de travailler &#224; la conqu&#234;te du plaisir en pr&#233;servant la distinction entre la fiction (dans le champ de laquelle il fallait situer les repr&#233;sentations pornographiques) et la r&#233;alit&#233;. Il s'agissait donc non de l&#233;gitimer l'&#201;tat et d'accro&#238;tre ses pouvoirs, mais de repousser les limites du d&#233;sir f&#233;minin, de se d&#233;faire de la culpabilit&#233;, de d&#233;p&#233;naliser les fantasmes et de conqu&#233;rir pour les femmes la possibilit&#233; de jouer avec les r&#244;les de genre &#8211; &#224; travers, par exemple, les identit&#233;s &lt;i&gt;butch/ fem&lt;/i&gt;&#8211; ou les r&#244;les de pouvoir &#8211; le BDSM &#8211; tant que les rapports demeuraient consentis .&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le cadre de ces d&#233;bats, la question du sadomasochisme est devenue un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, c'est ce courant f&#233;ministe, li&#233; par sa g&#233;n&#233;alogie aux luttes queers et &#224; la d&#233;fense des droits des travailleuses du sexe, qui a r&#233;solument mis&#233; sur le consentement sexuel comme crit&#232;re pertinent pour distinguer le sexe de la violence. Comme l'&#233;crit Mal&#243;n, c'est &#171; MacKinnon [qui] propose d'abandonner le paradigme du consentement et d'entrer dans un autre cadre de r&#233;f&#233;rence, celui du pouvoir, en d&#233;veloppant le concept de force&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Mal&#243;n, La doctrina del consentimiento afirmativo, op. cit.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Si l'in&#233;galit&#233; de pouvoir porte atteinte aux conditions du consentement, toutes les relations sexuelles sont en fin de compte forc&#233;es et par cons&#233;quent violentes. La distinction entre viol et co&#239;t est en r&#233;alit&#233; impossible : &#171; Le point de d&#233;part indiscutable &#233;tait que [le viol] a &#233;t&#233; con&#231;u comme une chose diff&#233;rente du co&#239;t, [mais] pour les femmes, dans des conditions de domination masculine, il est difficile de les distinguer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Catharine MacKinnon, Hacia una teor&#237;a feminista del Estado, trad. d'Eugenia (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Si, en face, le f&#233;minisme oppos&#233; aux lois prohibitionnistes a pu maintenir sa d&#233;fense du consentement, c'est parce qu'il affirmait que, m&#234;me dans des conditions d'in&#233;galit&#233; de pouvoir, il est bel et bien possible pour les femmes de dire oui ou non au sexe. Pour que le consentement ait une validit&#233;, le pouvoir ne peut pas &#234;tre assimil&#233; &#224; la force ou &#224; la violence. On ne peut affranchir le sexe du pouvoir, dit Butler, si bien que faire de l'absence totale de pouvoir la condition n&#233;cessaire du f&#233;minisme pour l&#233;gitimer ou permettre le sexe nous conduit &#224; une r&#233;glementation moralisatrice dangereuse de la sexualit&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Butler et les f&#233;ministes oppos&#233;es &#224; la ligne prohibitionniste ont identifi&#233; dans la proposition de MacKinnon et ses disciples : l'imposition d'un sexe &lt;i&gt;bon&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire d'un &lt;i&gt;sexe f&#233;ministe&lt;/i&gt;, li&#233; non plus au consentement &#8211; entendons : au fait que les pratiques, quelles qu'elles soient, sont consenties ou non &#8211;, mais &#224; certains contenus et certaines pratiques sexuelles qui seraient en elles-m&#234;mes bonnes ou mauvaises (par exemple, sexe attentionn&#233; et affectueux contre sexe sadomasochiste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de r&#233;flexions sur le harc&#232;lement et la violence sexuelle, le f&#233;minisme nord-am&#233;ricain s'est donc fractur&#233; autour de la pens&#233;e du consentement. C'est le f&#233;minisme pro-droits, parfois dit aussi &#171; pro-sexe &#187;, qui a fermement d&#233;fendu la l&#233;gitimit&#233; des pactes et des contrats sexuels entre adultes. Si la prostitution volontaire, la pornographie ou le sadomasochisme ne pouvaient &#234;tre poursuivis p&#233;nalement, c'&#233;tait parce que, pr&#233;cis&#233;ment, leur caract&#232;re consenti en faisait des pratiques sexuelles l&#233;gitimes, non susceptibles, par cons&#233;quent, d'entrer dans le cadre juridique de la violence sexuelle. En d'autres termes, le f&#233;minisme oppos&#233; &#224; la prohibition du porno d&#233;fendait la validit&#233; de toute pratique sexuelle volontaire et s'opposait &#224; l'invalidation du consentement qu'impliquait la position abolitionniste, qu'elle consid&#233;rait comme une limitation ind&#233;fendable de notre puissance d'agir sexuelle et une judiciarisation punitive et paternaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les th&#232;ses de MacKinnon ont trouv&#233; un accueil favorable dans une soci&#233;t&#233; nord-am&#233;ricaine puritaine o&#249; r&#232;gne la peur du sexe. Comme l'explique Amia Srinivasan, &#171; les critiques f&#233;ministes radicales de la pornographie co&#239;ncidaient avec une id&#233;ologie conservatrice qui op&#233;rait une distinction entre les femmes &#8220;mauvaises&#8221; (les travailleuses du sexe, les &#8220;reines des allocs&#8221;) devant &#234;tre disciplin&#233;es par l'&#201;tat et les femmes &#8220;bien&#8221; ayant besoin de sa protection, et qui voyait les hommes comme des &#234;tres naturellement rapaces [&#8230;]. C'est Ronald Reagan, le guide de la nouvelle droite, qui, en tant que pr&#233;sident, a ordonn&#233; &#224; son procureur g&#233;n&#233;ral de mener une enqu&#234;te sur les m&#233;faits de la pornographie, &#224; laquelle MacKinnon et Dworkin ont apport&#233; leur expertise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Amia Srinivasan, El derecho al sexo, trad. d'Inga Pellisa, Barcelone, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;]. &#187;. Les militantes r&#233;unies dans le WAP (Women Against Pornography) ont nou&#233; des alliances f&#233;condes avec le moralisme de la droite nord-am&#233;ricaine et se sont servies de cette puissante caisse de r&#233;sonance sociale pour faire passer des lois prohibitionnistes toujours en vigueur aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces d&#233;bats restent d'actualit&#233;, c'est parce que l'h&#233;ritage l&#233;gislatif du f&#233;minisme de la domination ne s'arr&#234;te pas aux lois contre la pornographie. Le choix de la red&#233;finition juridique du consentement dans la l&#233;gislation nord-am&#233;ricaine se fondait sur les principes philosophiques qui servaient aussi &#224; d&#233;fendre la prohibition du porno : l'assimilation du pouvoir &#224; la violence et l'extension illimit&#233;e de l'impossibilit&#233; de dire non. C'est le f&#233;minisme h&#233;g&#233;monique aux &#201;tats-Unis qui a &#233;t&#233; l'inspirateur politique du concept de consentement &lt;i&gt;positif&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;affirmatif&lt;/i&gt;, une doctrine juridique que plusieurs &#201;tats &#8211; parmi lesquels notamment le Wisconsin, le Vermont, le New Jersey ou la Californie &#8211; ont suivie jusqu'&#224; ce jour. &#171; En 2014, avec le soutien de militantes f&#233;ministes, Jerry Brown, le gouverneur de Californie, a ratifi&#233; la loi SB 967, connue sous le nom de projet de loi &#8220;Oui, c'est oui&#8221;. Elle imposait &#224; tous les &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur qui b&#233;n&#233;ficient de fonds de l'&#201;tat [&#8230;] d'adopter un principe de &#8220;consentement affirmatif&#8221; pour juger si un acte sexuel est consenti ou non&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. [trad. l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e : No&#233;mie Grunenwald traduit &#171; affirmative (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Si la r&#233;glementation p&#233;nale sur le consentement varie d'un territoire &#224; l'autre aux &#201;tats-Unis et si le concept de &#171; consentement affirmatif &#187; ne concerne pas encore beaucoup d'&#201;tats, cette doctrine a &#233;t&#233; largement adopt&#233;e dans les r&#232;glements internes des campus universitaires de tout le pays. En 1996, l'Antioch College, dans l'Ohio, a mis en &#339;uvre sa &#171; Sexual Offense Prevention Policy &#187;, un r&#232;glement toujours en vigueur aujourd'hui qui exige que toute relation sexuelle fasse l'objet d'un &#171; consentement verbal &#187; pr&#233;alable qui doit &#234;tre r&#233;it&#233;r&#233; &#171; &#224; chaque nouveau stade du rapport sexuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Sexual Offense Prevention Policy (SOPP) &amp; Title IX &#187;, Antioch (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il s'agit donc d'abandonner un cadre o&#249; le consentement d&#233;pend de la pr&#233;sence ou de l'absence d'un refus (qui ne se limite pas &#224; une r&#233;sistance physique, bien entendu) pour passer &#224; une r&#233;glementation qui exige positivement &#8211; y compris de mani&#232;re verbale &#8211; l'affirmation. Comme le souligne Catharine MacKinnon, qui a jou&#233; un r&#244;le important aupr&#232;s des l&#233;gislateurs en tant qu'experte et juriste sp&#233;cialis&#233;e, &#171; les lois relatives au consentement affirmatif ne font que d&#233;placer les balises de ce qui constitue un acte sexuel l&#233;galement acceptable : alors qu'auparavant les hommes devaient s'arr&#234;ter lorsque les femmes disaient non, il leur suffit maintenant de persuader les femmes de dire oui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233;e par A. Srinivasan, dans Le droit au sexe, op. cit.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il n'y a sans doute pas lieu de s'&#233;tonner que le cadre th&#233;orique sur lequel reposent ces nouvelles normes juridiques soit le f&#233;minisme de la domination ; en d&#233;finitive, c'est lui qui s'est le plus efforc&#233; de souligner l'impossibilit&#233; de dire non pour les femmes. Rappelons-nous toutefois que ces positions trahissent une profonde m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de la capacit&#233; de consentir. Aux &#201;tats-Unis, o&#249; le d&#233;bat sur le consentement s'est engag&#233; il y a au moins quatre d&#233;cennies, les r&#233;formes des lois sur le viol et l'int&#233;gration du consentement affirmatif n'ont pas fait l'objet d'un consensus chez les f&#233;ministes. En raison m&#234;me de la place qu'occupent depuis les ann&#233;es 1980 les &lt;i&gt;Sex Wars&lt;/i&gt;, auxquelles ces nouvelles lois sont directement li&#233;es, le d&#233;bat reste tr&#232;s ouvert. Les positions les plus critiques &#224; l'&#233;gard des lois du &#171; seul un oui est un oui &#187; sont issues de la sph&#232;re des &#233;tudes juridiques critiques, du f&#233;minisme antiraciste et de l'antipunitivisme. Il faut notamment signaler l'intervention de la juriste Aya Gruber, qui fait le lien entre les nouvelles lois contre le viol et la politique carc&#233;rale aux &#201;tats-Unis, et celle de la th&#233;oricienne queer et professeure &#224; Harvard Janet Halley, pour qui le consentement affirmatif incarne un v&#233;ritable tournant conservateur et r&#233;actionnaire. Dans un texte incisif intitul&#233; &#171; The Move to Affirmative Consent &#187;, Halley souligne une fois encore la m&#233;fiance du f&#233;minisme de la domination &#224; l'&#233;gard du consentement : &#171; bien qu'il occupe une place centrale dans le lexique politique du lib&#233;ralisme, il n'a jamais &#233;t&#233; du go&#251;t de la pens&#233;e f&#233;ministe radicale de la domination &#187;. Pour MacKinnon, insiste Halley, &#171; les femmes consentent souvent &#8211; dans certaines versions toujours ou presque toujours &#8211; au sexe avec des hommes dans des conditions de domination masculine invariablement coercitives qui font que leur consentement n'a aucune signification descriptive ou morale. [&#8230;] Sous cette domination, elles peuvent donner leur consentement au sexe mais ce consentement est sans valeur d&#232;s l'instant o&#249; il est donn&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Janet Halley, &#171; The Move to Affirmative Consent &#187;, Signs. Journal of Women (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour aborder aujourd'hui le d&#233;bat sur la capacit&#233; de consentir, il faut commencer par souligner un profond paradoxe : les lois du consentement affirmatif, d&#233;fendues aujourd'hui par ses partisans comme des l&#233;gislations qui viennent enfin &lt;i&gt;mettre le consentement au centre&lt;/i&gt;, s'appuient sur une th&#233;orie f&#233;ministe qui, en toute coh&#233;rence, invalide en fin de compte l'id&#233;e m&#234;me de consentement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ric Fassin et Michel Feher, &#171; Une &#233;thique de la sexualit&#233; : harc&#232;lement, pornographie, prostitution. Entretien avec Judith Butler &#187;, &lt;i&gt;Vacarme&lt;/i&gt;, 22, janvier 2003, p. 44-51. C'est moi qui souligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Agust&#237;n Mal&#243;n, &lt;i&gt;La doctrina del consentimiento afirmativo&lt;/i&gt;, &lt;br class='autobr' /&gt;
Pampelune, Aranzadi, 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Carol Vance (&#233;d.),&lt;i&gt; Placer y peligro. Explorando la sexualidad femenina&lt;/i&gt;, trad. de Julio Velasco et Mar&#237;a &#193;ngeles Toda, Madrid, Talasa, 1989 [&#233;d. originale : &lt;i&gt;Pleasure and Danger : Exploring Female Sexuality&lt;/i&gt;, Boston, Routledge &amp; Kegan Paul, 1984].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le cadre de ces d&#233;bats, la question du sadomasochisme est devenue un v&#233;ritable symbole de la dispute : territoire que les femmes et les f&#233;ministes pouvaient revendiquer pour les f&#233;ministes pro-sexe, contre incarnation de la sexualit&#233; patriarcale pour les f&#233;ministes antipornographie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Mal&#243;n,&lt;i&gt; La doctrina del consentimiento afirmativo&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Catharine MacKinnon, &lt;i&gt;Hacia una teor&#237;a feminista del Estado&lt;/i&gt;, trad. d'Eugenia Mart&#237;n, Madrid, C&#225;tedra, 1995 [&#233;d. originale : &lt;i&gt;Towards a Feminist Theory of the State&lt;/i&gt;, Cambridge, Harvard University Press, 1989].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Amia Srinivasan,&lt;i&gt; El derecho al sexo&lt;/i&gt;, trad. d'Inga Pellisa, Barcelone, Anagrama, 2022 [&#233;d. originale : &lt;i&gt;The Right to Sex&lt;/i&gt;, Londres, Bloomsbury, 2021 ; &#233;d. en fran&#231;ais : &lt;i&gt;Le droit au sexe, le f&#233;minisme au xxi e si&#232;cle&lt;/i&gt;, trad. de No&#233;mie Grunenwald, Paris, PUF, 2022&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;. [trad. l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e : No&#233;mie Grunenwald traduit &#171; &lt;i&gt; affirmative consent&lt;/i&gt; &#187; par &#171; consentement &#233;clair&#233; et enthousiaste &#187; (on trouve aussi dans d'autres traductions &#171; consentement explicite &#187;) ; j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; utiliser &#171; consentement affirmatif &#187;, conform&#233;ment au choix de Clara Serra en espagnol et consid&#233;rant que le livre en lui-m&#234;me est suffisamment explicite quant aux significations et implications de ce concept.(ndt)].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Sexual Offense Prevention &lt;br class='autobr' /&gt; Policy (SOPP) &amp; Title IX &#187;, Antioch College : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://antiochcollege.edu/campus-life/sexual-offense-prevention-policy-title-ix&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://antiochcollege.edu/campus-l...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233;e par A. Srinivasan, dans&lt;i&gt; Le droit au sexe, op. cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Janet Halley, &#171; The Move to Affirmative Consent &#187;, &lt;i&gt;Signs. Journal of Women in Culture and Society&lt;/i&gt;, vol. 42, n&#176; 1, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="en">
		<title> FROM INTIMATE TO ACCOMPLICE: PERVERSE GEOGRAPHIES </title>
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		<dc:date>2025-01-20T22:03:39Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>polyeucte</dc:creator>


		<dc:subject>Quentin Dubois</dc:subject>

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&lt;p&gt;This text was presented at the Against nature event organized by Pierre-Alexandre Mateos and Charles Teyssou at Lafayette Anticipations, in conjunction with Cyprien Gaillard's HUMPTY \ DUMPTY exhibition. &lt;br class='autobr' /&gt;
Using Hocquenghem's post-FHAR writings (La d&#233;rive homosexuelle, Le Gay voyage, Oiseau de la nuit, Race d'Ep) and their revival in so-called anti-relational (Bersani, Edelman) or rather counter-civilizational theory, the aim is to determine perverse counter-geographies. This speculative (&#8230;)&lt;/p&gt;


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/ 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Quentin-Dubois-+" rel="tag"&gt;Quentin Dubois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/capture-decran-2021-06-04-a-19.24.00-1200x670-2.png?1737410901' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;This text was presented at the Against nature event organized by Pierre-Alexandre Mateos and Charles Teyssou at Lafayette Anticipations, in conjunction with Cyprien Gaillard's HUMPTY \ DUMPTY exhibition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Using Hocquenghem's post-FHAR writings (La d&#233;rive homosexuelle, Le Gay voyage, Oiseau de la nuit, Race d'Ep) and their revival in so-called anti-relational (Bersani, Edelman) or rather counter-civilizational theory, the aim is to determine perverse counter-geographies. This speculative gesture is based on a cross-genealogy of intimacy, the homosexual subject and the city, through the intermediary of hygienism, homosexual drift and flirting, as part of both a particular topological flair and a strong antisocial aim: to depose disciplinary intimacy - and, ultimately, familialism. It is disciplinary hygienism, insofar as it provokes the presence of what it circumscribes and exhibits it under the pretext of concealing it, that is the target of a certain homosexuality (of urban dissidence) through complicity and concealment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. THE INTIMATE OR ACCOMPLICE: &#8220;EVERY ACT LEAVES A TRACE&#8221; &#8211; TIME OF THE CRIME &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;As if bodies were not separable from their power of density, from their power to create mass, and to ruin in principle all interval and all distance, hygiene converts bodies into idealities capable of analyzing masses: behaviors. The city has only become this machine for (re)training individuals on the condition of &lt;/i&gt;&lt;i&gt;this idealization of bodies in behavior.&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. Murard et P. Zilberman, Le petit travailleur infatigable. Villes-usines, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I would like, from an opposition to be created, that of conspiracy and intimacy, to play with the topographical outline of perverse imaginations. By first &lt;i&gt;simulating &lt;/i&gt;a genealogy of the urban-uranist problem &#8211; this word uranism from Karl Ulrichs, from hygienism, constrain the moment of complicity. In this genealogy of the urban-uranian problem, as a key moment, &lt;i&gt;hygienism &lt;/i&gt;has appeared with insistence since the middle of the 19th century, and which intersects with the constitution, through law and medicine, of &lt;i&gt;homosexuality. &lt;/i&gt;In this legal-medical knot, the homosexual emerges &#8211; to which the Uranist responds as the first figure of contestation or epistemopolitical resistance. Perverse research, entwined with the city, encounters &lt;i&gt;hygiene &lt;/i&gt;and the constitution of a precise space, place of the external and internalized disciplinary, &lt;i&gt;intimacy: &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;The constitution of modern spaces is therefore the formation and formalization of ideal systems of relationships whose &lt;/i&gt;&lt;i&gt;relata &lt;/i&gt;&lt;i&gt;are idealities: they are not made with bodies, but with behaviors. Public hygiene has developed a &#8220;science&#8221; of behavior and feelings by repressing bodies.&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 108. [My translation]&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We can roughly consider that the thought which governed the city until the &lt;i&gt;Charter of Athens &lt;/i&gt;(1933) is a hygienist thought which seeks to protect itself from the consequences that industrial capitalism produces by the crowding of workers: crime and illness. The discourse on which we settle is not that of communication &#8211; nor of a theory of communication or cybernetics &#8211; but that of &lt;i&gt;contagion &lt;/i&gt;and a true metaphysics of &lt;i&gt;miasma: &lt;/i&gt;proximity produces the pathogen and the criminal &#8211; The urban planner meets the criminologist:&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/1000000000000400000005325cd4888c.png?1737410558' width='500' height='650' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;By seeking to eradicate debauchery by establishing a science of non-corporeal behavior, the hygienist, this moralist of the second half of the 19th century, undertakes to counteract all bodily swelling, all erotic behavior: the hygienist discourse constitutes the the intimate space &lt;i&gt;(the habitat). &lt;/i&gt;The bedroom trumps the cabaret and the &lt;i&gt;bad places. &lt;/i&gt;Thus, housing gives rise to behaviors specific to territories specially designed for them. All of these housing disciplines focus on domestic relations; they are &#8220;disciplines of the tiny&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;This discipline of the tiny is itself analyzed in the third chapter of the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;: technology of interstices, of intervals &#8211; always the danger that &lt;i&gt;it fucks &lt;/i&gt;outside the four walls of the habitat. This is because the entirety of everyday life must be domesticated so that the 19th century hygienist slogan could be: &#8220;Maintain political order in the midst of moral disorder.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The expression [in French: &#8220;Maintenir un ordre politique au milieu d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Everything that could threaten public order is contained in the smallest act - which must be scrutinized, penetrated with the police gaze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From intimacy, we can distinguish two constitutive moments: the first as a moment of&lt;br class='manualbr' /&gt;classical intimacy, based on a psychology of the soul (17th century) concomitant with the establishment of the subject of modernity; the second disciplinary intimacy as the creation of a space for controlling bodies (19th century) centered on collective vices and leading to the structuring notion &lt;i&gt;of habitat. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;However, we detect, as on a body covered with small shivers, sudden resistance to intimacy, a sort of &lt;i&gt;therapeutic: &lt;/i&gt;at the first, it is Sade's Society &lt;i&gt;of Friends of Crime &lt;/i&gt;- that of permanent destruction &lt;i&gt;and &lt;/i&gt;conscience &lt;i&gt;and &lt;/i&gt;of the subject through crime (a morality of apathy) and which brings dark impulses into play against rational clarity; to the second, there are the &lt;i&gt;lumpenpractices &lt;/i&gt;of which the most obvious, the most central, is that linked to carnal vice and which is divided into two close subjectivities: the prostitute and the homosexual. These two intimacies, to be understood differentially, are complementary: it was a matter of developing the substantial family &lt;i&gt;against &lt;/i&gt;bad subjectivities (prostitute and homosexual), the latter understood and established legally and medically as threats. A family police force was then created, a precise relationship between society and family which we called: &lt;i&gt;familialism. &lt;/i&gt;It is hygienism which constituted intimacy as a sort of objective surface for questioning individual behavior and joining together crime and pathology; the enclosed space of the habitat producing an &lt;i&gt;intimacy, &lt;/i&gt;protective from external threats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. THE HOMOSEXUAL SENSIBILITY OF THE TRACE &#8211; TIME OF THE PLOT &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because the vicious circle abolishes, once and for all, alongside identity the meaning of acts and demands their infinite repetition in a complete absence of a telos, it becomes the selective criteria of experimentation within the conspiracy itself.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Klossowski, &#8220;Circulus Vitiosus.&#8221; Translated by Joseph Kuzma. The Agonist: (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/1000000000000465000005dddf83a842.png?1737410558' width='500' height='668' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;We understand that with this policing of families, the repressive apparatus hardens through the &lt;i&gt;agent &lt;/i&gt;who stands as if on top of the city, according to the panopticon, and controls its interstices. Criminology at the beginning of the 20th century, with Edmond Locard, the father of criminalistics, stated: &#8220;Quiscunque tactus vestigia legat&#8221; &lt;i&gt;(Every contact leaves a trace). &lt;/i&gt;From a sliding game between crime, complicity and the hidden, it would be necessary to manage to make it the watchword written on the frontispiece of dissident counter-geographies: &lt;i&gt;every contact leaves a trace. &lt;/i&gt;It is a&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;coital ephemeral &lt;/i&gt;which leaves traces that homosexuals, fine geographers of cities, recognize and which Hocquenghem called &lt;i&gt;the topological flair &lt;/i&gt;of homosexuals:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A city map is a hunting territory. And flirt, a way of reading it, this plan, which soon covers it, erases it, makes it illegible to anyone other than myself, until it escapes, crumpled and damp from having been held for so long, through the window of a pop tram or a yellow taxi. Because my ghetto is not a portion, a fraction, a member of the city. It is spread everywhere, another meaning &#8211; minor &#8211; given by habits instantaneous, by first encounters, by geography, smoky and terribly precise in detail, evenings where alcohol and drugs set the benchmarks.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Hocquenghem, Le Gay voyage : guide et regard homosexuels sur les grandes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The complicity that arises in bars and cabarets presents itself in a fascinating way, but it is much more dislocating in street cruising. Here opens the new topos and a redefinition, a resumption of the hidden, understood in opposition to intimacy - because disciplinary intimacy cannot tolerate the hidden, each interstice must be controlled and corrected; it is about thwarting the false appearance of 'at home' of intimacy through the hidden - disciplinary intimacy stifles possibilities, the hidden exacerbates them behind the apparent tranquility in that every place is potentially a cruising zone and of fucking.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But moreover, we must grasp the disarticulation of identity. Understanding this then: the homosexual disarticulates his own identity (it is a gesture of expropriation), an identity which has been shaped by the disciplinarian. Production of a new subjectivity through flirting, through the hidden - what Hocquenghem's &lt;i&gt;drift &lt;/i&gt;covers. It is here, from a proposition that can be described as decadent, identifiable in Jean Lorrain through his &lt;i&gt;Tales of an Ether Drinker &lt;/i&gt;from 1895, in this literature of the cursed character of the closed habitat, &lt;i&gt;bad accommodation. &lt;/i&gt;This decadentist proposal questions the displacements of the &lt;i&gt;hidden &lt;/i&gt;in the external, so-called public space - to tell the truth it is a question of a deactivation of the private and the public - bringing into play &lt;i&gt;against &lt;/i&gt;the intimate, the notion of &lt;i&gt;complicity &lt;/i&gt;in which the power of the carnal. This carnal inscription, persistent trace, is not understood as a resistance to the &lt;i&gt;massification &lt;/i&gt;of homosexual behavior - the regulated becoming-consumption in cruising and party places, the formation of the pink ghetto (&lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt;) - but a very strong resistance. older and more solidly anchored, a sort of desiring neo-archaism which can be reactivated in and through the dissident practice of drift: printed, traced refusal of intimacy. A way of inflicting &lt;i&gt;wounds on the city, &lt;/i&gt;according to Hocquenghem's expression, as well as on disciplinary intimacy.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1135 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/1000000000000377000002b1a353f639.png?1737410559' width='500' height='388' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;The &lt;i&gt;homosexual drift &lt;/i&gt;is understood as a disidentification, this fleeting way of no longer conceiving oneself as an individuated subject but as an incommunicable experience. The homosexual disarticulates his &lt;i&gt;own &lt;/i&gt;identity which has been shaped by the disciplinary - it is a gesture of expropriation of perversion, that of diverting a practice from its reproductive goal and from what has been imposed on us by legal discourse and medical as relating to properties (the specialist who would say: &#8220;It is indeed the characteristic of homosexuals that ...&#8221;). Thus, the production of a new subjectivity through flirting, through the hidden: this is what Hocquenghem's concept of drift covers. It is always this that Lee Edelman replays in &lt;i&gt;The Impossible Homosexual: &lt;/i&gt;'Homosexuality is constituted as a category, then, to name a condition that must be represented as determinate, as legibly identifiable, precisely insofar as it threatens to undo the determinacy of identity itself; it must be metaphorized as an essential condition, a sexual orientation, in order to contain the disturbance it effects as a force of dis-orientation.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lee Edelman, &#8220;Homographesis : Essays in Gay Literary and Cultural Theory de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Homosexuality, in that it gets rid of itself, a sort of homosexual defeatism, was able to&lt;br class='manualbr' /&gt;embody the most frontal attack on intimacy and therefore on a certain Western relationship between the hidden, the intimate and crime. This so-called anti-relational or anti-social thesis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I reject the terms as well as the too brief analysis given by Jos&#233; Esteban (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; is understood from its &lt;i&gt;productivity: &lt;/i&gt;homosexual desire secretes a movement of dissolution of the disciplinary geographies which saw it born, a tendency towards this disappearance or abolition, by producing other forms of relationality passing through flirting and fucking - the relationship is complicit and non-mediator. Or to put it another way, homosexual desire is:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; On the one hand a &lt;i&gt;destitutive&lt;/i&gt; &lt;i&gt;use&lt;/i&gt; of the anus &#8212; at the same time as the anus loses its function of evacuating waste to become a site of pleasure (an anti-hygienism), it is a question of attacking the disciplinary institutions based on familialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; On the other hand, a &lt;i&gt;desirous&lt;/i&gt; &lt;i&gt;use&lt;/i&gt; of the anus &#8212; production of new relationships, improbable connections, desire for everything that can penetrate it. In this sense, the term &#8220;anti-relational&#8221;, used by critics of this thesis, seems far too weak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thus, a complicity produced by an expropriation of the other - an expropriation understood as the proper, the intimate, is grasped and deactivated. The plot is absorption in the diversion in progress - the game of conspiracy and complicity, the game of secret flirting and the suspension of consciousness by the crime in progress. It is the &lt;i&gt;fantasy &lt;/i&gt;that awakens once institutional life (urban life and its rules) and moral life (intimate conscience) are neutralized. From the first glance, in this relationship to an unknown face, the dart of desire is planted. More than a crumbling of innocence, this is the hasty step of a revealed attack on privacy. No intimate relationship, no veil of modesty, but &lt;i&gt;complicit &lt;/i&gt;relationships raising the desire for co-involvement in a crime - that's the great theme of Jean Genet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/10000000000006400000043911b9c37a.png?1737410559' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Faced with this incommunicability of an experience that the rational language of the disciplinary can only apprehend through repression and judgment - operating a moralistic reductionism of experience - we should make the first gestures of a counter-topography of this anti-hygienist proposition, that of drifting homosexuality.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. SODOMISTIC COUNTER-TOPOGRAPHY: TENDER VS ALEXANDRIA MODERN &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/1000000000000500000003734c71f041.png?1737410559' width='500' height='345' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &lt;i&gt;Carte de Tendre, &lt;/i&gt;an imaginary plot, was gradually developed in the 17th century, as an extension of Mademoiselle de Scude&#769;ry's novel, &lt;i&gt;Cle&#769;lie, histoire romaine. &lt;/i&gt;The incarnation of Les &lt;i&gt;Pre&#769;cieuses, &lt;/i&gt;this imaginary topography has long been represented as virtuous &#8211; the rules leading to marriage, a guide for the suitor. It should rather be understood as an experiment that is not marked out, but open; because it only produces what we think it would eliminate: confusion. Understand the sentence in &lt;i&gt;Cle&#769;lie: &lt;/i&gt;&#8220;There are no paths where we cannot get lost&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Starting from complicity in the crime, it would be a question of twisting or carrying out a perverse twist to the Carte de Tendre and to its own regime of modernity - which is not yet that of the disciplinary, but of a certain psychology of the intimate which will make it possible, from a perimeter of all affective experience. In this gesture of a sodomistic counter-topography, our map would take the name of Modern Alexandria, the last imaginary city of Hocquenghem's &lt;i&gt;Gay voyage, &lt;/i&gt;his Hellenistic New York of the 1st century. City of an impulse drift between two men.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taking up the map of Tendre through the &lt;i&gt;Homosexual Drift &lt;/i&gt;and the &lt;i&gt;Gay Voyage &lt;/i&gt;by purging it of all &lt;i&gt;telos, &lt;/i&gt;is done through the desiring use of the anus, that is to say an anus freed from the functionalism of the organs, which does not know no finality except the dissolution-penetration-dissolution spiral. It follows the non-teleological movement of Hocquenghem's short story &#8220;Oiseau de Nuit&#8221; [Bird of the Night] by posing the principle: the journey of drift is a process of disidentification from familialist disciplinary norms in favor of a new, resolutely counter-civilizational subjectivation and against the intimate: it produces a new subjectivity (the mad one) whose goal is to pervert new beings, to trigger a disidentification in them. This is such an unusual thing as a doctor &lt;i&gt;of &lt;/i&gt;perversion and with what manner, with what language he fulfills his office!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The driving principle of drift is a principle of &lt;i&gt;evolution: &lt;/i&gt;a spiral movement makes present desires which are born, in the unforeseeable of the encounter - the fortuitous &lt;i&gt;versus &lt;/i&gt;the teleological. The &#8220;starting&#8221; point is therefore that of complicit initiation; a sort of &lt;i&gt;Bildungscruising, &lt;/i&gt;based on a protagonist, present in all the literature that followed Genet and Hocquenghem: the &lt;i&gt;mad thug. &lt;/i&gt;In the film by Lionel Soukaz and Guy Hocquenghem, &lt;i&gt;Race d'Ep, &lt;/i&gt;the initiation begins along the ill-famed urinal and will follow the movement of a spiraloform drift - refusal of any circularity, that is to say of a self-identity. What this counter-topography proposes, following this gesture of an initiating perversion, is to replace precious cities with other places, just as imaginary as they are rooted in memories and affects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simulating the Map of Modern Alexandria, we can place a few places pell-mell&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;We will forgive what the impulses throw here without worrying about putting (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; the Luxor: with its rhapsody of jeans during &lt;i&gt;Jason and the Argonauts &lt;/i&gt;by Don Chaffey. Peplum punctuating Uranian coitus from the 60s and 70s.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The banks of the Seine with the two thugs, &lt;i&gt;not bad&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#8220;I was walking down a lost street, in a peripheral district, looking for a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;from Hocquenghem.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Le Me&#769;ry, known as a adult movie theater. Place de Clichy --- the setting for Jacques Nolot's movie, &lt;i&gt;La chatte &#224; deux t&#234;tes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;L'Adonis-Bar &lt;/i&gt;from the novel by Maurice Duplay: bar opened by the young Michto, Adonis with his transvestite friends in Montmartre &#8212; most certainly at 2 rue Berthe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/png/1000000000000527000008002ef3385c.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/1000000000000527000008002ef3385c.png?1737410560' width='500' height='777' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Not far, the Duplex, where I sucked off a guy in his fifties a few weeks ago.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; L'Esclave in Avignon, a stopover for theatrical faggots one month a year.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Any hidden place, in the color given to it by Franc&#807;ois-Paul Alibert in his novel &lt;i&gt;Le supplice d'une queue&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1139 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/10000000000002eb000001f4e8998f23.png?1737410560' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Jean Lorrain's apartment, where homosexuality is high on the ether by abhorring intimacy (discourse of homosexuality which tends to leave the habitat as a place of horror: decadentist impulse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The Argos Club in Amsterdam (closed). So, a motorway rest area, decorated with a few traces of ketamine, will do the trick before getting back on the road &#8211; a really &lt;i&gt;winding &lt;/i&gt;drift.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/local/cache-vignettes/L372xH172/10000000000001d1000000d74d6be707-d8b89.png?1765908743' width='372' height='172' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8211;The Lab, where every river takes its source.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The Tuileries, a sort of first Garden of the Pervert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The Marais, where, in an alley, I once again sucked off three guys in a row, crime after crime, also around forty-fifty years old, a month ago. A tap on the shoulder to let me know that a neighbor, an early riser, was staring at us. First &lt;i&gt;coitus interruptus &lt;/i&gt;which reaffirms the ephemerality of the drift.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Let us clarify: &lt;/strong&gt;If this drift punctuated by places of consumption, no one gives credit to it - the moral debt is not established there at all: the currency of rigor during this journey is living currency, whoever is a body is enjoyable and produces value.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/10000000000003c0000002d0f2283ff6.png?1737410560' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Guy Hocquenghem and the porn actor Piotr Stanislas: drift-discussion which is understood as the moment of a homosexualization of &lt;i&gt;Rameau's Nephew. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The El Dorado of Berlin in the 20s and 30s where Christian Schad paints &lt;i&gt;The Guide to the Lustful Night &lt;/i&gt;at the Heart of the New Objectivity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Jean Genet, &lt;i&gt;Funeral Rites: &lt;/i&gt;&#8220;J'encule le monde !&#8221;, a dismissive tirade of a few syllables against all the books of Civilization.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1142 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/10000000000003b3000002e4014f3fd1.png?1737410560' width='500' height='390' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The University of Vincennes &#8212; passage required by Hocquenghem &#8212; has become a maintained homosexual amusement park (you can access it through &lt;i&gt;Porte dor&#233;e&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The Catacombs in the South of Market neighborhoods of San Francisco where Gayle Rubin dominated and fisted Michel Foucault. Epiphanico-anal place since he discovers through this initiation, in a &lt;i&gt;Eureka! &lt;/i&gt;filled in him: &#8220;Power is exercised more than it is possessed&#8221; &lt;i&gt;(History of Sexuality, volume 1: the Will to Knowledge). &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The School of &lt;i&gt;Fine&lt;/i&gt; Arts in the 6th arrondissement where the General Assemblies of the F.H.A.R. (&lt;i&gt;Front Homosexuel d'Action R&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;) and homosexual orgies took place (on six floors of cruising, Hocquenghem tells us in &lt;i&gt;L'apre&#768;s-Mai des Faunes). &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1143 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/png/100000000000045e00000640a57fb74c.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/100000000000045e00000640a57fb74c.png?1737410560' width='500' height='716' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Sodome &lt;/i&gt;by Henry d'Argis, first homosexual novel and prefaced by Verlaine. D'Argis in relation with Pierre Loti. We will appreciate the long description of a Parisian sauna near the Opera. &lt;a id=&#034;_GoBack&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The &lt;i&gt;tourniquet&lt;/i&gt; by Saint-Jean Genet, ontological annihilation as the depths become pregnant with the works of his lovers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The ruins of &lt;i&gt;the Institut fu&#776;r Sexualwissenschaft &lt;/i&gt;by Magnus Hirschfeld prompting us the speculative question: How to live and think among the ruins? (Ursula Le Guin and Donna Haraway).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/local/cache-vignettes/L480xH359/1000000000000258000001c1f8f40a7c-03fd3.png?1765908743' width='480' height='359' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Ramier Island in Toulouse with this excitement in the post-industrial proliferation following the explosion of the AZF factory in 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Any church presenting a Saint Sebastian and any tree in a park becoming the scene of a sex-martyr. For example: &lt;i&gt;The dream of Ogier II &lt;/i&gt;(or the &lt;i&gt;Fustigation) &lt;/i&gt;by Pierre Klossowski in &lt;i&gt;The Immortal Adolescent &lt;/i&gt;and which recalls in the &lt;i&gt;Book of Lamentations of Jeremiah &lt;/i&gt;of the Old Covenant:&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/local/cache-vignettes/L440xH666/1000000000000226000003401289199f-4e5d5.png?1765908743' width='440' height='666' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;For me he is a bear lying in wait, a lion in hiding&lt;br class='manualbr' /&gt;He diverts my paths, tears me to pieces, he has made me a devastated man. He drew his bow and set me up as a target for his arrow&lt;br class='manualbr' /&gt;He has brought the threads of his quiver into the depths of my being. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Ostia, &lt;/i&gt;November 2, 1975, Pasolini. With a detour to Stazione Termini where Pasolini recruited his dangerous lovers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/10000000000003e8000002d8462c22fc.png?1737410561' width='500' height='364' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The cave of Saturn &#8211; the other name that Rabelais gives to the anus &#8211; where we devour our own children while shitting them. The cycle of civilizational reproduction is short-circuited: the feces are no longer identified with psychoanalytic money, a break in sublimation, but destabilized from the excremental as well as excremental function - we prefer the voracious Saturn rather than the Jupiter (very bad lover).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;In the seas of danger: &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Preciado's Pornotopia apartment: postmodern intimacy and masturbation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The &lt;i&gt;Demence Boat: &lt;/i&gt;that is to say petro-cruising.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The European Parliament full of gays with ties &#8212; to be avoided especially during their &lt;i&gt;fairies' period, &lt;/i&gt;which takes place one week a year in the Vosges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; The complementarity of astrological signs (hypostasis of active/passive roles in a post-premodern bestiary).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Boring coitus type Xavier Dolan (anal sublimation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/1000000000000514000002e402ae83e8.png?1737410561' width='500' height='284' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;But &#8220;understanding&#8221; the simulacrum or &#8220;mistaking&#8221; it has no consequences: the simulacrum, aiming at complicity, awakens in those who undergo it a movement which can immediately disappear; and talking about it will in no way account for what happened then: a fleeting adhesion to this consciousness without support which embraces in others nothing but what could be distracted, dissociating itself from the self of others to make it vacant.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Klossowski, &#8220;Le simulacre dans la communication de Georges Bataille&#8221;, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sodomistic counter-topography finds its expression in a map made of affects, of experiences that are difficult to qualify as personal, since the self and identity emerge completely unstructured. Momentarily, we come to delirium about this stability of the person; recognizing no boundaries, she is Hocquenghem's crazy fabulatrice, who secretes her own universe of reference and meaning. Through this complicity in the fortuitous, the protagonists expropriate identities fixed by disciplinary hygiene. A map, with all its ribs, resolutely anal, following a method of simulation, without any reference to a teleological plane - that of reproduction - but only to that of infertile, unengendering enjoyment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The question then becomes that of initiation into perversion rather than its reproduction. By escaping the surveillance of the intimate, that of the family and the institutions which have set themselves the civilizational mission of not leaving a single body uninvested by them, homosexual flirting determines a way of communicating through complicity - a semiotic instinctual where only these glorious perverts &lt;i&gt;know each other. &lt;/i&gt;What is proposed then is to consider homosexual flirting not as a transgression but as a &lt;i&gt;simulation. &lt;/i&gt;Indeed, transgression engages in endless failure: it preserves what it suppresses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In his analysis of Sade in 1947 and Bataille's transgression, Klossowski (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; the heterosexual law is then recognized as universal in the movement that wants to deny it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Our starting point for the opposition between intimacy and complicity, &lt;i&gt;false&lt;/i&gt; as it&lt;i&gt; &lt;/i&gt;is, must trigger the overcoming of perversion as transgression: it is artificiality that it product &#8211; the existential territories of flirting &#8211; which makes possible an opposition understood as a destructuring event: either the &lt;i&gt;counter&lt;/i&gt;-civilizational, this &lt;i&gt;counter&lt;/i&gt; becoming antagonism&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The political question remains: can civilization's opposition between (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. It is therefore a cartographic gesture which must express initiation; this expression being in no way transgressive but simulative: it itself produces, in a game of fantasies and displacements, in an effective artificiality, the destructuring of straight thought. It simulates and not represents: because itis the power of the false which here shatters the rational structures of architectural and hygienist discourse. Perverse flirting requires no mediation in its exercise, it is immediately connected to space &#8211; and blends into it. This is the whole point of perverse complicity in that it occurs without any authority or authority &#8211; neither the gaze of the father nor that of the State, nor the reproductive injunction which m Because this complicity imposes the excess of desire beyond the reproductive goal, it produces territories which are endowed with their own rhythm and values. We will then recognize in this power of the false another way of saying and writing the threat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L. Murard et P. Zilberman, &lt;i&gt;Le petit travailleur infatigable. Villes-usines, habitat et intimit&#233;s au XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, Recherches, n&#176;25, 1976, p. 107. [My translation]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 108. [My translation]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;This discipline of the tiny is itself analyzed in the third chapter of the work &lt;i&gt;Le petit travailleur infatigable.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;The expression [in French: &#8220;Maintenir un ordre politique au milieu d'un d&#233;sordre moral&#8221;] is from Comte in &lt;i&gt;A Discourse on the Positive Spirit &lt;/i&gt;(1844).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Klossowski, &#8220;Circulus Vitiosus.&#8221; Translated by Joseph Kuzma. &lt;i&gt;The Agonist: A Nietzsche Circle Journal &lt;/i&gt;2, no.1 (2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Hocquenghem, &lt;i&gt;Le Gay voyage : guide et regard homosexuels sur les grandes m&#233;tropoles,&lt;/i&gt; Paris, Albin Michel, 1980, p. 9-10. [My translation]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lee Edelman, &#8220;Homographesis : Essays in Gay Literary and Cultural Theory de Lee Edelman (New York : Routledge, 1994), p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;I reject the terms as well as the too brief analysis given by Jos&#233; Esteban Mu&#241;oz in &lt;i&gt;Cruising Utopia.&lt;/i&gt; On the contrary, an explanation which would oppose a &#8220;relational&#8221; theory and an &#8220;anti-relational&#8221; theory says nothing about the notion of relation in the name of which it is made &#8211; it even says nothing but the whole since by confusing relation and mediation, it remains a thought trapped in the totalization which it nevertheless seeks to deactivate. Here we should rather consider the problem of communicating an incommunicable which we experience and whose content of the experience is developed viscerally - the relationship is then posed from the fragments which we experience at the same time. within oneself, this self being completely dislocated ( disidentification).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;We will forgive what the impulses throw here without worrying about putting them into a bouquet: the incommunicable produces its own connection and I leave here wiser and learned homosexuals to find some rationality there.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#8220;I was walking down a lost street, in a peripheral district, looking for a disreputable urinal. Under a bridge, two thugs were waiting, leaning against their motorcycles. And when I passed, they shouted at me, not unkindly: &#8220;Race D'Ep!&#8221; &#187; Since I was drunk, it took me a while to understand. Inverts don't speak verlan. Race of Ep, for pederast. For a moment, I felt the shadow of another race floating. I felt this cry less as an insult than as the summary evidence of my belonging to another world, to another History. &#187; &lt;i&gt;Race d'Ep! Un si&#232;cle d'images d'homosexualit&#233;&lt;/i&gt;, Bordeaux, La Temp&#234;te, 2018, p. 29. [My translation]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Klossowski, &#8220;Le simulacre dans la communication de Georges Bataille&#8221;, La Ressemblance, Marseille, ed. Ry&#244;an- Ji, 1984, p. 24. [My translation]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;In his analysis of Sade in 1947 and Bataille's transgression, Klossowski speaks of a conservative suppression : transgression necessarily affirms the existence that is denied or transgressed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Footnotes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;The political question remains: can civilization's opposition between innocence and guilt be temporarily replaced by perverse non-innocence? Rather than producing innocent desirous people through education (as Sch&#233;rer analyzed in &lt;i&gt;L'Emile perverti)&lt;/i&gt;, the complicit group seeks to initiate non-innocence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Quentin Dubois is a philosopher at the University of Paris VIII-Vincennes where he teaches the libidinal economies of Pierre Klossowski and F&#233;lix Guattari. He is a member of the sexual dissidence journal Trou Noir, where he develops the idea of a counter-civilizational queer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Oppression in the flesh. AN INVITATION TO FEEL WITH OUR NEIGHBOR'S SKIN</title>
		<link>https://trounoir.org/Oppression-in-the-flesh-AN-INVITATION-TO-FEEL-WITH-OUR-NEIGHBOR-S-SKIN</link>
		<guid isPermaLink="true">https://trounoir.org/Oppression-in-the-flesh-AN-INVITATION-TO-FEEL-WITH-OUR-NEIGHBOR-S-SKIN</guid>
		<dc:date>2025-01-20T14:06:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>polyeucte</dc:creator>


		<dc:subject>neuroqueer</dc:subject>
		<dc:subject>Mabeuko Oberty</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A manifesto&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://trounoir.org/-HIVER-2024-2025-" rel="directory"&gt;HIVER 2024-2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-neuroqueer-+" rel="tag"&gt;neuroqueer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Mabeuko-Oberty-+" rel="tag"&gt;Mabeuko Oberty&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/suffocations_quotidiennes_mabeuko_oberty_image_trou_noir-2.odt.jpg?1737369862' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Usually, the forgotten part of a story is the one speaking from fragility. &lt;br class='autobr' /&gt;
Spring 2024, three French translations of Sara Ahmed's work are published. She came to present these queer decolonial feminist writings in France in late March. Three nights, packed rooms, rich and interesting discussions, enthusiastic and confident (or so they appear to be) voices. Some might call these events a success. In the midst of all of this, Mabeuko Oberty writes the following text, weaving their words with those of Audre Lorde, Cherri&#769;e Moraga, Gloria Anzaldu&#769;a, Esme&#769; Weijun Wang, Alexis Pauline Gumbs and Dani d'Emilia/ Daniel B. Chavez, flavored by the work and words of Sara Ahmed and Mia Mingus among others. An autotheoretical essay to uncover a breach, a gash, a rift. One last cry before exhaustion. An invitation to see, hear and feel from a different perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo: Mabeuko Oberty&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;my dear pod mariana, le&#769;o love, sherwood, eugenia, emma. these words would have remained silent without you. thank you.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;for those of us who live at the shoreline standing upon the constant edges of decision crucial and alone for those of us who were imprinted with fear for generations&lt;br class='autobr' /&gt;
when we are loved we are afraid love will vanish when we are alone we are afraid love will never return and when we speak we are afraid our words will not be heard nor welcomed but when we are silent we are still afraid still petrified&lt;br class='autobr' /&gt;
and the only movement left in our bodies is speaking and writing remembering&lt;br class='autobr' /&gt;
we were never meant to survive. &lt;br class='autobr' /&gt;
this tale begins with a team of three people: two of them afab, two of them trans, two of them folks of color. and as fate&#8212;or rather stats&#8212;would have it, one of them is the bridge: the trans afab of color. that person learned that they were worth less than most, and therefore often believe themselves to be simply worthless, so when they are finally invited to speak at a public event they remain sure that they are not expected nor welcomed to stand up in front of the world and have something worth hearing. especially since they suffer from anxiety and depression. they know that those two conditions are partly (or even predominantly) consequences of the heterosexist racist capitalist system they grew up in and still currently live in. and, while they are wishing for a bad enough accident that could prevent them from attending, they are acutely aware that their presence is needed. that opting out is not an option. because the afab of color, the trans afab of color, the trans afab of color &lt;i&gt;with psychological vulnerability&lt;/i&gt;, cannot be, yet again, the one to be erased from the story. because this event is exactly what they are working for, fighting for, together with their two world-making teammates. &lt;br class='autobr' /&gt;
they struggle, suffocating and drowning in the responsibility of the role they think they have to endorse, with invisible walls no one else seems to see. because walls are not always doors shut in your face. because walls are sometimes long known demons that won't stand there quietly. demons can be noisy, hungry, can eat you alive. demons are eating them alive. so they are screaming, but nobody hears. people see them fighting. people think they are fighting back, strong. so people help, give support, so that they will be able to fight some more. but it is not a fair fight, and they are hardly fighting back. they are barely standing up. they have been screaming for a long time now, but nobody seems to hear. &lt;br class='autobr' /&gt;
we plead to each other: we all come from the same rock, ignoring the fact that we bend at different temperatures, that each of us is malleable up to a point.&lt;br class='autobr' /&gt;
at some point, they'll end up giving up. anyone would. because there is only so much you can do, and there is even less when you do it alone. when you are the only one to see, feel and hit the wall. your punches hurt only you. you're bleeding faster and faster. at some point your exhausted body will stop pumping the adrenaline that is temporarily keeping you on your feet, allowing you to fake it until you make it. but you know. you know you won't make it. once that happens, the chemistry of your blood will let everything loose and you will simply collapse. then it will be possible to see the extent of your injuries. people will finally have to accept that there is nothing more anybody can do. you tried to ask for help and people tried to listen to you, and to help you. sometimes we try as much as we can and we don't manage to communicate.&lt;br class='autobr' /&gt;
they have a responsibility, a duty, they have to do it for the cause, no matter the cost it seems, even if they become the very price to pay. they will have to disregard themselves to make a statement that things should be different, to give hope, to take place, to give voice. they will have to do all of that and they will have to accept ignoring themselves and their own needs, accept once again to be ignored, because the stakes are bigger than they are. because the cause matters more than they do ?&lt;br class='autobr' /&gt;
to stand up against discrimination, to prove that things can be different, to make visible, audible, strong and clear the work of a queer feminist of color, how can they avoid turning themselves into a token? they don't want to go there but they understand they have to. as a mean, as a tool. the rainbows and fake smiles of the diversity posters they and their colleagues are actually criticizing. how did that happen? when and how did this racist gaze upon the situation creep in? when did they forget that they do not represent people of color as an abstract concept? that their voice is only their own, that their body is not a copy or template of any other? when did they begin to believe that they had to be there because of the color of their skin, because of the sex assignment they received at birth? when did they forget that they were not an empty shell, an object, an abject concept? &lt;br class='autobr' /&gt;
once again feeling used, choking on their invisible blood, waiting for the collapsing point, tangled in threads way too close and way too tight for them to distinguish, decipher and understand, they wonder, for whom is the emancipation that they are fighting for? not for themselves, apparently. &lt;br class='autobr' /&gt;
sometimes, for the politically correct stance we let color, class, and gender separate us from our kindred spirits. walls grow higher, the gulfs between us wider, the silences more profound.&lt;br class='autobr' /&gt;
there is an enormous contradiction in being a bridge. &lt;br class='autobr' /&gt;
endless excruciating time passes bringing them closer to the dreaded moment still petrified the only movement left in their body is hearing&lt;br class='autobr' /&gt;
aren't you forgetting something? you're not on your own, you're part of a team. yes, it would be more powerful and rich if the three of us showed up. but no, you do not hold the responsibility alone, neither in thoughts nor words nor in body.&lt;br class='autobr' /&gt;
acute anxiety becomes shared, manageable stress.&lt;br class='autobr' /&gt;
they arrive at the time and place, the appointment they had been dreading all along. they participate. with their steady voice but shaking body, with their fears and doubts, with excitement and joy, with their whole being, with their supportive partners. yes, they made it to that point. but this is not about a supposedly happy ending. this is not the story here. this is not the point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;they are sick with a nameless but very real disease. the walls and demons in and around them are undoubtedly tangible. they are not making it up. yet, neither doctors nor psychologists recognize it.&lt;br class='autobr' /&gt;
once again the utmost necessity of naming what is going on beyond our individual experience&#8212;to show the environment in which and with which this experience is happening&#8212;becomes obvious, because no such experience exists within itself. it belongs to a complex combination of dynamics and relationships that have been at work long before said experience is felt. to name that context and how it works allows us to know and claim that we are not the problem.&lt;br class='autobr' /&gt;
can ableism be that name? neither able nor disabled, you are just unable to do what is asked of you. the misunderstandings and unfair expectations are strong, and rely on ignorance of and obliviousness to alternative experiences in and of the world. the way some of us interact with our surroundings and our surroundings with us. the fact that some of us struggle on a daily basis, that some of us are constantly feeling unsafe, meaning: feeling terror about everything and nothing in particular. how sometimes surviving from one second to the next is the greatest ambition we can attempt, all the while knowing that productivity is the most valued quality expected from us, and that having a job is the most reliable sign that we can pass in the world as normal, of worth, accepted.&lt;br class='autobr' /&gt;
when things have not been made for you, you can only adapt so much. and you care about recognition as much as you care about your own self-regard, in large part because you don't trust your self-evaluation. so you try, again and again, you do the work, you bend and fold and tear, cut and edit yourself as much as you can, to adapt. you fucking do it all the time. yes, but you are reaching a limit.&lt;br class='autobr' /&gt;
people think you are able. they believe in you. that's great, amazing even, to be trusted in your potential, to not be restrained by the usual un-abling stories you used to hear. and here's the trap. how can you complain about how people finally have faith in you? the thing is, they believe in you, but they do so while looking at you with the only lenses at their disposal, lenses that do not let them see the walls blocking you. so they cannot realize what they are truly asking of you, which is to grow gills by yourself and breathe in unbreathable seas. &lt;br class='autobr' /&gt;
so how can we learn to really listen before those of us who seem to be talking, or even screaming inaudible words and cries, collapse from exhaustion or give up? could we learn to stop, to pause, to take the time it requires to become acquainted with an unfamiliar experience that is shared with us? to let it sink in. to see with another set of eyes. to feel with our neighbor's skin. gift each other with all the forms of intimacy that teach us what our skin is not and what our armor never was. find together the sacredness of rest, expansive sprawling rest, uninterrupted. love the part of us that is emerging under everything. deepen our patience to give each other enough time to let go of whatever needs to go.&lt;br class='autobr' /&gt;
can we, can i, learn to put my skin right next to yours? to let you know that even when you seem alone, i am with you. and i will wait here by your side until you feel ready to dive again. &lt;br class='autobr' /&gt;
can i, can we, acknowledge and accept that sometimes, even if we really listen, we still cannot understand? and that's okay. we can believe without understanding. we can trust and be there for each other without knowing.&lt;br class='autobr' /&gt;
i want to learn to hold your hand in the dark and tell you: i love you deep, right where you are, i love you as Black, dark and unknowable as the universe, i love the wonder of you.&lt;br class='autobr' /&gt;
i believe we can practice love for each other and love for ourselves because you are my other me, and i am yours. yes, we can practice radical tenderness. embrace fragility. transit in spaces we do not understand. share dreams, wildness. tune in with, not just empathize with. feel the possibility in every doubt. allow ourselves to be pierced by the unknown.&lt;br class='autobr' /&gt;
we can practice love as radical tenderness and we can practice fire as collective heat.&lt;br class='autobr' /&gt;
remembering that we must act in the everyday world. because words are not enough, we must perform visible and public acts that may render us more vulnerable to the oppressions we are fighting against. but our vulnerability can be the source of our power, if we use it. by letting it be what it is: fragile, imperfect, broken. if we don't hide it. being vulnerable, and being vulnerable in front of people, openly, can take many shapes and forms. but it will never, should never, obey to any norms. we need to throw away abstraction and the academic learning, the rules, the map and compass. feel our way without blinders. to touch more people, the personal realities cannot be separate from the social and political debate, all must be evoked&#8212;not through rhetoric but through blood and pus and sweat. being strong enough to say we are vulnerable and to create ways of surviving in this world is how using vulnerability becomes a source of power, a source of collective power. because by doing that, by exposing ourselves, we are letting you know it's okay to do the same. &lt;br class='autobr' /&gt;
sometimes if you love the coast long and deep enough you become shoreline you move so steady on the floor algae grows on you sometimes the way you live and the way you love is perfectly on time and very slow is fast enough&lt;br class='autobr' /&gt;
you are welcome and you are loved with all your quirks and oddities in all the depth of your weirdness in the infinite abyss of your weaknesses&lt;br class='autobr' /&gt;
find the muse within you the voice that lies buried under you dig it up&lt;br class='autobr' /&gt;
do not fake it do not try to sell it for a handclap or your name in print.&lt;br class='autobr' /&gt;
change requires a lot of heat.&lt;br class='autobr' /&gt;
it requires both the alchemist and the welder, the magician and the laborer, the witch and the warrior, the myth-smasher and the myth-maker.&lt;br class='autobr' /&gt;
hand in hand&lt;br class='autobr' /&gt;
we brew and forge a revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quotes' references&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;in order of appearance in the text&lt;br class='autobr' /&gt;
these quotes were used as raw matter and transformed, rather than given as faithful quotations, hence the uniformed typo; my own queer use of quoting. i thank each author for the inspiration they are, the strength and volume their words give to this text.&lt;br class='autobr' /&gt;
if you too wish to quote some parts of this text, please give the full references for the quotes they contain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Your pod is made up of the people that you would call on if violence, harm or abuse happened to you; or the people that you would call on if you wanted support in taking accountability for violence, harm or abuse that you've done; or if you witnessed violence or if someone you care about was being violent or being abused.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mia Mingus, &#8220;Pods and Pod Mapping Worksheet&#8221;, written for the BATJC, 2016, &lt;a href=&#034;https://batjc.wordpress.com/resources/pods-and-pod-mapping-worksheet/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://batjc.wordpress.com/resources/pods-and-pod-mapping-worksheet/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8205;&lt;br class='autobr' /&gt;
A LITANY FOR SURVIVAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For those of us who live at the shoreline&lt;br class='autobr' /&gt;
standing upon the constant edges of decision&lt;br class='autobr' /&gt;
crucial and alone&lt;br class='autobr' /&gt;
for those of us who cannot indulge&lt;br class='autobr' /&gt;
the passing dreams of choice&lt;br class='autobr' /&gt;
who love in doorways coming and going&lt;br class='autobr' /&gt;
in the hours between dawns&lt;br class='autobr' /&gt;
looking inward and outward&lt;br class='autobr' /&gt;
at once before and after&lt;br class='autobr' /&gt;
seeking a now that can breed&lt;br class='autobr' /&gt;
futures&lt;br class='autobr' /&gt;
like bread in our children's mouths&lt;br class='autobr' /&gt;
so their dreams will not reflect&lt;br class='autobr' /&gt;
the death of ours;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For those of us&lt;br class='autobr' /&gt;
who were imprinted with fear&lt;br class='autobr' /&gt;
like a faint line in the center of our foreheads&lt;br class='autobr' /&gt;
learning to be afraid with our mother's milk&lt;br class='autobr' /&gt;
for by this weapon&lt;br class='autobr' /&gt;
this illusion of some safety to be found&lt;br class='autobr' /&gt;
the heavy-footed hoped to silence us&lt;br class='autobr' /&gt;
For all of us&lt;br class='autobr' /&gt;
this instant and this triumph&lt;br class='autobr' /&gt;
We were never meant to survive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And when the sun rises we are afraid&lt;br class='autobr' /&gt;
it might not remain&lt;br class='autobr' /&gt;
when the sun sets we are afraid&lt;br class='autobr' /&gt;
it might not rise in the morning&lt;br class='autobr' /&gt;
when our stomachs are full we are afraid&lt;br class='autobr' /&gt;
of indigestion&lt;br class='autobr' /&gt;
when our stomachs are empty we are afraid&lt;br class='autobr' /&gt;
we may never eat again&lt;br class='autobr' /&gt;
when we are loved we are afraid&lt;br class='autobr' /&gt;
love will vanish&lt;br class='autobr' /&gt;
when we are alone we are afraid&lt;br class='autobr' /&gt;
love will never return&lt;br class='autobr' /&gt;
and when we speak we are afraid&lt;br class='autobr' /&gt;
our words will not be heard&lt;br class='autobr' /&gt;
nor welcomed&lt;br class='autobr' /&gt;
but when we are silent&lt;br class='autobr' /&gt;
we are still afraid&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So it is better to speak&lt;br class='autobr' /&gt;
remembering&lt;br class='autobr' /&gt;
we were never meant to survive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Audre Lorde, &#8220;A Litany for Survival&#8221;, in&lt;i&gt; The Collected Poems of Audre Lorde&lt;/i&gt;, Norton &amp; Company, 2000, pp.255-256&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE WELDER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I am a welder.&lt;br class='autobr' /&gt;
Not an alchemist.&lt;br class='autobr' /&gt;
I am interested in the blend&lt;br class='autobr' /&gt;
of common elements to make&lt;br class='autobr' /&gt;
a common thing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No magic here.&lt;br class='autobr' /&gt;
Only the heat of my desire to fuse&lt;br class='autobr' /&gt;
what I already know&lt;br class='autobr' /&gt;
exists. Is possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
We plead to each other,&lt;br class='autobr' /&gt;
we all come from the same rock&lt;br class='autobr' /&gt;
we all come from the same rock&lt;br class='autobr' /&gt;
ignoring the fact that we bend&lt;br class='autobr' /&gt;
at different temperatures&lt;br class='autobr' /&gt;
that each of us is malleable&lt;br class='autobr' /&gt;
up to a point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yes, fusion is possible&lt;br class='autobr' /&gt;
but only if things get hot enough &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
all else is temporary adhesion,&lt;br class='autobr' /&gt;
patching up.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is the intimacy of steel melting&lt;br class='autobr' /&gt;
into steel, the fire of your individual&lt;br class='autobr' /&gt;
passion to take hold of ourselves&lt;br class='autobr' /&gt;
that makes sculpture of your lives,&lt;br class='autobr' /&gt;
builds buildings.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And I am not talking about skyscrapers,&lt;br class='autobr' /&gt;
merely structures that can support us&lt;br class='autobr' /&gt;
of trembling.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For too long a time&lt;br class='autobr' /&gt;
the heat of my heavy hands&lt;br class='autobr' /&gt;
has been smoldering&lt;br class='autobr' /&gt;
in the pockets of other&lt;br class='autobr' /&gt;
people's business &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
they need oxygen to make fire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I am now&lt;br class='autobr' /&gt;
coming up for air.&lt;br class='autobr' /&gt;
Yes, I am&lt;br class='autobr' /&gt;
picking up the torch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I am the welder.&lt;br class='autobr' /&gt;
I understand the capacity of heat&lt;br class='autobr' /&gt;
to change the shape of things.&lt;br class='autobr' /&gt;
I am suited to work&lt;br class='autobr' /&gt;
within the realm of sparks&lt;br class='autobr' /&gt;
out of control.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I am the welder.&lt;br class='autobr' /&gt;
I am taking the power&lt;br class='autobr' /&gt;
into my own hands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherr&#237;e Moraga, &#8220;The Welder&#8221;, in&lt;i&gt; This Bridge Called My Back. Writings by Radical Women of Color&lt;/i&gt;, SUNY Press, 2015 (4th ed.), pp.219-220&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For the politically correct stance we let color, class, and gender separate us from those who would be kindred spirits. So the walls grow higher, the gulfs between us wider, the silences more profound. There is an enormous contradiction in being a bridge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloria Anzald&#250;a, &#8220;La Prieta&#8221;, in &lt;i&gt;This Bridge Called My Back. Writings by Radical Women of Color&lt;/i&gt;, SUNY Press, 2015 (4th ed.), p.206&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;I said that I was feeling unsafe.&#8221; But &#8220;feeling unsafe&#8221; &#8211; as in, feeling terror about everything and nothing in particular &#8211; was an unfortunate phrase for me to use during the intake. &#8220;Unsafe&#8221; is a psychiatric code word for &#8220;suicidal,&#8221; which I was not, although I was many other things.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esm&#233; Weijun Wang, &#8220;On the Ward&#8221;, in &lt;i&gt;The Collected Schizophrenias&lt;/i&gt;, Penguin Books, 2019, p.99&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With chronic illness, life persists astride illness unless the illness spikes to acuity; at that point, surviving from one second to the next is the greatest ambition I can attempt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esm&#233; Weijun Wang, &#8220;L'Appel du Vide&#8221;, in&lt;i&gt; The Collected Schizophrenias&lt;/i&gt;, Penguin Books, 2019, p.165&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Most recently, [Elyn R.] Saks has spearheaded one of the largest extant studies about the nature of high-functioning schizophrenia. In it, employment remains the primary marker of someone who is high-functioning, as having a job is the most reliable sign that you can pass in the world as normal. Most critically, a capitalist society values productivity in its citizens above all else, and those with mental illness are much less likely to be productive in ways considered valuable: by adding to the cycle of production and profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esm&#233; Weijun Wang, &#8220;High-Functioning&#8221;, in &lt;i&gt;The Collected Schizophrenias&lt;/i&gt;, Penguin Books, 2019, p.51&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I care about recognition as much as I care about my own self-regard, in large part because I don't trust my self-evaluation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esm&#233; Weijun Wang, &#8220;L'Appel du Vide&#8221;, in &lt;i&gt;The Collected Schizophrenias&lt;/i&gt;, Penguin Books, 2019, p.163&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thank you for all the forms of intimacy that teach me what my skin is not and what my armor never was. I wish for you the sacredness of rest, expansive sprawling rest uninterrupted. I love the part of you that is emerging under everything. You deserve to rest long enough to let whatever go. I put my skin right next to yours to let you know that even when you seem alone, I'm with you. And I will wait to see the silver next of you, before you dive again.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexis Pauline Gumbs, &#8220;Rest&#8221;, in &lt;i&gt;Undrowned: Black Feminist Lessons from Marine Mammals&lt;/i&gt;, AK Press, 2020, pp.149-150&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I love you deep right where you are. And not because I know. This love is bigger than all that. I love you because you are as Black and unknowable as the universe myself. I love you most of all because I wonder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexis Pauline Gumbs, &#8220;Refuse&#8221;, in&lt;i&gt; Undrowned: Black Feminist Lessons from Marine Mammals&lt;/i&gt;, AK Press, 2020, p.120&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RADICAL TENDERNESS IS ...&lt;br class='autobr' /&gt;
A living manifesto written by Dani d'Emilia and Daniel B. Ch&#225;vez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;radical tenderness is to be critical and loving, at the same time&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is to know to say &#8220;no&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
is to carry the weight of another body as if it were your own&lt;br class='autobr' /&gt;
...is to share sweat with a stranger&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
because you are my other me &lt;br class='autobr' /&gt;
and vice versa.&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is to not be afraid of fear&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is to live ephemeral love&lt;br class='autobr' /&gt;
is to invent other temporalities&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is to embrace fragility&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is to lend your guts to others&lt;br class='autobr' /&gt;
is to wear your lover's pussy as a beard&lt;br class='autobr' /&gt;
is to risk loving against the grain&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
is to believe in the political effect of internal movements&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
...to transit in spaces you do not understand&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is to share dreams, wildness&lt;br class='autobr' /&gt;
to tune in with, not just empathize with&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is to channel irresistible energies and convert them into untaimable embodiments&lt;br class='autobr' /&gt;
is to activate sensorial memory&lt;br class='autobr' /&gt;
is to recognize the other by their scent&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is to feel the possibility in every doubt&lt;br class='autobr' /&gt;
is to allow yourself to be pierced by the unknown&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is to embrace thorns&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is to coexist with lack&lt;br class='autobr' /&gt;
is to face things head on by looking at them from the love of wanting to see&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is a concept that is appropriable and ever-changing&lt;br class='autobr' /&gt;
radical tenderness is something&lt;br class='autobr' /&gt;
that is not necessary&lt;br class='autobr' /&gt;
to define&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dani d'Emilia and Daniel B. Ch&#225;vez,&lt;i&gt; The Radical Tenderness Manifesto &lt;/i&gt; (2015), translated from Spanish by Dani d'Emilia and Daniel B. Ch&#225;vez, &lt;a href=&#034;https://danidemilia.com/radical-tenderness/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://danidemilia.com/radical-tenderness/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We must act in the everyday world. Words are not enough. We must perform visible and public acts that may make us more vulnerable to the oppressions we are fighting against. But our vulnerability can be the source of our power &#8211; if we use it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloria Anzald&#250;a, &#8220;El Mundo Zurdo&#8221;, in &lt;i&gt;This Bridge Called My Back. Writings by Radical Women of Color&lt;/i&gt;, SUNY Press, 2015 (4th ed.), p.195&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Throw away abstraction and the academic learning, the rules, the map and compass. Feel your way without blinders. To touch more people, the personal realities and the social must be evoked &#8211; not through rhetoric but through blood and pus and sweat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloria Anzald&#250;a, &#8220;Speaking In Tongues&#8221;, in &lt;i&gt;This Bridge Called My Back. Writings by Radical Women of Color&lt;/i&gt;, SUNY Press, 2015 (4th ed.), p.171&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sometimes when you love the coast enough you become shoreline. Move so steady on the floor algae grows on you. Sometimes the way you love is perfectly on time and very slow is fast enough. So keep on breathing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexis Pauline Gumbs, &#8220;Slow down&#8221;, in &lt;i&gt;Undrowned: Black Feminist Lessons from Marine Mammals&lt;/i&gt;, AK Press, 2020, p.145&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Find the muse within you. The voice that lies buried under you, dig it up. Do not fake it, try to sell it for a handclap or your name in print.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloria Anzald&#250;a, &#8220;Speaking In Tongues&#8221;, in &lt;i&gt;This Bridge Called My Back. Writings by Radical Women of Color&lt;/i&gt;, SUNY Press, 2015 (4th ed.), p.171&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Change requires a lot of heat. it requires both the alchemist and the welder, the magician and the laborer, the witch and the warrior, the myth-smasher and the myth-maker.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hand in Hand, we brew and forge a revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloria Anzald&#250;a, &#8220;El Mundo Zurdo&#8221;, in&lt;i&gt; This Bridge Called My Back. Writings by Radical Women of Color&lt;/i&gt;, SUNY Press, 2015 (4th ed.), p.196&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;and across the whole text, resonate Sara Ahmed's words and thoughts on doors and walls and queer usage of citation, and her powerful emancipating killjoy energy.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Sara Ahmed, The Feminist Killjoy Handbook, Penguin Books, 2023; Sara Ahmed,&lt;i&gt; What's the Use? On The Uses of Use&lt;/i&gt;, Duke University Press, 2019; and Sarah, Ahmed, &#8220;Queer Use&#8221;, feministkilljoys.com, 2018&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une sexualit&#233; au service de la normalit&#233;</title>
		<link>https://trounoir.org/Une-sexualite-au-service-de-la-normalite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://trounoir.org/Une-sexualite-au-service-de-la-normalite</guid>
		<dc:date>2024-12-23T16:03:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>diva</dc:creator>


		<dc:subject>Archive</dc:subject>
		<dc:subject>Ann&#233;es 1970</dc:subject>
		<dc:subject>Groupe de Lib&#233;ration Homosexuelle (GLH)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; La mis&#232;re sexuelle existante inhibe l'enfant puis l'adulte de toute activit&#233; cr&#233;atrice &#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://trounoir.org/-HIVER-2024-2025-" rel="directory"&gt;HIVER 2024-2025&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Avant-Hier-+" rel="tag"&gt;Archive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Annees-1970-+" rel="tag"&gt;Ann&#233;es 1970&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Groupe-de-Liberation-Homosexuelle-GLH-+" rel="tag"&gt;Groupe de Lib&#233;ration Homosexuelle (GLH)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/rouge2.png?1731862180' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='132' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous connaissons peu de choses de cette revue trotskiste &#171; &#201;tudes en rouge &#187; d'o&#249; est extrait le texte du GLH Bordeaux qui va suivre. Paru en 1975 ou 1976, nous en connaissons toutefois l'imprimeur, Rotographie, c'est-&#224;-dire l'imprimerie de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire. Le Groupe de Lib&#233;ration Homosexuel de Bordeaux y d&#233;veloppe une analyse de l'assujettissement du d&#233;sir aux forces capitalistes et d&#233;nonce une soci&#233;t&#233; binaire, sexiste et in&#233;galitaire. D&#233;mystifier la diff&#233;rence comme condition de lib&#233;ration des corps et des plaisirs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Groupes de Lib&#233;ration Homosexuels se constituent en 1975 en pleine d&#233;cennie &#171; rouge &#187; et dans le sillage du Front Homosexuel d'Action R&#233;volutionnaire. Mais &#224; la diff&#233;rence de celui-ci, les diff&#233;rents groupes qui se forment un peu partout en France se structurent et organisent un militantisme articulant reconnaissance et d&#233;fense de l'homosexualit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en savoir plus, nous vous invitons &#224; lire l'excellent travail de l'historien p&#233;d&#233; Mathias Qu&#233;r&#233; &lt;a href=&#034;https://tahin-party.org/tapette.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Qui s&#232;me le vent r&#233;colte la tapette&lt;/a&gt; &#8211; Une histoire des groupes de lib&#233;ration homosexuels en France de 1974 &#224; 1979&lt;/i&gt; paru aux &#233;ditions Tahin Party en 2018. Mathias Qu&#233;r&#233; a &#233;galement contribu&#233; &#224; la derni&#232;re revue de TROU NOIR &lt;a href=&#034;http://trounoir.org/Trou-Noir-3-Enjeux-historiques-des-sexualites-dissidentes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Enjeux historiques et conflits m&#233;moriels des sexualit&#233;s dissidentes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, nous mettons &#224; votre disposition deux liens li&#233;s aux archives du GLH Bordeaux :&lt;br class='autobr' /&gt;
Tracts, affiches et flyers : &lt;a href=&#034;http://www.aquitainegay.com/Archives_GLH-Bordeaux.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.aquitainegay.com/Archives_GLH-Bordeaux.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref historique du groupe : &lt;a href=&#034;http://www.aquitainegay.com/GLH-Bordeaux.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.aquitainegay.com/GLH-Bordeaux.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/png/rouge.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/rouge.png?1731862097' width='500' height='648' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;N&#233;gation de la sexualit&#233; des jeunes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les cadres &#233;troits de notre vie sexuelle, dont les r&#232;gles et les interdits varient toujours d'une &#233;poque &#224; l'autre, visent toujours &#224; la m&#234;me fin : capitaliser les corps et les exploiter. &lt;br class='autobr' /&gt;
La morale bourgeoise nie la sexualit&#233; des jeunes sous couvert de leur &#171; protection &#187;. Elle veut prot&#233;ger le Capital, ces futures forces productrices de tout investissement, de toute d&#233;pense inutile. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est beaucoup plus int&#233;ressant de cr&#233;er un &#233;tat de frustration. La mis&#232;re sexuelle existante inhibe l'enfant puis l'adulte de toute activit&#233; cr&#233;atrice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail ali&#233;n&#233; devient la seule issue, seul lieu de l'individu n&#233;vrotis&#233; par les structures sociales, et l'&#233;ducation pourra canaliser ses &#233;nergies. Une soci&#233;t&#233; qui exploite l'homme a, par d&#233;finition, besoin d'un ordre sexuel rigoureux, sans lequel aucun d&#233;tournement, aucune captation, aucun esclavage, aucun (illisible) d&#233;cisif et durable ne seraient possibles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#233;conomie capitaliste a besoin de bras et non d'individus imaginatifs et tourn&#233;s vers la jouissance. Le plaisir est alors suspect. On notera par exemple que la r&#233;pression de la masturbation va en s'accentuant &#224; partir du XVIIe, l'&#233;tat de frustration et de mis&#232;re sexuelle transforme la r&#233;volte en angoisse. La seule s&#233;curisation possible de l'individu est de prendre la place pr&#233;par&#233;e pour lui, place au travail et place dans la famille. Il reproduira les r&#244;les sociaux et les r&#244;les sexuels masculins et f&#233;minins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les parents prennent en charge l'apprentissage de la morale bourgeoise et de l'id&#233;ologie dominante au service de l'&#233;conomie. Les enfants des travailleurs apprennent dans la famille la soumission &#224; l'autorit&#233;, et sens du devoir et de la morale, sous des formes qui n'ont rien &#224; voir avec les int&#233;r&#234;ts propres &#224; leur classe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet apprentissage consiste &#224; int&#233;rioriser des normes qui n'ont rien &#224; voir avec ses propres besoins, c'est le m&#234;me qui fera nier &#224; l'adolescent sa propre sexualit&#233; imm&#233;diate et se faire l'agent de la r&#233;pression de ses propres d&#233;sirs. C'est aussi cette int&#233;gration de l'id&#233;ologie bourgeoise qui maintient la classe ouvri&#232;re dans le m&#234;me moralisme que la bourgeoisie en mati&#232;re de sexualit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le m&#233;canisme qui permet de transmettre sans trop de heurts l'ensemble des valeurs bourgeoise, de les int&#233;rioriser profond&#233;ment, puis de les transmettre de g&#233;n&#233;rations en g&#233;n&#233;rations, repose essentiellement sur la r&#233;pression sexuelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en leur interdisant le plaisir imm&#233;diat, en les culpabilisant de leurs d&#233;sirs, que l'on rend les jeunes craintifs, timides et soumis, c'est en agitant la carotte du bonheur pour plus tard (vie en couple h&#233;t&#233;ro si possible = bonheur sexuel) qu'on fait passer cette am&#232;re pilule !...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les r&#244;les sexuels&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression sexuelle ne s'exerce pas de la m&#234;me fa&#231;on sur les filles que sur les gar&#231;ons. Les premi&#232;res sont amen&#233;es &#224; oublier toute dimension sexuelle pour se pr&#233;parer au destin d'&#233;pouse fid&#232;le et de vertueuse m&#232;re de famille. Les seconds sont &#233;lev&#233;s &#224; voir dans le sexe le signe de leur pouvoir &#224; condition qu'ils acceptent de ne pas s'en servir n'importe comment, n'importe quand et n'importe o&#249; !...&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces r&#244;les signifient des contraintes de r&#233;signation sociale de r&#233;pression sexuelle, que les individus subliment en compensant dans des mod&#232;les ou mythes (le grand amour pour les femmes, le pouvoir pour les hommes). Ces mod&#232;les compensateurs permettent de faire supporter aux hommes au bas de l'&#233;chelle sociale, leur d&#233;pendance, leur exploitation, leurs m&#233;diocres conditions de vie, en flattant leur &#171; nature masculine &#187;, leur orgueil de m&#226;le, en les persuadant, en les assurant qu'ils sont bien des s&#233;ducteurs et des chefs. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Freud a tout dit, mais tout recouvert &#187;. Ce fonctionnement o&#249; la femme est d&#233;finie par rapport &#224; l'homme, correspond &#224; des si&#232;cles de patriarcat, &#224; une soci&#233;t&#233; o&#249; la domination de l'homme sur la femme est le relais de l'exploitation sociale o&#249; les r&#244;les sexuels et les comportements sociaux s'organisent dans une m&#234;me perspective de maitrise des individus et de r&#233;duction de leur sexualit&#233;. Il n'y a pas de remise en cause possible des sch&#233;mas de compl&#233;mentarit&#233; des sexes, de la phallocratie dans les r&#244;les sociaux, sans analyse de leur utilisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Homosexualit&#233; et r&#233;pression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand les psychiatres bourgeois reconnaissent les pulsions homosexuelles au m&#234;me titre que les pulsions h&#233;t&#233;rosexuelles (Freud, Trois Essais), une des taches implicites est de ne pas rater le sexe oppos&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La psychanalyse consid&#232;re qu'un choix d'objet ind&#233;pendamment de son sexe, comme on le trouve dans l'enfance, est la base originelle &#224; partir de laquelle le type normal comme le type inverti se d&#233;veloppent par une restriction de l'un ou de l'autre c&#244;t&#233;. Ainsi au sein de la psychanalyse, l'int&#233;r&#234;t exclusif de l'homme pour la femme est un probl&#232;me n&#233;cessitant une &#233;lucidation et non une &#233;vidence bas&#233;e sur une attraction essentiellement chimique &#187; (Freud, Notes de 1915). &lt;br class='autobr' /&gt;
Reconnaissant donc dans l'homosexualit&#233; une composante de la sexualit&#233;, il conviendrait plut&#244;t d'analyser le pourquoi social de sa &#171; restriction &#187;. Mais Freud constatant que malgr&#233; l'absence de &#171; culture homosexuelle &#187;, de mod&#232;le et de r&#233;f&#233;rence pour l'enfant, l'homosexualit&#233; se d&#233;veloppe quand m&#234;me, il s'efforce seulement d'analyser la &#171; d&#233;viance &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;viance par rapport &#224; quoi ? Par rapport &#224; une r&#233;duction, une canalisation de la sexualit&#233; dans son but (procr&#233;ation), dans son objet (sexe oppos&#233;). Il s'agit l&#224; de la &#171; socialisation &#187; de la sexualit&#233; au travers du stades (oral, anal, &#339;dipien) de latence g&#233;nitale. Une &#171; socialisation &#187; est forc&#233;ment d&#233;pendante de son but et ses stades dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise sont autant de r&#233;ductions op&#233;r&#233;es par les institutions (famille, &#233;cole, &#201;glise) qui mod&#232;lent l'individu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et Freud reconnait la perversion comme le &#171; positif &#187; de l'expression de la libido au m&#234;me titre que la sexualit&#233; &#171; normale &#187;, tandis qu'il voit le n&#233;gatif dans la n&#233;vrose. Mais il ne remet pas en cause les structures n&#233;vrotisantes de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Il en reste &#224; l'analyse du malaise individuel et propose la troisi&#232;me voie : l'int&#233;gration par la sublimation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la morale sexuelle bourgeoise reconnait les relations homosexuelles comme pratique courante de l'adolescence&#8230; Encyclop&#233;die Hachette de la vie sexuelle : &#171; &lt;i&gt;Aussi il est souvent commode de se lier d'amiti&#233; avec un camarade du m&#234;me sexe. Cette phase est normale et m&#234;me souhaitable, mais ce n'est qu'une phase de transition &lt;/i&gt; &#187;&#8230; &#171; &lt;i&gt;Une exp&#233;rience ne compromet pas l'avenir&lt;/i&gt; &#187;&#8230; &#171; &lt;i&gt;Il convient de d&#233;passer cette phase en se m&#234;lant &#224; l'autre sexe&lt;/i&gt; &#187;&#8230; &#171; &lt;i&gt;Quant &#224; ceux qui sont rest&#233;s homosexuels, ils n'ont pas trouv&#233;s chez leurs parents des mod&#232;les auxquels s'identifier. Le gar&#231;on n'a pas appris &#224; se conduire comme un homme, la fille n'a pas appris &#224; se conduire comme une femme, on acc&#232;de d'autant mieux au bonheur sexuel qu'on se conduit selon son sexe&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu plus loin, le manuel de l'&#233;ducation sexuelle (celle qui sera enseign&#233;e dans les &#233;coles) met les jeunes en garde contre les camarades ou les inconnus dont il faudra se &#171; prot&#233;ger &#187; en n'h&#233;sitant pas &#224; faire appel &#224; la police. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce discours est un discours de parano&#239;a homosexuelle. Qu'est-ce qui d&#233;clenche cette peur de l'homosexualit&#233; sinon l'appr&#233;hension que cette composante de la sexualit&#233; est pr&#233;sente partout dans les structures sociales, susceptible de ressurgir &#224; tout moment, bien que pr&#233;sente &#224; l'&#233;tat refoul&#233;, sublim&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a jamais de discours neutre sur l'homosexualit&#233;, mais des r&#233;actions &#233;motives passant souvent par la parano&#239;a des plus s&#233;gr&#233;gationnistes menac&#233;s dans leurs d&#233;fenses. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'homosexualit&#233; masculine est pr&#233;sente de fa&#231;on latente partout, au bar du coin, au lieu de travail et dans toutes les institutions o&#249; son refoulement va de pair avec la normalisation phallocratique et la misogynie ; elle est pr&#233;sente aussi dans les appareils d'&#201;tat (arm&#233;e, police) o&#249; son refoulement, sa sublimation, sont utilis&#233;s &#224; travers la hi&#233;rarchie militaire et dans la construction de la norme de virilit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;pression de l'homosexualit&#233; rend possible son utilisation dans des structures fascisantes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, l'homosexualit&#233; v&#233;cue dans une pratique quotidienne, est violemment r&#233;prim&#233;e parce qu'elle vient remettre en cause les r&#244;les sexuels et les r&#244;les sociaux qu'ils sous-tendent. &#171; &lt;i&gt; Que le p&#233;nis, m&#234;me le p&#233;nis devienne simple moyen de plaisir, et entre hommes, et le phallus y perd son pouvoir &lt;/i&gt; &#187; (Luce Irigaray). Que deux femmes fassent l'amour ensemble et le phallus y perd encore plus son pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Affirm&#233;e comme composante de la sexualit&#233;, l'homosexualit&#233; est affirmation du droit au plaisir, et au plaisir gratuit, en dehors des structures de reproduction, &#224; la libre disposition de notre corps. Mais alors, elle n'est plus une &#171; diff&#233;rence &#187;, les diff&#233;rences sont d&#233;mystifi&#233;es. Il n'y a pas plus d'homosexualit&#233; que d'h&#233;t&#233;rosexualit&#233;, mais une sexualit&#233; dont l'exclusivit&#233; d'une partie est la n&#233;gation de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;GLH - Bordeaux&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/local/cache-vignettes/L452xH740/rouge3-8cb25.png?1765908743' width='452' height='740' alt='' /&gt;
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