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		<title>Pour un communisme gay</title>
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		<dc:creator>socrata</dc:creator>


		<dc:subject>Analyse</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mario Mieli</dc:subject>
		<dc:subject>Anus</dc:subject>
		<dc:subject>H&#233;t&#233;ro-p&#233;tasse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Rien n'est plus &#233;trange que l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233;, rien n'est moins compr&#233;hensible &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Variations sur Mario Mieli&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/+-Hetero-petasse-+" rel="tag"&gt;H&#233;t&#233;ro-p&#233;tasse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/arton24.jpg?1731403046' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mario Mieli &#233;tait une figure importante du mouvement de lib&#233;ration homosexuelle italien des ann&#233;es 1970. Militant homosexuel, &#171; transsexuel &#187; et r&#233;volutionnaire, les th&#233;ories et pratiques politiques de Mieli sont un bol d'air frais pour qui veut sortir du placard de la normalit&#233; et penser la question du genre &#224; distance des seules revendications.&lt;br class='autobr' /&gt;
En France, un seul ouvrage a &#233;t&#233; traduit (&lt;a href=&#034;http://www.epel-edition.com/publication/190/elements-de-critique-homosexuelle.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;l&#233;ments de critique homosexuelle&lt;/a&gt;) aux &#233;ditions Epel. Et un second est en cours de traduction pour une publication en 2021 aux &#201;ditions la Temp&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article tente de r&#233;actualiser la teneur radicale de sa pens&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, je suis persuad&#233; que tous les &#234;tres humains sont homosexuels ; je suis tellement de cet avis qu'il m'est difficile de comprendre qu'on puisse &#234;tre d'un autre. &#187; Georg Groddeck, &lt;i&gt;Le livre du &#199;a&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Rien n'est plus &#233;trange que l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233;, rien n'est moins compr&#233;hensible. On regardera s&#251;rement avec un peu de peine, dans des temps plus libres et plus v&#233;ridiques, les pauvres hommes qui tant d'ann&#233;es se sont mutil&#233;s en pure perte. L'homosexualit&#233; n'est pas seulement une pratique sexuelle, c'est avant tout un point de vue partial et orient&#233; qui vise &#224; une compr&#233;hension de la totalit&#233; : un gay savoir. Il n'est par exemple vraiment pas difficile, depuis un tel point de vue, de voir en tout h&#233;t&#233;rosexuel une folle &lt;i&gt;f&#233;rocement &lt;/i&gt;refoul&#233;e. Tout, y compris la violence contre les p&#233;d&#233;s, se comprend &#224; partir de l&#224;. L'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; pour le coup n'est pas un go&#251;t, une pr&#233;f&#233;rence, encore moins, bien s&#251;r, une nature, c'est un r&#233;gime politique fond&#233; sur la r&#233;pression de soi et des autres. Si elle &#233;tait une nature, on expliquerait mal que l'orgasme de la prostate soit infiniment plus intense que l'&#233;jaculation. Et si elle &#233;tait un go&#251;t, une pr&#233;f&#233;rence, on ne comprendrait pas l'humiliation qu'ils font subir aux femmes et la pr&#233;gnance de la misogynie. &#171; C'est parce que les hommes h&#233;t&#233;rosexuels reconnaissent dans les femmes cette f&#233;minit&#233; qu'ils tentent depuis l'enfance de cacher et de refouler qu'ils les ''aiment'' si p&#233;niblement &#187;. Le but de la lutte p&#233;d&#233; n'est par cons&#233;quent pas la reconnaissance d'une identit&#233; mais la pratique de l'universalisme concret qu'est le d&#233;sir homosexuel. En cela donc le combat ne fait que commencer, et aucune des pseudo-avanc&#233;es &#171; sociales &#187; n'y a rien chang&#233;. Celui qui trouve tr&#232;s bien, &lt;i&gt;puisque c'est mon choix&lt;/i&gt;, que je puisse &#234;tre p&#233;d&#233; si je veux, manger de la merde, me travestir, mais que, &lt;i&gt;par piti&#233;&lt;/i&gt;, je ne le fasse pas chier, est un adversaire politique, un lib&#233;ral. Le d&#233;sir homosexuel n'est pas un particularisme, c'est un universalisme. Peut-&#234;tre l'un des seuls qui soient acceptables. &#171; La psychanalyse d&#233;finit les premi&#232;res manifestations de nature &#233;rotique comme ''indiff&#233;renci&#233;es'', ou en tout cas comme peu diff&#233;renci&#233;es. Autrement dit, pour l'enfant, le choix objectal serait davantage d&#251; aux circonstances qu'au sexe &#8211; et les circonstances, au cours de la journ&#233;e, ne cessent de changer. Toutes les petites filles sont aussi des gouines, tous les petits gar&#231;ons sont aussi des p&#233;d&#233;s. &#187; Il ne faut pas avoir lu beaucoup de psychanalyse pour savoir que la jalousie, par exemple, ne cache que le d&#233;sir, &#224; travers la femme, de coucher avec l'amant. Il suffit aussi d'observer l'homosocialit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e pour comprendre comme celle-ci camoufle un d&#233;sir de coucher ensemble, entre hommes. De m&#234;me qu'il est &#233;vident que lorsque les mecs se tapent dessus &#224; la sortie des matchs de foot, ils subliment le d&#233;sir qu'ils ont l'un de l'autre. C'est jusqu'au mod&#232;le de la femme-type, celle du d&#233;fil&#233; de mode ou de la publicit&#233;, puisqu'elle fut habill&#233;e et relook&#233;e par des gays (majoritaires dans ce milieu), qui trahit le fantasme de l'h&#233;t&#233;rosexuel pour les hommes. Les p&#233;d&#233;s r&#233;volutionnaires, affirm&#233;s, sont les seuls qui peuvent, dans un premier temps, r&#233;v&#233;ler le d&#233;sir refoul&#233; chez les h&#233;t&#233;ros. Le but du mouvement p&#233;d&#233; n'est pas la lib&#233;ration homosexuelle, mais la lib&#233;ration de l'homosexualit&#233; latente contenue chez tous les h&#233;t&#233;ros. Il y a tant d'anus &#224; desserrer que cela peut sembler &#224; premi&#232;re vue d&#233;courageant et &#233;puisant... il nous faudra bien du courage, camarades !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_103 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/18835783_10208903188392782_4684812031252737769_n.jpg?1731402996' width='500' height='372' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Prenons un militant de gauche, m&#234;me extra-parlementaire : derri&#232;re la revendication de la plus grande tol&#233;rance se cache le plus grand d&#233;sir d'&#234;tre un protecteur. Les gauchistes aiment les p&#233;d&#233;s parce qu'ils les font rire, qu'ils se trouvent plus &lt;i&gt;classe&lt;/i&gt; en fr&#233;quentant un p&#233;d&#233;, c'est de l'auto&#233;rotisme, cela fait d&#233;mocrate, &lt;i&gt;open&lt;/i&gt; &lt;i&gt;and smart&lt;/i&gt;. Il suffit d'avoir tra&#238;n&#233; quelque temps au bar Le Saint-Sauveur &#224; M&#233;nilmontant, d'avoir observ&#233; dans ce bar antifasciste plein de testost&#233;rone, les mecs les plus virils danser maladroitement dans un jeans serr&#233; qui moule joliment leurs queues, pour comprendre comme &#171; le virilisme n'est rien d'autre que l'encombrante introjection n&#233;vrotique, de la part de l'homme, d'un d&#233;sir homosexuel tr&#232;s fort et censur&#233; pour les autres hommes. Le virilisme g&#234;ne et durcit l'&#234;tre humain de sexe masculin et le transforme en une rude caricature du m&#226;le. Il n'y a rien de plus ridicule et fondamentalement fragile qu'un h&#233;t&#233;rosexuel virilo&#239;de qui affiche sa propre puissance, violente et ''absolue'', et qui, ce faisant, se nie autoritairement elle-m&#234;me, ainsi que la ''femme'' et la folle qui est en lui, et se fait policier du syst&#232;me phallophore. Il n'y a rien de plus faible qu'un m&#226;le virilo&#239;de qui craint l'impuissance et la castration, justement parce qu'en r&#233;alit&#233;, en tant que m&#226;le ''absolu'', il est d&#233;j&#224; un &#234;tre humain mutil&#233;. &#187; Mais ils ne veulent surtout, les petits hommes, que l'on touche &#224; leurs anus, que l'on remette en cause leurs virilit&#233;s de petits poulains. Mieli r&#233;pond &#224; un militant : &#171; Cher camarade, tu ne t'es jamais demand&#233; pourquoi &#231;a te fout tellement les boules quand on te pose la question de ton d&#233;sir homosexuel ? De ta foutue homosexualit&#233; ? Et ne viens pas me dire : ''Toi tu es libre de t'occuper de tes oignons, mais ne t'occupe pas des miens'', alors que toi tu n'es pas libre de me d&#233;sirer, de faire l'amour avec moi, de jouir de la communion sensuelle de nos corps, alors que tu exclus d'avance toute possibilit&#233; d'avoir un rapport sexuel avec moi. Si toi, tu n'es pas libre, comment je peux &#234;tre libre, moi ? La libert&#233; r&#233;volutionnaire n'est pas un fait individualiste, c'est un rapport de r&#233;ciprocit&#233; : mon homosexualit&#233; est ton homosexualit&#233;. Et les paillettes ne sont ni exag&#233;r&#233;es ni violentes, comme n'est ni exag&#233;r&#233; ni violent mon d&#233;sir de jouir de ton homosexualit&#233;, de notre homosexualit&#233;, &lt;i&gt;cher camarade&lt;/i&gt;.... &#187; Il ne s'agit pas de culpabiliser les h&#233;t&#233;ros, de les faire devenir des flagellants qui, avec un volontarisme de caserne, chercheraient &#224; tout prix &#224; se d&#233;barrasser de leur d&#233;sir pour les femmes pour correspondre &#224; une id&#233;ologie politique. Le terrain de la lutte, c'est la libert&#233;, pas la culpabilit&#233;. La culpabilit&#233; n'a jamais lib&#233;r&#233; personne de rien et bien au contraire, elle produit tr&#232;s souvent des r&#233;flexes d'animal bless&#233;. Comme le disaient les f&#233;ministes milanaises, la libert&#233; est la seule voie pour parvenir &#224; la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; Prenons un autre exemple : &lt;i&gt;l'etero-checca&lt;/i&gt;, que nous traduirons par &lt;i&gt;h&#233;t&#233;ro-p&#233;tasse&lt;/i&gt;. Il est toujours fascinant de constater comme certains h&#233;t&#233;ros adorent se faire passer pour des p&#233;d&#233;s, comme cela comble un infini d&#233;sir d'&#234;tre au centre de l'attention, de s&#233;duire, m&#234;me des mecs si c'est trop difficile avec les filles, de cultiver l'ambigu&#239;t&#233;, pour ne finalement jamais l&#226;cher le contr&#244;le parfait de leurs petites &lt;i&gt;personnes&lt;/i&gt; (c'est-&#224;-dire, comme l'indique l'&#233;tymologie, leurs masques). &#171; Le ph&#233;nom&#232;ne des h&#233;t&#233;ro-p&#233;tasses doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#233;tant ouvertement connect&#233; &#224; la sublimation de l'homo&#233;rotisme. Un h&#233;t&#233;ro-p&#233;tasse est un h&#233;t&#233;rosexuel qui, alors m&#234;me qu'il n'est pas conscient de la composante gay du d&#233;sir et qu'il n'a pas de rapport homosexuel, a toutes les attitudes (pour ne pas dire le savoir-faire) d'une folle. &#187; Le capital, et l'homme-capital qui va avec, peut tout &#224; fait mimer une homosexualit&#233; diffuse comme ultime arme pour maintenir le statu-quo de l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233;. La marchandisation de l'homo&#233;rotisme fut une attaque en r&#232;gle, d'une efficacit&#233; sournoise, contre l'inqui&#233;tante g&#233;n&#233;ralisation du d&#233;sir homosexuel. &#171; Le capital lib&#233;ralise le d&#233;sir en le canalisant dans un cours consum&#233;riste. Loin de se lib&#233;raliser effectivement, l'homosexualit&#233; joue un r&#244;le de premier plan dans le spectacle capitaliste totalitaire. Aujourd'hui, il n'y a pas de manifestations ''artistiques'' &lt;i&gt;&#224; la page&lt;/i&gt; qui ne tiennent plus ou moins compte des contenus homo&#233;rotiques du d&#233;sir. &#187; L'h&#233;t&#233;ro-p&#233;tasse t&#233;moigne de cette l&#226;chet&#233; proprement lib&#233;rale qui ne lib&#232;re en v&#233;rit&#233; rien d'autre que de nouveaux terrains pour la valeur d'&#233;change. Lorsque le capital fait de l'homosexualit&#233; une mode, comme le f&#233;minisme, un &#171; nouveau th&#232;me &#187; &#224; int&#233;grer dans l'industrie culturelle, cela ne signifie pas qu'il y ait un changement r&#233;el de m&#339;urs, il y a seulement un rayon de plus qui s'est ouvert dans le supermarch&#233;. Il n'y aura pas de changement de m&#339;urs sans une sortie effective de l'&#233;conomie, tout simplement parce que les m&#339;urs h&#233;t&#233;rosexuelles sont solidaires du capital. Lorsque le capital se d&#233;valorise, apr&#232;s 1971, il ne se maintient que par le cr&#233;dit et la sp&#233;culation. Il r&#233;investit donc de nouveaux th&#232;mes th&#233;ologiques s&#233;cularis&#233;s, et perdure &#224; travers un renforcement de son syst&#232;me symbolique. Il ne faut donc pas croire que la lib&#233;ralisation de l'homosexualit&#233;, son acceptation, sa normalisation, soit autre chose qu'une mani&#232;re de rassurer le syst&#232;me symbolique h&#233;t&#233;rosexuel. Les homos, c'est bien connu, on leur fait un quartier chic, des bo&#238;tes &#224; partouze, ce sont aussi d'excellents vendeurs de fringues, ils font le travail reproductif aussi bien que les femmes, sauf qu'ils ne se mettent jamais en cong&#233; maternit&#233;, et, au moins, &#231;a permet de rester entre mecs. Les h&#233;t&#233;ro-p&#233;tasses, dans ce contexte, incarnent subjectivement une forme d'&#233;conomie qui a pris un essor massif apr&#232;s la fin de l'&lt;i&gt;&#233;talon&lt;/i&gt;-or, une phase que l'on peut esp&#233;rer transitoire. Ils projettent sur les pop-stars gays leurs propres d&#233;sirs refoul&#233;s, et cette projection autorise le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#171; Les rues de Londres pullulent de jeunes couples h&#233;t&#233;rosexuels, v&#234;tus, maquill&#233;s et coiff&#233;s comme leurs idoles carnivores gays, mais il s'agit toujours de couples h&#233;t&#233;rosexuels et &#8211; mis &#224; part de rares exceptions qui viennent confirmer la r&#232;gle &#8211; ils demeurent tels. &#187; H&#233;t&#233;ro-p&#233;tasse, encore un effort pour &#234;tre r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Interview Mario Mieli - 1977 - vostfr
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Mario Mieli, n&#233; le 21 mai 1952 &#224; Milan et mort le 12 mars 1983, est consid&#233;r&#233; comme l'un des fondateurs du mouvement de lib&#233;ration gay/transgenre en Italie. Il se suicide &#224; l'&#226;ge de trente ans.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript20826015969edf37b428b66.43165744&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzU3MzI4OTYwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NTczMjg5NjAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.&lt;/strong&gt; La lutte des p&#233;d&#233;s r&#233;volutionnaires, ceux qui combattent pour la lib&#233;ration des gais d&#233;sirs refoul&#233;s, rejoint celle des f&#233;ministes qui luttent contre la domination machiste et les violences sexuelles. &#171; La contradiction homme-femme et la contradiction h&#233;t&#233;rosexualit&#233;-homosexualit&#233; s'entrem&#234;lent : si un gay de sexe masculin se comporte de fa&#231;on antith&#233;tique par rapport &#224; la Norme h&#233;t&#233;ro, qui fait fonctionner le syst&#232;me, elle demeure toujours, &lt;i&gt;volens nolens&lt;/i&gt;, plus ou moins consciemment, li&#233;e au phallocentrisme qui fonde le syst&#232;me. &#187; Si la misogynie homosexuelle n'est pas &#224; nier, et constitue s&#251;rement le pire p&#233;ril qui doit inqui&#233;ter tous les homosexuels, elle est moins pr&#233;sente chez les p&#233;d&#233;s qui acceptent leurs f&#233;minit&#233;s. C'est la r&#233;pression de notre f&#233;minit&#233;, de notre d&#233;sir d'&#234;tre des folles, qui induit la misogynie. Nous avons donc, en tant que p&#233;d&#233;s, &#224; apprendre &#224; assumer au grand jour la f&#233;minit&#233; que certains d'entre nous ont refoul&#233;e pour endosser le r&#244;le de &#171; personne sociale &#187; acceptable et reconnaissable dans les codes de la Norme h&#233;t&#233;rosexuelle. Nous pouvons accepter notre f&#233;minit&#233; &#224; l'extr&#234;me m&#234;me, reprendre les st&#233;r&#233;otypes f&#233;minins les plus &#233;cul&#233;s, devenir diva, tout en sachant parfaitement que tous ces st&#233;r&#233;otypes, tous ces r&#244;les, n'ont en v&#233;rit&#233; absolument aucun sens. Nous partageons avec les femmes l'exp&#233;rience d'avoir &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s, ne serait-ce qu'une fois, comme un &#171; trou, comme un objet sexuel sur lequel l'homme, convaincu de sa ''sup&#233;riorit&#233;'', d&#233;foule un d&#233;sir m&#233;diocre, n&#233;vrotique et &#233;go&#239;ste &#187;. Ceux qui veulent &#171; essayer pour voir &#187;, et dont finalement &#171; ce n'est pas le truc &#187;, ne s'abandonnent pas en r&#233;alit&#233; &#224; une relation &#233;rotique avec nous mais veulent simplement confirmer, dans une baise machinale, combien leur ego est bel et bien &lt;i&gt;actif&lt;/i&gt;. Le rapport des m&#226;les h&#233;t&#233;ros avec les femmes ne pourra changer que lorsqu'ils auront appris &#224; changer leurs rapports avec les autres hommes. &#171; Pour l'heure, du point de vue sexuel (mais pas seulement), ils souhaitent faire aux femmes ce que, &#224; cause du refoulement de l'homosexualit&#233;, ils ne tol&#233;reraient jamais qu'on leur fasse : ils veulent baiser les femmes et ont horreur d'&#234;tre bais&#233;s ; ils jouissent tranquillement en &#233;jaculant sur la gueule des femmes, mais ils &#233;prouvent le plus grand d&#233;go&#251;t &#224; la seule id&#233;e qu'un autre homme leur gicle sur la gueule... Tout cela fait partie de l'in&#233;galit&#233; h&#233;t&#233;rosexuelle et de son absurdit&#233;. Pour l'heure, du point de vue de la r&#233;volution, les m&#226;les h&#233;t&#233;ros repr&#233;sentent encore trop le capital, l'ennemi, l'exploitant, l'ali&#233;nation. Seule la lutte des femmes peut les changer. Seule la lutte des homosexuels et seul le plaisir gay peuvent les faire devenir, eux aussi, p&#233;d&#233;s. Certains m&#226;les commencent &#224; s'en rendre compte : &lt;i&gt;ah &lt;/i&gt;&lt;i&gt;bon ? &lt;/i&gt; &#187;. Nous souhaiterions &#171; ''une gr&#232;ve sexuelle &#224; outrance'' des femmes &#224; l'&#233;gard des m&#226;les h&#233;t&#233;ros, la cr&#233;ation de rapports neufs et totalisants entre femmes, et, donc, la compl&#232;te lib&#233;ration de l'homosexualit&#233; f&#233;minine. ''Ne faites plus l'amour avec les hommes, faites l'amour entre femmes, faisons l'amour entre nous'', voici la proposition gaie que nous faisons aux femmes. Il s'agit d'une proposition doublement int&#233;ress&#233;e (et int&#233;ressante) : si d'un c&#244;t&#233; nous sommes int&#233;ress&#233;s &#224; approfondir notre rapport gay avec les femmes, de l'autre nous sommes int&#233;ress&#233;s &#224; ce qu'elles nous laissent &#224; disposition tous les m&#226;les h&#233;t&#233;ros... Ce sera un beau divertissement ! &#187; Il est toujours amusant de voir une f&#233;ministe pointilleuse sur les rapports homme-femme, ne pas se questionner une seconde sur son homosexualit&#233; r&#233;prim&#233;e. C'est peut-&#234;tre pour &#231;a que Mona Chollet est dans le hit-parade juste &#224; c&#244;t&#233; de Zemmour, &#231;a rassure sur soi-m&#234;me, &#231;a n'inqui&#232;te personne, on est bien au chaud, c'est parfaitement&lt;i&gt; safe&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;lorsque l'on reste &lt;i&gt;chez soi&lt;/i&gt;. Courage camarade, &lt;i&gt;get rid of yourself &lt;/i&gt; ! Il est peut-&#234;tre un peu id&#233;ologique de dire que &#171; le f&#233;minisme c'est la th&#233;orie, le lesbianisme, c'est la pratique &#187; (T. Grace Atkinson), mais &#231;a devrait tout de m&#234;me titiller les f&#233;ministes-yoga qui adorent pr&#233;dire la subversion dans les cheveux gris comme dans du marc &#224; caf&#233;. &#171; Pour ma part, si vraiment je croyais aux avant-gardes, je dirais que l'avant-garde de la r&#233;volution sera compos&#233;e de lesbiennes. Dans tous les cas, la r&#233;volution sera lesbienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.&lt;/strong&gt; &#192; force de trop parler de &#171; n&#233;o-lib&#233;ralisme &#187; et de &#171; biopolitique &#187;, bref &#224; force de trop parler le Foucault depuis les chaires universitaires, on en a presque oubli&#233; de parler du Kapital, de la valeur d'&#233;change, de la r&#233;ification. C'est donc en toute coh&#233;rence que les artistes f&#233;ministes les plus radicales &#233;clairent de n&#233;ons les d&#233;fil&#233;s Dior (voir Claire Fontaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). On a tellement comment&#233; la &#171; production de subjectivit&#233;s &#187; que l'on a envoy&#233; balader une analyse de la production capitaliste. De la m&#234;me mani&#232;re que pour les identit&#233;s, le probl&#232;me n'est pas la redistribution de la richesse mais bien sa production. Il y a en ce sens une solidarit&#233; secr&#232;te entre une critique cat&#233;gorielle du capitalisme, donc du travail et de l'&#233;conomie, et une critique des identit&#233;s femme-homme, h&#233;t&#233;ro-homo. Seuls ceux qui con&#231;oivent le capitalisme comme un vampire de la &#171; bonne &#233;conomie &#187;, un parasite qu'il suffirait, on ne sait comment, d'&#233;liminer d'un organisme autrement sain, verrons dans l'obtention de nouveaux droits une &lt;i&gt;Lib&#233;ration*, &lt;/i&gt;dans la protection &#233;tatique un progr&#232;s et dans la revendication d'un revenu garanti un combat &#233;mancipateur. &#171; Tol&#233;rer la minorit&#233; homosexuelle, sans que la majorit&#233; remette en question le refoulement du d&#233;sir homo&#233;rotique qui la caract&#233;rise, signifie reconna&#238;tre aux ''diff&#233;rents'' le droit de vivre, pr&#233;cis&#233;ment, en tant que ''diff&#233;rents'' et donc &#224; la marge. La marginalisation favorise l'exploitation, hautement lucrative, des homosexuels par le syst&#232;me qui les marginalise. &#187; Le proc&#232;s d'anthropomorphose du capital, tel que le jeune Camatte, celui d'avant 1974, l'avait appel&#233;, d&#233;signe pr&#233;cis&#233;ment l'extinction de la lutte sur le terrain d&#233;sormais caduc de la &#171; politique &#187;. Lorsque le capital se fait homme, il ne se satisfait pas de soumettre l'individu &#224; sa rentabilit&#233; mais investit l'int&#233;riorit&#233; pour r&#233;duire l'homme au r&#244;le de &#171; personne sociale &#187;. Dans une telle redistribution de l'antagonisme, la politique n'est que l'autre face du capital, et ne constitue en rien un enjeu de lutte pour le mouvement r&#233;volutionnaire. &#171; Moi, je pense que les homosexuels sont r&#233;volutionnaires aujourd'hui s'ils ont d&#233;pass&#233; la politique. La r&#233;volution pour laquelle nous nous battons c'est aussi la n&#233;gation de tous les rackets politiques machistes (fond&#233;s, entre autres, sur l'homosexualit&#233; sublim&#233;e), en ceci qu'elle est n&#233;gation et d&#233;passement du capital et de sa politique qui s'infiltrent dans tous les groupes de la gauche et qui les caract&#233;risent, les soutiennent, et les rendent contre-r&#233;volutionnaires. Par ailleurs, mon trou du cul ne veut pas &#234;tre politique parce qu'il ne se vend &#224; aucune forme du racket de gauche en &#233;change d'un peu de ''protection'' politique et opportuniste d&#233;gueulasse. Le trou du cul des ''camarades'' de gauche sera r&#233;volutionnaire lorsqu'ils auront appris &#224; en jouir avec les autres et lorsqu'ils cesseront de couvrir leur derri&#232;re avec l'id&#233;ologie de la tol&#233;rance pour les p&#233;d&#233;s. Tant qu'ils continueront &#224; se cacher derri&#232;re le paravent de la politique, les ''camarades'' h&#233;t&#233;rosexuels ne sauront jamais ce qui se dit dans leur dos. Les vrais r&#233;volutionnaires, cessant d'&#234;tre des politiciens, seront des amants. &#187; Continuer le jeu de la politique, c'est confirmer notre statut de victime, c'est parler la langue des chiffres, de la statistique, bref, la langue pourrie de la sociologie. Nous n'avons pas besoin de rajouter une case sociologique, nous avons besoin d'abolir toutes les cases. S'il est vrai que &#171; la dure pers&#233;cution de l'homosexualit&#233; nous a amen&#233;s, nous autres gays, &#224; nous attacher &#224; notre &lt;i&gt;identit&#233;&lt;/i&gt; d'homosexuels : pour nous d&#233;fendre et pour nous affirmer, il nous fallait avant tout savoir r&#233;sister, savoir &#234;tre homosexuels &#187;, ce n'est d&#233;sormais plus chose n&#233;cessaire. On s'attache &#224; son identit&#233; comme d'autres s'attachent &#224; la nation &#8211; prenons l'air, d&#233;sertons, exilons-nous de nous-m&#234;mes. Faisons de la libert&#233; une pratique de tous les jours. Lorsque nous nous identifions au r&#244;le de la victime, nous ne faisons que confirmer le pouvoir de l'oppresseur. Rien n'est plus rassurant pour un r&#233;gime que d'avoir des victimes qui se reconnaissent comme telles : les choses sont tellement claires que c'est la Mag-Light polici&#232;re qui donne la visibilit&#233;. &#171; Les homosexuels r&#233;volutionnaires ont d&#233;cid&#233; de ne pas s'accommoder du r&#244;le de victime et ont commenc&#233; &#224; refuser, une fois pour toutes, d'&#234;tre les exceptions qui confirment la r&#232;gle. Il s'agit, pour nous, de rayer pour toujours la Norme qui nous d&#233;grade et nous opprime. La victimisation n'est jamais plus suffisamment gratifiante, car, en d&#233;finitive, elle ne l'a jamais &#233;t&#233; (m&#234;me si cela valait encore la peine d'&#233;crire une &lt;i&gt;Martyrologie de la folle&lt;/i&gt; d&#233;taill&#233;e). Nous entendons jouir librement, sans interf&#233;rences, aussi bien de notre homosexualit&#233; et de celle d'autrui que de nos tendances masochistes (et de celles d'autrui). &#187; Cela pourrait &#234;tre un beau jeu que de s'adonner enfin &#224; la destruction de la tol&#233;rance r&#233;pressive du capital. Un beau jeu qui prend une urgence vitale. Alors que je marche compl&#232;tement d&#233;fonc&#233; dans les rues de Paris, mon go&#251;t pour la communaut&#233; humaine prolonge mon go&#251;t pour le monde &#8211; et je d&#233;sire le gay communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une bande de chats homosexuels fous d'amour pour le communisme&lt;br class='autobr' /&gt;
mars 2020.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_152 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/arton24.png?1731403091' width='500' height='279' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo publi&#233;e dans le premier num&#233;ro du journal &#034;Fuori !&#034; en 1972.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dior.com/fr_fr/mode-femme/defiles-pret-a-porter/folder-defile-pret-a-porter-automne-hiver-2020-2021/collectif-claire-fontaine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.dior.com/fr_fr/mode-femme/defiles-pret-a-porter/folder-defile-pret-a-porter-automne-hiver-2020-2021/collectif-claire-fontaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Homosexualit&#233; et refus du travail</title>
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		<description>&lt;p&gt;&#171; La lutte pour le communisme doit se manifester aussi comme la n&#233;gation de la Norme h&#233;t&#233;rosexuelle &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/+-Mario-Mieli-167-+" rel="tag"&gt;Mario Mieli &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/arton25.jpg?1731403046' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;[Avant-Hier] est une rubrique qui fera remonter &#224; la surface des textes du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons ce mois-ci dans la rubrique Avant-Hier, une traduction d'un texte italien sign&#233; Mario Mieli publi&#233; originellement en 1976. Mario Mieli, n&#233; le 21 mai 1952 &#224; Milan et mort le 12 mars 1983, est consid&#233;r&#233; comme l'un des fondateurs du mouvement de lib&#233;ration gay/transgenre en Italie. Il se suicide &#224; l'&#226;ge de trente ans. Pour en savoir plus sur ce mouvement et sur l'importante figure de Mario Mieli, vous pouvez lire l'entretien avec Massimo Prearo publi&#233; &lt;a href=&#034;https://lundi.am/Pour-un-communisme-gay&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site Lundi Matin&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Freud fut le premier &#224; formuler une th&#233;orie qui voit dans le processus de civilisation la conversion des puissantes forces libidinales, et la d&#233;viation de leur destination sexuelle dans la perspective du travail et de la socialisation. De ce point de vue, l'&#201;ros r&#233;prim&#233; est l'&#233;nergie de l'histoire et le travail doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme la sublimation de l'&#201;ros. Selon Freud, &#171; de la part de la civilisation, la tendance &#224; restreindre la vie sexuelle n'est pas moins nette que cette autre, qui est d'&#233;tendre la sph&#232;re la civilisation [...] ; la civilisation ob&#233;it l&#224; &#224; la contrainte de la n&#233;cessit&#233; &#233;conomique, puisqu'il lui faut retirer &#224; la sexualit&#233; une forte somme de l'&#233;nergie psychique qu'elle doit employer elle-m&#234;me [&#8230;] ; la crainte de voir les opprim&#233;s se r&#233;volter incite &#224; prendre de s&#233;v&#232;res mesures de pr&#233;vention. Un sommet d'une telle &#233;volution se constate dans notre civilisation d'Europe occidentale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation donc, aurait r&#233;prim&#233; toutes les tendances de l'&#201;ros d&#233;finies comme &#171; perverses &#187; pour pouvoir en sublimer l'&#233;nergie libidinale dans la sph&#232;re &#233;conomique. Il s'agit d'une des hypoth&#232;ses les plus int&#233;ressantes inh&#233;rentes &#224; la d&#233;termination historique du tabou anti-homosexuelle ; et, si nous ne l'isolons pas mais la consid&#233;rons &#224; c&#244;t&#233; des autres hypoth&#232;ses (en particulier, celle qui voit dans la Norme h&#233;t&#233;rosexuelle la garantie de la suj&#233;tion des femmes aux m&#226;les), celle-ci se r&#233;v&#232;le tout &#224; fait d'actualit&#233; aujourd'hui, et il s'agit d'un th&#232;me fortement charg&#233; de bouleversements r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcuse &#233;crivait : &#171; Contre une soci&#233;t&#233; qui utilise la sexualit&#233; comme moyen pour r&#233;aliser une fin socialement utile, les perversions maintiennent la sexualit&#233; comme une fin en soi ; elles se placent ainsi en dehors du r&#233;gime du principe de rendement et mettent en question sa base m&#234;me. Elles &#233;tablissent des relations libidineuses sur lesquelles la soci&#233;t&#233; doit jeter l'anath&#232;me, parce qu'elles menacent de renverser le processus de civilisation qui a transform&#233; l'organisme en instrument de travail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation appara&#238;t en partie vieillie et doit &#234;tre discut&#233;e. Aujourd'hui, il est &#233;vident que la soci&#233;t&#233; se sert tr&#232;s bien des &#171; perversions &#187; pour ses int&#233;r&#234;ts de rendements (il suffit d'aller dans un kiosque ou au cin&#233;ma). La &#171; perversion &#187; est vendue au d&#233;tail et en gros, elle est &#233;tudi&#233;e, sectionn&#233;e, &#233;valu&#233;e, commercialis&#233;e, accept&#233;e, discut&#233;e ; elle devient &#224; la mode, in et out ; elle devient culture, science, papier imprim&#233;, argent ; les marionnettes du Fuori ! se pr&#233;sentent aux &#233;lections dans les listes du Parti radical ; l'inconscient est vendu en tranche sur le comptoir du boucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si pendant des mill&#233;naires, les soci&#233;t&#233;s ont r&#233;prim&#233; les comportements soi-disant &#171; pervers &#187; de l'&#201;ros pour les sublimer dans le travail, le syst&#232;me les lib&#233;ralise aujourd'hui afin de les exploiter ult&#233;rieurement dans la sph&#232;re de l'&#233;conomie. Dans l'optique mortif&#232;re du capital, la lib&#233;ralisation se r&#233;v&#232;le seulement fonctionnelle pour la commercialisation. La &#171; perversion &#187; r&#233;prim&#233;e, donc, ne constitue plus seulement l'&#233;nergie du travail, mais se retrouve aussi, f&#233;tichis&#233;e, dans le produit ali&#233;nant du travail ali&#233;n&#233; et est impos&#233;e par le capital, dans une forme r&#233;ifi&#233;e sur le march&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour la lib&#233;raliser, c'est-&#224;-dire la commercialiser, que la &#171; perversion &#187; doit rester substantiellement r&#233;prim&#233;e et l'&#233;nergie libidinale qui lui est propre doit continuer &#224; &#234;tre en grande partie sublim&#233;e et exploit&#233;e dans le travail : la &#171; d&#233;sublimation r&#233;pressive &#187; s'accompagne de la perp&#233;tuation de la sublimation obligatoire de l'&#201;ros dans le travail. D'autre part, les tendances &#233;rotiques d&#233;finies comme &#171; perverses &#187; ne peuvent que rester r&#233;prim&#233;es, si les gens continuent d'accepter les produits v&#233;ritablement obsc&#232;nes et pervers que le capital impose sur le march&#233; comme &#233;tant la sexualit&#233; soi-disant &#171; perverse &#187;, s'il y en a encore qui &#233;prouve de l'excitation face aux f&#233;tiches sordides du sexe commercialis&#233;s par le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, depuis que le capital est parvenu &#224; la phase de &lt;i&gt;domination r&#233;elle &lt;/i&gt; ; depuis, en d'autres termes, la concentration et la centralisation tardo-capitalistes, ins&#233;parablement connect&#233;es au progr&#232;s technique des forces productives et &#224; la traduction technologique des sciences dans la machine industrielle (incr&#233;ment du capital fixe), la quantit&#233; de travail n&#233;cessaire a &#233;t&#233; r&#233;duite, la plus grande partie des heures de travail constituant du surtravail : travail inutile, fonctionnant seulement afin de perp&#233;tuer la domination canc&#233;rig&#232;ne du capital. Il s'agit d'une &#171; mutation dans le caract&#232;re des forces productives de base &#187; (Marx). Cette transformation cr&#233;e les pr&#233;misses essentielles pour l'accomplissement du saut qualitatif total qui r&#233;alisera la r&#233;volution communiste. &#171; D&#232;s lors que le travail sous sa forme imm&#233;diate a cess&#233; d'&#234;tre la grande source de la richesse, le temps de travail cesse n&#233;cessairement d'&#234;tre &#224; sa mesure et, par suite, la valeur d'&#233;change d'&#234;tre la mesure de la valeur d'usage. Le surtravail de la masse a cess&#233; d'&#234;tre la condition du d&#233;veloppement de la richesse g&#233;n&#233;rale, de m&#234;me que le non-travail de quelques-uns a cess&#233; d'&#234;tre la condition du d&#233;veloppement des pouvoirs universels du cerveau humain. Cela signifie l'&#233;croulement de la production reposant sur la valeur d'&#233;change, et le proc&#232;s de production mat&#233;riel imm&#233;diat perd lui-m&#234;me la forme de p&#233;nurie et de contradiction. C'est le libre d&#233;veloppement des individualit&#233;s, o&#249; l'on ne r&#233;duit donc pas le temps de travail n&#233;cessaire pour poser du sur-travail, mais o&#249; l'on r&#233;duit le travail n&#233;cessaire de la soci&#233;t&#233; jusqu'&#224; un minimum, &#224; quoi correspond la formation artistique, scientifique, etc. des individus gr&#226;ce au temps lib&#233;r&#233; et aux moyens cr&#233;&#233;s par eux tous. &#187; (Marx)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la perspective d'un tel saut qualitatif, face &#224; la perspective de la r&#233;volution et de la cr&#233;ation du communisme, la r&#233;pression sexuelle exerce une fonction d'entrave obsol&#232;te : en effet, elle garantit cette sublimation qui permet l'exploitation &#233;conomique, &#171; le vol du temps de travail de l'homme &#187; (Marx), le vol du (temps de) plaisir de la femme et de l'homme, la contrainte de l'&#234;tre humain au travail qui n'est plus n&#233;cessaire en soi, mais qui est indispensable &#224; la perp&#233;tuation de la domination du capital ; en d'autres mots, &#224; la conservation des rapports de productions d&#233;pass&#233;s et &#224; la solidit&#233; de l'&#233;difice social qui est fond&#233; sur celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le capital &lt;/i&gt; &#187;, dit Virginia Finzi Ghisi, &#171; a jusqu'&#224; pr&#233;sent utilis&#233; la nature &#233;rotique du travail pour contraindre l'homme, auquel il a pr&#233;ventivement retir&#233; toute aventure sexuelle autre (celle avec la femme-mari&#233;e-m&#232;re dans le contexte familial n'est pas de l'aventure mais seulement l'extension de la substitution), au travail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; [&#8230;] devient la condition de la production capitaliste, comme modalit&#233; de la perte du corps, habitu&#233; &#224; le voir ailleurs, g&#233;n&#233;ralis&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour le communisme, aujourd'hui, doit se manifester aussi comme la n&#233;gation de la Norme h&#233;t&#233;rosexuelle fond&#233;e sur la r&#233;pression qui est fonctionnelle et conforme &#224; la subsistance de la domination du capital sur l'esp&#232;ce humaine. Les &#171; perversions &#187;, et en particulier l'homosexualit&#233;, expriment la r&#233;bellion contre l'assujettissement de la sexualit&#233; de la part de l'ordre capitaliste-h&#233;t&#233;rosexuelle-machiste, contre l'asservissement presque total de l'&#233;rotisme au &#171; principe de rendement &#187;, &#224; la production et &#224; la reproduction. Et s'il n'est plus aujourd'hui &#233;conomiquement n&#233;cessaire de sublimer dans le travail les composantes d&#233;finies comme &#171; perverses &#187; de l'&#201;ros, il n'est pas moins n&#233;cessaire, alors que la plan&#232;te souffre &#224; cause de la surpopulation, de canaliser toutes les &#233;nergies libidinales dans la reproduction. En effet, contraindre l'&#201;ros &#224; la procr&#233;ation n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;ellement n&#233;cessaire, du moment o&#249; la sexualit&#233; libre, dans des conditions environnementales plus ou moins favorables, reproduit &lt;i&gt;naturellement&lt;/i&gt; l'esp&#232;ce, sans avoir &#224; n'&#234;tre soumise &#224; aucun type de contraintes. D'un autre c&#244;t&#233;, si la lutte pour la lib&#233;ration de l'homosexualit&#233; s'oppose fermement &#224; la Norme h&#233;t&#233;rosexuelle, l'un de ses buts est la r&#233;alisation de nouveaux rapports gays entre femmes et hommes, rapports compl&#232;tement alternatifs par rapport au couple h&#233;t&#233;rosexuel, rapports qui consistent, notamment, en une nouvelle mani&#232;re d'engendrer et de vivre p&#233;d&#233;rastiquement avec les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas dit non plus que l'obtention de cette libert&#233; transsexuelle ne contribue pas &#224; d&#233;terminer, dans un futur &lt;i&gt;relativement&lt;/i&gt; lointain, des alt&#233;rations dans la structure biologico-anatomique de l'&#234;tre humain de mani&#232;re &#224; le transformer en androgyne adapt&#233; &#224; la parth&#233;nogen&#232;se ou &#224; de nouveaux types de procr&#233;ation &#224; deux (ou &#224; trois ? Ou &#224; dix ? &#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, il existe d&#233;j&#224; dans la nature des animaux comme l'hippocampe, par exemple, qui se reproduit toujours de mani&#232;re &lt;i&gt;invertie&lt;/i&gt; : la femelle d&#233;pose dans le corps du m&#226;le les &#339;ufs et le m&#226;le les f&#233;conde en les portant jusqu'&#224; ce qu'il accouche. Nous ne savons pas non plus ce qu'il se passe dans les autres plan&#232;tes, dans d'autres syst&#232;mes solaires, &#224; des niveaux &#171; d'&#233;volution &#187; admirablement sup&#233;rieurs aux n&#244;tres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mario Mieli, 1976.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; dans &lt;i&gt;Il Vespasiano degli omosessuali&lt;/i&gt;, Collectifs Homosexuelles Milanais, &lt;br class='autobr' /&gt;
suppl&#233;ment sp&#233;cial &#224; &#171; Re Nudo &#187;, n. 43, juillet 1976.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pinkwashing en Isra&#235;l</title>
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		<dc:subject>Analyse</dc:subject>
		<dc:subject>Pinkwashing</dc:subject>
		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Stern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Interventions de Jean Stern &#224; propos de son livre &#034;Mirage gay &#224; Tel Aviv&#034;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/+-Jean-Stern-+" rel="tag"&gt;Jean Stern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/arton26.jpg?1731403046' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article est un montage des interventions de Jean Stern &#224; propos de son livre &lt;a href=&#034;http://www.editionslibertalia.com/catalogue/hors-collection/jean-stern-mirage-gay-a-tel-aviv&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mirage gay &#224; Tel Aviv&lt;/a&gt; prononc&#233;es en avril 2017 &#224; l'Institut de recherche et d'&#233;tudes M&#233;diterran&#233;e Moyen-Orient (iReMMO) et sur le plateau de M&#233;diapart en juin 2017.&lt;br class='autobr' /&gt;
Militant LGBT, Jean Stern a particip&#233; &#224; la fondation du magazine Gai Pied en 1979. Journaliste de terrain pour Lib&#233;, il a, entre autres, collabor&#233; avec les plus grandes radios fran&#231;aises. &#201;diteur de la revue &lt;i&gt;De l'autre c&#244;t&#233;&lt;/i&gt;, publi&#233;e entre 2008 et 2014, Jean Stern a &#233;t&#233; le r&#233;dacteur en chef de &lt;i&gt;La Chronique&lt;/i&gt;, le journal de la section fran&#231;aise d'Amnesty International, jusqu'en f&#233;vrier 2019. Il est depuis journaliste ind&#233;pendant et collabore notamment au site Orient XXI. Ses exigences de journaliste et ses origines juives font de son livre &lt;i&gt;Mirage gay &#224; Tel Aviv&lt;/i&gt; paru aux &#233;ditions Libertalia en 2017 une &#233;tude riche et rigoureuse sur le ph&#233;nom&#232;ne de pinkwashing en Isra&#235;l, le plus rapide et remarquable de la d&#233;cennie pass&#233;e. Il y explique les enjeux complexes du ph&#233;nom&#232;ne et ses aspects &#233;minemment politiques. Comment la g&#233;opolitique internationale se t&#233;lescope-t-elle dans la sexualit&#233; ? A coup de marketing et de publicit&#233;, l'&#201;tat isra&#233;lien tente d'imposer une nouvelle r&#233;alit&#233;. Sea, sex and sun viennent recouvrir un &#233;tat de guerre permanent, d'occupations, de fanatisme religieux et d'homophobie. Voici donc une contribution &#224; l'&#233;tude du pouvoir dont la sexualit&#233; en est devenue le centre et l'enjeu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Homocratie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je vais commencer par vous parler d'une photo, pr&#233;sente dans mon livre, de deux militaires avec trois enfants (ci-apr&#232;s). Cette photo illustre parfaitement la r&#233;alit&#233; gay &#224; Tel-Aviv. L'homme de gauche est adjoint au maire de Tel-Aviv. Il est membre du Meretz, c'est-&#224;-dire le plus &#224; gauche des partis politiques isra&#233;liens. Il est celui qui a mis en place la politique gay &#224; Tel-Aviv et il est pr&#233;sident du centre municipal gay et lesbien de Tel-Aviv. J'insiste sur le mot municipal, parce que c'est la ville de Tel-Aviv qui paye le centre, qui paye la vie du centre et ses onze salari&#233;s. Il pose sur la photo avec son mari qu'il a &#233;pous&#233; &#224; Toronto au Canada. &lt;br class='autobr' /&gt;
La loi isra&#233;lienne ne reconna&#238;t pas le mariage civil, elle ne reconna&#238;t que le mariage religieux. Mais gr&#226;ce &#224; une hypocrisie extraordinaire, le mariage civil des homosexuels prononc&#233;s &#224; l'&#233;tranger a &#233;t&#233; reconnu par la Cour supr&#234;me isra&#233;lienne. Pour revenir &#224; la photo, vous voyez-l&#224; leurs trois enfants. Deux jumelles qui ont aujourd'hui quatre ans et la petite qui doit avoir deux ans, ont &#233;t&#233; con&#231;ues par gestation pour autrui en Inde et en Tha&#239;lande. De fa&#231;on tr&#232;s symbolique d'ailleurs, on appelle &#231;a, en Isra&#235;l, la maternit&#233; de substitution. Les gays isra&#233;liens dominant &#224; Tel-Aviv font aujourd'hui des enfants nombreux, tr&#232;s nombreux m&#234;me, puisqu'on pense que ces 4/5 derni&#232;res ann&#233;es, il y a plus de 5000 couples gays qui ont fait des enfants &#224; Tel-Aviv, ce qui est un chiffre consid&#233;rable. Et parmi ces enfants, beaucoup ont &#233;t&#233; con&#231;us par GPA. Alors que la GPA, en France, comme vous le savez, n'est pas l&#233;gale. La GPA est autoris&#233;e en Isra&#235;l pour les couples h&#233;t&#233;rosexuels, mais pas pour les couples homosexuels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Encore que le gouvernement de Benjamin Netanyahou est en train de pr&#233;parer une loi pour ouvrir la GPA aux couples homosexuels, pour permettre que la GPA ne se pratique plus en Inde, aux Philippines, en Tha&#239;lande, ou pour les plus fortun&#233;s aux &#201;tats-Unis, mais directement en Isra&#235;l. Et &#233;videmment, pourquoi fait-on des enfants ? Car ce n'est pas une revendication historique des gays mondiaux de faire des enfants. On fait des enfants pour peupler Isra&#235;l. Et on fait des enfants parce que peupler Isra&#235;l est un enjeu politique et d&#233;mographique pour le gouvernement et pour les autorit&#233;s. Mais aussi pour les religieux. En effet, la question de la d&#233;mographie est centrale en Isra&#235;l. Et la question de la d&#233;mographie se traduit par des &#233;tudes dont on peut &#233;videmment discuter la fiabilit&#233;. Mais ces &#233;tudes indiquent que, en 2050, il y aura plus d'Arabes que de Juifs en Isra&#235;l-Palestine. Par les nouvelles mani&#232;res de produire des enfants, on rend service au pays, on offre au sens propre du terme des enfants &#224; la nation et je mets une lettre capitale au mot Nation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_40 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/png/adjoint_tel_aviv.cleaned.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/adjoint_tel_aviv.cleaned.png?1731403090' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi ce livre ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je suis all&#233; en Isra&#235;l pour la premi&#232;re fois de ma vie en 1977, j'avais 21 ans. Tr&#232;s vite, comme beaucoup, j'ai &#233;t&#233; litt&#233;ralement r&#233;vuls&#233; par de nombreux aspects de la politique isra&#233;lienne et notamment sa politique &#224; l'&#233;gard des Palestiniens. Mais ces derni&#232;res ann&#233;es, j'ai vu les choses s'aggraver. Isra&#235;l est devenu un pays de plus en plus in&#233;galitaire sur le plan social. Il est le deuxi&#232;me pays le plus in&#233;galitaire de tous les pays de l'OCDE juste apr&#232;s le Mexique. Les in&#233;galit&#233;s se sont beaucoup creus&#233;es. C'est aujourd'hui un pays que l'on peut qualifier de raciste. Non seulement &#224; l'&#233;gard de sa population palestinienne, mais &#224; l'&#233;gard de sa population que l'on appelait autrefois les Arabes isra&#233;liens et que l'on appelle maintenant les Palestiniens de l'int&#233;rieur. Ces derniers mois, les actions de harc&#232;lement de la population palestinienne &#224; l'int&#233;rieur du pays se sont multipli&#233;es : &#233;difices religieux, &#233;glises, mosqu&#233;es attaqu&#233;es, incendi&#233;es, commer&#231;ants arabes attaqu&#233;s, magasins saccag&#233;s, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez un durcissement de l'attitude d'une partie de la population isra&#233;lienne &#224; l'&#233;gard des Arabes alors que, et c'est &#231;a qui m'a conduit &#224; &#233;crire ce livre, au fond, de mani&#232;re totalement cynique, Isra&#235;l utilise son image d'Orient, pour mieux se vendre aux gays occidentaux. Et donc, joue sur le double paradoxe. Le titre de mon livre, &lt;i&gt;Mirage gay &#224; Tel-Aviv&lt;/i&gt; fait r&#233;f&#233;rence &#224; deux choses. Il fait r&#233;f&#233;rence au mirage, qui d'une certaine mani&#232;re est un enfumage. Comme le pratique le gouvernement isra&#233;lien qui a r&#233;ussi &#224; enfumer l'opinion occidentale en se pr&#233;sentant comme un pays gay-friendly. Mais aussi cette mani&#232;re dont il a r&#233;cup&#233;r&#233; l'orientalisme gay en jouant sur sa population arabe. En effet, on le retrouve dans l'iconographie. Il y a une photo dans mon livre d'un carton d'invitation pour une soir&#233;e (o&#249; j'&#233;tais d'ailleurs) en 2014 du club &#201;vita, club gay de Tel-Aviv. Vous pouvez voir qu'ils jouent tr&#232;s bien sur l'iconographie juive et arabe avec les signes, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la page d'&#224; c&#244;t&#233;, vous pouvez voir une photo d'un film qui s'appelle &lt;i&gt;Men of Isra&#235;l&lt;/i&gt;. Il s'agit d'un film pornographique, produit par Michael Lucas et qui joue &#233;galement sur l'image orientale et occidentale des gar&#231;ons isra&#233;liens. C'est-&#224;-dire que l'on vous pr&#233;sente des gar&#231;ons qui ont l'air de bons sabras pass&#233;s par trois ans d'arm&#233;e, bien muscl&#233;s, bien gorg&#233;s de soleil, etc. Et des gar&#231;ons qui sont souvent d'origine misrahim, s&#233;farades dont les parents venaient d'Irak, du Y&#233;men, du Maroc, etc. Et qui ont l'air plut&#244;t d'Arabes. Ils jouent et gagnent sur les deux tableaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/gay_men_of_israel.cleaned.png?1731403092' width='500' height='263' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;sir arabe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir de l'Arabe, une certaine forme d'orientalisme sexuel, a &#233;t&#233; au c&#339;ur, si j'ose dire, des pratiques gays et du tourisme gay dans les ann&#233;es 50 et 60. On allait au Maroc, on allait en &#201;gypte, on allait en Tunisie pour rencontrer des gar&#231;ons. Et pour les gays occidentaux comme pour les gar&#231;ons de ces pays-l&#224;, c'&#233;tait un jeu hypocrite du pas vu, pas pris qui marchait assez bien. Finalement, les ann&#233;es 2000, avec le 11 septembre, ont entra&#238;n&#233; un double ph&#233;nom&#232;ne. D'abord, il faut bien le dire, un raidissement des pays arabes &#224; l'&#233;gard de l'homosexualit&#233;, un durcissement. &#199;a ne va pas jusqu'&#224; Daech qui jette les homosexuels du haut des immeubles dans les villes qu'il occupe en Syrie. N&#233;anmoins, au Caire, qui &#233;tait une ville tol&#233;rante dans les ann&#233;es 90 &#224; l'&#233;gard des homosexuels, les choses ont chang&#233;. Des boites de nuit ont &#233;t&#233; ferm&#233;es au d&#233;but des ann&#233;es 2000. Il y a eu beaucoup de descentes de police dans les lieux gays, boites, saunas, etc. On a arr&#234;t&#233; des dizaines de personnes. Les autorit&#233;s les ont condamn&#233;s &#224; un, deux et trois ans de prison. Idem au Maroc et en Tunisie. Donc cette esp&#232;ce de raidissement du monde arabe s'est accompagn&#233; du raidissement des gays occidentaux &#224; l'&#233;gard des Arabes eux-m&#234;mes puisqu'au fond, l'Occident s'est lanc&#233; dans une guerre contre le monde arabo-musulman apr&#232;s le 11 septembre 2001.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Image et histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a une quinzaine d'ann&#233;es, l'image d'Isra&#235;l &#233;tait la pire au monde, juste au-dessus de la Cor&#233;e du Nord qui est l'esp&#232;ce de pays qui fait figure de repoussoir aux yeux de l'opinion mondiale. C'est un pays o&#249; les gens n'avaient pas du tout envie d'aller. C'&#233;tait un pays dans une zone en guerre avec des enjeux obscurs. Il y avait et il y a toujours une solidarit&#233; internationale dans les opinions publiques &#224; l'&#233;gard des Palestiniens qui ont une image plut&#244;t favorable quelle que soit par ailleurs la politique de l'Autorit&#233; palestinienne et du Hamas. Une image plut&#244;t favorable dans les pays occidentaux : en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France, en Italie, en Espagne, etc. Donc il y avait un pr&#233;jug&#233; favorable aux Palestiniens. Et une image tr&#232;s dure de la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne, d'une soci&#233;t&#233; religieuse, d'une soci&#233;t&#233; ferm&#233;e et d'une soci&#233;t&#233; qui menait une guerre d'occupation en Palestine. Donc personne n'avait envie d'aller s'amuser &#224; Tel-Aviv, en dehors des gens qui pouvaient avoir de la famille ou pour une partie de la population mondiale, notamment les Br&#233;siliens, les Colombiens, les Philippins, les Polonais, p&#232;lerins catholiques qui n'allaient pas &#224; Tel-Aviv. Ils allaient plut&#244;t &#224; J&#233;rusalem, &#224; Nazareth et &#224; Bethl&#233;em. Et donc &#224; Bethl&#233;em et &#224; J&#233;rusalem, ils &#233;taient confront&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; de l'occupation. Et il faut dire les choses comme elles sont : un tourisme familial, un tourisme de p&#232;lerins, &#231;a ne rapporte pas beaucoup d'argent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand vous allez dans votre famille, vous ne d&#233;pensez pas beaucoup. Quand vous &#234;tes un p&#232;lerin, vous allez dans des pensionnats de bonnes s&#339;urs, vous mangez des rago&#251;ts, etc. Ce n'est pas des gens qui vont d&#233;penser &#233;norm&#233;ment. Donc il fallait trouver quelque chose &#224; vendre pour Tel-Aviv. Ce qu'a cherch&#233; &#224; vendre Tel-Aviv, c'est d'une certaine mani&#232;re, son &#233;volution li&#233;e &#224; l'hypercapitalisation qui s'est mise en place il y a une vingtaine d'ann&#233;es avec la prise du pouvoir par la droite isra&#233;lienne, par le c&#233;l&#232;bre Benjamin Netanyahou qui est toujours au pouvoir aujourd'hui. Il a men&#233; une privatisation extr&#234;me de l'&#233;conomie. &#192; Tel-Aviv, cette politique est all&#233;e jusqu'&#224; la privatisation des logements qui appartenaient pour beaucoup &#224; la centrale syndicale. C'&#233;tait un syst&#232;me, la Histadrout (la centrale syndicale) inspir&#233; du socialisme &#224; l'europ&#233;enne des ann&#233;es 30, d'inspiration utopique. Le kibboutz, le syndicat, le parti travailliste, &#233;taient li&#233;s pour aller vers une sorte de propri&#233;t&#233; collective. Et donc beaucoup de logements de Tel-Aviv appartenaient au syndicat et donc indirectement les gens &#233;taient locataires du syndicat et tout &#231;a a &#233;t&#233; privatis&#233; dans les ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tel-Aviv et traditions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tel-Aviv domine la sc&#232;ne parce que c'est une ville o&#249; se sont regroup&#233;s tous les nouveaux riches isra&#233;liens. Les nouveaux riches &#231;a veut dire tous les gens qui ces 20 derni&#232;res ann&#233;es ont profit&#233; de la privatisation de l'&#233;conomie isra&#233;lienne, ont profit&#233; du poids de la high-tech et de son d&#233;veloppement acc&#233;l&#233;r&#233; qui est totalement connect&#233; &#224; l'industrie de D&#233;fense. C'est-&#224;-dire que la high-tech isra&#233;lienne est un pur produit de l'industrie de D&#233;fense, un pur produit m&#234;me de Tsahal, l'arm&#233;e isra&#233;lienne. Et cette industrie de la high-tech a cr&#233;&#233; beaucoup de richesses et a happ&#233; toute une partie de la population qui s'est retrouv&#233;e regroup&#233;e &#224; Tel-Aviv. Son d&#233;veloppement a permis l'implantation des laboratoires de recherche de Facebook, de Twitter, de Microsoft, d'Apple, etc. Beaucoup de g&#233;ants du web sont l&#224; et beaucoup de startups accompagnent &#224; la fois l'industrie high-tech et l'industrie de d&#233;fense isra&#233;lienne. Cette dynamique g&#233;n&#233;ra beaucoup d'argent, beaucoup de moyens pour Tel-Aviv qui changea de fonctionnement. &#192; partir de 2010, elle se baptise : &#171; Ville qui ne dort jamais &#187;. C'est un slogan qui pla&#238;t non seulement aux gays, mais d'une certaine mani&#232;re &#224; tous les f&#234;tards. Sauf qu'avant de faire venir les f&#234;tards, il fallait cibler exactement comment les s&#233;duire. Il y a un deuxi&#232;me ph&#233;nom&#232;ne qui est assez propre &#224; Isra&#235;l et que j'ai d&#233;couvert &#224; partir de diff&#233;rents voyages que j'ai faits &#224; partir de 2009/2011 ainsi que ces deux derni&#232;res ann&#233;es pour l'enqu&#234;te que j'ai faite pour ce livre. Est apparue en Isra&#235;l une tr&#232;s grande visibilit&#233; de la communaut&#233; homosexuelle &#224; Tel-Aviv. Et j'ai essay&#233; de comprendre pourquoi il y avait tellement de p&#233;d&#233;s &#224; Tel-Aviv, pour dire les choses comme elles sont. C'est quand m&#234;me invraisemblable, j'allais dans ce pays il y a 20 ans, on ne rencontrait personne si ce n'est dans un parc de Tel-Aviv, de nuit, etc. C'&#233;tait quelque chose de totalement tabou. Il n'y avait ni caf&#233;, ni lieu de rencontre, ni association, ni rien du tout. Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 90. Donc un pass&#233; relativement r&#233;cent alors qu'on a connu des mouvements homosexuels en Europe, et en France en particulier, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 70. Pour comprendre tout &#231;a, il faut remonter un peu en arri&#232;re &#224; David Ben Gourion, aux dirigeants sionistes, &#224; la fondation de l'&#201;tat d'Isra&#235;l. L'id&#233;e des dirigeants sionistes &#233;tait de combattre, d'une certaine mani&#232;re, ce qui faisait l'identit&#233; juive &#224; la fois en Europe centrale et dans le monde arabo-musulman. Les Juifs qui pr&#233;f&#233;raient la pri&#232;re, qui pr&#233;f&#233;raient la religion, qui pr&#233;f&#233;raient chanter, surtout dans le monde arabo-musulman. Qui s'entendaient plut&#244;t bien dans le monde arabo-musulman avec leurs voisins. Il y avait beaucoup de Juifs au Y&#233;men, en Irak, au Maroc et en Alg&#233;rie et &#233;videmment, ils parlaient arabe. C'&#233;tait la langue d'&#233;change, la langue de culture, la langue de la chanson aussi. On chantait en arabe. Les grandes chansons juives de Constantine ou de Bagdad &#233;taient chant&#233;es en arabe. Donc vous aviez cette volont&#233; de la part de dirigeants sionistes de chasser tout cela. De chasser ce qui faisait les racines de la culture juive : le livre, la pri&#232;re, la chanson. Tout pour faire advenir ce que Ben Gourion appelait le nouveau Juif. Et Ben Gourion avait employ&#233; cette expression, extraordinaire pour moi, il avait parl&#233; du &#171; Juif muscl&#233; &#187;. Il fallait donc viriliser le Juif, il fallait le muscler. Et pour cela, il y a eu deux institutions qui sont les institutions centrales d'Isra&#235;l tout au long des ann&#233;es 50 jusqu'aux ann&#233;es 70 et 80 qui sont : d'une part le kibboutz. Cette vie collective, ce travail de la terre, ce mythe sioniste qui disait qu'il fallait faire fleurir le d&#233;sert. Comme si les paysans arabes ne cultivaient pas la terre avant 1948. Et puis &#233;videmment l'arm&#233;e. Les Juifs &#233;taient connus pour &#234;tre peu militaires, ni dans les pays arabes ni dans les pays d'Europe centrale. Et pour cause, ils n'avaient pas le droit d'&#234;tre dans l'arm&#233;e ou quand ils le pouvaient, ils se heurtaient &#224; de nombreuses difficult&#233;s. L'affaire Dreyfus en est un exemple parmi d'autres. Il y a eu des affaires Dreyfus pratiquement dans toute l'Europe &#224; la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Arm&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais, il y a encore trois semaines &#224; J&#233;richo et Bethl&#233;em et &#224; chaque fois, on a beau y &#234;tre all&#233; plusieurs fois et conna&#238;tre, on est accabl&#233; par le harc&#232;lement permanent sur tous les sujets des autorit&#233;s isra&#233;liennes sur la population palestinienne. Et y compris sur la question gay, puisque Isra&#235;l l'utilise de mani&#232;re totalement cynique pour faire honte aux Palestiniens. L'arm&#233;e met en avant son caract&#232;re gay-friendly et sa tol&#233;rance envers les homosexuels. Cette arm&#233;e a donn&#233; des droits aux homosexuels juste apr&#232;s l'arm&#233;e des Pays-Bas. Donc, d&#232;s 1995, l'arm&#233;e isra&#233;lienne reconna&#238;t des droits aux gays. Et en m&#234;me temps, l'arm&#233;e est une arm&#233;e d'occupation. Vous avez des organisations de lobbying qui se sont mont&#233;es aux &#201;tats-Unis, comme StandWithUs, qui invitent toute sorte de personnalit&#233;s isra&#233;liennes &#224; faire des tourn&#233;es dans les facs et dans des endroits o&#249; il y a des jeunes, des cin&#233;mas, etc. Et vous avez une organisation, le Wider Bridge, qui s'est charg&#233; de vendre sp&#233;cifiquement la politique gay isra&#233;lienne &#224; l'opinion publique am&#233;ricaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout r&#233;cemment, c'&#233;tait en avril &#224; Seattle, elle a organis&#233; la tourn&#233;e d'un officier trans de l'arm&#233;e isra&#233;lienne aux &#201;tats-Unis pour dire &#224; quel point l'arm&#233;e est gay-friendly. Cet officier, ce premier officier trans de l'arm&#233;e isra&#233;lienne, sert dans le N&#233;guev. Le N&#233;guev est au sud, l&#224; o&#249; se trouve Beersheva sa principale ville, mais c'est surtout l&#224; que se trouvent les grandes bases militaires et notamment la principale base de l'aviation isra&#233;lienne, celle qui va tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement pilonner Gaza. Cette r&#233;gion abrite aussi de nombreux campements b&#233;douins que l'on appelle les villages ill&#233;gaux. Je ne vais pas rentrer pr&#233;cis&#233;ment dans cette histoire des villages non reconnus, qui dure quand m&#234;me depuis 1948 et qui est une abomination. Tous les mois ou tous les quinze jours, des villages non reconnus, je crois qu'il y en a 47 au total, sont d&#233;molis, bombard&#233;s, chass&#233;s et donc reconstruits. Il y a une unit&#233; de l'arm&#233;e qui est charg&#233;e de ces op&#233;rations dans le cadre du plan N&#233;guev 2020 qui est un plan de relocalisation de ces villages non reconnus, pour d&#233;velopper &#224; la place de nouvelles cit&#233;s. De nouvelles villes o&#249; l'on pourrait loger la population juive puisqu'un des probl&#232;mes d'Isra&#235;l, aujourd'hui, est de pouvoir loger sa population. L'officier trans fait partie de cette unit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pinkwashing&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mot pinkwashing est n&#233; d'un autre mot : greenwashing. Il consiste, pour les entreprises, &#224; se repeindre en vert, &#224; mettre plus de plantes vertes dans les si&#232;ges sociaux, &#224; donner 1 euro par 10 000 euros gagn&#233;s &#224; je ne sais quelle association pour replanter des arbres, etc. Je dis &#231;a de mani&#232;re ironique, car ce n'est jamais des actions de fonds qui vont mettre en cause la r&#233;elle politique de ces groupes-l&#224;. Le pinkwashing, c'est la m&#234;me chose. On va jouer sur un effet d'image. On va jouer sur la visibilit&#233; LGBT que l'on va mettre en avant, alors qu'elle ne correspond pas &#224; la r&#233;alit&#233; de l'homosexualit&#233; en Isra&#235;l. M&#234;me si Tel-Aviv est aujourd'hui une des villes les plus gay-friendly au monde. Qu'est-ce que le concept d'une ville gay-friendly ? C'est une ville qui est capable de se mettre sur un march&#233; qui est celui du tourisme gay. &#199;a fait un peu mal pour moi de le dire, car je suis un vieux militant, mais sociologiquement, dans nos pays occidentaux, la gauche LGBT a en r&#233;alit&#233; pratiquement disparu du paysage, sauf peut-&#234;tre, et c'est ce qui m'a fait un peu plaisir, en Isra&#235;l et en Palestine. Donc aujourd'hui, les p&#233;d&#233;s occidentaux sont pr&#233;occup&#233;s par leurs pouvoirs d'achat, par leurs vacances, par leur statut patrimonial et social plut&#244;t que par le destin des mis&#233;reux et en particulier des mis&#233;reux palestiniens. Non seulement &#231;a ne les int&#233;resse pas, mais en plus d'une certaine mani&#232;re &#231;a les g&#234;ne. Pourquoi beaucoup d'homosexuels isra&#233;liens se sont install&#233;s &#224; Tel-Aviv et pas &#224; J&#233;rusalem, &#224; Ha&#239;fa ou dans les colonies comme une partie de la population isra&#233;lienne ? La raison est simple. L'homophobie en Isra&#235;l est quelque chose de vraiment tr&#232;s fort et tr&#232;s puissant. Aujourd'hui, Isra&#235;l est un des pays les plus homophobes au monde. Si on compare les chiffres de l'homophobie en Isra&#235;l tels qu'ils sont r&#233;v&#233;l&#233;s par les sondages, on est autour de 47% de population qui consid&#232;rent que l'homosexualit&#233; est une maladie, une infection, une &#233;pid&#233;mie. Pour vous donner les chiffres en Occident, on est sur des chiffres qui varient de 4 &#224; 5 % pour les pays les moins homophobes comme l'Espagne, les Pays-Bas, l'Allemagne. &#192; 10 % pour les pays les plus homophobes dans lesquels il faut malheureusement ranger la France. On est &#224; peu pr&#232;s, au m&#234;me niveau, question homophobie, que la Pologne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tel-Aviv n'est pas du tout la seule au monde &#224; faire ce que l'on appelle du pinkwashing, que l'on pourrait traduire en fran&#231;ais repeindre le plafond en rose pour reprendre une expression populaire de notre langage. Beaucoup de pays, beaucoup de villes essayent de se vendre comme des paradis touristiques pour les gays, que ce soit Miami ou Ibiza par exemple pour parler d'une destination plus proche de nous. Et Tel-Aviv, sa caract&#233;ristique, c'est qu'elle a con&#231;ue le pinkwashing comme une op&#233;ration politique pour changer son image.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_41 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/armee_tel_aviv.cleaned.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/armee_tel_aviv.cleaned.jpg?1731403008' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tourisme et marketing gay&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des flux touristiques tr&#232;s importants se rendent en Isra&#235;l aujourd'hui. 35 000 touristes gays se sont rendus &#224; Tel-Aviv pour la Gay Pride en 2016 ne d&#233;pensant en moyenne 1 500 euros par personne. Cela repr&#233;sente des d&#233;penses de 50 millions d'euros. Et des touristes gays se rendent chaque semaine &#224; Tel-Aviv au d&#233;part de Londres, au d&#233;part de Paris, de Berlin, etc. Parce qu'aujourd'hui avec EasyJet vous allez &#224; Tel-Aviv pour 210 euros. C'est n'est pas tr&#232;s compliqu&#233;. Les h&#244;tels sont relativement chers, mais il y a des tas de gens qui n'ont aucun probl&#232;me pour aller claquer mille balles par week-end &#224; Tel-Aviv et qui le font avec grand plaisir. Et c'est &#231;a le deuxi&#232;me grand probl&#232;me qui s'est pos&#233; &#224; moi et que j'ai essay&#233; de comprendre. Isra&#235;l n'est pas seul &#224; faire du marketing en direction des gays, San Francisco le fait, Berlin, Vienne, etc. D'ailleurs, Isra&#235;l a travaill&#233; avec un cabinet sp&#233;cialis&#233; dans le marketing gay qui s'appelle OutNowConsulting, bas&#233; aux Pays-Bas. Celui-ci travaille pour les grandes compagnies comme Lufthansa, Orange, IBM ou les grandes villes comme Copenhague, Vienne ou Berlin. Mais Isra&#235;l est le seul &#224; avoir obtenu non seulement la pr&#233;sence des touristes et les d&#233;penses qui vont avec, mais leur soutien politique. C'est &#231;a qui m'a d&#233;cid&#233; &#224; &#233;crire ce livre. C'est-&#224;-dire qu'il y a 4/5 ans, quand je commen&#231;ais &#224; entendre des relations &#224; Paris qui me disaient : &#171; J'ai pass&#233; 4 jours merveilleux &#224; Tel-Aviv &#187;, souvent des gens de gauche d'ailleurs c'est triste &#224; dire. Et ils ajoutaient : &#171; Tu exag&#232;res avec Isra&#235;l, tu exag&#232;res avec les Palestiniens, c'est pas un pays si terrible, on se marre vachement &#224; Tel-Aviv, c'est une ville sympa &#187;, je voyais bien qu'Isra&#235;l &#233;tait en train d'obtenir un succ&#232;s politique. Cette politique a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e au niveau du gouvernement par Tzipi Livni qui en 2009 &#233;tait ministre des Affaires &#233;trang&#232;res et qui connaissait tr&#232;s bien la r&#233;alit&#233; de l'image du pays, &#233;tant un ancien agent du Mossad, elle avait &#233;t&#233; en poste &#224; Paris et &#224; Londres. Elle a nomm&#233; &#224; la t&#234;te d'une cellule qu'elle a cr&#233;&#233;e en 2009, &#171; Brand Isra&#235;l &#187; (la marque Isra&#235;l), un diplomate isra&#233;lien qui avait &#233;t&#233; en poste &#224; New York et Los Angeles. Ils ont travaill&#233; sur l'id&#233;e de cr&#233;er une narration nouvelle, de changer le r&#233;cit sur Isra&#235;l, avec des conf&#233;rences, des d&#233;bats, des concours de grandes agences internationales de publicit&#233; comme Saatchi&amp;Saatchi, etc. C'est donc un processus construit, et par cons&#233;quent co&#251;teux. Mais, il faut reconna&#238;tre que du point de vue de retour sur investissement, c'est un &#233;norme succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le chantage gay, technique militaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne va pas peindre le plafond en rose, on ne va pas faire comme le gouvernement isra&#233;lien. Il est incontestable qu'il y a de l'homophobie dans la soci&#233;t&#233; palestinienne. C'est une soci&#233;t&#233; patriarcale, ferm&#233;e, traditionnelle, conservatrice. Mais il faut dire aussi la v&#233;rit&#233;. Isra&#235;l contribue tr&#232;s largement &#224; entretenir cette homophobie. Pourquoi ? Lorsque vous &#234;tes un gay ou une lesbienne palestiniens, ou une personne trans, vous ne pouvez pas sortir de Gaza, vous &#234;tes dans une prison. Vous pouvez tr&#232;s difficilement circuler &#224; l'int&#233;rieur des Territoires occup&#233;s. Et quand vous avez recours &#224; tous les instruments modernes de communication, qui permettent, via des r&#233;seaux, de faire des rencontres, vous pouvez vous faire rep&#233;rer par l'arm&#233;e isra&#233;lienne. D&#233;nonciation et chantage. En 2014, des militaires, 43 pour &#234;tre tr&#232;s pr&#233;cis, de l'unit&#233; 8200, ont publi&#233;s un appel dans un journal isra&#233;lien de droite, repris par The Guardian et qui disait : &#171; Nous, soldats r&#233;servistes de l'unit&#233; 8200 sommes oblig&#233;s d'espionner la soci&#233;t&#233; civile palestinienne et donc nous sommes d&#233;tourn&#233;s de notre mission qui est de pr&#233;venir le terrorisme &#187;. Et rep&#233;rer la soci&#233;t&#233; civile palestinienne, cela veut dire quoi ? &#199;a veut dire rep&#233;rer les homosexuels, rep&#233;rer les alcooliques, rep&#233;rer les femmes et les hommes adult&#232;res, rep&#233;rer des personnes qui ont des probl&#232;mes de sant&#233;, des graves probl&#232;mes et qui ont besoin d'argent pour avoir des traitements, etc. Ces gens-l&#224; seront soumis au chantage. L'arm&#233;e isra&#233;lienne a soumis au chantage des dizaines d'homosexuels palestiniens et en a fait des collabos. C'est terrible, parce que s'ils sont rep&#233;r&#233;s, ils sont tu&#233;s. Et s'ils refusent d'&#234;tre collabos, ils sont d&#233;nonc&#233;s &#224; la police palestinienne et &#224; leur famille, et leur destin est assez sombre. Tout en s'affirmant gay-friendly, tout en proclamant que c'est vraiment un pays formidable pour les gays, Isra&#235;l contribue tr&#232;s largement &#224; l'enfermement, &#224; l'oppression et a la r&#233;pression que subissent aujourd'hui les gays palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Visibilit&#233; de la communaut&#233; gay&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et donc moi, pendant treize ans, entre 1996 et 2009, je n'ai pas voulu retourner en Isra&#235;l et en Palestine. Je me disais que l'on n'arriverait pas &#224; faire changer les choses. En 2009, j'&#233;tais prof de journalisme, j'ai mont&#233; un voyage scolaire avec des &#233;tudiants. Comme j'ai de la famille &#224; Tel-Aviv, j'y suis parti quelques jours avant. On &#233;tait en train de d&#238;ner lorsque nous sommes pr&#233;venus par SMS qu'il venait d'y avoir un attentat au centre des jeunes gays de Bar Noar. Il y a avait des morts, des bless&#233;s, etc. &#201;videmment, j'y suis all&#233;. Tel-Aviv est un gros village pour ceux qui la connaisse, et j'ai assist&#233; absolument stup&#233;fait, &#224; un ph&#233;nom&#232;ne majeur, c'est-&#224;-dire une visibilit&#233; d'une communaut&#233; homosexuelle tr&#232;s puissante. Il y avait des milliers de personnes ce soir-l&#224;, &#224; deux heures du matin. Le lendemain, j'ai vu d&#233;filer tous les politiciens de la droite isra&#233;lienne, &#224; commencer par Netanyahou qui venait de redevenir Premier ministre, Tzipi Livni qui &#233;tait ministre des Affaires &#233;trang&#232;res et quelques autres qui venaient verser une larme de crocodile sur le sort des gays isra&#233;liens. L&#224;, je me suis demand&#233; ce qui &#233;tait en train de se passer. D'autant que quand Netanyahou est venu, il y avait quand m&#234;me plusieurs milliers de personnes et il a &#233;t&#233; applaudi, la c&#233;r&#233;monie s'achevant par le chant de l'hymne sioniste. Et je me suis dit que l'on &#233;tait en train de vivre une grande confusion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe, en m&#234;me temps, un ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;sespoir qui traverse toute la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne. C'est-&#224;-dire, qu'il y a eu un camp de la paix puissant. Il y a eu le Mouvement pour la paix, il y a eu les Femmes en noir, il y a eu des groupes gays extr&#234;mement radicaux, dont un groupe qui s'appelait Black Laundry. Ce groupe, constitu&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2000, &#233;tait un groupe &#224; la ActUp qui menait des actions directes et faisait des manifestations violentes dans le langage, dans l'expression. Ils d&#233;filaient nus, ils &#233;crivaient des mots en arabe sur leurs corps et avaient des slogans radicaux. Bref, Black Laundry avait nourri une vraie radicalit&#233; de la communaut&#233; LGBT isra&#233;lienne qui a disparu dans son expression publique aujourd'hui. Et c'est vrai que beaucoup de ces gens sont partis &#224; Berlin, &#224; Londres, New York pour essayer d'inventer une nouvelle vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une grande difficult&#233; pour Isra&#235;l, un tabou dans cette soci&#233;t&#233;, parce qu'elle est en train de perdre, au-del&#224; d'une partie de ses artistes qui sont aujourd'hui pourchass&#233;s et harcel&#233;s, au-del&#224; des plus radicaux LGBT, au-del&#224; des gays, des lesbiennes et des trans qui partent effectivement beaucoup &#224; Berlin, une partie de la jeunesse. J'ai rencontr&#233; ici, &#224; Paris, beaucoup d'enfants d'Isra&#233;liens. J'en ai rencontr&#233; &#224; Seattle, aux &#201;tats-Unis, qui disent : &#171; On ne peut plus vivre en Isra&#235;l parce que ce pays est trop insupportable &#187;. C'est le degr&#233; z&#233;ro de la politique, mais en m&#234;me temps &#231;a donne une tendance qui pour le gouvernement isra&#233;lien est tr&#232;s inqui&#233;tante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Semaine gay Tel Aviv et boycott&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu la semaine gay &#224; Tel-Aviv d&#233;but juin 2017. Comme tous les ans, il y a &#233;norm&#233;ment d'&#233;v&#232;nements, des colloques &#224; l'universit&#233;, la pr&#233;sence des partis, la marche pendant le week-end, toutes sortes de bars, de quinzaines commerciales, etc. Mais il y a aussi, &#224; la cin&#233;math&#232;que de Tel-Aviv, qui est comme souvent pour les cin&#233;math&#232;ques, un bastion de la gauche, et m&#234;me de la gauche la&#239;que pour Tel-Aviv, le festival de cin&#233;ma gay et lesbien. Et cette ann&#233;e, pour la premi&#232;re fois, cinq cin&#233;astes ont refus&#233; de venir. Quatre cin&#233;astes et un membre du jury ont refus&#233; de venir. Tr&#232;s symboliquement, le cin&#233;aste dont le film avait &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233; pour l'ouverture est sud-africain et s'appelle John Trengrove. Il a r&#233;alis&#233; un film excellent, Les initi&#233;s qui est sorti en France dans le courant du mois d'avril. Ce r&#233;alisateur a refus&#233; que son film soit diffus&#233; et a refus&#233; de se rendre &#224; Tel-Aviv.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est int&#233;ressant parce qu'on voit bien que la question du boycott, et notamment du boycott culturel est une obsession du gouvernement isra&#233;lien. Il existe m&#234;me, en Isra&#235;l, une loi anti-boycott et des artistes sont poursuivis au nom de cette loi. Que des artistes internationaux s'engagent, c'est important, int&#233;ressant, d'autant plus quand ils sont gays et lesbiens et qu'ils arr&#234;tent de cautionner et d&#233;noncent cette op&#233;ration de pinkwashing.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/51smtbn4avl.cleaned.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/51smtbn4avl.cleaned.jpg?1731403004' width='500' height='732' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>GendNotes ou le discret retour du fichage homosexuel en France</title>
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		<dc:date>2020-03-28T19:26:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>TrouNoir</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Fichage</dc:subject>
		<dc:subject>Police</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quelle est cette application qui permettra aux gendarmes de ficher sur l'orientation sexuelle et d'autres informations sensibles ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/-TROIS-" rel="directory"&gt;TROIS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/+-Actualite-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://trounoir.org/+-Police-+" rel="tag"&gt;Police&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/arton27.jpg?1731403047' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 20 f&#233;vrier 2020 est bien discr&#232;tement entr&#233; en application un d&#233;cret, adopt&#233; par le Premier ministre &#201;douard Philippe et le ministre de l'Int&#233;rieur Christophe Castaner, qui a tout pour susciter de grandes interrogations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, celui-ci annonce la cr&#233;ation d'une &#171; application mobile de prises de notes &#187; pour les gendarmes et les militaires appel&#233;e GendNotes. Celle-ci, toujours selon le d&#233;cret, vise &#224; d&#233;mat&#233;rialiser les notes prises auparavant sur papier, &#171; collect&#233;es par les militaires de la gendarmerie nationale &#224; l'occasion d'actions de pr&#233;vention, d'investigations ou d'interventions n&#233;cessaires &#224; l'exercice des missions de polices judiciaires ou administratives &#187;. &#192; moins de ne simplement pas aimer la Gendarmerie, il n'y a jusqu'ici rien de particuli&#232;rement nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant lorsque nous arrivons sur son article 2, une certaine frayeur nous envahit. En effet, nous pouvons y lire la mention de l'existence d'une &#171; zone de commentaire libre &#187; o&#249; pourront &#234;tre enregistr&#233;es des &#171; donn&#233;es &#224; caract&#232;re personnel &#187;. Et quelles sont-elles ? Ce sont celles &#171; relatives &#224; la pr&#233;tendue origine raciale ou ethnique, aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, &#224; l'appartenance syndicale, &#224; la sant&#233; ou &#224; la vie sexuelle ou l'orientation sexuelle &#187;. Bien. Mais le d&#233;cret de pr&#233;ciser : &#171; Ne peuvent &#234;tre enregistr&#233;es dans les zones de commentaires libres que les donn&#233;es et informations strictement n&#233;cessaires, ad&#233;quates et non excessives au regard des finalit&#233;s poursuivies &#187;. Ainsi, les donn&#233;es ne peuvent &#171; faire l'objet d'un pr&#233;-renseignement &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elles ne pourront &#234;tre collect&#233;es, selon le d&#233;cret, que si elles sont n&#233;cessaires pour l'affaire en cours, et non pr&#233;ventivement. Sans pr&#233;ciser plus sur la nature de cette n&#233;cessit&#233;, et donc laiss&#233; &#224; la libre appr&#233;ciation du gendarme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/000000070879.jpg?1731402988' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes bien l&#224; face &#224; un nouveau dispositif de fichage. Nous serions presque blas&#233;s par cette nouvelle &#233;tape dans la mise en fichier de la population qui s'est consid&#233;rablement acc&#233;l&#233;r&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es en France. En effet, comment ne pas penser, pour prendre un des exemples les plus frappants, au kafka&#239;en fichage S (S comme &#171; s&#251;ret&#233; d'&#201;tat &#187;), aliment&#233; entre autres par la DGSI (Direction G&#233;n&#233;rale de la S&#233;curit&#233; Int&#233;rieure) et qui sans contr&#244;le (car elles ne sont m&#234;me pas vraiment accessibles dans leur totalit&#233;), et simplement sur la base d'une suspicion, et donc sans aucun lien avec une quelconque d&#233;cision de justice, fiche de nombreux militants politiques de gauche, et cela en affectant profond&#233;ment leur vie (difficult&#233;s &#224; voyager &#224; l'&#233;tranger, licenciement de l'&#233;ducation nationale, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le d&#233;cret pr&#233;cise le caract&#232;re strictement n&#233;cessaire de cette r&#233;colte de donn&#233;es. Mais comment faire confiance &#224; un gendarme, seul amen&#233; &#224; d&#233;cider de ce qu'il pourra &#233;crire et accoler au nom d'une personne, alors que nous savons bien que la pratique polici&#232;re n'est jamais vraiment en accord avec la l&#233;galit&#233;, mais bien plut&#244;t que la loi cherche en permanence &#224; s'adapter aux pratiques. Aussi derri&#232;re la pr&#233;tendue objectivit&#233; des mots comme &#171; appartenance syndicale &#187;, &#171; opinions religieuses &#187; ou &#171; &#224; la pr&#233;tendue origine raciale ou ethnique &#187;, comment ne pas entendre ce qui sera r&#233;ellement not&#233; ? En effet &#224; quel moment s'agira-t-il pour un gendarme de noter &lt;i&gt;membre d'Alliance&lt;/i&gt; (syndicat policier), &lt;i&gt;blanc&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;h&#233;t&#233;rosexuel&lt;/i&gt;, mais non plut&#244;t &lt;i&gt;CGT&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;musulman &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;arabe &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc l&#224; a priori rien de bien nouveau, dans la r&#233;cente escalade du fichage en France, &#224; part peut-&#234;tre ce d&#233;tail qui n'en est pas vraiment un. En effet, dans le d&#233;cret est fait mention de l'orientation sexuelle, comme donn&#233;e susceptible d'&#234;tre r&#233;colt&#233;e. On pensait cela d&#233;finitivement termin&#233; en France, mais GendNotes r&#233;introduit d'une mani&#232;re discr&#232;te l'homosexualit&#233; comme &#233;l&#233;ment de fichage (car je peux vous assurer que personne ne sera fich&#233; en tant qu'h&#233;t&#233;rosexuel). Il est aussi fait mention de la &#171; vie sexuelle &#187;, mention floue en tout point. S'agira-t-il de pr&#233;ciser que le ou la fich&#233;e aime se faire pincer les t&#233;tons, ou prend du plaisir dans la pratique de la fess&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cret pr&#233;cise que ces donn&#233;es seront parfaitement consultables par le maire de la ville, le pr&#233;fet, ou m&#234;me les autorit&#233;s judiciaires (toujours si cela est strictement n&#233;cessaire, mais sans jamais pr&#233;ciser en quoi consiste cette n&#233;cessit&#233;). Le maire d'une ville pourra s'enqu&#233;rir de la sexualit&#233; de ses habitants, les autorit&#233;s judiciaires, idem. Comment ne pas voir l'implication que cela pourra avoir par exemple dans la chasse contre la sexualit&#233; en plein air, ou &lt;i&gt;cruising&lt;/i&gt;, majoritairement pratiqu&#233;e par des homosexuels, assum&#233;s ou non, et que maires, pr&#233;fets et policiers aimeraient tant voir dispara&#238;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fichage des homosexuels est une vraie tradition fran&#231;aise. Contrairement &#224; la plupart des l&#233;gislations occidentales, la France n'a plus fait mention du crime de sodomie dans le Code p&#233;nal depuis la R&#233;volution fran&#231;aise. Ainsi deux homosexuels adultes et consentants ne peuvent &#234;tre inculp&#233;s pour ce motif. En revanche, et cela et moins connu, l'&#201;tat va ficher syst&#233;matiquement les homosexuels au moins depuis la Monarchie de juillet au milieu du XIXe si&#232;cle. On sait que cela a pu &#234;tre utilis&#233; comme outil de chantage. Les homosexuels &#233;taient harcel&#233;s sous d'autres motifs, comme l'outrage aux m&#339;urs. Quand Mitterrand arrive au pouvoir en 1981, la grande histoire des progr&#232;s pour les droits LGBT retient l'abaissement de l'&#226;ge de maturit&#233; sexuelle des homosexuels au m&#234;me niveau que celui des h&#233;t&#233;rosexuels, enlevant toute discrimination l&#233;gale selon l'orientation sexuelle. Mais une autre de ses d&#233;cisions, beaucoup moins connue, sera d'arr&#234;ter pour de bon le fichage syst&#233;matique des homosexuels, rompant de ce fait avec cette tradition fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi voici une nouvelle frasque assez inqui&#233;tante et inattendue de l'actuelle d&#233;rive polici&#232;re de l'&#201;tat fran&#231;ais, et qui renoue avec le fichage de tous les &#171; d&#233;viants &#187; sexuels, ce qui n'avait plus lieu d'&#234;tre depuis 1981.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des &#201;tats-Unis &#224; la France : trajectoires du concept de genre</title>
		<link>https://trounoir.org/Des-Etats-Unis-a-la-France-trajectoires-du-concept-de-genre</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>diva</dc:creator>


		<dc:subject>Analyse</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Genre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le genre est un concept voyageur qui a sa propre histoire. Intervention de Anne Emmanuelle Berger.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/-TROIS-" rel="directory"&gt;TROIS&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/arton28.png?1731403047' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le collectif de femmes de la Maison de la Gr&#232;ve de Rennes organisait en septembre dernier un cycle intitul&#233; : &#171; &lt;a href=&#034;https://maisondelagreve.org/spip.php?article120&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Penser la diff&#233;rence. Tisser les fils d'une politique des femmes&lt;/a&gt; &#187;. Anne Emmanuelle Berger, sp&#233;cialiste fran&#231;aise des &#233;tudes de genre et directrice du Laboratoire d'&#233;tudes de genre et de sexualit&#233;, y &#233;tait invit&#233;e pour aborder les notions de visibilit&#233;, d'identit&#233;s et de pouvoir &#224; travers son ouvrage Le Grand Th&#233;&#226;tre du Genre. Identit&#233;s, sexualit&#233;s et f&#233;minisme en Am&#233;rique paru aux &#233;ditions Belin en 2013. Pr&#233;sentes lors de cette intervention, nous avons transcrit l'intervention d'Anne Emmanuelle Berger fondamentale &#224; nos yeux pour comprendre l'&#233;volution des concepts tels que : f&#233;minisme, f&#233;minit&#233;, th&#233;ories du genre, phallocentrisme, th&#233;orie queer, etc. Transversaux aux mondes universitaires et militants, ces concepts sont abord&#233;s suivant les apports multiples de champs tels que la m&#233;decine, la psychanalyse, l'anthropologie. En outre, le regard que Mme Berger porte sur le mouvement de lib&#233;ration de la parole des femmes ME TOO lors des &#233;changes avec la salle vient &#233;clairer une situation parfois confuse en mettant &#224; profit la richesse politique que contient sa d&#233;monstration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Transcription de l'intervention d'Anne Emmanuelle Berger du 14 septembre 2019 lors du cycle de la Maison de la Gr&#232;ve &#034;Penser la diff&#233;rence. Tisser les fils d'une politique des femmes&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ouverture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ALICE&lt;/strong&gt; : Pour vous pr&#233;senter, Anne Emmanuelle Berger, vous entamez votre carri&#232;re universitaire en France comme professeure de litt&#233;rature. Vous partez aux &#201;tats-Unis et y d&#233;couvrez l'influence de la pens&#233;e dite fran&#231;aise dans les universit&#233;s am&#233;ricaines jusqu'&#224; son tournant queer. De retour en France, vous assistez &#224; l'arriv&#233;e du queer. Vous &#234;tes directrice du LEGS, Laboratoire d'&#201;tude de Genre et des Sexualit&#233;s en lien avec le CNRS, Paris 8 et Nanterre. Malgr&#233; l'influence de ce que l'on appelle la pens&#233;e fran&#231;aise, il existe en France, un retard de l&#233;gitimation de ce champ d'&#233;tudes, le champ des &#233;tudes de genre. Vous dites bien que c'est un champ d'&#233;tudes et pas une discipline. C'est interdisciplinaire. C'est seulement en 2014 que le LEGS est cr&#233;&#233; en France. C'est le seul laboratoire qui lie explicitement genre et sexualit&#233;. Ce que l'on peut lire sur le site du LEGS, c'est que la question des constructions genr&#233;es et des rapports de sexe concerne d'une mani&#232;re ou d'une autre l'ensemble des pratiques sociales et symboliques, publiques et priv&#233;es, collectives et individuelles. Ce qui requiert donc de la collaboration de savoirs et d'approches multiples. Nous avons retenu de vos travaux qu'il n'y a pas une seule th&#233;orie du genre, il y a des th&#233;ories du genre. On en parlera toujours au pluriel dans un esprit de restitution &#233;quitable. L'histoire du d&#233;veloppement des th&#233;ories du genre montre le contraire d'une unicit&#233;. D'une certaine fa&#231;on, c'est aussi ce qui fait leur complexit&#233;. Nous l'avons constat&#233; en s'y penchant dessus. Mais aussi, c'est ce qui pourrait le prot&#233;ger d'un certain dogmatisme. Ce qui nous int&#233;resse, ce sont les ponts que vous construisez avec des points qui paraissent de loin disjoints. On a l'impression que c'est une fa&#231;on de se positionner qui se rapprocherait de la figure de la tisseuse dont parle Isabelle Stengers en parlant de Donna Haraway. Je vais juste faire une petite citation qui nous faisait penser &#224; vous : &#171; avec la figure du&lt;i&gt; cat's cradel&lt;/i&gt;, le jeu de la ficelle, Haraway appelle ses coll&#232;gues &#224; ne pas confondre lutte et guerre de position ou de tranch&#233;es, mais &#224; pratiquer l'aguet : la reprise transformative de ses motifs, sans r&#234;ver de dernier mot. Le geste de reprise n'est pas autoris&#233; par ce qui le reprend, mais parce qu'il est redevable &#187;. C'est dans cet attachement &#224; l'articulation que l'on a sans doute trouv&#233; des r&#233;ponses a nos tergiversations, c'est-&#224;-dire comment peut-on partir du fait d'&#234;tre femme sans s'y enfermer ? Avec vous, ce que l'on a envie d'explorer, c'est de comprendre dans quel bain de pens&#233;es on a &#233;volu&#233;. On a l'impression que l'on pourrait faire une sorte de sch&#233;ma caricatural pour expliquer dans quoi on baignait avant de s'y pencher s&#233;rieusement, on pourrait dire qu'il y avait une approche sociologique de la question port&#233;e par les &#233;tudes de genre marqu&#233; par la sociologie qui analyserait les rapports sous le prisme de la domination. Un autre point vu &#233;tait l'approche institutionnelle, le f&#233;minisme d'&#201;tat, la parit&#233;, et qui nous semblait directement issu des luttes des ann&#233;es 70. Enfin, plus r&#233;cemment, la pens&#233;e queer qui joue sur les identit&#233;s sexuelles pour mieux les abolir. Et donc pour nous, partir de la question d'&#234;tre des femmes &#233;tait un peu min&#233; dans ces sch&#233;mas-l&#224;. On s'est vite aper&#231;u que tout &#231;a est plus complexe, on l'a vu avec le cycle queer &#224; l'automne dernier, on l'a vu avant-hier avec ce que l'on peut garder comme h&#233;ritage des ann&#233;es 70 et on veut le voir avec vous ce matin concernant les &#233;tudes de genre. C'est dans l'axe franco-am&#233;ricain que les &#233;changes ont &#233;t&#233; les plus vifs et les plus int&#233;ressants. On per&#231;oit la richesse de ce champ-l&#224; avec l'apport de la sociologie, de l'histoire, de la psychanalyse, de la litt&#233;rature et de la philosophie.&lt;br class='autobr' /&gt;
On va revenir sur deux points qui nous paraissent donner des cl&#233;s de lecture &#224; notre question : dans quel bain de pens&#233;es on se trouve, quand on veut partir de la question d'&#234;tre femme ? C'est l'histoire du genre et le lien entre sexualit&#233;, psychanalyse et f&#233;minisme. Donc on va commencer avec l'histoire des &#233;tudes de genre, ce que se doivent entre eux, le f&#233;minisme, les th&#233;ories du genre et la th&#233;orie queer. Pouvez-vous nous parler de cette histoire jusqu'&#224; son tournant queer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANNE-EMANUELLE BERGER&lt;/strong&gt; : Je veux d'abord vous remercier de m'avoir invit&#233;e. Je suis tr&#232;s heureuse d'&#234;tre ici, &#224; l'invitation de Blanche et d'Alice et puis &#224; la Maison de la Gr&#232;ve que je ne connaissais pas, mon ignorance t&#233;moignant du foss&#233; bien fran&#231;ais qui s&#233;pare encore Paris et la province ou les provinces. Mais je veux dire d'abord que je suis tr&#232;s admirative du travail que vous faites. Je suis frapp&#233;e par l'extr&#234;me s&#233;rieux avec lequel vous vous engagez dans ces questions qui sont effectivement immenses, et puis aussi par votre grande ouverture d'esprit. Et je rejoins Isabelle Stengers (m&#234;me si mes positions, mes objets, ou mes pr&#233;f&#233;rences ne sont pas n&#233;cessairement les m&#234;mes que les siennes) lorsqu'elle dit qu'il faut se m&#233;fier de tous les conformismes, y compris des conformismes &#171; alternatifs &#187;, et qu'il faut r&#233;sister aux d&#233;finitions fig&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ces mots, je vais tenter de r&#233;pondre &#224; vos questions dans la mesure de mes capacit&#233;s, et, bien entendu, si le langage que j'emploie n'est pas clair pour vous , n'h&#233;sitez pas &#224; m'interrompre &#224; tout instant. &#199;a, c'est ce que l'on fait aussi quand on est prof, ce qui est mon m&#233;tier. &#199;a ne me d&#233;range pas d'&#234;tre interrompue, de r&#233;p&#233;ter, de dire autrement et de reprendre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une histoire des &#233;tudes de genre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je commence. En ce qui concerne l'histoire des &#233;tudes de genre et des th&#233;ories (au pluriel) du genre, la distinction ou plut&#244;t la disjonction &#8212; je distingue entre distinction et disjonction &#8212; &#233;pist&#233;mologique et m&#233;thodologique entre sexe et genre a d'abord &#233;t&#233; propos&#233;e dans les ann&#233;es 1950 par des m&#233;decins travaillant sur le probl&#232;me de ce que l'on appelait alors l'hermaphrodisme et qu'on appelle aujourd'hui l'intersexualisme. L'un des premiers &#224; formuler et th&#233;oriser cette disjonction, John Money, &#233;tait un p&#233;diatre endocrinologue sp&#233;cialis&#233; dans la question de l'hermaphrodisme et du pseudo-hermaphrodisme. On distingue, dans le milieu m&#233;dical, les formes d'hermaphrodisme caract&#233;ris&#233;es d'autres formes de confusion biologique des marqueurs de sexe que l'on appelle pseudo-hermaphrodisme. Mais sur le plan social et symbolique, cela revient au m&#234;me. John Money s'int&#233;ressait au d&#233;veloppement physiologique et psycho-sexuel d'individus dits hermaphrodites qui pr&#233;sentaient donc un trouble de l'alignement entre sexe gonadique, sexe chromosomique, sexe hormonal et sexe anatomique, tous ces &#233;l&#233;ments rentrant en compte dans la d&#233;finition biologique du sexe m&#226;le ou femelle. Quelques ann&#233;es plus tard, c'est Robert Stoller, m&#233;decin et psychanalyste, qui reprendra la distinction entre sexe et genre pour essayer de penser et de traiter un autre ph&#233;nom&#232;ne de trouble de l'identit&#233; sexuelle, le transsexualisme. Vous le savez peut-&#234;tre, la notion m&#234;me de transsexualisme date du milieu du XXe si&#232;cle. Elle a accompagn&#233; les premiers essais de traitements chirurgicaux de ce que l'on appelait alors les dysphories de l'identit&#233; sexuelle. En fran&#231;ais, le mot &#171; transsexualisme &#187; est attest&#233; &#224; partir des ann&#233;es 1960 ; il est donc assez r&#233;cent. C'est un mot qui nous vient bel et bien des &#201;tats-Unis, comme, il faut le dire, une grande partie du lexique touchant &#224; la sexualit&#233; et au genre au XXe si&#232;cle. Au d&#233;part, quand on parle de transsexualisme, ce que l'on d&#233;signe, et ce qui int&#233;resse Robert Stoller d'un point de vue psychanalytique, c'est le transsexualisme &lt;i&gt;Male to Female&lt;/i&gt;, et non le transsexualisme &lt;i&gt;Female to Male&lt;/i&gt;, qui n'est gu&#232;re observ&#233; &#224; cette &#233;poque, alors qu'il semble dominer aujourd'hui, en Occident. C'est dire aussi &#224; quel point les questions touchant &#224; la sexualit&#233; et aux identit&#233;s dites sexuelles sont contingentes, et fortement situ&#233;es, pour reprendre un terme qui a circul&#233; hier. C'est-&#224;-dire qu'elles d&#233;pendent pour une bonne part de contextes historiques, culturels et politiques sp&#233;cifiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le ph&#233;nom&#232;ne de l'intersexualisme met en &#233;chec la cat&#233;gorisation binaire des sexes qui est cens&#233;e fonder &#224; la fois physiologiquement et sociologiquement la partition homme-femme. Le genre de l'individu intersexuel ne peut en effet &#234;tre d&#233;duit de ses seules caract&#233;ristiques sexuelles. C'est ce qui a fait dire &#224; la biologiste f&#233;ministe am&#233;ricaine Anne Fausto-Sterling, de fa&#231;on d&#233;lib&#233;r&#233;ment provocatrice, qu'il n'y a pas deux sexes, ni m&#234;me trois, mais cinq, puisqu'il y a sur le plan biologique et clinique diff&#233;rentes formes d'intersexualisme, donc diff&#233;rentes formules de composition sexuelle d'un individu intersexuel. Le transsexualisme quant &#224; lui, d&#233;signe, vous le savez, la disjonction entre le sexe de naissance, c'est-&#224;-dire plus pr&#233;cis&#233;ment le sexe reconnu ou assign&#233; &#224; la naissance, et le genre revendiqu&#233; par le sujet transsexuel. Intersexualisme et transsexualisme mettent donc en question la co&#239;ncidence naturelle entre sexe et genre. Comme vous le savez peut-&#234;tre, le mot &#171; nature &#187; vient du verbe latin &lt;i&gt;nascior, natus sum&lt;/i&gt;, qui veut dire na&#238;tre ou &#234;tre n&#233;. La nature, c'est, litt&#233;ralement, ce qui est donn&#233; avec et par la naissance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Disjonction sexe/genre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Intersexualisme et transsexualisme mettent en question la co&#239;ncidence naturelle, la co&#239;ncidence native ou d'origine, entre sexe et genre. L'un et l'autre obligent donc &#224; penser non seulement la distinction entre sexe et genre, mais bien leur disjonction. Alors, certes, on peut dire que nous avons affaire ici &#224; des anomalies ou des pathologies de la division sexuelle, statistiquement n&#233;gligeables, mais on peut aussi, comme le fait toujours la science, partir de ces exceptions apparentes &#224; la r&#232;gle commune pour commencer &#224; r&#233;fl&#233;chir sur l'&#233;nonc&#233; de cette r&#232;gle, sur les modalit&#233;s et les effets de son &#233;tablissement ou de sa formulation. C'est bien ce qu'ont tent&#233; de faire un certain nombre de penseuses et penseurs travaillant dans le champ des &#233;tudes de genre aujourd'hui. Mais d&#232;s les premi&#232;res formes de th&#233;orisation de la disjonction entre sexe et genre, il y a eu divergence entre ses promoteurs. Money et Stoller, dont je vous parlais &#224; l'instant, s'accordent pour ne pas opposer nature et culture. En anglais on dit plut&#244;t : &lt;i&gt;nature and nurture&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Nurture&lt;/i&gt; d&#233;signe le fait d'&#233;lever en nourrissant, et implique donc un processus de socialisation. En s'accordant pour ne pas opposer nature et culture, autrement dit biologie et psychosociologie, Money et Stoller cherchent &#224; montrer comment les unes et les autres interagissent et influent l'une sur l'autre de telle mani&#232;re qu'elles deviennent inextricables. La pens&#233;e f&#233;ministe s'est longtemps m&#233;fi&#233;e de cette interaction, mettant au contraire l'accent sur la rupture &#233;pist&#233;mologique radicale entre nature et culture. Mais on revient aujourd'hui &#224; une formulation moins oppositionnelle, moins disjonctive du rapport entre nature et culture. Cependant, leurs conceptions du genre et leur fa&#231;on de th&#233;oriser la disjonction sexe/genre diff&#232;rent nettement. Money consid&#233;rait le genre non pas comme une disposition inn&#233;e, mais comme un r&#244;le social jou&#233; par le sujet, un comportement r&#233;gl&#233; selon une partition apprise, identifiable et reproductible. D'o&#249; ses tentatives de r&#233;gler le probl&#232;me des intersexes par la r&#233;assignation de sexe et par la socialisation d&#233;lib&#233;r&#233;e dans un genre et un seul. Pour Money, la notion de r&#244;le pr&#233;c&#232;de ainsi &#233;pist&#233;mologiquement la notion d'identit&#233;. L&#224;, o&#249; nous avons tendance &#224; penser de fa&#231;on spontan&#233;e l'identit&#233; comme ayant avoir avec les caract&#233;ristiques intrins&#232;ques d'un.e individu.e, la notion de r&#244;le implique l'interaction avec autrui et sugg&#232;re la pr&#233;s&#233;ance du social, en l'occurrence de la personne publique et de l'affichage public sur l'int&#233;riorit&#233; psychique. Money d&#233;finit le genre ainsi : &#171; &lt;i&gt;Tout ce que l'on dit ou fait&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;manifester&lt;/i&gt; son statut de gar&#231;on ou d'homme, de fille ou de femme &#187;. On peut rattacher la perspective de Money &#224; certains courants fondamentaux de la sociologie &#233;tats-unienne du XXe si&#232;cle. Vous avez peut-&#234;tre entendu parler du sociologue Ralph Linton. Il est le promoteur de ce que l'on a appel&#233; la &lt;i&gt;role theory&lt;/i&gt;. La th&#233;orie des r&#244;les invite d&#232;s les ann&#233;es 1930 &#224; penser les rapports sociaux comme des r&#244;les. La &lt;i&gt;role theory&lt;/i&gt; insiste comme son nom l'indique sur l'id&#233;e que nous jouons tous.tes des r&#244;les en soci&#233;t&#233;, au double sens qu'a le terme. Au Moyen-&#226;ge, le mot &#171; r&#244;le &#187; d&#233;signe d&#233;j&#224; une fonction propre &#224; une personne dans la soci&#233;t&#233;, mais c'est d'abord un rouleau, un&lt;i&gt; roll&lt;/i&gt;. C'est &#231;a, au d&#233;but, un r&#244;le, c'est un rouleau qui &#233;tait d&#233;pli&#233; par les crieurs publics sur la place des villes et des villages et sur lesquels &#233;taient &#233;crits les &#233;dits du roi ou des pouvoirs locaux ; &#233;dits que les crieurs proclamaient pour les porter &#224; la connaissance du public. Ce rouleau imprim&#233; devient ensuite une partition, un texte confi&#233; &#224; et appris par un acteur de th&#233;&#226;tre. Le genre, dans cette perspective, d&#233;signe ainsi l'ensemble des r&#244;les que nous jouons, c'est-&#224;-dire que nous sommes amen&#233;.e.s &#224; apprendre et &#224; jouer publiquement en tant qu'hommes ou femmes, ou plus exactement pour &#233;tablir notre statut d'hommes ou de femmes. Toute la sociologie &#233;tats-unienne du XXe si&#232;cle s'inscrit dans le sillage de la &lt;i&gt;role theory&lt;/i&gt;, contrairement &#224; la sociologie europ&#233;enne qui est plut&#244;t une sociologie des classes ou des organisations, donc une sociologie des groupes. La sociologie &#233;tats-unienne et en particulier la sociologie dite de l'interaction sociale qui est la principale &#233;cole de sociologie am&#233;ricaine au XXe si&#232;cle s'est en effet surtout int&#233;ress&#233;e &#224; la formation et &#224; la pr&#233;sentation du moi social, le social self, &#224; travers l'&#233;tude des modalit&#233;s cod&#233;es des interactions entre les individus. Vous avez peut-&#234;tre entendu parler d'un des sociologues am&#233;ricains les plus connus, repr&#233;sentatif de cette &#233;cole de l'interaction sociale qui s'appelle Erving Goffman. Parmi les premiers textes qu'il a &#233;crits et qui l'ont lanc&#233;, il y a le livre qui s'intitule : &lt;i&gt;The Presentation of Self in Everyday Life&lt;/i&gt; (La pr&#233;sentation de soi. La mise en sc&#232;ne de la vie quotidienne). Ce livre date lui aussi des ann&#233;es 1950. La sociologie de l'interaction sociale s'est tr&#232;s t&#244;t focalis&#233;e sur les modes d'apprentissage des conduites masculines et f&#233;minines, donc sur le genre comme &#233;l&#233;ment majeur de la pr&#233;sentation et de la formation du moi social. On voit bien ici la proximit&#233; de la sociologie am&#233;ricaine qui est, par bien des aspects, une sorte de psychologie sociale avant la lettre, avec la psychologie comportementaliste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pour Stoller, contrairement &#224; Money, le genre est un noyau du moi qui surd&#233;termine les interactions sociales, autrement dit, qui informe le processus de socialisation autant qu'il r&#233;sulte de celui-ci, m&#234;me si le Moi en termes psychanalytiques est aussi le fruit d'une interaction avec autrui. Le &#171; Moi &#187; dit Freud &#224; plusieurs endroits (voir par exemple &lt;i&gt;Le Moi et le &#199;a&lt;/i&gt;), est la r&#233;sultante, la somme de ses identifications. Stoller travaille &#224; partir d'un paradigme freudien m&#234;me si, dans sa th&#233;orie du transsexualisme &#8212; et plus exactement, comme je vous le disais tout &#224; l'heure, du transsexualisme M to F, &lt;i&gt;Male to Female&lt;/i&gt;, qui &#233;tait donc le seul identifi&#233; et labellis&#233; en tant que tel &#224; l'&#233;poque&#8212; , il prend en quelque sorte le contre-pied des th&#232;ses de Freud. Freud affirme que, dans la prime enfance, la petite fille, active en tous points, est un petit homme. Autrement dit, pour Freud, tous les enfants, qu'il qualifie par ailleurs de &#171; pervers polymorphes &#187; parce que leur sexualit&#233; et leur identit&#233; sont labiles, sont d'abord des petits gar&#231;ons. C'est progressivement (et non sans souffrance ni difficult&#233;) que la fille va adopter une position et une conduite f&#233;minines. Partant de la question du transsexualisme &lt;i&gt;Male to Female&lt;/i&gt;, Stoller tire des conclusions oppos&#233;es &#224; celles de Freud. Ce qui montre au passage que la psychanalyse n'offre pas un corps de doctrines unifi&#233;. &#192; l'int&#233;rieur m&#234;me du champ de la pens&#233;e psychanalytique, et depuis ses d&#233;buts, on a beaucoup discut&#233;, disput&#233; et pris des positions tr&#232;s diff&#233;rentes &#224; l'&#233;gard des probl&#232;mes &#224; la fois cliniques et th&#233;oriques rencontr&#233;s. Donc Stoller, au contraire de Freud, &#233;met l'hypoth&#232;se qu'au d&#233;part tous les enfants seraient des petites filles, si l'on peut dire, et que le transsexuel serait quelqu'un qui n'a pas r&#233;ussi &#224; se d&#233;tacher de la m&#232;re, &#224; se d&#233;sidentifier d'elle dans la petite enfance. D'o&#249; un trouble de l'identit&#233; sexuelle. Ainsi, et pour en revenir &#224; mon propos principal partant d'un espace &#233;pist&#233;mologique et clinique diff&#233;rent de celui de Money, Stoller aboutit &#224; des formulations diff&#233;rentes. Vous voyez que d&#232;s le noyau &#233;pist&#233;mique de d&#233;part, la compr&#233;hension et la th&#233;orisation du genre a emprunt&#233; des chemins potentiellement divergents. Les m&#233;decins et psychosociologues qui ont formul&#233; les premi&#232;res th&#233;ories du genre n'&#233;taient pas des r&#233;volutionnaires ou des gens d&#233;sireux de remettre en question l'ordre &#233;tabli. Ils avaient devant eux des &#234;tres humains en souffrance et essayaient &#224; la fois de comprendre cette souffrance et de la traiter. Money, qui traitait des enfants, se posait plus particuli&#232;rement la question de la socialisation des jeunes intersexuels, d'o&#249; ses tentatives de les faire rentrer dans la cat&#233;gorie homme ou dans la cat&#233;gorie femme afin d'en faire des &#234;tres normaux et reconnus comme tel. Et pour cela, il cherchait &#224; aider les parents &#224; &#233;lever leurs enfants comme une fille ou comme un gar&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ordre sexuel et syst&#232;me de genre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On sait aujourd'hui que ce sont pr&#233;cis&#233;ment ces tentatives de faire rentrer les intersexes dans un ordre culturel rigidement binaire et dans l'ordre sexuel &#171; normal &#187; qui a pu causer dans certains cas de terribles ravages psychologiques chez ce type de patient. Par &#171; ordre sexuel &#187;, j'entends &#224; la fois la mise en ordre des sexes &#8212; qui n'est pas simplement la cons&#233;quence du dimorphisme biologique, mais ressortit plut&#244;t &#224; l'interpr&#233;tation de celui-ci, &#224; son traitement &#224; la fois syst&#233;mique et normatif, autrement dit, &#224; son inscription dans un syst&#232;me de genre&#8212; et l'ordre (ou la mise en ordre) de la sexualit&#233;. Ces deux ordres sont li&#233;s. L'intersexualit&#233;, en produisant un trouble dans l'identit&#233; sexuelle, engendre du m&#234;me coup un trouble de ce que l'on appelle l'orientation sexuelle. Donc, question de genre, question de sexualit&#233;. On essaye aujourd'hui de traiter autrement l'intersexualit&#233;, quand du moins on la d&#233;tecte ou la d&#233;signe comme telle. Ce qui m&#234;me aujourd'hui n'est pas toujours le cas. Je pense &#224; l'histoire &#224; rebondissements relativement r&#233;cente de Caster Semenya dont vous avez certainement entendu parler dans les journaux. Il s'agit d'une athl&#232;te sud-africaine qui a &#233;t&#233;, &#224; la naissance, identifi&#233;e comme femme et qui, en fait, &#171; souffre &#187; d'une forme d'hyperandrog&#233;nie, ce que l'on appelle techniquement un pseudo-hermaphrodisme. Elle a &#233;t&#233; championne olympique du 800 m&#232;tres femme, mais a ensuite &#233;t&#233; mise en cause pour &#171; concurrence d&#233;loyale &#187; au motif qu'elle serait en r&#233;alit&#233; un homme. J'ai vu que r&#233;cemment, on vient de lui interdire de concourir avec les femmes &#224; la suite de sa mise en cause par ses concurrentes. On a d&#233;couvert tardivement l'intersexualisme de Caster Semenya, qui par ailleurs se d&#233;finit, sur le plan de la sexualit&#233;, comme lesbienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi je vous raconte toute cette histoire ? Pour vous rappeler que contrairement &#224; ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas la pens&#233;e f&#233;ministe, n&#233;e des mouvements de lib&#233;ration des femmes en Occident dans les ann&#233;es 1970 qui a introduit la notion de genre tel qu'elle a cours aujourd'hui. Ce n'est pas elle qui a propos&#233; ni m&#234;me th&#233;oris&#233; la premi&#232;re, je viens de le rappeler, la distinction &#233;pist&#233;mologique et m&#233;thodologique entre sexe et genre. Celle-ci n'a d'ailleurs pris un sens f&#233;ministe qu'avec l'introduction de la question de la hi&#233;rarchie entre les sexes et de ses effets d'in&#233;galit&#233;, donc avec la r&#233;interpr&#233;tation de la disjonction entre sexe et genre comme distinction entre le dimorphisme biologique d'un c&#244;t&#233; et la dissym&#233;trie hi&#233;rarchisante entre les sexes, effet d'un &#171; syst&#232;me de genre &#187;, et tel que les rapports de genre apparaissent finalement comme des rapports de pouvoir. Une telle perspective &#233;tait absente des premi&#232;res formulations dans ce domaine, m&#234;me si quelqu'un comme Erving Goffman est un des tout premiers sociologues du genre &#224; s'&#234;tre approch&#233; du probl&#232;me en traitant des hi&#233;rarchies de genre au sein de la famille et en &#233;mettant en particulier l'hypoth&#232;se que la relation mari-femme aurait en fait pour mod&#232;le la relation parent/enfant. C'est une hypoth&#232;se que l'on trouve en r&#233;alit&#233; d&#233;j&#224; formul&#233;e dans &lt;i&gt;Le Deuxi&#232;me sexe&lt;/i&gt; de Simone de Beauvoir, mais qui est fortement inscrite dans l'imaginaire culturel nord-am&#233;ricain ordinaire. Tr&#232;s souvent, au sein des couples, l'homme appelle la femme &#171; baby &#187;, &#171; my baby &#187;. Donc mari/femme = parent/enfant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La relance f&#233;ministe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'en arrive maintenant &#224; la fa&#231;on dont la distinction &#224; la fois m&#233;thodologique et &#233;pist&#233;mologique entre sexe et genre a &#233;t&#233; reprise et relanc&#233;e par les th&#233;oriciennes f&#233;ministes. Les deux premi&#232;res th&#233;oriciennes f&#233;ministes du genre, et de la distinction entre sexe et genre, sont la sociologue britannique Ann Oakley et, d'autre part, Gayle Rubin qui &#233;tait alors une jeune anthropologue am&#233;ricaine, &#233;l&#232;ve de Marshall Sahlins, disciple &#233;tats-unien de L&#233;vi-Strauss, tr&#232;s connu aux &#201;tats-Unis. Oakley et Rubin se sont d'ailleurs appuy&#233;es l'une comme l'autre, et sans s'&#234;tre donn&#233; le mot, sur l'&#339;uvre de L&#233;vi-Strauss pour th&#233;oriser la distinction entre sexe et genre. Dans son essai inaugural qui s'intitule en anglais &lt;i&gt;The Traffic in Women : Notes on the Political Economy of Sex&lt;/i&gt; (Le trafic des femmes, le march&#233; des femmes, notes pour une &#233;conomie politique du sexe), essai qui a paru en 1975, c'est-&#224;-dire en plein moment MLF ou &lt;i&gt;Women's Lib&lt;/i&gt; aux &#201;tats-Unis, Rubin livre l'une des premi&#232;res d&#233;finitions f&#233;ministes du genre con&#231;u comme &#171; une division socialement impos&#233;e des sexes &#187;. Elle pense la distinction entre sexe et genre, dans le sillage de L&#233;vi-Strauss, comme co&#239;ncidant avec l'opposition entre nature et culture. Rubin se sert de l'explication par L&#233;vi-Strauss des modalit&#233;s de conversion des besoins ou dispositions naturelles en comportements r&#233;gl&#233;s pour penser le passage, mais aussi le saut qualitatif, du sexe au genre : encore une fois, d'un &#233;tat ou d'une fonction pr&#233;sum&#233;s naturels &#224; un ou des &#233;tats de culture. Mais cela veut dire aussi que genre et sexe demeurent li&#233;s dans cette perspective. De m&#234;me que la culture travaille un mat&#233;riau naturel d&#233;j&#224; donn&#233; si l'on peut dire, le genre est pr&#233;sent&#233; comme la transformation sociale d'une &#171; sexualit&#233; &#187; que Rubin qualifie de biologique dans son origine. Ce n'est pas un chapitre que je vais ouvrir maintenant, mais je pense qu'un des glissements qui n'a pas &#233;t&#233; suffisamment pens&#233;, et qui pr&#234;te &#224; confusion, c'est la fa&#231;on dont, &#224; l'int&#233;rieur du champ f&#233;ministe et pour des raisons qu'il faudrait d&#233;velopper, on a r&#233;interpr&#233;t&#233; la notion l&#233;vi-straussienne de &#171; nature &#187;, que lui-m&#234;me emprunte &#224; Rousseau, en termes de &#171; biologie &#187;. Or, chez Rousseau de toute &#233;vidence, mais aussi chez L&#233;vi-Strauss, nature ne signifie pas n&#233;cessairement biologie, au sens que nous donnons &#224; ce terme et au domaine scientifique qu'il indexe aujourd'hui. On a surimpos&#233; et confondu entre elles si vous voulez, les notions de nature, de biologie, de corps, etc., et cela a entrain&#233; la pens&#233;e f&#233;ministe dans une certaine direction. Chez Rubin en tout cas, le genre est pr&#233;sent&#233; comme la transformation sociale d'une sexualit&#233; que celle-ci qualifie de biologique dans son origine. Le genre d&#233;signe donc la forme sociale et les manifestations culturelles de l'appartenance de sexe. C'est ce qu'en France, on d&#233;signait nagu&#232;re sous le nom de rapports sociaux de sexe. Rubin analyse la dissym&#233;trie des rapports de genre &#224; partir des modalit&#233;s et des r&#232;gles de l'&#233;change des femmes selon l'explication qu'en donne L&#233;vi-Strauss dans &lt;i&gt;Les structures &#233;l&#233;mentaires de la parent&#233;&lt;/i&gt;, th&#232;se de L&#233;vi-Strauss publi&#233;e pour la premi&#232;re fois en 1949 c'est-&#224;-dire exactement au moment o&#249; de Beauvoir publiait &lt;i&gt;Le Deuxi&#232;me sexe&lt;/i&gt;. L&#233;vi-Strauss doit &#224; un autre grand anthropologue et sociologue de la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle, Marcel Mauss, sa conception de l'&#233;change comme op&#233;rateur princeps du lien social. Mauss a &#233;crit un c&#233;l&#232;bre essai qui s'appelle : &lt;i&gt;Essai sur le don : dons et &#233;changes dans les soci&#233;t&#233;s archa&#239;ques&lt;/i&gt;, dans lequel il explique que les soci&#233;t&#233;s archa&#239;ques fonctionnent sur le mode de l'&#233;change et que c'est l'&#233;change qui cr&#233;e du lien social. Et Mauss parle de toute sorte de formes d'&#233;changes et d'objets &#233;chang&#233;s. On &#233;change des coquillages qui ont une valeur symbolique dans certaines tribus m&#233;lan&#233;siennes, mais on &#233;change aussi, un peu partout, de la nourriture. Mauss signale enfin que, de la m&#234;me mani&#232;re, on &#233;change les femmes. Et ce, &#224; la fois dans les soci&#233;t&#233;s dites archa&#239;ques, mais aussi dans les soci&#233;t&#233;s pr&#233;-modernes puisque, vous le savez, &#8212;et on en a longtemps gard&#233; des traces culturelles au moins jusqu'&#224; la fin du XIXe si&#232;cle en Occident&#8212;, les femmes &#233;taient &lt;i&gt;donn&#233;es en mariage&lt;/i&gt;, par le p&#232;re g&#233;n&#233;ralement. Or, L&#233;vi-Strauss a fait de l'&#233;change des femmes le paradigme m&#234;me de l'&#233;change social, de tout &#233;change social en essayant de montrer dans &lt;i&gt;Les structures &#233;l&#233;mentaires de la parent&#233;&lt;/i&gt; que c'est l'&#233;change des femmes qui fonde le social. Pourquoi ? Parce que quand vous &#233;changez des femmes, vous cr&#233;ez de l'alliance entre les clans ou entre les familles. L&#233;vi-Strauss doit &#224; Marcel Mauss sa conception de l'&#233;change comme op&#233;rateur de lien social . Pour L&#233;vi-Strauss, c'est plus qu'un op&#233;rateur, c'est le g&#233;n&#233;rateur, le fondement m&#234;me du lien social. Et contrairement &#224; Mauss, c'est l'&#233;change des femmes et par cons&#233;quent les r&#232;gles matrimoniales qui servent &#224; codifier celui-ci, qui constitue pour L&#233;vi-Strauss la pi&#232;ce ma&#238;tresse de cette op&#233;ration. Or, les hommes ont &#233;t&#233; traditionnellement les agents et les b&#233;n&#233;ficiaires de ce &lt;i&gt;dispositif de l'alliance&lt;/i&gt; (c'est ainsi que Foucault nomme l'&#233;change des femmes) et les femmes les objets &#233;chang&#233;s. Cette dissym&#233;trie permet &#224; Rubin de penser le genre comme une structure et non comme un attribut ou une qualit&#233;, f&#251;t-elle sociale, et pas seulement comme une structure diff&#233;rentielle, mais comme une structure hi&#233;rarchique. C'est la grande nouveaut&#233; par rapport &#224; l'approche de Money et Stoller qui ne s'int&#233;ressaient pas du tout aux effets de hi&#233;rarchie et de subordination engendr&#233;s par la dissym&#233;trie sociale des positions des femmes et des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la French Theory et de la Gender Theory&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour que la &lt;i&gt;gender theory&lt;/i&gt;, la th&#233;orie du genre, devienne une th&#233;orie f&#233;ministe ou apparaisse comme telle, il a fallu qu'&#233;merge le mouvement de lib&#233;ration des femmes comme mouvement social, mais il a fallu attendre aussi la d&#233;couverte dans l'universit&#233; am&#233;ricaine et britannique d'un continent de pens&#233;e europ&#233;en, qu'on a nomm&#233; la &lt;i&gt;French Theory&lt;/i&gt;. La pens&#233;e fran&#231;aise a constitu&#233; la pointe la plus avanc&#233;e de la &lt;i&gt;gender theory&lt;/i&gt; comme en t&#233;moigne la mise &#224; contribution, d&#232;s sa r&#233;ception, de l'Anthropologie structurale de L&#233;vi-Strauss qui a constitu&#233; une source de r&#233;flexions majeures (et ce n'est pas la seule), pour la pens&#233;e f&#233;ministe naissante. Le privil&#232;ge accord&#233; au mot &#171; th&#233;orie &#187; tel qu'il circule dans le monde anglophone et maintenant en Europe, signale le lien historique et intellectuel entre la &lt;i&gt;gender theory&lt;/i&gt; et particuli&#232;rement son d&#233;veloppement queer et leur contemporaine et mod&#232;le aux &#201;tats-Unis, la &lt;i&gt;French Theory&lt;/i&gt;, cette pens&#233;e fran&#231;aise transdisciplinaire qui a irrigu&#233; sous ce nom les travaux men&#233;s dans le champ des humanit&#233;s et des sciences humaines dans l'universit&#233; am&#233;ricaine entre les ann&#233;es 1970 et le d&#233;but des ann&#233;es 2000. (Remarquez que, dans la formule&lt;i&gt; French Theory&lt;/i&gt;, le mot &#171; theory &#187; est employ&#233; en construction absolue ; ce n'est pas la th&#233;orie de quelque chose &#8212; de l'&#233;volution, du genre, etc.,-mais la th&#233;orie tout court. Comme quand la Ph&#232;dre de Racine dit, non pas &#171; j'aime Hippolyte &#187;, mais &#171; j'aime &#187;, tout court. C'est &#231;a, une construction absolue : elle n'a pas d'objet d&#233;fini, parce que la th&#233;orie, ou l'amour dans le cas de Ph&#232;dre, sont &#224; eux-m&#234;mes leur propre objet.) Mais de m&#234;me que, sous le nom de French Theory, ont circul&#233; aux &#201;tats-Unis des &#339;uvres et des courants de pens&#233;e vari&#233;s et h&#233;t&#233;rog&#232;nes, de m&#234;me, sous l'appellation de &#171; &lt;i&gt;gender theory&lt;/i&gt; &#187;, se sont &#233;labor&#233;es des th&#233;ories diverses. En langue anglaise, beaucoup de mots au singulier ont valeur de collectif. Il n'y a pas la m&#234;me partition entre pluriel et singulier qu'en fran&#231;ais. Donc ce que l'on appelle&lt;i&gt; gender theory&lt;/i&gt; ne doit pas &#234;tre interpr&#233;t&#233;, comme on le fait parfois ici de fa&#231;on tendancieuse, en brandissant l'&#233;pouvantail de la th&#233;orie du genre comme si cette formule recouvrait un corps de doctrines homog&#232;nes. Sous ce nom, ce sont en r&#233;alit&#233; des propositions th&#233;oriques et des positions &#233;pist&#233;mologiques diverses, voire divergentes qui sont rassembl&#233;es et discut&#233;es. &#192; partir de cette rencontre entre des traditions &#233;pist&#233;mologiques anglo-am&#233;ricaines et ladite pens&#233;e fran&#231;aise, la distinction sexe/genre a fait l'objet de r&#233;appropriations diverses sinon divergentes selon que la perspective f&#233;ministe informant ce processus de r&#233;appropriation &#233;tait marxiste, structuraliste, voire, comme chez la penseuse nord-am&#233;ricaine Gayle Rubin dont je vous parlais, marxiste et structuraliste (&#224; ses d&#233;buts du moins) ou encore post-structuraliste ou m&#234;me lib&#233;rale au double sens qu'a ce dernier terme aux &#201;tats-Unis, avec par exemple quelqu'un comme la philosophe Martha Nussbaum ; selon encore que cette r&#233;appropriation &#233;tait ou non marqu&#233;e par les th&#233;ories comportementalistes am&#233;ricaines auxquelles j'ai fait allusion, et plus g&#233;n&#233;ralement par la sociologie de l'interaction sociale ; selon enfin qu'elle se formulait &#224; partir d'une exp&#233;rience de la sexualit&#233; majoritaire ou minoritaire, normative ou &#171; d&#233;viante &#187;. Le marxisme, le structuralisme, le post-structuralisme ne sont pas des courants de pens&#233;e&lt;i&gt; made in America&lt;/i&gt;. On ne peut donc pas dire que les &#233;tudes de genre qui sont la r&#233;sultante de toute l'histoire que je viens de brosser &#224; grands traits soient une invention et une importation am&#233;ricaine. Les th&#233;ories qui se c&#244;toient ou se confrontent &#224; l'int&#233;rieur de ce champ de recherche sont le produit non pas de la convergence, mais comme je l'ai dit, de la rencontre de traditions &#233;pist&#233;mologiques am&#233;ricaines et europ&#233;ennes &#224; la faveur de la diffusion massive dans le monde universitaire am&#233;ricain de travaux de philosophes, d'anthropologues ou de psychanalystes europ&#233;ens et particuli&#232;rement fran&#231;ais relevant dans leur majorit&#233; de ce que l'on a appel&#233; le structuralisme puis le post-structuralisme. Les grands repr&#233;sentants en France du structuralisme sont justement L&#233;vi-Strauss, qui a d'ailleurs &#233;crit un livre qui s'appelle &lt;i&gt;Anthropologie structurale&lt;/i&gt;, et puis quelqu'un qui s'est inscrit au moins au d&#233;part dans son sillage, Jacques Lacan, psychanalyste fran&#231;ais. Il y en a d'autres aussi, et il faut dire que le structuralisme est n&#233; de la linguistique, de la linguistique th&#233;orique, telle qu'elle a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e par Ferdinand de Saussure au d&#233;but du XXe si&#232;cle. La r&#233;volution saussurienne a consist&#233; &#224; montrer que le langage, justement, &#233;tait une structure, et plus pr&#233;cis&#233;ment une structure diff&#233;rentielle. Ce qui fonde l'articulation linguistique, c'est la possibilit&#233; de distinguer phonologiquement entre voyelle et consonne, mais aussi entre voyelle et voyelle, etc. De m&#234;me, le sens est con&#231;u par Saussure comme un produit des diff&#233;rences s&#233;mantiques. M&#234;me si toutes les distinctions ne sont pas de l'ordre l'opposition, blanc n'a de sens que relativement &#224; noir, femme que relativement &#224; homme, etc. Mais on distingue aussi entre marcher et courir, entre le jaune et le vert, etc. Le structuralisme a fait prendre &#224; toute la pens&#233;e qui s'est d&#233;velopp&#233;e dans son sillage un tournant que l'on a appel&#233; aux &#201;tats-Unis de mani&#232;re r&#233;trospective &lt;i&gt;the linguistic turn&lt;/i&gt; (le tournant linguistique), c'est-&#224;-dire on s'est mis &#224; penser toutes sortes de questions d&#233;passant largement le champ du langage et de la r&#233;flexion sur le langage &#224; partir d'un mod&#232;le &#233;pist&#233;mologique et d'un mod&#232;le interpr&#233;tatif qui &#233;tait celui de la linguistique saussurienne. Celle-ci a produit d'autres grands repr&#233;sentants d'une linguistique structurale comme Roman Jakobson, sur lequel se sont appuy&#233;es les philosophes f&#233;ministes italiennes du collectif Diotima, lesquelles &#233;taient li&#233;es au collectif de &lt;i&gt;La librairie des femmes de Milan&lt;/i&gt; auquel certaines d'entre vous se sont int&#233;ress&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les vagues f&#233;ministes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son invention par Money et Stoller, la th&#233;orie du genre a donc &#233;t&#233; appropri&#233;e et reformul&#233;e par la pens&#233;e f&#233;ministe dite de la deuxi&#232;me vague, c'est-&#224;-dire celle qui commence &#224; la fin des ann&#233;es 1960. On parle de &#171; deuxi&#232;me vague &#187; par rapport &#224; une &#171; premi&#232;re vague &#187; f&#233;ministe presque totalement oubli&#233;e. Mais c'est le sort de toutes les vagues si l'on peut dire, car l'Histoire est une machine &#224; effacer et non pas comme on pourrait le croire &#224; accumuler et m&#233;moriser. La premi&#232;re vague f&#233;ministe avait commenc&#233; &#224; d&#233;ferler au d&#233;but des ann&#233;es 1880 en Europe, et elle a &#233;t&#233; massive, ce qu'on a oubli&#233;. Elle s'est focalis&#233;e &#224; l'&#233;poque sur la revendication du suffrage universel. Dans diff&#233;rents pays europ&#233;ens, la revendication a abouti plus ou moins rapidement, l'obtention du droit de vote pour les femmes a eu lieu &#224; des moments diff&#233;rents, mais en tout cas ce premier mouvement f&#233;ministe fut aussi d'un foisonnement extraordinaire. Il y a eu quelqu'un en France que vous connaissez peut-&#234;tre et qui s'appelle Marguerite Durand. Elle avait fond&#233; avec d'autres, &#224; la fin des ann&#233;es 1890 &#8212; le premier num&#233;ro date de 1897 &#8212;, un journal f&#233;ministe, un quotidien, qui s'appelait &lt;i&gt;La Fronde&lt;/i&gt;, et qui, &#224; l'&#233;poque, &#233;tait tir&#233; &#224; plus de deux cent mille exemplaires. Deux cent mille exemplaires dans la France de la fin du XIXe si&#232;cle, c'est &#233;norme. Et &#224; chaque fois (&#224; la fin du XIXe si&#232;cle comme durant la d&#233;cennie MLF), les vagues f&#233;ministes se sont accompagn&#233;es d'une production artistique et intellectuelle intense : il y a eu lors de ladite premi&#232;re vague, du th&#233;&#226;tre f&#233;ministe, qui s'est appel&#233;e comme tel ; il y a eu la r&#233;daction de manifestes f&#233;ministes totalement oubli&#233;s aujourd'hui. Ce qui a interrompu ce mouvement et marqu&#233; un coup d'arr&#234;t de tout progr&#232;s dans ce domaine pendant des d&#233;cennies, c'est la Premi&#232;re Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le moment d'appropriation et de reformulation des th&#233;ories du genre des ann&#233;es 1950 et 1960 par la pens&#233;e f&#233;ministe dite de la deuxi&#232;me vague, on a assist&#233; &#224; partir des ann&#233;es1980 &#224; un tournant foucaldien &#224; la faveur de la traduction et de la r&#233;ception dans le monde anglophone de L'&lt;i&gt;histoire de la sexualit&#233;&lt;/i&gt; de Foucault et surtout du premier volume de celle-ci,&lt;i&gt; La volont&#233; de savoir&lt;/i&gt;. &#201;mergent alors d'autres mani&#232;res de penser le genre. C'est l'historienne Joan Wallach Scott qui embl&#233;matise ce tournant. Dans son c&#233;l&#232;bre article publi&#233; pour la premi&#232;re fois en 1986 et intitul&#233; &lt;i&gt;Le genre, une cat&#233;gorie utile de l'analyse historique&lt;/i&gt;, elle se r&#233;clame explicitement de Foucault pour penser le genre, m&#234;me si Foucault ne parle pas de genre et malgr&#233; le fait que sa propre mani&#232;re de faire de l'histoire ne soit pas tr&#232;s foucaldienne, pas du tout m&#234;me, &#224; mon avis. N&#233;anmoins, sa conception du genre est bien tributaire de la mani&#232;re dont Foucault a pens&#233; ensemble sexualit&#233; et pouvoir. Si vous avez lu L'histoire de la sexualit&#233; et plus exactement le premier volume, vous savez que cette histoire de la sexualit&#233; est le lieu d'&#233;laboration d'une nouvelle th&#233;orie du pouvoir, en l'occurrence d'une tentative de repenser la question du pouvoir en g&#233;n&#233;ral, et de penser ses formes contemporaines en particulier sous l'esp&#232;ce du biopouvoir. Le biopouvoir concerne la vie et cible les corps, on voit donc bien le rapport de celui-ci avec la question de la sexualit&#233;. Joan Scott, de mani&#232;re n&#233;o-foucaldienne, d&#233;finira alors le genre comme &#171; une mani&#232;re primordiale de signifier des rapports de pouvoir &#187;. Ce faisant, elle cherche &#224; faire valoir la dimension politique de la structure et des rapports de genre. Certes, la perspective de Rubin &#233;tait d&#233;j&#224; proto-politique mais je dirais qu'en tant qu'anthropologue, elle est d'abord une penseuse du social et des variations culturelles. Le politique intervient &#224; partir du moment o&#249; l'on pose la question du pouvoir et des rapports de force. &#192; partir de Joan Scott, la politisation du genre &#224; la fois comme cat&#233;gorie et comme concept passe au premier plan. Et parce que le genre est apparu comme un rapport de pouvoir au sein d'un ensemble complexe de rapports de pouvoir, s'est ouvert le champ d'investigation que l'on d&#233;signe sous le nom d'intersectionnalit&#233; aujourd'hui, soit l'&#233;tude de la fa&#231;on dont diff&#233;rents rapports de domination s'imbriquent les uns dans les autres. C'est la penseuse africaine-am&#233;ricaine Kimberl&#233; Crenshaw, professeure de droit &#224; l'UCLA, qui a lanc&#233; le mot en poursuivant l'effort du &lt;i&gt;black f&#233;minism&lt;/i&gt; de tenir ensemble dans leur tension m&#234;me l'oppression de sexe et l'oppression de race. &#201;videmment, toutes ces questions &#233;taient d&#233;j&#224; en germe dans les ann&#233;es 1970, aussi bien les questions de ce que l'on traite aujourd'hui au titre de l'intersectionnalit&#233; que la question de l'h&#233;t&#233;rosexisme, du rapport entre genre et sexualit&#233;, etc. Mais elles ont &#233;t&#233; formalis&#233;es plus tard, lorsqu'elles ont trouv&#233; un ancrage th&#233;orique plus solide, engageant d'ailleurs &#224; chaque fois la pens&#233;e et l'action dans des directions diff&#233;rentes. Apr&#232;s Joan Scott, vient dans cette histoire de l'infl&#233;chissement et des m&#233;tamorphoses conceptuelles du genre, le moment queer et particuli&#232;rement le moment Judith Butler. Ni les m&#233;decins de l'intersexualisme et du transsexualisme, ni vraiment les penseuses f&#233;ministes dites de la deuxi&#232;me vague ne mettaient en question la structure binaire de l'ordre sexuel. Comme je l'ai dit, il fallait pour Money et Stoller, quoique dans des termes diff&#233;rents pour chacun, aider les patients en question &#224; rentrer dans la norme afin d'avoir une vie vivable. Cependant leurs travaux sur le genre ont bien ouvert la voie &#224; la pens&#233;e queer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La pens&#233;e queer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e queer, pour le dire vite, r&#233;cuse non seulement la division binaire des sexes, mais m&#234;me celle des genres. Son &#233;laboration, comme son nom l'indique, a commenc&#233; avec l'exploration et la revendication de formes de sexualit&#233;s et d'identifications genr&#233;es minoritaires. Je pense aux travaux de Butler, mais aussi de Teresa de Lauretis, qui est d'origine italienne et qui est celle qui a lanc&#233; la notion de pens&#233;e queer. Ou encore &#224; quelqu'un comme Eve Sedgwick Kosofsky. Queer, vous le savez sans doute, est un adjectif qui veut dire bizarre ou tordu. C'est un mot banal de la langue anglaise. Si vous lisez des romans anglais ou am&#233;ricains du XIXe si&#232;cle ou m&#234;me du d&#233;but du XXe si&#232;cle, vous trouverez fr&#233;quemment le mot queer (je pense par exemple &#224; des auteur.e.s aussi diff&#233;rent.e.s que Charlotte Bront&#235; au XIXe si&#232;cle et Richard Wright au XXe si&#232;cle, qui font chacun grand usage de cet adjectif). Il n'y a pas de connotation sexuelle ou sociale particuli&#232;re attach&#233;e &#224; ce moment-l&#224; &#224; son usage. C'est &#224; partir du d&#233;but du XXe si&#232;cle, c'est-&#224;-dire au moment o&#249; a &#233;merg&#233; la notion &#224; la fois clinique et sociale d'homosexualit&#233; et la figure culturelle de l'homosexuel que le mot a commenc&#233; &#224; &#234;tre employ&#233; pour d&#233;signer de fa&#231;on oblique et p&#233;jorative les homosexuels. Il a ensuite &#233;t&#233; r&#233;appropri&#233; par la pens&#233;e queer en un mouvement de r&#233;appropriation et de retournement du stigmate en quelque chose de positif. Donc, pour ce courant de pens&#233;e, la notion m&#234;me de genre, dans la mesure o&#249; elle signale la rupture du lien organique et logique avec le sexe, jette bien le trouble dans l'ordre des sexes et des sexualit&#233;s. D&#232;s lors que l'on passe avec le genre (et gr&#226;ce &#224; lui) au-del&#224; du sexe et de la binarit&#233; sexuelle, on passe alors, bon gr&#233; mal gr&#233;, selon les th&#233;oriciens et les th&#233;oriciennes queers, du c&#244;t&#233; de ce qui a &#233;t&#233; appel&#233; la multitude queer. En ce sens, le genre n'est pas seulement une cat&#233;gorie d'analyse, il a &#233;t&#233; ind&#233;niablement un instrument, sinon l'instrument notionnel principal de la queerisation des &#233;tudes f&#233;ministes. Et c'est pourquoi, m&#234;me si dans certaines de ses incarnations la pens&#233;e queer pr&#233;conise l'abandon du paradigme du genre en faveur de celui de la ou des sexualit&#233;s, elle n'en reste pas moins redevable et rattach&#233;e intellectuellement et politiquement &#224; celui-ci. Et ce n'est donc pas un hasard si les figures les plus en vue aujourd'hui du f&#233;minisme et du post-f&#233;minisme am&#233;ricain, en tous les cas sur son versant intellectuel, sont ou &#233;taient des figures queers, c'est-&#224;-dire des lesbiennes plus ou moins d&#233;clar&#233;es. Je vous parlais de Butler, mais on peut citer &#224; ce titre aussi Gayle Rubin, Teresa de Lauretis, ou encore Janet Halley avant que cette derni&#232;re ne se mette explicitement en cong&#233; du f&#233;minisme. Je caract&#233;riserais le f&#233;minisme queer comme un f&#233;minisme autocritique, puisqu'il passe par la critique de ce que Butler appelle : &#171; le sujet du f&#233;minisme &#187;, soit l'id&#233;e selon laquelle le f&#233;minisme renverrait aux femmes et &#224; la femme comme si &#171; femme &#187; &#233;tait une notion unifi&#233;e, non probl&#233;matique, etc. Et c'est pourquoi un certain r&#233;cit g&#233;n&#233;alogique rapportant l'&#233;mergence de la &lt;i&gt;gender theory&lt;/i&gt; aux premiers travaux am&#233;ricains sur l'intersexualisme et le transsexualisme, dont on comprend bien dans cette perspective la valeur heuristique et l'importance strat&#233;gique, c'est pourquoi, donc, ce r&#233;cit a bien cours aujourd'hui au sein m&#234;me des &#233;tudes de genre. C'est le r&#233;cit des origines le plus courant &#224; l'heure actuelle, signe de la queerisation du champ de la pens&#233;e f&#233;ministe. Quant &#224; Butler, l'une des raisons de l'impact politique et intellectuel de son intervention th&#233;orique tient &#224; sa mani&#232;re habile de faire fond sur toutes les tentatives disponibles, toutes traditions intellectuelles confondues, de penser la disjonction entre sexe et genre. En pensant le genre, &#224; l'aide de la psychanalyse, comme une r&#233;sultante des modalit&#233;s d'institution dans les sujets ou pour les sujets d'une h&#233;t&#233;rosexualit&#233; sinon obligatoire du moins h&#233;g&#233;monique, elle a contribu&#233; de mani&#232;re d&#233;cisive &#224; queeriser le champ th&#233;orique et politique f&#233;ministe. En tirant le genre vers ce qu'elle a appel&#233; la performance et la performativit&#233; qu'elle associe tout en les distinguant, elle a &#233;galement ouvert un nouveau chapitre. Avec la notion de performance, mot qui dans son sens anglo-am&#233;ricain ordinaire d&#233;signe le th&#233;&#226;tre ou le spectacle vivant, on retrouve l'id&#233;e de Money que le genre est un r&#244;le, une partition apprise qui est ensuite jou&#233;e et r&#233;p&#233;t&#233;e publiquement. Par certains c&#244;t&#233;s, la th&#233;orie butlerienne de la performance est redevable &#224; l'&#233;cole sociologique nord-am&#233;ricaine de l'interaction sociale et c'est un aspect de son &#339;uvre et de sa gen&#232;se intellectuelle que j'ai soulign&#233; depuis un certain nombre d'ann&#233;es et que l'on red&#233;couvre aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_45 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/png/tetes_dans_tete.cleaned.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/png/tetes_dans_tete.cleaned.png?1731403094' width='500' height='802' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ALICE&lt;/strong&gt; : D'apr&#232;s ce que l'on vient d'entendre, les &#233;tudes de genres ont longtemps &#233;t&#233; marqu&#233;es par la dichotomie genre/sexe. Et il y a eu des pens&#233;es qui sont venues percuter cette dichotomie, c'est l'effet de la rencontre d'avec la &lt;i&gt;French Theory&lt;/i&gt;. C'est Foucault et ses rapports de pouvoir, Derrida et Cixous et leur indistinction, Lacan et ses positions inconscientes. Nous, ce que l'on avait envie de discuter avec vous pour finir, c'est l'apport de la psychanalyse dans l'articulation entre genre et sexualit&#233;, entre sc&#232;ne sociale et sc&#232;ne de l'inconscient. On a beaucoup parl&#233; de la construction sociale, or tout n'est pas construction. Comment la psychanalyse vient-elle rajouter la sc&#232;ne de l'inconscient et complexifier cette articulation ? On voulait tenter de comprendre avec vous cette articulation entre psychanalyse et &#233;tudes de genre que vous tentez dans vos travaux, en particulier dans le contexte de &lt;i&gt;Me too&lt;/i&gt; pour que cela soit concret.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'outil de la psychanalyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANNE EMMANUELLE BERGER&lt;/strong&gt; : Ce sont de tr&#232;s vastes questions, merci de les poser. C'est vrai que contrairement &#224; Isabelle Stengers, je me sers des outils de la psychanalyse pour des raisons que je vais &#233;voquer tr&#232;s rapidement. La psychanalyse a occup&#233; un terrain et fourni des instruments d'analyse qu'il me semble important de ne pas ignorer quand on cherche &#224; probl&#233;matiser d'une mani&#232;re ou d'une autre non seulement les diff&#233;rences de sexes et de sexualit&#233;s, mais &#233;galement la distinction entre sexe et genre. Pourquoi ? La psychanalyse est comme la th&#233;orie du genre. Il n'y a pas la th&#233;orie du genre. En psychanalyse, il n'y a pas la psychanalyse. Il y a eu Freud qui travaillait dans un espace bouillonnant en train de se constituer. Il y en avait d'autres moins connus, mais qui ont &#233;t&#233; importants &#224; l'&#233;poque comme Havelock Ellis en Angleterre et bien d'autres encore. Et puis le champ de la psychanalyse ou de la pens&#233;e de la psychanalyse a tout de suite &#233;t&#233;, je vous en donnerai un exemple, un champ de discussions et de dissensions internes. Par ailleurs, &#171; la &#187; psychanalyse a pris des directions tr&#232;s diff&#233;rentes et s'est inscrite socialement et culturellement de mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;rente selon les espaces dans lesquels elle s'est plus ou moins implant&#233;e. Autrement dit, il n'y a pas la m&#234;me histoire de la psychanalyse, ni le m&#234;me discours psychanalytique, ni la m&#234;me clinique, aux &#201;tats-Unis, en France, en Am&#233;rique latine, etc. Pourquoi la psychanalyse ? Parce qu'elle a justement pris comme objet central les rapports indissociablement sociaux et sexuels entre hommes et femmes, pas seulement dans la relation h&#233;t&#233;rosexuelle, mais dans toute la gamme complexe des relations familiales et interg&#233;n&#233;rationnelles. Parce qu'elle a aussi entrepris de conceptualiser ou de reconceptualiser quelque chose comme la sexualit&#233;. Elle appartient d'ailleurs &#224; cet &#226;ge de la sexualit&#233; d&#233;crit par Foucault dans L'&lt;i&gt;histoire de la sexualit&#233;&lt;/i&gt; et dont elle constitue, en un sens, la pointe la plus avanc&#233;e. Et elle a entrepris de reconceptualiser sur des bases nouvelles les diff&#233;rences de sexe et de sexualit&#233; &#224; partir de mod&#232;les fondamentalement dynamiques et non pas statiques. En ce sens, elle constitue bien d&#232;s sa gen&#232;se ce que Gayle Rubin, une des premi&#232;res th&#233;oriciennes du genre a appel&#233;, dans &lt;i&gt;The Traffic in Women&lt;/i&gt;, une &#171; th&#233;orie f&#233;ministe manqu&#233;e &#187;. Et d'abord, parce que la psychanalyse a eu affaire au genre d&#232;s ses premiers questionnements. Freud anticipe d'une certaine fa&#231;on sur Simone de Beauvoir en montrant, c'est l'une de ses hypoth&#232;ses, que l'on ne na&#238;t pas femme, mais qu'on le devient. L'objet de la psychanalyse, c'est tout ce qui touche &#224; la sexualit&#233; et &#224; la sc&#232;ne du d&#233;sir. Et donc je veux bien essayer de dire quelque chose concernant &lt;i&gt;Me too&lt;/i&gt; dans cette perspective. On peut dire que la pens&#233;e freudienne et celle de Lacan ne sont pas monolithiques, comme toutes les pens&#233;es fortes. On parlait hier de l'&#233;volution de la pens&#233;e de Donna Haraway, qui surgit dans un certain contexte et qui, aujourd'hui, reformule et d&#233;place elle-m&#234;me ses propres questions. Il en va de m&#234;me avec Freud, sa pens&#233;e fut une pens&#233;e en chantier. Il n'a pas cess&#233; de revenir sur ses premi&#232;res formulations, ses premiers &#233;nonc&#233;s, les remettants en question en permanence. M&#234;me Lacan qui a commenc&#233; arm&#233; du structuralisme, et qui est un bulldozer th&#233;orique, a v&#233;cu ce m&#234;me questionnement. Et pas &#224; n'importe quel moment : &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 1970 et sous l'influence d'un certain nombre de penseuses que j'appellerai, pour le dire vite, f&#233;ministes, mais qui travaillaient elles-m&#234;mes avec les outils de la psychanalyse. Lacan n'&#233;tait pas quelqu'un de sourd &#224; ce qui se passait, intellectuellement, mais aussi culturellement et socialement, dans son environnement. Donc &#224; partir du moment o&#249; il a &#233;t&#233; interpel&#233; par certaines femmes engag&#233;es dans le MLF, Lacan a s&#233;rieusement infl&#233;chi ses premi&#232;res propositions et a chang&#233; de formulation. Mais pour en revenir &#224; Freud, ce qui m'int&#233;resse chez lui, c'est qu'il propose &#224; la fois une th&#233;orie phallocentrique et une th&#233;orie &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; phallocentrisme. En ce sens, et &#224; ce double titre, il nous donne quelques instruments pour penser le phallocentrisme. Mais qu'est-ce que le phallocentrisme ? La notion n'est pas exactement synonyme de domination masculine. D'o&#249; l'importance d'avoir plusieurs cordes &#224; son arc r&#233;flexif. Penser la domination est n&#233;cessaire, mais ce n'est pas exactement la m&#234;me chose que penser le pouvoir, et penser le pouvoir n'est pas non plus la m&#234;me chose que penser l'autorit&#233;. L'autorit&#233; n'est pas la domination. Le phallocentrisme, voil&#224; encore un ph&#233;nom&#232;ne culturel et une cat&#233;gorie analytique suppl&#233;mentaire dont il faut, &#224; mon avis, tenir compte et qui, je l'ai dit, ne rel&#232;ve pas exactement d'une probl&#233;matique de la domination. Alors qu'est-ce que &#231;a veut dire ? Quelques &#233;l&#233;ments d'abord sur l'invention de ce n&#233;ologisme : la notion de phallocentrisme est n&#233;e au sein m&#234;me du champ psychanalytique dans les ann&#233;es 1920-1930. C'est un n&#233;ologisme forg&#233; &#224; partir du mot &#171; phallus &#187; par des psychanalystes qui &#233;taient des disciples sinon des amis de Freud, tels qu'Ernest Jones et la psychanalyste f&#233;ministe anglo-am&#233;ricaine qui s'appelle Karen Horney. Elles et ils ont invent&#233; la notion de phallocentrisme pour critiquer leur ma&#238;tre Freud, dont ils contestaient la th&#233;orie de la f&#233;minit&#233;. Pour Freud, la f&#233;minit&#233;, au sens psychanalytique du terme, a fondamentalement partie li&#233;e avec la probl&#233;matique de la castration. &#192; un certain moment, et je sch&#233;matise &#224; l'extr&#234;me, le petit gar&#231;on per&#231;oir la fille comme castr&#233;e et la fille elle-m&#234;me se reconna&#238;t comme castr&#233;e. Mais qu'est-ce qui fait que la fille accepte ce fantasme du gar&#231;on et se voit d'une certaine comme le gar&#231;on la voit ? Qu'est-ce qui fait qu'elle assume subjectivement la vision que le gar&#231;on a d'elle ? Pour Freud en tout cas, la f&#233;minit&#233; n'est pas inn&#233;e &#8212; rappelez-vous, la petite fille est d'abord &#171; un petit homme &#187; &#8212;, c'est une formation secondaire. Et une r&#233;action tr&#232;s complexe &#224; un contexte social et culturel dont Freud soup&#231;onne, sans toutefois d&#233;velopper la question, qu'il influe sur la fa&#231;on dont on socialise les enfants traditionnellement. Au d&#233;but, la figure maternelle est toute-puissante pour le petit enfant. Et puis &#224; un certain moment, dans une soci&#233;t&#233; que structure la division entre sph&#232;re domestique et sph&#232;re publique, il faut passer dans le monde et donc sortir de la maison des femmes pour entrer dans le monde des hommes. Il faut alors se s&#233;parer de la m&#232;re. Celle-ci se voit donc d&#233;valoris&#233;e, et cette d&#233;valorisation prend la forme imaginaire et symbolique d'une castration. Il y a eu une &#233;norme dispute au sein du champ psychanalytique qui a dur&#233; 10 ans et qui a tourn&#233; autour de ces questions. Est-ce que la f&#233;minit&#233; au sens psychanalytique du terme est une formation primaire ou secondaire ? Pour Freud, c'est une formation secondaire et r&#233;active. C'est justement la cons&#233;quence ou la forme que prend l'entr&#233;e dans le paradigme de la castration. La f&#233;minit&#233;, au sens psychanalytique du terme, a &#224; voir avec ce que Freud appelle l'envie du p&#233;nis, envie qui consacre ce que Lacan nomme le primat du phallus, pour les &#171; femmes &#187; comme pour les &#171; hommes &#187;. Plus pr&#233;cis&#233;ment, l'envie du p&#233;nis r&#233;sulterait du fait que la fille se sentirait l&#233;s&#233;e, castr&#233;e, et se verrait comme elle est vue, manquante, en d&#233;faut. Elle n'aurait alors de cesse de convoiter le p&#233;nis ou son substitut symbolique, voire de pr&#233;tendre &#234;tre ce qu'elle n'a pas (le phallus) pour se rendre d&#233;sirable par l'homme. Ce serait cela, la situation ou la position &#171; f&#233;minine &#187;. Elle consacrerait la centralit&#233; du phallus pour les femmes, comme pour les hommes qui craignent, pour eux aussi, la castration. Ainsi la notion de phallocentrisme est-elle n&#233;e au sein m&#234;me du champ psychanalytique. C'&#233;tait un petit missile envoy&#233; dans la direction de Freud, pour le contester de l'int&#233;rieur, par des psychanalystes qui ne croyaient pas que la question de la castration, donc de la possession ou non du p&#233;nis et de la convoitise qu'il suscite, soit d&#233;terminante pour le d&#233;veloppement de la f&#233;minit&#233;. Pourquoi cette notion me parait-elle int&#233;ressante et en quoi ne recoupe-t-elle pas enti&#232;rement la question de la domination ? Dans le paradigme de la domination, c'est simple, si j'ose dire : il y a des dominants et des domin&#233;.e.s. Mais avec le phallocentrisme, on est invit&#233;.e &#224; penser la complicit&#233; des femmes dans l'&#233;tablissement et le maintien d'un ordre sexuel. Selon Freud, et selon Lacan, ce ne sont pas seulement les hommes, mais aussi les femmes (en tant qu'elles adoptent une position &#171; f&#233;minine &#187;) qui sont fix&#233;.e.s sur le phallus, lequel ne d&#233;signe pas l'organe g&#233;nital masculin, mais ce que celui-ci symbolise : un pouvoir qui suscite et alimente, comme tel, le d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'affaire #metoo&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On arrive dans les parages des questions pos&#233;es par la sc&#232;ne qui a d&#233;clench&#233; la r&#233;volte &lt;i&gt;Me too&lt;/i&gt;, soit une sc&#232;ne dans laquelle les femmes n'ont pas &#233;t&#233; &#171; simplement &#187; victimes d'attouchements, voire de viol, mais une sc&#232;ne &#224; laquelle quelque chose en elles a accept&#233; de participer, d'o&#249; le fait que la d&#233;nonciation a lieu longtemps apr&#232;s les faits. La complicit&#233; des femmes dans cette affaire n'est bien s&#251;r pas une complicit&#233; individuelle, ni une faute morale. C'est une complicit&#233; g&#233;n&#233;r&#233;e par ce que l'on pourrait appeler la cl&#244;ture phallocentrique, tel que les femmes sont prises dans une sc&#232;ne de d&#233;sir command&#233;e le primat (symbolique, culturel, social, donc aussi psychique) du phallus. On le sait, ce n'est pas parce que l'on est femme ou s'identifie comme telle que l'on n'est pas misogyne. D'o&#249; les difficult&#233;s que nous avons &#224; aborder la sc&#232;ne du d&#233;sir et celle de la sexualit&#233;, beaucoup plus compliqu&#233;es &#224; traiter que, par exemple, les questions d'in&#233;galit&#233; dans le monde du travail. Hier, Isabelle Stengers &#233;voquait un slogan du MLF qui a &#233;t&#233; tr&#232;s important : &#171; le personnel est politique &#187;. Or, dire que le personnel est politique, ce n'est pas la m&#234;me chose que de dire : &#171; le domestique est politique &#187;. Quand on dit que &#171; le domestique est politique &#187;, ce sur quoi on met l'accent, c'est sur la division des t&#226;ches entre sph&#232;re domestique et sph&#232;re publique, donc sur la division sexuelle du travail. Mais si on dit &#171; le personnel est politique &#187;, avec la notion de &#171; personnel &#187;, on fait entrer tout ce qui touche au registre de l'intime, et donc la question de la sexualit&#233; et du d&#233;sir. Qu'est-ce qu'a r&#233;v&#233;l&#233; l'affaire &lt;i&gt;Me too&lt;/i&gt; ? Il y aurait plein de choses &#224; dire sur le fait que ce mouvement est parti de Hollywood, qui n'est pas n'importe quelle sc&#232;ne d'interaction sociale. Le fait que la sc&#232;ne primitive de &lt;i&gt;Me too&lt;/i&gt; mette aux prises des actrices ou des aspirantes-actrices et des producteurs me parait fondamental : une actrice, en tout cas dans le syst&#232;me hollywoodien traditionnel, doit se conformer au r&#244;le de la femme comme objet de d&#233;sir. Elle se doit d'adopter cette position. Cin&#233;matographiquement, de toute fa&#231;on, elle est constitu&#233;e comme telle. Et donc elle doit assumer subjectivement cette position d'objet. Qu'est-ce que r&#233;v&#232;le l'histoire de &lt;i&gt;Me too&lt;/i&gt; ? Elle r&#233;v&#232;le d'abord le caract&#232;re massif de l'exp&#233;rience v&#233;cue par les actrices et t&#233;moigne de la formidable force de frappe des r&#233;seaux sociaux. Les exp&#233;riences ainsi mises au jour, admises, racont&#233;es, concernent malheureusement, il faut le dire, la presque totalit&#233; des femmes &#224; un moment de leur vie. Que ce soit dans l'enfance, &#224; l'adolescence ou &#224; l'&#226;ge adulte. Ce sont des exp&#233;riences qui vont du harc&#232;lement de rue jusqu'au viol en passant par toutes les gradations, toutes les gammes d'attouchements si l'on peut dire. Mais ce qui m'int&#233;resse dans cette sc&#232;ne en particulier, c'est que c'est une sc&#232;ne diff&#233;r&#233;e. Dans un premier temps, et pendant longtemps, ces femmes n'ont rien dit. Pourquoi ? Dans un premier temps, ces actrices ou aspirantes-actrices ont donc &#171; consenti &#187;. Mais attention ; comme vous le savez, il y a un ab&#238;me entre dire &#171; je veux bien &#187; et dire &#171; je veux &#187;. &#199;a n'a rien &#224; voir. &#171; Je veux &#187;, c'est la formule du sujet d&#233;sirant, qu'il ou elle soit femme ou homme. Si on dit &#171; je veux bien &#187;, cela veut justement dire que l'on ne veut pas vraiment, qu'en fait, on ne veut pas. Quand il s'agit de sc&#232;ne du d&#233;sir, justement on veut l'autre. L'autre sujet. Alors certes, on peut se tromper sur cette personne, &#8212; c'est d'ailleurs g&#233;n&#233;ralement le cas, on ne conna&#238;t pas la v&#233;rit&#233; ou la r&#233;alit&#233; de l'autre, peut-&#234;tre parce qu'il n'y en a pas &#8212; mais cette m&#233;prise est structurelle, ce n'est pas une faute ou une erreur. En tout cas, m&#234;me si l'autre, bien s&#251;r, est l'objet de mon d&#233;sir , c'est un objet que je reconnais et &#224; qui je reconnais sa position de sujet. Quand on consent, on ne consent pas &#224; l'autre, on consent &#224; quelque chose. On &lt;i&gt;veut&lt;/i&gt; un &#171; qui &#187;, mais on &lt;i&gt;consent&lt;/i&gt; &#224; un &#171; quoi &#187;. Ce n'est pas du tout la m&#234;me sc&#232;ne. Donc qu'est-ce qui se passe dans cette sc&#232;ne r&#233;v&#233;l&#233;e par &lt;i&gt;Me too&lt;/i&gt; ? C'est d'une banalit&#233; extr&#234;me et en m&#234;me temps d'une complication extr&#234;me. La m&#234;me chose se passe dans la sph&#232;re de l'universit&#233; aux &#201;tats-Unis (et peut-&#234;tre aussi en France, mais on en parle moins). Beaucoup d'histoires ont lieu entre &#233;tudiantes et profs sur un fond de dissym&#233;trie statutaire. Un prof peut courir apr&#232;s une &#233;tudiante dont l'admiration flatte son ego et rassure sa virilit&#233;. Mais il (ou dans certains cas elle) peut aussi susciter une forme de d&#233;sir, qu'alimente et encourage le transfert dont il ou elle fait l'objet en tant que d&#233;tenteur d'un savoir/pouvoir. Une personne en position de pouvoir (position qui a cependant peu &#224; voir avec la nature et le degr&#233; r&#233;els du pouvoir qu'on lui pr&#234;te) exerce un attrait et suscite une forme de d&#233;sir que la psychanalyse identifie comme un &#171; d&#233;sir du phallus &#187;. Toutes les histoires de ce type qui font l'objet d'une poursuite judiciaire ont la m&#234;me structure : il y a d'abord un rapport &#171; consenti &#187;, et ensuite quelque chose (qui est en rapport avec le r&#233;veil des consciences, les luttes f&#233;ministes, etc.) fait que l'on se r&#233;veille, que l'on revient sur cette histoire et que l'on se dit que c'est insupportable. Cela t&#233;moigne d'une division originelle, si l'on peut dire, de la personne, en l'occurrence des femmes, dans cette sc&#232;ne-l&#224;. Comme je vous le disais tout &#224; l'heure, &#171; je veux &lt;i&gt;bien&lt;/i&gt; &#187;, ce n'est pas &#171; je veux &#187;. Quand je dis &#171; je veux &#187;, j'y vais de tout mon corps et de toute mon &#226;me. Si je dis &#171; je veux bien &#187;, c'est que je ne veux pas. Et ce &#171; je ne veux pas &#187; finit par faire retour, quand une occasion lui en est donn&#233;e. D'une certaine fa&#231;on, c'est ce qui s'est produit avec la sc&#232;ne de &lt;i&gt;Me too&lt;/i&gt;. Pour penser la complication de cette sc&#232;ne de &#171; d&#233;sir &#187;, il faudrait aussi distinguer entre pulsion et d&#233;sir. Pulsion n'a rien &#224; voir avec instinct. Je vous disais tout &#224; l'heure que, quand on veut quelqu'un, on veut un &#171; qui &#187;. Quel que soit d'ailleurs son genre ou son identit&#233;. L&#224;, je parlais du point de vue des femmes. Mais si j'imagine le point de vue de Weinstein, de Strauss-Kahn et autres, il est &#233;vident que dans les passages &#224; l'acte, agressifs, violents, il n'y a pas, en face d'eux, de sujets. C'est de la pulsion sans objet qui se satisfait. L'autre n'existe pas. C'est pour cela que, non seulement il s'agit d'une violence physique, mais aussi d'une violence symbolique extraordinaire. En l'occurrence ici, les autres auxquels les violeurs ont &#224; faire sont des trous dans lesquels s'ab&#238;me et se satisfait la pulsion. Il faut donc distinguer entre passage &#224; l'acte pulsionnel et d&#233;sir. Or tout &#231;a, ce sont des questions que la psychanalyse, qui utilise un vocabulaire pr&#233;cis pour tenter de distinguer pulsion et d&#233;sir par exemple, ou encore de penser ce que c'est qu'un objet de d&#233;sir, peut permettre d'aider &#224; penser. La psychanalyse fournit des outils &#224; cet &#233;gard-l&#224;. Voil&#224; pourquoi je pense, contrairement &#224; certains et certaines, que c'est dommage de s'en priver. Qu'en tous les cas, m&#234;me s'il faut critiquer certains de ses attendus et certain.e.s de ses praticien.ne.s, il faut la lire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du consentement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GABRIELLE :&lt;/strong&gt; Je m'interroge sur ce que vous dites par rapport au &#171; on veut un qui &#187; qui serait la position masculine, disons dans ces affaires r&#233;centes, et o&#249; la femme occuperait la position du &#171; on consent &#224; quelque chose &#187;, en tous les cas dans un premier moment jusqu'&#224; ce qu'il y ait un retour en arri&#232;re en disant finalement : &#171; je ne voulais pas &#187;. J'ai l'impression que, si je repense &#224; quelques-uns des articles que j'ai pu lire sur ces diff&#233;rentes affaires et notamment sur l'affaire Tariq Ramadan, j'ai l'impression que c'est plus complexe que &#231;a. C'est-&#224;-dire que la justice a fait sortir de mani&#232;re horrible et difficile des textos, des mails, etc. Et dans ces textos, il n'y a pas que des &#171; je veux bien &#187;, mais v&#233;ritablement des &#171; je veux &#187;. C'est ce que j'ai pu comprendre de mes lectures et c'est ce qui me perturbe beaucoup. De vraiment pouvoir passer d'un &#171; je veux &#187; &#224; un &#171; en fait, je ne voulais pas &#187;. J'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui se joue dans la signification d'avoir voulu. Une sorte de retour sur soi : &#224; quel endroit est-ce que je me suis mise, au moment o&#249; j'ai voulu et qu'est-ce que &#231;a signifie de moi ? C'est une sorte de retour r&#233;flexif. Qu'est-ce que &#231;a signifie socialement pour moi d'avoir voulu avec lui ? Qui en fait est une sorte d'image de soi qui devient intol&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANNE EMMANUELLE BERGER&lt;/strong&gt; : Dans l'affaire Tariq Ramadan, autant que l'on puisse la comprendre &#224; travers la presse, je dirai que &#231;a pousse tr&#232;s loin, au fond les apories, les difficult&#233;s, les impasses et les complications auxquelles je faisais allusion &#224; l'instant. Mais que c'est quand m&#234;me du m&#234;me ordre. Ce type horrible est un pr&#233;dateur comme on dit. Et donc qu'est-ce qu'il fait ? Il cherche des proies et il en trouve facilement &#224; partir de sa position de pouvoir. Il cumule la position de l'autorit&#233; professorale et la position d'un chef religieux et quasi-politique, il est celui qui transmet la vraie parole dans un contexte qui est aussi un contexte d'adh&#233;sion dogmatique. Quand je dis dogmatique, peu m'importe de quel dogme il s'agit, c'est un constat. On adh&#232;re &#224; une pens&#233;e commune, une religion commune, quelle qu'elle soit. Donc, il y a d&#233;j&#224; ce fond-l&#224;. Il est en position de pouvoirs multiples. Et puis, il fond sur des proies qu'il constitue ou fait semblant de traiter en objet du d&#233;sir. Le probl&#232;me des femmes en r&#233;gime h&#233;t&#233;rosexuel classique, c'est que, comme je le disais plus haut, &#8212; et c'est pour cela que le syst&#232;me a perdur&#233; si longtemps &#8212; dans la mesure o&#249;, pour &#234;tre valoris&#233;e comme femme dans un monde d'hommes (ou disons dans un monde dans lequel les femmes jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment ont &#233;t&#233; des objets d'&#233;changes et de convoitise), pour &#234;tre valoris&#233;e comme femme, donc, et pour se valoriser comme femme aussi, il faut qu'elles adoptent elles-m&#234;mes subjectivement la position d'objet de d&#233;sir. Les voil&#224; constitu&#233;es de mani&#232;re tr&#232;s brutale comme objet de d&#233;sir. C'est tr&#232;s difficile pour ces femmes qui ne sont pas des f&#233;ministes, qui manquent de ressources critiques et r&#233;flexives, et qui peut-&#234;tre aussi ont une vie sexuelle assez pauvre, parce qu'en partie interdite, de r&#233;sister &#224; l'interpellation, &#224; leur apparente &#233;lection. Donc elles sont s&#233;duites, litt&#233;ralement, par la s&#233;duction qu'elles croient exercer sur celui qui leur dit &#171; je te veux &#187;. Et d&#232;s lors elles sont accroch&#233;es. C'est &#231;a le phallocentrisme. C'est-&#224;-dire qu'elles sont aimant&#233;es ou attir&#233;es d'elles-m&#234;mes, de leur propre chef en apparence. Sauf que, bien s&#251;r, ce type est une ordure. La sc&#232;ne telle qu'elles la racontent s'av&#232;re d'une violence extr&#234;me et donc on peut imaginer que, alors m&#234;me qu'elles &#233;taient accroch&#233;es, hame&#231;onn&#233;es, et que leur &#233;lection par ce chef charismatique avait suscit&#233; chez elles une r&#233;ponse d&#233;sirante, une r&#233;ponse amoureuse jusqu'&#224; un certain point, il y a eu un moment o&#249; le d&#233;sagr&#233;ment, sinon le d&#233;sagr&#233;gement subjectif, l'a emport&#233; sur le b&#233;n&#233;fice de se conformer &#224; la position classique d'objet de d&#233;sir, supportable, peut-&#234;tre m&#234;me agr&#233;able, lorsqu'on vous reconnait aussi une place ou une fonction de sujet. &#192; un certain moment , c'est devenu insupportable pour ces femmes. Je ne sais plus si les premi&#232;res d&#233;nonciations datent d'avant &lt;i&gt;Me too&lt;/i&gt; ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GABRIELLE&lt;/strong&gt; : Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANNE EMMANUELLE BERGER&lt;/strong&gt; : &#199;a a d&#251; &#234;tre extr&#234;mement difficile. D'autant plus dans un contexte o&#249; se tient un discours de n&#233;cessaire soumission des femmes. Il leur a fallu, &#224; mon avis, beaucoup de courage. C'est un parcours long et difficile pour parvenir &#224; penser leur situation. Et donc, &#224; un moment, de pouvoir dire &#171; stop c'est insupportable &#187;, c'est-&#224;-dire de reconna&#238;tre que le b&#233;n&#233;fice classiquement tir&#233; de l'adoption de la position d'objet de d&#233;sir et de la recherche m&#234;me de cette position peut s'effacer devant le dommage psychique subi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GABRIELLE&lt;/strong&gt; : Mais du coup, le b&#233;n&#233;fice ne peut &#234;tre calcul&#233; qu'apr&#232;s, d'une certaine fa&#231;on. Ce qui d&#233;place compl&#232;tement la question par rapport au consentement. Ou en tout cas, le consentement ne permet plus de se poser cette question-l&#224;. C'est-&#224;-dire que si je dis tout &#224; fait &#171; oui &#187; au moment o&#249; il y a un acte sexuel et qu'ensuite je fais un calcul pour voir si en fait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANNE EMMANUELLE BERGER&lt;/strong&gt; : Ce n'est pas un calcul conscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GABRIELLE&lt;/strong&gt; : Oui bien s&#251;r. Mais si c'est dans un second temps que je peux &#233;valuer dans quelle mesure est-ce qu'&#234;tre objet du d&#233;sir &#233;tait quelque chose qui m'a plu, qui subjectivement me convient ou ne me convient pas, ce n'est plus la question de savoir si j'ai consenti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANNE EMMANUELLE BERGER&lt;/strong&gt; : Si je comprends bien ce que vous &#234;tes en train de dire, et j'en serais assez d'accord, c'est que la probl&#233;matique du consentement n'est pas suffisante. On parle beaucoup aujourd'hui de la n&#233;cessit&#233; du consentement, y compris sous une forme contractuelle a priori, etc. Je pense comme vous que ce n'est pas suffisant pour penser la complexit&#233; de ces sc&#232;nes-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie non-exhaustive :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BERGER Anne Emmanuelle, &lt;i&gt;Le Grand th&#233;&#226;tre du genre&lt;/i&gt; (2013)&lt;br class='autobr' /&gt;
BUTLER Judith, &lt;i&gt;Trouble dans le genre&lt;/i&gt; (1990)&lt;br class='autobr' /&gt;
DE BEAUVOIR Simone, &lt;i&gt;Le Deuxi&#232;me Sexe&lt;/i&gt; (1949)&lt;br class='autobr' /&gt;
DE LAURETIS Teresa, &lt;i&gt;Th&#233;ories queer et cultures populaires&lt;/i&gt; (2007)&lt;br class='autobr' /&gt;
FOUCAULT Michel, &lt;i&gt;Histoire de la sexualit&#233; vol.1&lt;/i&gt; (1976)&lt;br class='autobr' /&gt;
FREUD Sigmund, &lt;i&gt;Trois essais sur la th&#233;orie sexuelle&lt;/i&gt; (1905)&lt;br class='autobr' /&gt;
GOFFMAN Erving, &lt;i&gt;La mise en sc&#232;ne de la vie quotidienne&lt;/i&gt; (1956)&lt;br class='autobr' /&gt;
KOSOFSKY SEDGWICK Eve, &lt;i&gt;Epist&#233;mologie du placard&lt;/i&gt; (1990)&lt;br class='autobr' /&gt;
RUBIN Gayle, &lt;i&gt;The Traffic in women&lt;/i&gt; (1975)&lt;br class='autobr' /&gt;
SCOTT Joan, &lt;i&gt;Le genre, une cat&#233;gorie utile de l'analyse historique&lt;/i&gt; (1986)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mais aussi Kimberl&#233; Crenshaw dont les ouvrages ne sont pas traduits...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ESPRIT DU 8 MARS</title>
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		<dc:date>2020-03-28T19:26:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>diva</dc:creator>


		<dc:subject>Reportage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Micro-trottoir r&#233;alis&#233; lors de la manifestation du 8 mars &#224; Rennes : une nouvelle charge politique &#224; la journ&#233;e des droits des femmes&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/-TROIS-" rel="directory"&gt;TROIS&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/arton29.jpg?1731403047' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous &#233;tions &#224; Rennes pour la journ&#233;e du 8 mars, pour la journ&#233;e internationale des droits des femmes. Depuis deux ans, cette journ&#233;e prend un tour plus offensif, plus politique. Le mouvement de masse de lib&#233;ration des mots, des langues et de la parole Me too a permis de donner un puissant &#233;cho aux f&#233;minismes. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Toutes ensemble &#187;, ici, ne signifie pas nier les diff&#233;rences ou arrondir les d&#233;saccords. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et en effet, ce grand moment collectif est original pour deux raisons :&lt;br class='autobr' /&gt;
D'une part, il transcende les cat&#233;gories.&lt;br class='autobr' /&gt;
la R&#233;volution (destituer les normes, destituer l'&#201;tat),&lt;br class='autobr' /&gt;
se battre pour ses id&#233;es (faire reculer l'&#233;tranget&#233; et l'impartageable),&lt;br class='autobr' /&gt;
l'intelligence collective (strat&#233;gie et communication des luttes),&lt;br class='autobr' /&gt;
la d&#233;termination face &#224; la police (tactiques et pratiques de rue),&lt;br class='autobr' /&gt;
n'appartiennent pas aux hommes jeunes du cort&#232;ge de t&#234;te, mais &#224; toutes : riche, juv&#233;nile, noire, vieille, fran&#231;aise, pauvre ou racis&#233;e. Il y a de la pl&#232;be dans toutes les classes, un esprit de r&#233;volte dans toutes les cat&#233;gories. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, l'originalit&#233; de l'&#233;v&#232;nement tient &#224; comment chacune est venue. &#192; sa pr&#233;sence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est ni une manifestation o&#249; l'on proteste avec les pieds, ni une manifestation-pr&#233;texte pour esp&#233;rer allumer une quelconque m&#232;che. Pour ce rassemblement, seule ou en groupe, chacune s'est organis&#233;e pour pr&#233;parer quelque chose avec des intentions et une r&#233;flexion sur ce qui allait se d&#233;rouler l&#224;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et le r&#233;sultat est &#224; la hauteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chacune se laisse toucher au-del&#224; d'elle-m&#234;me, se laisse traverser par celles qui l'entourent, se laisse aller &#224; des id&#233;es qui ne sont d'ordinaire pas les siennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; ELLE EST &#192; NOUS &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_46 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/1.jpg?1731402992' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_111 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-111 &#034; data-id=&#034;d0cb9505718327ecc203d91f0884052a&#034; src=&#034;IMG/mp3/1.elle_est_a_nous.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:74}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_73 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/31.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/31.jpg?1731403000' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CLARA ET SES AMIES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_93 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/46.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/46.jpg?1731403003' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_112 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-112 &#034; data-id=&#034;89581cccce866ff97eba1745f501a8a3&#034; src=&#034;IMG/mp3/2._clara_et_ses_copines.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:122}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_66 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/21.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/21.jpg?1731402998' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Clara&lt;/strong&gt; : moi je m'appelle Clara. J'ai 21 ans, je suis &#233;tudiante. Et je trouve que c'est important d'&#234;tre l&#224; parce qu'on se bat &#224; la fois pour nos droits, pour l'&#233;galit&#233;, mais aussi pour contrer les violences sexistes et sexuelles parce qu'on a toutes de pr&#232;s ou de loin un lien avec ces violences-l&#224;. Je trouve que c'est important de se bouger malgr&#233; la pluie pour montrer que l'on est l&#224; et qu'on se battra jusqu'au bout. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Manon&lt;/strong&gt; : moi c'est Manon. J'ai 20 ans. Et je suis &#233;tudiante comme Clara. Et je pense que oui, c'est important de venir ici et de marcher avec tout le monde pour pouvoir montrer que l'on va se battre et que l'on a besoin d'&#233;galit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Lucile&lt;/strong&gt; : Moi c'est Lucile, j'ai 20 ans. Je suis &#233;tudiante &#233;galement. Je trouve &#231;a important de venir ici aujourd'hui en fait et de se rendre compte qu'il y a des femmes et aussi des hommes et je trouve &#231;a important qu'il y ait les deux sexes qui soient pr&#233;sents pour cette marche. Pour montrer que l'&#233;galit&#233; est n&#233;cessaire et qu'&#224; un moment il faut se bouger.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ga&#235;lle&lt;/strong&gt; : moi je m'appelle Ga&#235;lle, j'ai 21 ans et je trouve que c'est important de montrer que l'on est l&#224; tous ensemble pour se mobiliser pour la m&#234;me cause et essayer de faire bouger les choses.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Marie&lt;/strong&gt; : je m'appelle Marie, j'ai 21 ans, &#233;tudiante aussi. Je trouve que l'on a la chance l&#224; de toutes recevoir une &#233;ducation et en fait c'est pour repr&#233;senter les femmes qui n'ont pas cette chance et qui n'ont pas le droit de manifester aujourd'hui. Autant &#234;tre l&#224; nombreuses et nombreux et montrer que tout est possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;lodie&lt;/strong&gt; : il n'y a plus grand-chose a dire. Eh bien du coup je m'appelle &#201;lodie, j'ai 20 ans. Comme l'ont d&#233;j&#224; dit les filles, c'est important que l'on soit l&#224; pour se battre pour nos droits et pour les femmes qui n'ont pas forc&#233;ment la chance de se battre pour les leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RENNES EN COMMUN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_57 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/12.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/12.jpg?1731402995' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_113 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-113 &#034; data-id=&#034;5d3aafbbdd5eda3a98fcd5a8515a2b14&#034; src=&#034;IMG/mp3/3._enora_le_pape.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:116}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_67 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/22.jpg?1731402998' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;lisabeth&lt;/strong&gt; : moi c'est &#201;lisabeth. Je suis candidate pour les municipales sur la liste rennes en commun et on a notre t&#234;te de liste qui est l&#224;. Donc on est l&#224; pour la journ&#233;e internationale de lutte pour les droits des femmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Enora&lt;/strong&gt; : bonjour moi c'est Enora le Pape en effet je suis t&#234;te de liste de Rennes en Commun. Pourquoi nous sommes l&#224; ? Et bien d&#233;j&#224; parce que...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Alice&lt;/strong&gt; : on est des femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Enora&lt;/strong&gt; : oui et bien voil&#224;, il y a encore &#233;norm&#233;ment de choses &#224; faire pour qu'il y ait cette &#233;galit&#233; femme-homme : premi&#232;rement on est aussi contre le projet de r&#233;forme des retraites de Mr Macron qui va encore plus pr&#233;cariser les femmes. Mais aussi, il faut mettre le paquet contre la violence faite aux femmes. Notamment avec des centres ouverts, donc c'est ce que nous voulons mettre aussi sur la municipalit&#233; pour que chaque femme puisse avoir un endroit o&#249; on l'&#233;coute, o&#249; elle puisse se r&#233;fugier, etc. Et aussi il faut penser &#224; tout ce qui est &#233;galit&#233; des salaires et nous, nous serons une municipalit&#233; exemplaire l&#224;-dessus. Nous travaillerons avec nos collaborateurs et collaboratrices au sein de la municipalit&#233; pour qu'il y ait une v&#233;ritable &#233;galit&#233; femme-homme au sein de la municipalit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Alice&lt;/strong&gt; : et on peut rajouter que l'on est l&#224; aussi pour danser, pour chanter ensemble et solidaire avec toutes les femmes parce que l'on est des femmes, mais avec les hommes qui soutiennent les femmes aussi parce que c'est important et on ne fera jamais sans eux. Et voil&#224;, nous l&#224; on va chanter la flash mob &#034;&#224; cause de Macron&#034; avec les filles d'Attac. Voil&#224; et moi je suis Alice.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Laure&lt;/strong&gt; : je suis Laure, troisi&#232;me de liste de la liste Rennes en commun. Je suis sur la liste parce que citoyenne engag&#233;e c'est mon premier engagement politique et je suis super fi&#232;re de faire ce 8 mars aujourd'hui avec la liste, les femmes, les hommes, tous les rennais et les rennaises, c'est cool.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VIRGINIE DESPENTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_143 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5301.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5301.jpg?1731403021' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_114 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-114 &#034; data-id=&#034;3f342faefaee6fc79aab78982a4c694d&#034; src=&#034;IMG/mp3/4.virginie_despentes.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:10}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#034;Une vision du monde, un choix. Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DANCEFLOOR &amp; ANONYMAT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_54 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/9.jpg?1731403006' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-118 &#034; data-id=&#034;c3b83931d7df592e53327d755216617b&#034; src=&#034;IMG/mp3/5.workshopmg.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:112}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5494.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5494.jpg?1731403022' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On n'est pas en collectif, c'est une action plut&#244;t autonome. Une r&#233;union de meufs plut&#244;t au d&#233;but dans le champ des arts visuels, mais c'est pas important. Et on avait envie, on s'&#233;tait pas mal pos&#233; la question de la danse dans les moments de luttes, de mouvements, de contre-pouvoir aussi bien de mani&#232;re perso ou amicale, aussi avec les filles de la Maison de la Gr&#232;ve qui ont une sono pour les manifs et on s'est dit que ce serait chouette de faire un dancefloor pour le 8 mars. Et on a collect&#233; pendant trois semaines en amont, en mixit&#233; choisie, on a demand&#233; aux gens c'&#233;tait quoi le morceau qui leur donnait le plus de courage. Voil&#224; donc on a fait une rosse playlist collaborative, l&#224; il y en a une petite partie, il y a deux cents morceaux qui sont disponibles sur YouTube, il y a une playlist YouTube. Et le workshop d'hier c'est associ&#233; a cette question du corps, de la femme, des minorit&#233;s sexuelles dans la rue, le droit aussi &#224; l'anonymat, le droit &#224; se recouvrir pour des questions religieuses ou politiques allant des femmes voil&#233;es jusqu'aux &#233;meuti&#232;res. Puisque c'est des sujets qui sont peu abord&#233;s aussi, la question de la violence f&#233;minine, du droit &#224; la violence manifeste dans l'espace public. Voil&#224; on a vu aussi avec le mouvement des gilets jaunes, il y a vachement de femmes. C'est nouveau en fait. M&#234;me dans les mouvements qui sont assez violents. Donc c'&#233;tait s'interroger l&#224;-dessus et &#234;tre dans cette id&#233;e entre un geste de f&#234;te qui est celui de se parer et un geste de lutte qui est celui d'avoir une armure. C'est la question de la lutte parce que c'est pas une promenade du dimanche aujourd'hui, c'est quand m&#234;me une lutte. Mais qu'elle soit d&#233;sirable, qu'elle soit festive, qu'elle soit joyeuse. On ne veut pas un truc mortif&#232;re. Que ce soit bien clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ON SE L&#200;VE ET ON SE CASSE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_47 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/2.jpg?1731402998' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_119 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-119 &#034; data-id=&#034;61c98968c8e246d2360692b0a3e75317&#034; src=&#034;IMG/mp3/6.on_se_leve_et_on_se_casse.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:33}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/42.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/42.jpg?1731403003' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors il y a marqu&#233; : &#034;on se l&#232;ve et on se casse&#034; c'est bien s&#251;r une r&#233;f&#233;rence au texte de Despentes sorti sur Lib&#233; il y a une semaine maintenant et je pense que c'est en train de devenir une esp&#232;ce de slogan qui peut &#224; la fois parler aux f&#233;ministes, mais aussi comme l'a fait Despentes parler aux gilets jaunes, parler a tous les gens qui sont dans la rue depuis d&#233;j&#224; plus d'un an ou depuis le 5 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA MOBILISATION NE S'ARR&#202;TE PAS L&#192;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_55 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/10.jpg?1731402992' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-120 &#034; data-id=&#034;d20c6ae5da50837660c58d7f8ed1c7f8&#034; src=&#034;IMG/mp3/7.critique_seule_date.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:91}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/17.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/17.jpg?1731402996' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_90 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/43.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/43.jpg?1731403003' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Moi je suis &#233;tudiante en sociologie et je travaille avec les enfants, je trouve que c'est important d'&#234;tre ici parce que c'est une grosse journ&#233;e en termes de lutte f&#233;ministe. Apr&#232;s, j'ai toujours un peu du mal avec ce truc-l&#224; parce que &#231;a fait un peu LA date de l'ann&#233;e f&#233;ministe et apr&#232;s tout le monde remballe. Mais bon tant qu'il y a d'autres choses qui se produisent &#224; c&#244;t&#233;, c'est le plus important, je pense. Voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi je suis un peu dans la m&#234;me optique que ma pote. J'appr&#233;hende toujours un peu parce que j'ai l'impression que c'est le gros jour ou l'on concentre tout et qu'apr&#232;s il ne se passera plus grand-chose et qu'on oubliera un peu le truc. Et une fois que le truc des C&#233;sars sera retomb&#233;, j'ai l'impression que &#231;a va retomber dans l'oubli. Et j'ai un peu du mal avec le fait qu'il y a un parcours d&#233;fini et que l&#224; pour l'instant c'est open bar pour aller dans le centre et que l&#224; on va faire un vieux tour syndical pr&#233;vu. Mais je me dis que c'est l'occaz de capter plein, plein de gens et le fait de voir qu'il y a du monde c'est quand m&#234;me assez cool. &#199;a veut dire que mine de rien les gens se bougent quand il y a des dates importantes m&#234;me si c'est un dimanche et m&#234;me s'il flotte. J'esp&#232;re que les vraies questions seront abord&#233;es comme le syst&#232;me h&#233;t&#233;rosexuel point&#233; du doigt et &#231;a c'est quand m&#234;me toujours le dernier rempart un peu compliqu&#233; &#224; abattre. J'esp&#232;re que ce sera l'amorce pour &#231;a cette ann&#233;e. Belle ann&#233;e 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; AUSSI GRANDE QUE MA GUEULE &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_77 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/33.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/33.jpg?1731403000' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-121 &#034; data-id=&#034;eb95fab28611883d40549054a717175c&#034; src=&#034;IMG/mp3/8.chanson__aussi_grand_que_ma_gueule_.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:29}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/13.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/13.jpg?1731402995' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;POUR LES FEMMES D'AILLEURS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/14.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/14.jpg?1731402995' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_122 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_92 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/45.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/45.jpg?1731403003' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;oise&lt;/strong&gt; : bonjour. Moi je suis venu pour les femmes. Je suis venue pour Amnesty International parce qu'il y a effectivement des femmes d'Arabie Saoudite qui souffrent de leur statut de femmes actuellement et que l'on veut soutenir et je suis venu aussi pour chanter parce qu'il y a un groupe de femmes qui chante, voil&#224; pour tout &#231;a, malgr&#233; le mauvais temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi je suis venue pour les femmes, je chante &#233;galement avec des femmes. Je suis contente de participer &#224; cette journ&#233;e internationale pour le droit des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ACT AND REACT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_72 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/27.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/27.jpg?1731402999' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_123 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-123 &#034; data-id=&#034;71555773984ef6c883cfe38c31f5b2c3&#034; src=&#034;IMG/mp3/10.elise_act_and_react.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:71}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5362.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5362.jpg?1731403021' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;lise&lt;/strong&gt; : alors moi c'est &#201;lise. Pourquoi je suis l&#224; aujourd'hui ? J'ai envie de te dire, moi, pour...il y a trop de choses &#224; dire. J'ai envie de dire : pour la libert&#233; de l'expression, pour &#234;tre visible en fait et dire, que par exemple, vas-y qu'ils mettent leurs couilles sur la table, on se l&#232;ve, on se casse, on gueule, on vous emmerde pour dire &lt;i&gt;act and react&lt;/i&gt;. Tu as le droit de prendre de d&#233;cision et d'avoir des &#233;motions c'est pas incompatible. Et puis, on est l&#224; toutes parce que, sans faire de g&#233;n&#233;ralisation, on a toutes v&#233;cu des violences &#224; un moment donn&#233; qui sont li&#233;es au patriarcat. Et c'est un jour ou ensemble on peut montrer que l'on est une masse en fait et que l'on compte. Pleins de raisons. Moi je fais &#231;a pour mon &#233;mancipation, ma libert&#233;, mon expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;GALIT&#201; ENTRE LES GENRES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_60 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/15.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/15.jpg?1731402996' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_124 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-124 &#034; data-id=&#034;45aecbf83d6f04379903ef41f658365d&#034; src=&#034;IMG/mp3/11.egalit___parfaite.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:55}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_71 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/26.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/26.jpg?1731402998' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On est l&#224; pour l'&#233;galit&#233; entre les genres, l'&#233;galit&#233; parfaite, en fait et plus juste dire que le f&#233;minisme c'est se battre pour &#233;craser les mecs, mais juste faire en sorte que l'on soit tous &#224; &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, que l'on soit comme eux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah non pas comme eux, &#224; &#233;galit&#233;, vraiment. &#199;a suffit qu'ils ne prennent pas conscience de ce qui se passe et que ce soit encore &#224; nous de prendre encore en charge le fait que l'on doive se battre pour l'&#233;galit&#233; et qu'eux ne le prennent pas en charge. Qu'est-ce qu'ils ont eux dans leur comportement qui font cette domination ? C'est le moment l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#201;MOIGNAGE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5373.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5373.jpg?1731403022' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_125 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-125 &#034; data-id=&#034;c92215ccea351cf0208feed7e25e7cf7&#034; src=&#034;IMG/mp3/12.victime_d_agression.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:57}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_75 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/29.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/29.jpg?1731402999' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Flavie&lt;/strong&gt; : bonjour moi je m'appelle Flavie j'ai &#233;t&#233; victime de d&#233;but de viol et de harc&#232;lement sexuel, moral et d'agression physique. L'association PARLER est une association de victimes ouverte aux hommes et aux femmes qui ont subi des agressions physiques et sexuelles qui se trouve sur internet et dans plusieurs villes de France. 3919 est une bonne association aussi qui permet d'&#234;tre dirig&#233; au niveau juridique et d'avoir un soutien psychologique pour toutes les d&#233;marches. Il y a &#233;galement SOS victimes qui permet &#233;galement d'avoir un soutien juridique qui est tr&#232;s bien &#233;galement. Il faut continuer de se battre, il faut continuer d'y croire. Les pourris en prison. Victime devant, debout. Moi je suis victime, je suis debout m&#234;me si c'est dur, je me fais entourer de femmes et c'est important. Et les machos pas de quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA VRAIE &#201;GALIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_50 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/5.jpg?1731403004' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_126 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-126 &#034; data-id=&#034;aae58fc0a137f3e13b86fb5affbaaae1&#034; src=&#034;IMG/mp3/13.la_vrai_egalite.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:24}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_74 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/30.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/30.jpg?1731403000' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La vraie &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a veut dire quoi la vraie &#233;galit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie &#233;galit&#233; ? L'&#233;galit&#233; des salaires, l'&#233;galit&#233; de traitement, la fin des violences faites aux femmes. Il y a plein de raisons d'&#234;tre ici aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De r&#233;affirmer le droit des femmes qui sont des &#234;tres humains &#224; part enti&#232;re. On sait m&#234;me qu'elles ont une &#226;me depuis quelques dizaines d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MUSIQUE KURDE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5365-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5365-3.jpg?1731403022' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_127 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-127 &#034; data-id=&#034;70e52b82d192e0caeab73653814be1fb&#034; src=&#034;IMG/mp3/14.musique_kurde.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:17}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_61 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/16.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/16.jpg?1731402996' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LOI AVIA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_80 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/36.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/36.jpg?1731403001' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_128 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-128 &#034; data-id=&#034;d68c7c4b272f33549148b32b182a73d7&#034; src=&#034;IMG/mp3/15.prostitution.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:36}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5447.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5447.jpg?1731403023' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e il y a la loi Avia qui est pass&#233;e et qui p&#233;nalise les prostitu&#233;s alors que jusque l&#224;, seulement les clients des prostitu&#233;s &#233;taient p&#233;nalis&#233;s et qui p&#233;nalise les prostitu&#233;s &#224; trois fois plus que la p&#233;nalisation des clients. C'est un &#233;norme probl&#232;me en termes de pr&#233;carit&#233; pour les personnes TDS de France . Depuis la loi SESTA et FOSTA aux &#201;tats-Unis c'est une grosse gal&#232;re. Beaucoup de TDS qui jusque l&#224; travaillaient sur internet doivent descendre dans la rue. C'est beaucoup de personnes trans, c'est beaucoup de personnes qui sont tr&#232;s pr&#233;caires, beaucoup de personnes racis&#233;es, beaucoup de personnes qui ne parlent pas forc&#233;ment la langue . Abolir la prostitution en France c'est oublier une r&#233;alit&#233; et mettre en danger des milliers de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DISCRIMINATIONS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_88 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/41-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/41-2.jpg?1731403002' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_129 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-129 &#034; data-id=&#034;5339ae05ba99b6ebe15aad8a41aaf5d3&#034; src=&#034;IMG/mp3/16.discrimination.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:29}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_53 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/8.jpg?1731403006' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Eh bien je voulais juste dire qu'aujourd'hui, des fois, on pense que les anciennes discriminations, entre guillemets, ont un peu disparu, que le monde est plus ouvert, et en fait, ce n'est pas du tout le cas. Il y a encore beaucoup de personnes qui souffrent. Toujours les m&#234;mes oppressions, toujours le sexisme, toujours l'homophobie, toujours la transphobie, toujours la misogynie et toujours le racisme. Et &#231;a ne bouge pas. Et nous, on veut que &#231;a bouge et c'est pour &#231;a qu'on est l&#224; aujourd'hui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_85 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/38.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/38.jpg?1731403001' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_130 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-130 &#034; data-id=&#034;7dcc8a2494d992b06a95c7b3fb0880d7&#034; src=&#034;IMG/mp3/17.babacar.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:197}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/11.jpg?1731402994' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je suis une femme. Si je suis l&#224; aujourd'hui en tant qu'une maman, en tant que m&#232;re, c'est pour &#231;a que je suis l&#224;, pour cette manifestation sur le droit des femmes. Si je suis l&#224;, je milite aussi en tant que s&#339;ur de Babacar Gueye qui a &#233;t&#233; assassin&#233; au quartier Maurepas &#224; Rennes le 3 d&#233;cembre 2015. Je suis l&#224; avec le collectif justice v&#233;rit&#233; pour Babacar. On lutte ensemble. Ce n'est pas facile parce qu'on est nombreux en tant que familles victimes, on est plusieurs femmes qui luttent contre les violences polici&#232;res, contre le racisme d'&#201;tat. Je suis l&#224; en tant que femme noire, de lutter depuis 2015. Mon fr&#232;re a &#233;t&#233; assassin&#233; parce qu'il est noir. Et c'est un racisme d'&#233;tat. L'&#201;tat fran&#231;ais est raciste. Les maniaques qui ont assassin&#233; mon fr&#232;re ce n'est pas normal. Parce qu'une personne qui fait une crise d'angoisse m&#233;rite d'avoir du soutien et m&#233;rite d'avoir de l'aide. Mais ce n'est pas le cas de Babacar. Babacar, il avait 27 ans. On l'a assassin&#233; de 5 balles. Apr&#232;s les 5 balles, on l'a menott&#233; au sol et ce n'est normal. Le policier qui a assassin&#233; mon fr&#232;re a demand&#233; une mutation dans une autre commune et on l'a mut&#233; dans une autre commune. Les armes utilis&#233;es sur mon fr&#232;re qui sont dans les scell&#233;s, ils ont dit qu'elles avaient &#233;t&#233; d&#233;truites par erreur. Moi je demande en tant que femme, en tant que m&#232;re, en tant que femme noire qui lutte pour la v&#233;rit&#233; pour mon fr&#232;re je me disais : s'ils ont raison les armes n'ont pas a dispara&#238;tre je vous demande aussi si ce policier a le droit ou non de demander une mutation ? MERCI pour votre patience&lt;br class='autobr' /&gt; Je vous rappelle &#224; tous parce que l'on a organis&#233; une manifestation le 14 mars &#224; Paris, on a organis&#233; des covoiturages qui partaient d'ici, &#224; Rennes jusqu'&#224; Paris, tous ensemble le 14 MARS&lt;br class='autobr' /&gt; PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FEMMES KURDES ET DU MONDE ENTIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5366.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/img_5366.jpg?1731403022' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_131 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-131 &#034; data-id=&#034;7b39e48cd8999a1aaed79fbc731503d2&#034; src=&#034;IMG/mp3/18.femmes_kurdes.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:227}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_70 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/25.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/25.jpg?1731402998' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des ann&#233;es auparavant en Am&#233;rique, on veut continuer, en soutien ce que les femmes nous ont l&#233;gu&#233;. On soutient leur combat et on continue en fait aujourd'hui pour dire : on ne vous a pas oubli&#233;, on continue dans le m&#234;me chemin. Au jour d'aujourd'hui le monde entier a vu les femmes du Rojava, les combattantes kurdes contre Daesh et on est l&#224; aussi pour repr&#233;senter les femmes kurdes. Aujourd'hui le combat des femmes kurdes, parce que les femmes du Rojava c'est le r&#234;ve de tout le monde d'&#234;tre comme une femme du Rojava parce qu'elle est libre et elles combattent contre le terrorisme et l'injustice et nous aujourd'hui on est ici pour les repr&#233;senter. Il n'a pas que de la violence masculine, c'est n'est pas que le p&#232;re, le mari, le fr&#232;re, c'est aussi une violence politique. Parce que le syst&#232;me, c'est encore l'homme, c'est un homme encore qui est derri&#232;re ce syst&#232;me-l&#224;. Aujourd'hui ce probl&#232;me-l&#224; n'est pas que le probl&#232;me des femmes kurdes ou fran&#231;aises ou africaines, c'est le probl&#232;me de toutes les femmes. Aujourd'hui on est l&#224; pour repr&#233;senter toutes les femmes du monde, pour la libert&#233; des femmes. On les repr&#233;sente toute. Et aujourd'hui on est l&#224; pour manifester pour justement d&#233;montrer que nous les femmes on va changer le monde, et nous changerons le monde les femmes. Notre slogan c'est en kurde : JIN JIYAN AZADI ce qui signifie : la femme, la vie, la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANTIPATRIARCAT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_51 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/6.jpg?1731403005' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FAITES DU BRUIT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ET LA RUE ELLE EST &#192; QUI ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SO, SO, SOLIDARIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_78 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/34.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/34.jpg?1731403001' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
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		<title>Bisexualit&#233; et antif&#233;minisme</title>
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		<description>&lt;p&gt;&#171; Ce qui inqui&#232;te c'est donc d'abord le caract&#232;re &#171; sans essence &#187; du f&#233;minin et du masculin que d&#233;crit la psychanalyse mais c'est aussi, et surtout, la possibilit&#233; que le f&#233;minin l'emporte sur le masculin. &#187;&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En s'int&#233;ressant &#224; la formation de l'antif&#233;minisme dans la modernit&#233; viennoise (fin XIXe/d&#233;but XXe), on s'aper&#231;oit de similitudes de pens&#233;es avec notre &#233;poque qui voit s'intensifier les critiques r&#233;actionnaires face au progressisme sur les questions de genre et de sexualit&#233;s. &#192; ces deux &#233;poques est formul&#233;e la notion de &#171; crises de la masculinit&#233; &#187; par ceux-l&#224; m&#234;mes qui se sentent menac&#233;s par la d&#233;valuation du masculin au profit du f&#233;minin : Otto Weininger, figure intellectuelle de cette r&#233;action, &#233;crit &lt;i&gt;Sexe et caract&#232;re &lt;/i&gt;en 1903. Sa pens&#233;e de l'antif&#233;minisme s'appuie sur le concept psychanalytique de bisexualit&#233; qui commen&#231;ait &#224; &#234;tre en vogue &#224; l'&#233;poque. Cet article propose une historicisation et une probl&#233;matisation de ces deux notions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nota bene : Le terme &#034;bisexualit&#233;&#034; est ici discut&#233; dans son usage psychanalytique, c'est-&#224;-dire dans son usage scientifique qui s'&#233;labore entre la fin du 19&#232;me si&#232;cle et le d&#233;but du 20&#232;me. Ses d&#233;finitions diff&#232;rent de l'acception actuelle de la bisexualit&#233; comme attirance sexuelle pour les sexes masculin et f&#233;minin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Toute la &#171; S&#233;cession &#187; qui met au-dessus des autres les femmes grandes, aux hanches &#233;troites et &#224; la poitrine plate, l'extension du dandysme et de l'homosexualit&#233; caract&#233;rise notre temps qui est le plus juif et le plus eff&#233;min&#233; de tous les temps. Une &#233;poque qui exprime son essence dans des sentiments vagues, ind&#233;cis et changeants, et dont l'inconscient est devenu la philosophie, manifeste qu'elle n'est inspir&#233;e par aucun grand homme. Cette recherche de la sonorit&#233; purement sentimentale, ce m&#233;pris du concept et de la clart&#233; rel&#232;vent d'un style &#233;minemment f&#233;minin. La pens&#233;e masculine se distingue par le besoin de formes s&#251;res et cet art &#171; impressionniste &#187; est justement un art sans forme. &#187; &lt;strong&gt;Otto Weininger, in Sexe et caract&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La question de la &#171; f&#233;minisation &#187; du monde, des rapports sociaux et des hommes, s'appuie sur le concept de &#171; bisexualit&#233; &#187; d&#233;velopp&#233; par Sigmund Freud en tant que &#171; alternance r&#233;p&#233;t&#233;e d'&#233;poques o&#249; pr&#233;domine tant&#244;t la virilit&#233;, tant&#244;t la f&#233;minit&#233; &#187; observable dans certaines existences. Les tendances plus ou moins f&#233;minines ou masculines chez un individu sont donc l'&#339;uvre d'une &#233;poque et l'on peut en trouver des &#233;manations dans l'Art, dans la Mode, dans le Sport, dans l'&#201;ducation, etc. Le trouble suscit&#233; par la d&#233;s-essentialisation du f&#233;minin par rapport au corps &#171; femelle &#187; et du masculin au corps &#171; m&#226;le &#187;, d&#233;couverte de la psychanalyse, fait &#233;cho bien &#233;videmment au trouble dans le genre d&#233;velopp&#233; par la pens&#233;e &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt;, trouble &#233;tendu &#224; la sexualit&#233;, c'est-&#224;-dire aux choix d'objets sexuels (h&#233;t&#233;rosexualit&#233;, homosexualit&#233;, asexualit&#233;, bisexualit&#233;, etc.). Ce qui inqui&#232;te c'est donc d'abord le caract&#232;re &#171; sans essence &#187; du f&#233;minin et du masculin que d&#233;crit la psychanalyse mais c'est aussi, et surtout, la possibilit&#233; que le f&#233;minin l'emporte sur le masculin. Si l'enjeu n'est pas d&#233;mographique (il n'y a pas de majorit&#233;-homme ni de majorit&#233; femme), il est donc culturel et moral et c'est le nerf de la guerre. Les &#171; crises &#187; naissent de cette derni&#232;re crainte, lorsque l'homme se sent menac&#233; par les femmes et par la femme &lt;i&gt;en lui&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, nous chercherons &#224; d&#233;finir et &#224; probl&#233;matiser la notion de bisexualit&#233; originaire, qu'elle soit biologique ou psychique. Il s'agira de comprendre les &#233;carts entre les diff&#233;rentes conceptions de la bisexualit&#233; mais &#233;galement de commencer &#224; amorcer une lecture critique de ces concepts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un deuxi&#232;me temps, nous entrerons dans l'exploration de l'antif&#233;minisme de Otto Weininger (1880-1903), juif antis&#233;mite qui se sentait menac&#233; par la f&#233;minisation de la culture. Nous verrons qu'il d&#233;veloppe sa haine de la f&#233;minit&#233; &#224; partir sa conception particuli&#232;re de la bisexualit&#233; originaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de voir comment certaines id&#233;es antif&#233;ministes ne se r&#233;p&#232;tent pas tel quelles mais &lt;i&gt;restent&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;demeurent&lt;/i&gt; tout en se voyant dot&#233;es d'une nouvelle popularit&#233;, m&#233;diatique, et de nouvelles pr&#233;figurations politiques. N&#233;anmoins, il y a bien &lt;i&gt;quelque chose&lt;/i&gt; qui se r&#233;p&#232;te et il s'agit de comprendre quoi : allons-nous un jour en finir avec le phallus ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historicisation et d&#233;finitions du concept de bisexualit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pulsion, dans la pens&#233;e freudienne, semble na&#238;tre de grandes polarit&#233;s : plaisir/d&#233;plaisir, moi/monde ext&#233;rieur, sadique/masochiste, activit&#233;/passivit&#233; ou celle qui nous int&#233;resse ici masculin/f&#233;minin. Bien que l'on puisse trouver des caract&#232;res communs au sein d'une polarit&#233;, seule celle qui dualise le masculin et le f&#233;minin trouve une r&#233;unification conceptuelle et nominative, la bisexualit&#233;. Cependant si l'on s'en tient aux &#233;nonc&#233;s, le point de vue freudien sur la bisexualit&#233; se laisse difficilement saisir, les contradictions sont multiples, l'usage de certains termes est prudent, et surtout, la port&#233;e th&#233;rapeutique semble limit&#233;e. Pourtant, malgr&#233; les errances et les paradoxes, Freud a tent&#233; de confronter le fondement de ce concept pour en arriver &#224; la conclusion que tout individu est bisexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, Freud tentera de limiter la port&#233;e de ce concept pour le pr&#233;ciser et le faire agir dans sa pratique psychanalytique. Il convient, pour commencer, de distinguer une bisexualit&#233; biologique (anatomique) d'une bisexualit&#233; psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.1. La bisexualit&#233; biologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin du XIXe si&#232;cle, Freud et son homologue Wilhelm Fliess entendent r&#233;aliser une &#233;tude conjointe sur la bisexualit&#233;, un projet qu'ils abandonneront &#224; cause du d&#233;saccord profond concernant les raisons d'une bisexualit&#233; universelle. Pour Fliess, la raison d'une bisexualit&#233; universelle est &#224; mettre sur le compte d'une bisexualit&#233; biologique. Ce serait parce qu'une dualit&#233; entre les deux sexes organiques s'inscrit au sein d'un individu, que le sexe ayant d&#251; s'effacer face au sexe dominant en vient &#224; se s&#233;dimenter, en tant que &lt;i&gt;reste&lt;/i&gt;, dans la vie psychique de l'individu. De cette dualit&#233; biologique, si un sexe s'efface il ne dispara&#238;t pas pour autant, il r&#233;appara&#238;tra sous une forme latente dans sa vie comportementale. Dans son article sur la bisexualit&#233;, Didier Anzieu formule ainsi l'hypoth&#232;se de Fliess : &#171; La bisexualit&#233; biologique se prolonge chez l'homme en une bisexualit&#233; psychique et cette bisexualit&#233; irait de pair avec la bilat&#233;ralit&#233; particuli&#232;re de l'&#234;tre humain, la gauche et la droite &#233;tant aussi dissemblables que compl&#233;mentaires que le sont les deux sexes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ANZIEU Didier, &#171; La bisexualit&#233; dans l'auto-analyse de Freud &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud ne s'oppose pas &#224; l'id&#233;e d'une bisexualit&#233; biologique, au contraire, il affirme dans ses &lt;i&gt;Trois essais sur la th&#233;orie de la sexualit&#233;&lt;/i&gt; que : &#171; Chez tout individu soit m&#226;le, soit femelle, on trouve des vestiges de l'organe g&#233;nital du sexe oppos&#233;. Soit ils existent &#224; l'&#233;tat rudimentaire et sont priv&#233;s de toute fonction, soit ils se sont adapt&#233;s &#224; une fonction diff&#233;rente &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FREUD Sigmund, Trois essais sur la th&#233;orie de la sexualit&#233; (1905), cit&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L&#224; o&#249; Freud s'oppose plus frontalement &#224; Fliess, c'est sur les effets de cette bisexualit&#233; biologique. Selon lui, la bisexualit&#233; comportementale (o&#249; le choix d'objet sexuel peut se porter vers les deux sexes) ne s'explique pas par la bisexualit&#233; anatomique. Les mythes invoqu&#233;s ne sont pas les m&#234;mes. La conception de la bisexualit&#233; selon Fliess est &#224; rapprocher du mythe de l'Androgyne formul&#233; par Aristophane dans le &lt;i&gt;Banquet&lt;/i&gt; de Platon. C'est un mythe de la &lt;i&gt;nostalgie&lt;/i&gt; et de l'unit&#233; originelle&lt;i&gt; &lt;/i&gt;des deux sexes. En revanche, selon Pontalis, le mythe le plus propice &#224; d&#233;crire la conception de Freud est celui d'Emp&#233;docle &#171; o&#249; s'affronte &#201;ros, force de liaison et de coh&#233;sion, qui institue toujours plus d'unit&#233;, et une puissance destructrice qui vise, elle, &#224; 'dissoudre les assemblages' &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PONTALIS Jean-Bertrand, &#171; L'insaisissable entre-deux &#187;, in Bisexualit&#233; et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Freud, d'abord acquis &#224; l'id&#233;e d'une bisexualit&#233; &lt;i&gt;originaire&lt;/i&gt; propre &#224; tous les individus, s&#233;duit par les apports scientifiques de son ami Fliess, cherchera ensuite &#224; s'&#233;loigner de cet effet de s&#233;duction qu'offre un concept capable d'expliquer totalement la destin&#233;e humaine. Pour valider th&#233;oriquement un concept, il faut le mettre &#224; l'&#233;preuve. Selon Freud, il y a chez l'individu un hiatus entre sa pulsion sexuelle et son objet sexuel. Pour expliciter son hypoth&#232;se, pour la mettre &#224; l'&#233;preuve, il d&#233;veloppe l'id&#233;e d'une &#171; bisexualit&#233; psychique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_98 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/tristan.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/tristan.jpg?1731403034' width='500' height='675' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dessin sur post-it - par Tristan des Limbes
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.2. La bisexualit&#233; psychique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; l'identification d'une bisexualit&#233; biologique inn&#233;e, par Fliess, destinant chacun &#224; retrouver sa compl&#233;mentarit&#233;, son unit&#233;, vers l'autre sexe ; Freud s'attachera &#224; d&#233;velopper la th&#233;orie d'une bisexualit&#233; &lt;i&gt;psychique&lt;/i&gt; inn&#233;e distincte du comportement sexuel adulte. Par cons&#233;quent, se d&#233;tacher du biologique, c'est se d&#233;tacher de l'&lt;i&gt;organe, &lt;/i&gt;et de l'organe sexuel. Pour parvenir &#224; expliquer la bisexualit&#233; psychique, Freud entreprend alors, pour l'autonomiser, de distinguer le m&#233;canisme de la pulsion (d&#233;velopp&#233; d&#232;s la petite enfance) et l'attirance pour un objet de d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, on pourrait dire que la bisexualit&#233; psychique repr&#233;sente la pr&#233;sence des caract&#233;ristiques sexuelles dans l'appareil psychique. Parler de &#171; caract&#233;ristiques sexuelles &#187; au lieu de dire &#171; les deux sexes &#187; est primordial. On sait l'importance qu'accorde Freud, &#224; la distinction entre le sexe biologique (masculin/f&#233;minin) et leurs expressions, leurs caract&#233;ristiques (activit&#233;/passivit&#233;). &#192; propos des diff&#233;rentes phases de l'activit&#233; pr&#233;g&#233;nitale de l'enfant, Freud avance : &#171; Une deuxi&#232;me phase pr&#233;g&#233;nitale est celle de l'organisation sadique-anale. Ici, l'opposition entre deux p&#244;les qui se retrouvent partout dans la vie est d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233;e ; cependant, ils ne m&#233;ritent pas encore les noms de masculin et de f&#233;minin, mais doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme actif et passif &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FREUD Sigmund, Trois essais sur la th&#233;orie sexuelle, Gallimard, 1987, p. 129.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette autre polarit&#233; d&#233;finissant des penchants ou une tendance &#224; l'&lt;i&gt;activit&#233;&lt;/i&gt; ou la &lt;i&gt;passivit&#233;&lt;/i&gt;, se d&#233;roulant &#224; l'&#226;ge infantile, est caract&#233;ris&#233;e par le fait que les zones g&#233;nitales de l'enfant ne sont pas encore sexu&#233;es. C'est-&#224;-dire que l'enfant n'est pas encore petit gar&#231;on ni petite fille. Sa relationalit&#233; est alors d&#233;finie par une autre polarit&#233;, activit&#233;/passivit&#233;. Ce n'est que selon un encha&#238;nement &#233;quilibr&#233; de diff&#233;rentes phases qu'on verra appara&#238;tre ce qui est proprement masculin et f&#233;minin. En revanche, si le d&#233;veloppement conna&#238;t un d&#233;s&#233;quilibre, le sujet est susceptible d'&#234;tre conduit &#224; la maturit&#233; sexuelle &#224; un comportement d'inversion (d'homosexualit&#233;). C'est ici qu'appara&#238;t un paradoxe et la confrontation &#224; la d&#233;finition ordinaire que nous donnons aujourd'hui &#224; la bisexualit&#233; : un sujet trouvant une satisfaction sexuelle avec l'un et l'autre sexe indiff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.3. Les aberrations sexuelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception de la bisexualit&#233; reste &#233;nigmatique, autant pour nous que pour ceux qui cherchent &#224; la d&#233;finir. Pour entrer dans cette complexit&#233;, je m'appuierai sur la th&#232;se que Lucie Lembrez a soutenue en 2015&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LEMBREZ Lucie, M&#233;canismes de la sexualit&#233; en France, bisexualit&#233; et enjeux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle se sert de l'&#233;tude d'un cas d'homosexualit&#233; par Freud, qui permet de nous r&#233;v&#233;ler un peu plus ce que devrait &#234;tre la structure &#233;quilibr&#233;e d'un bon d&#233;veloppement psychique &#224; partir de cette conception de la bisexualit&#233; originaire. Il s'agit de la &#171; Psychogen&#232;se d'un cas d'homosexualit&#233; f&#233;minine &#187; o&#249; un complexe d'Oedipe mal d&#233;velopp&#233; conduirait, selon Freud, une jeune femme &#224; l'&#171; aberration sexuelle &#187; que repr&#233;sente l'homosexualit&#233;. Freud sugg&#232;re que l'homosexualit&#233; peut &#234;tre soign&#233;e si le sujet concern&#233; parvient &#224; briser les barri&#232;res qui le s&#233;parent de l'autre sexe, et &#224; accepter une forme de bisexualit&#233; dans ses objets sexuels :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette op&#233;ration, la suppression de l'inversion g&#233;nitale ou l'homosexualit&#233;, ne s'est jamais pr&#233;sent&#233;e, d'apr&#232;s mon exp&#233;rience, comme quelque chose de facile. Bien plut&#244;t, j'ai trouv&#233; qu'elle ne r&#233;ussit que dans des circonstances particuli&#232;rement favorables, et que m&#234;me alors le succ&#232;s consiste essentiellement en ce qu'on a pu, pour la personne confin&#233;e dans l'homosexualit&#233;, d&#233;gager la voie jusqu'alors barr&#233;e jusqu'&#224; l'autre sexe, donc r&#233;tablir pour cette personne la fonction bisexuelle compl&#232;te. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FREUD Sigmund, &#171; Sur la psychogen&#232;se d'un cas d'homosexualit&#233; f&#233;minine &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas tant ici de faire le proc&#232;s de la n&#233;cessit&#233; pour le th&#233;rapeute d'une &#171; suppression de l'inversion g&#233;nitale ou de l'homosexualit&#233; &#187; que de suivre le cheminement de pens&#233;e qui le conduit &#224; repenser sa th&#233;orisation de la sexualit&#233;. Lucie Lembrez rep&#232;re ce changement en deux temps. D'abord &#171; le complexe d'Oedipe se fonde sur le caract&#232;re h&#233;t&#233;rosexuel de l'adulte et transforme l'enfant incestueux en un sujet qui r&#233;agit et applique ce caract&#232;re. Logiquement, le petit gar&#231;on va avoir du d&#233;sir libidinal pour sa m&#232;re et de l'agressivit&#233; envers son p&#232;re, rival. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LEMBREZ Lucie, op. cit., p. 63.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ensuite, &#171; Or, il semble que le complexe d'Oedipe n'est pas un rapport qui suit un chemin h&#233;t&#233;rosexuel formant un triangle dessin&#233; par le trio enfant/p&#232;re/m&#232;re, mais que l'enfant pourrait avoir une ambivalence de sentiments pour les deux parents. Il ne s'agit donc pas d'un manque de distinction entre les sexes auxquels il s'adresse, mais plut&#244;t d'une dualit&#233; de positionnement de l'enfant. Il peut &#234;tre &#224; la fois le petit gar&#231;on libidineux vis-&#224;-vis de sa m&#232;re et agressif vis-&#224;-vis de son p&#232;re, et la petite fille libidineuse vis-&#224;-vis de son p&#232;re et agressive vis-&#224;-vis de sa m&#232;re. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re sexuellement ambivalent de l'enfant vis-&#224;-vis de ses parents d&#233;montre la pr&#233;existence d'une bisexualit&#233; psychique car elle repose moins sur l'attractivit&#233; de sexes contraires que sur l'attractivit&#233; de leurs caract&#233;ristiques masculines ou f&#233;minines exprim&#233;es par l'homme et la femme. Autrement dit, selon Freud :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que la situation oedipienne ait pour issue une identification au p&#232;re ou &#224; la m&#232;re,cela semble donc d&#233;pendre dans les deux sexes de la force relative des dispositions sexuelles masculines et f&#233;minines. C'est l&#224; l'une des fa&#231;ons dont la bisexualit&#233; intervient dans les destins du complexe d'Oedipe. L'autre fa&#231;on est encore plus importante. On a en effet l'impression que le complexe d'Oedipe simple n'est pas du tout le plus fr&#233;quent, mais qu'il correspond &#224; une simplification ou &#224; une sch&#233;matisation, m&#234;me si elle reste bien souvent justifi&#233;e dans la pratique. Une investigation plus pouss&#233;e d&#233;couvre la plupart du temps le complexe qui est double, positif et n&#233;gatif, sous la d&#233;pendance de la bisexualit&#233; originaire de l'enfant : le gar&#231;on n'a pas seulement une position ambivalente envers le p&#232;re et un choix d'objet tendre pour la m&#232;re, mais il se comporte en m&#234;me temps comme une fille en manifestant la position f&#233;minine tendre envers le p&#232;re et la position correspondante d'hostilit&#233; jalouse envers la m&#232;re. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FREUD Sigmund, &#171; Le moi et le &#231;a &#187;, in Essais de psychanalyse, &#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre que l'on sous-estime encore trop l'importance qu'accorde Freud &#224; la polarit&#233; activit&#233;/passivit&#233; dans l'activit&#233; psychique des individus. Lui-m&#234;me a du mal &#224; la maintenir constamment s&#233;par&#233;e de son r&#233;f&#233;rent masculin/f&#233;minin. Pourtant, s'extraire de la diff&#233;rence des sexes pourrait &#233;viter de retomber dans le pi&#232;ge d'une naturalit&#233; &#224; l'&#339;uvre dans le d&#233;veloppement psychique. Ce n'est que tardivement, dans une conf&#233;rence concernant la &#171; f&#233;minit&#233; &#187; que Freud tentera de franchir le pas qui &#171; d&#233;naturalise &#187; la pulsion de l'enfant : &#171; Ce qui appartient en propre &#224; la psychanalyse, ce n'est pas de d&#233;crire ce qu'est une femme mais de rechercher comment elle le devient, comment elle se d&#233;veloppe en femme &#224; partir d'un enfant &#224; disposition bisexuelle. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FREUD Sigmund, &#171; La f&#233;minit&#233; &#187;, in Nouvelles conf&#233;rences de la psychanalyse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est si difficile de quitter les mod&#232;les sexu&#233;s du masculin et du f&#233;minin, ce pourrait &#234;tre &#224; cause de ce qui n'a pas encore &#233;t&#233; abord&#233; dans ce travail, &#224; savoir l'insistance du mod&#232;le supr&#234;me &#224; tout processus d'identification d'un sujet, le mod&#232;le parmi tous : le phallus et son complexe de castration. Ce pourrait &#234;tre ce rapport phobique &#224; la castration qui nous maintient dans l'illusion d'une bisexualit&#233; biologique originaire, &lt;i&gt;sans fissure&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;sym&#233;trique&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;unifi&#233;e&lt;/i&gt;, les deux sexes ayant trouv&#233; leur compl&#233;mentarit&#233; rassurante, le phallus loin de dispara&#238;tre est enfin consacr&#233;, pouvant vivre sans l'angoisse d'&#234;tre ch&#226;tr&#233;. Freud, malgr&#233; ses t&#226;tonnements et ses maladresses qu'il reconna&#238;t, aura au moins cherch&#233; &#224; inqui&#233;ter la dimension quasi cosmologique que certains penseurs veulent faire porter &#224; la bisexualit&#233;, notamment lorsqu'ils se basent sur des d&#233;monstrations biologiques. &#192; la bisexualit&#233; biologique nostalgique et compl&#233;mentaire de Fliess et du mythe de l'Androgyne, Freud lui oppose une bisexualit&#233; psychique, dissym&#233;trique et m&#233;lancolique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce propos le texte de Freud Deuil et m&#233;lancolie (1917) o&#249;, sur fond (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins la bisexualit&#233; fut &#224; cette p&#233;riode le lieu d'une bataille quant &#224; la &#171; paternit&#233; &#187; de ce concept&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'une dispute entre diff&#233;rents &#171; p&#232;res &#187; de la bisexualit&#233; qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'enjeu &#233;tait important car la bisexualit&#233; apparaissait comme un des grands paradigmes d&#233;couvert et formul&#233; par la psychanalyse, capable de servir de crit&#232;re pour d&#233;crire les structures et les d&#233;veloppements psychiques des individus. Lequel sera &#233;galement investi par des consid&#233;rations historiques, esth&#233;tiques et politiques puisque ce qui a &#233;t&#233; nomm&#233; &#171; antif&#233;minisme &#187; s'appuie en grande partie sur une acception particuli&#232;re de la bisexualit&#233;, celle revendiqu&#233;e par Otto Weininger dans son ouvrage &lt;i&gt;Sexe et Caract&#232;re&lt;/i&gt; (1903) : &#171; Non seulement l'individu passe par des p&#233;riodes m&#226;les et des p&#233;riodes femelles, mais surtout, l'humanit&#233; traverse des p&#233;riodes de plus ou moins grands gonochorismes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En biologie, le gonochorisme est la s&#233;paration compl&#232;te des sexes dans des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Weininger est persuad&#233; que la bisexualisation de la p&#233;riode 1900 est une d&#233;cadence esth&#233;tique et morale dont le rem&#232;de se situerait moins dans une restauration de l'identit&#233; m&#226;le traditionnelle que dans l'av&#232;nement d'un genre neutre, supprimant l'existence du sexe, un genre teint&#233; de mort.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la bisexualit&#233; originaire &#224; l'antif&#233;minisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, je voudrais amorcer une premi&#232;re d&#233;finition de l'antif&#233;minisme en tant que r&#233;action &#224; ce qui est per&#231;u comme une f&#233;minisation de la soci&#233;t&#233; par la politique, la culture, l'esth&#233;tique, la morale, la m&#233;decine et bien s&#251;r la psychanalyse. Tandis qu'au d&#233;but du XIXe si&#232;cle H&#246;lderlin traduit l'&lt;i&gt;Antigone&lt;/i&gt; de Sophocle qui &#171; se r&#233;voltait contre la puissante dictature de la loi patriarcale de Cr&#233;on &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LE RIDER Jacques, ibid., p. 9.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Hofmannsthal d&#233;peint son Elektra qui &#171; affronte un monde chaotique o&#249; l'autorit&#233; masculine est devenue inconsistante &#187;. Ces deux &#339;uvres de la litt&#233;rature europ&#233;enne du XIXe si&#232;cle caract&#233;risent ce qui se joue dans la redistribution des r&#244;les du masculin et du f&#233;minin dans la soci&#233;t&#233;. Cette p&#233;riode est aussi celle de ce qu'on appelle le f&#233;minisme de la &#171; premi&#232;re vague &#187; dont les revendications centrales portaient sur le droit de vote, l'acc&#232;s &#224; l'enseignement sup&#233;rieur, le contr&#244;le des naissances, etc. En Allemagne et en Autriche, ce f&#233;minisme notamment issu de la R&#233;volution de 1848 est un marqueur du progressisme et du lib&#233;ralisme montant. En r&#233;action, une pens&#233;e nationaliste et conservatrice attach&#233;e aux valeurs traditionnelles se constitue et on voit appara&#238;tre ce qui s'organise th&#233;oriquement face &#224; ces bouleversements des codes, &#224; savoir : l'antif&#233;minisme (mais aussi l'antis&#233;mitisme comme nous le verrons en fin de partie).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_100 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/local/cache-vignettes/L437xH513/ottoweiningerspring1903-2-8d921.jpg?1765891129' width='437' height='513' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Otto Weininger (1880-1903)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1. La bisexualit&#233; selon Otto Weininger&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les savants semblent d'accord sur l'existence d'une bisexualit&#233; biologique. Otto Weininger en reprend les termes d&#232;s le premier chapitre de son ouvrage &lt;i&gt;Sexe et caract&#232;re&lt;/i&gt; publi&#233; en 1903 : &#171; Il est ais&#233; de voir la relation qu'il y a entre cette structure bisexuelle qui est celle de tout organisme f&#251;t-ce le plus &#233;volu&#233;, et d'autre part la persistance chez tout individu aussi unisexuellement d&#233;velopp&#233; soit-il pris dans le monde v&#233;g&#233;tal, animal ou humain, des caract&#232;res propres au sexe oppos&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, Sexe et caract&#232;re, Paris, L'&#194;ge d'Homme, 1989, p. 25.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puis de pr&#233;ciser : &#171; Qu'on me comprenne bien ici non d'une bisexualit&#233; comme exception, ou comme disposition embryonnaire, mais d'une bisexualit&#233; comme r&#232;gle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 26.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En d'autres termes, il n'y a d'exp&#233;rience ni d'homme ni de femme mais &lt;i&gt;du masculin&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;du f&#233;minin &lt;/i&gt; ; ou pour le dire encore autrement il n'y a que des types d'hommes et des types de femmes. N&#233;anmoins, Weininger conclut dans ce chapitre qu'il y a n&#233;cessit&#233; de d&#233;finir des id&#233;aux, des mod&#232;les, pour chacun de ces types : &#171; Tout ce dont il s'agit est de conna&#238;tre H et F, de d&#233;finir exactement l'homme id&#233;al et la femme id&#233;ale (ind&#233;pendamment de tout jugement de valeur, c'est-&#224;-dire dans le sens de typiques) &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 28.&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puis il nous rappelle que cette bisexualit&#233; a &#233;t&#233; pens&#233;e &#171; au plus haut point &#187; dans la p&#233;riode hell&#233;niste avec le mythe de l'Androgyne racont&#233;e par Aristophane dans le &lt;i&gt;Banquet&lt;/i&gt; de Platon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;galement vu en conclusion de la premi&#232;re partie que Weininger associe &#224; la bisexualit&#233; l'id&#233;e d'une p&#233;riodicit&#233; (une p&#233;riode m&#226;le et une p&#233;riode femelle) qui oscille tant dans un individu que dans l'histoire de l'humanit&#233;. Cette derni&#232;re conception attach&#233;e &#224; l'humanit&#233; est abord&#233;e dans le sixi&#232;me chapitre de son ouvrage o&#249; il s'int&#233;resse aux &#171; femmes &#233;mancip&#233;es &#187;. Il constate que les mouvements f&#233;ministes, comme tous mouvements de l'Histoire, pensent qu'ils sont nouveaux, initiateurs, sans pr&#233;c&#233;dent, que de tout temps les femmes sont rest&#233;es dans l'ombre des hommes et que c'est seulement &#224; l'aune de leur mouvement que la femme peut enfin songer &#224; sa propre &#233;mancipation. Il oppose &#224; cette perception unique et novatrice du mouvement, une perception &lt;i&gt;p&#233;riodique &lt;/i&gt; : &#171; Mais on lui a continuellement cherch&#233; &#8211; et trouv&#233; &#8211; des analogies dans le pass&#233; ; non seulement l'Antiquit&#233; et le Moyen &#194;ge ont eux aussi connu, sous le rapport social, une question f&#233;minine, mais on sait &#233;galement pour ce qui est de l'&#233;mancipation intellectuelle, il y a eu pour &#339;uvrer dans ce sens, et des femmes par leur production, et des apologistes de la femme (...) &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 72.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puis de poser la question : &#171; Il faut ici envisager de poser la possibilit&#233; d'une vaste p&#233;riodicit&#233;, en vertu de laquelle, suivant une succession de phases r&#233;guli&#232;res, certaines &#233;poques verraient na&#238;tre plus de types androgynes. [&#8230;] Ce serait l&#224; des &#233;poques de moindre gonochorisme, il y na&#238;trait plus de femmes masculines et plus d'hommes f&#233;minins &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 73.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tr&#232;s clairement, pour Weininger, il s'agit l&#224; d'un trait caract&#233;ristique du masculin, seules les femmes masculines peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des femmes &#233;mancip&#233;es. En exposant cette hypoth&#232;se, Weininger d&#233;voile le sort qu'il fait &#224; la f&#233;minit&#233;. Une autre partie du chapitre nous &#233;claire sur ce qu'il entend par &#171; femme &#233;mancip&#233;e en disant d'abord ce qu'elle n'est pas. La &#171; femme &#233;mancip&#233;e &#187; n'est pas la femme qui gouvernerait son foyer sans que son mari lui oppose de r&#233;sistance, n'est pas la femme qui rentrerait chez elle seule la nuit sans &#234;tre accompagn&#233;e, n'est pas celle qui vit seule, n'est pas celle qui aborde les questions sexuelles, n'est pas celle qui travaille pour assurer son ind&#233;pendance, n'est pas celle qui entre dans une &#233;cole sup&#233;rieure. En revanche, pour Weininger, une &#233;mancipation de la femme serait &#171; la volont&#233; qu'elle peut avoir de ressembler &lt;i&gt;int&#233;rieurement&lt;/i&gt; &#224; lui (l'homme), d'atteindre la m&#234;me libert&#233; dans la &lt;i&gt;pens&#233;e&lt;/i&gt; et dans la &lt;i&gt;morale&lt;/i&gt;, de montrer la m&#234;me force &lt;i&gt;cr&#233;atrice &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 67.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les quatre termes autour desquels peut s'articuler l'&#233;mancipation de la femme sont des termes o&#249; le corps est absent : &lt;i&gt;int&#233;rieurement&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;pens&#233;e&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;morale&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;cr&#233;atrice &lt;/i&gt; ; c'est-&#224;-dire les valeurs que Weininger rattache au masculin. Citant Jacob Burckardt au sujet de la Renaissance : &#171; Le plus grand &#233;loge qu'on ait pens&#233; faire &#224; cette &#233;poque des grandes dames italiennes &#233;tait de dire de celles-ci qu'elles avaient un &lt;i&gt;esprit&lt;/i&gt; et une &lt;i&gt;&#226;me&lt;/i&gt; masculine &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BURCKARDT Jacob, cit&#233; par Otto Weininger, ibid., p. 73.&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Weininger, les femmes &#233;mancip&#233;es ont une &#226;me masculine. Quel autre signe, pouvant se balader de l'homme &#224; la femme tout en ne cessant de garder la marque du masculin peut-on rapprocher de cette id&#233;e si ce n'est celle du phallus ? Weininger ne fait pas l'analogie mais on peut ais&#233;ment se pr&#234;ter &#224; ce jeu pour comprendre ce qui d&#233;termine sa conception de la bisexualit&#233;, o&#249; il n'y a ni Homme ni Femme mais du masculin et f&#233;minin. S'il n'y a ni Homme ni Femme, c'est qu'il n'y a pas de corps, il fallait pour Weininger trouver son rempla&#231;ant symbolique dans ce syst&#232;me sans corps ; le phallus, il n'en r&#233;appara&#238;t que plus masqu&#233; sous la forme de &#171; l'&#226;me masculine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2. &#171; L'amant ne cherche dans l'&#234;tre aim&#233; que sa propre &#226;me &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chapitres XI et XII de &lt;i&gt;Sexe et caract&#232;re&lt;/i&gt; cherchent &#224; r&#233;soudre l'&#233;nigme de la femme : ce qu'elle veut, ce qu'elle est, ce qu'elle n'a pas. Pour Weininger la r&#233;ponse est double et en m&#234;me temps une : elle n'a ni &#226;me ni phallus ; la femme est donc dans l'attente de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre XI s'ouvre sur une adresse aux hommes qui v&#233;n&#232;rent les femmes. Selon lui, ils vivent dans l'illusion : &#171; Il n'y a que deux cat&#233;gories d'hommes : ceux qui m&#233;prisent la femme et ceux qui ne se sont jamais pos&#233; de questions &#224; son sujet &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 193.&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il pense que les hommes ont tendance &#224; unifier l'&#233;rotisme (l'amour) et l'activit&#233; sexuelle. Or concernant les femmes, il faut les d&#233;sunir : &#171; Il n'y a d'amour que platonique. Tout le reste est bestialit&#233; &#187;. On peut y voir des traces de l'amour courtois o&#249; le v&#233;ritable amour n'existe que dans la &lt;i&gt;s&#233;paration&lt;/i&gt; et l'&#233;loignement. Mais on y verra surtout l'aversion de Weininger pour la sexualit&#233; f&#233;minine. &#171; Si la femme nue peut &#234;tre belle dans l'art, elle ne l'est pas dans la r&#233;alit&#233; [&#8230;]. En outre, le corps nu de la femme donne l'impression de quelque chose d'&lt;i&gt;inachev&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 196.&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si la femme n'est pas belle en soi, qu'elle est cette beaut&#233; que l'homme lui trouve tout de m&#234;me, et qu'il cherche &#224; retrouver dans l'acte sexuel ? Ici, Weininger ralentit et d&#233;taille les choses. Il pr&#233;cise que l'acte sexuel fait fuir la beaut&#233; : &#171; L'instinct sexuel qui cherche l'union physique avec la femme, annihile sa beaut&#233; ; on cesse d'adorer la beaut&#233; d'une femme qu'on a poss&#233;d&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 197.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puis, il l&#232;ve le voile sur le myst&#232;re de la beaut&#233;, ce que l'homme aime &#224; travers une femme, c'est lui-m&#234;me. La femme lui sert de miroir pour aimer cette partie de lui-m&#234;me qui a besoin d'&#234;tre mise &#224; distance, en l'Autre, pour pouvoir &#234;tre per&#231;ue et aim&#233;e. Trois choses sont &#233;nonc&#233;es : l'homme n'est pas complet sans ali&#233;ner une part de lui-m&#234;me dans l'Autre que repr&#233;sente la femme ; la femme n'est pas compl&#232;te, elle ne le sera jamais car elle n'a pas d'&#226;me, mais aussi parce qu'elle poss&#232;de cette part de masculin qui attire les hommes ; les deux premiers &#233;nonc&#233;s valident pour l'un et l'autre sexe leur bisexualit&#233; originaire. Et on peut ajouter encore une chose : l'homme est actif en tant qu'il part &#224; la recherche de sa part manquante ; la femme est passive, elle attend en tant que corps inachev&#233; qu'un homme vienne chercher ce qui lui manque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Weininger tient &#224; ajouter une contrainte suppl&#233;mentaire. Si selon lui &#171; la femme aim&#233;e est trop souvent une ing&#233;nue, trop souvent une femelle, trop souvent une coquette pleine de lubricit&#233; &#187;, l'homme ne peut consentir aussi facilement aux appels sexuels que lui lance la femme. Il doit prendre en charge un sentiment de culpabilit&#233; inh&#233;rent &#224; une faute ant&#233;rieure, que ce &#171; qu'on voulait obtenir dans l'amour est quelque chose qui ne devait pas y &#234;tre cherch&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 201.&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous nous approchons du probl&#232;me crucial qui touche la bisexualit&#233; originaire selon Weininger : il est plus difficile d'&#234;tre un homme qu'une femme. &#171; R&#233;aliser une destin&#233;e f&#233;minine, selon Weininger, consiste en un simple abandon aux appels de la nature, de la chair, des pulsions, &#224; la passivit&#233;, &#224; l'oubli, &#224; la volont&#233; du monde, &#224; la procr&#233;ation. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LE RIDER Jacques, Modernit&#233; viennoise et crises de l'identit&#233;, Paris, PUF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Alors que r&#233;aliser une destin&#233;e masculine demande un effort, un combat afin d'obtenir sa d&#233;livrance, une r&#233;demption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Weininger, le destin de la femme ne fait aucun doute. Contrairement &#224; l'homme, elle est incapable de devenir un &#234;tre &lt;i&gt;suprasexuel&lt;/i&gt;. &#171; Elle d&#233;sire simplement davantage le co&#239;t ou davantage l'enfant &#187;. Weininger se fait ici tr&#232;s freudien dans la mesure o&#249; le phallus qui manque &#224; la femme, elle le retrouve temporairement dans l'accouplement et l'enfantement. La femme est toute enti&#232;re dirig&#233;e vers le phallus, c'est-&#224;-dire vers son destin. Ce que la femme &lt;i&gt;retient&lt;/i&gt; c'est &#171; non l'homme pr&#233;cis&#233;ment, mais le m&#226;le ; et avant tout le symbole de sa sexualit&#233;, son phallus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 206.&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, la femme n'&lt;i&gt;aime&lt;/i&gt; pas, elle tombe amoureuse. Elle ne per&#231;oit pas la beaut&#233;, elle est fascin&#233;e par ce qu'elle n'a pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on s'approche de la fin de l'ouvrage, plus Weininger se fait violent envers les femmes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La femme est par essence non-libre : la nature m&#234;me du besoin g&#233;n&#233;ral et unique qui l'anime la destine &#224; &#234;tre viol&#233;e par l'homme, non seulement dans sa propre personne, mais dans celle de toutes les autres femmes. Elle est toute enti&#232;re sous l'empire du phallus et vit proprement sous sa loi. Tout ce &#224; quoi elle peut atteindre est un vague sentiment, un pressentiment m&#234;me, de cette non-libert&#233;, de cette fatalit&#233; qui p&#232;se sur elle, et ce qui le lui rend possible est une toute derni&#232;re trace en elle de subjectivit&#233; libre et intelligible, un reste de masculinit&#233; inn&#233;e, car il n'y a pas de femme absolue. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEININGER Otto, ibid., p. 227.&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire &lt;i&gt;Sexe et caract&#232;re&lt;/i&gt;, c'est lire un fantasme qui se radicalise au fur et &#224; mesure qu'on tourne les pages. On commence &#224; manier des termes comme &lt;i&gt;masculin&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;f&#233;minin&lt;/i&gt; au lieu de parler d'homme et de femme. Puis, lorsque Weininger s'approche de son objectif de d&#233;finir un id&#233;al du type H et un id&#233;al du F, on est saisi par la cruaut&#233; qui se joue dans sa conception de la bisexualit&#233;. Les phrases deviennent sentencieuses et moins argument&#233;es, de telle sorte que nous nous &#233;loignons du s&#233;rieux de toutes sciences pour &#234;tre cueillis dans un d&#233;lire qui n'est, d'une certaine mani&#232;re, pas sans fondement. Jacques Le Rider nous rappelle que l'antif&#233;minisme n'&#233;tait pas un courant de pens&#233;e isol&#233; &#224; l'&#233;poque, au contraire, il remportait un certain succ&#232;s tant dans la bourgeoisie intellectuelle que dans les classes populaires. Non seulement l'antif&#233;minisme mais &#233;galement l'antis&#233;mitisme, Weininger affirmera que la femme et le Juif entretiennent des caract&#232;res communs. Et de la m&#234;me mani&#232;re qu'il protestait &#171; virilement &#187; contre la f&#233;minisation de la soci&#233;t&#233;, cette menace &#233;tant aussi int&#233;rieure (car chaque &#234;tre est bisexuel), Otto Weininger &#233;tait un &lt;i&gt;juif antis&#233;mite&lt;/i&gt;. D'ailleurs, selon son raisonnement seul un juif pouvait &#234;tre antis&#233;mite, de la m&#234;me mani&#232;re que ce qu'un homme hait chez une femme c'est la part f&#233;minine qu'il retrouve &lt;i&gt;en lui&lt;/i&gt;. Pour lui le Juif est incapable de r&#233;aliser l'id&#233;e de masculinit&#233; qu'il d&#233;fend dans son ouvrage ; il ne constitue pas non plus une race ni un peuple, mais un type de l'humanit&#233; oppos&#233; &#224; un autre type, l'aryen, comme le sont le masculin et le f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud &#233;clairait la relation de l'antif&#233;minisme avec l'antis&#233;mitisme de Weininger par le complexe de castration. &#171; Weininger &#233;tait un n&#233;vros&#233; enti&#232;rement domin&#233; par les complexes infantiles &#187; dit-il &#224; son propos dans son &#233;tude du &lt;i&gt;Petit Hans&lt;/i&gt; (1909). Et d'ajouter &#224; propos du lien entre antis&#233;mitisme et complexe de castration dans une note &#224; &lt;i&gt;Un souvenir &lt;/i&gt;&lt;i&gt;d'enfance de Leonard de Vinci&lt;/i&gt; (1910) : &#171; La circoncision est pour ces gens inconsciemment assimil&#233;e &#224; la castration. Si nous nous risquons &#224; transposer nos suppositions dans la pr&#233;histoire de l'humanit&#233;, nous pouvons imaginer que circoncision la dut &#234;tre &#224; l'origine d'un substitut att&#233;nu&#233; qui a pris le relais de la castration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bisexualit&#233; originaire de Weininger est si l'on peut dire le &lt;i&gt;mythe&lt;/i&gt; d'un conflit psychique int&#233;rieur jetant les bases d'un combat tout aussi int&#233;rieur entre homme et femme et entre aryen et juif, dont l'issue biographique sera son suicide en 1903. L'antif&#233;minisme et l'antis&#233;mitisme de Weininger prenaient la forme d'une &lt;i&gt;haine de soi&lt;/i&gt; radicale, il les exposa frontalement dans un livre qui montrera que cette &lt;i&gt;haine de soi&lt;/i&gt; &#233;tait aussi le propre de la modernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on peut r&#233;sumer les choses ainsi : tout commence avec la bisexualit&#233;. Nous avons vu la bisexualit&#233; biologique de Fliess o&#249; le lieu du conflit entre le m&#226;le et la femelle s'&#233;tablit dans l'embryon jusqu'au f&#339;tus et les traces de leur armistice subsisteront dans le comportement social de l'individu. Nous avons vu la bisexualit&#233; psychique de Freud o&#249; le nourrisson est &#224; la fois enclin &#224; l'activit&#233; ou la passivit&#233; et il &lt;i&gt;deviendra&lt;/i&gt; femme ou homme selon la mani&#232;re dont il r&#233;alise son complexe d'Oedipe. Et nous avons la bisexualit&#233; originaire de Weininger et la soumission de l'individu au caract&#232;re p&#233;riodique de sa propre bisexualit&#233;. D'une certaine mani&#232;re, pour Weininger, l'inconscient est historique. La masculinit&#233; devait toujours se tenir sur ses gardes, tout ce qu'elle acquiert, elle ne peut en avoir une possession s&#251;re. Ainsi le masculin est toujours en conqu&#234;te, une guerre sans rel&#226;che moins contre &lt;i&gt;les femmes&lt;/i&gt; que contre &lt;i&gt;la femme en lui&lt;/i&gt; qui menace de le submerger. Et le conflit est intense dans une &#233;poque o&#249; le f&#233;minisme de la premi&#232;re vague marche dans le pas des r&#233;volutions progressistes, o&#249; les machines commencent &#224; prendre la place des hommes, o&#249; les hommes reviennent humili&#233;s, mutil&#233;s, de cette Grande Guerre. N&#233;anmoins, Weininger constate cette guerre psychique et sociale. Sa r&#233;ponse ne consiste pas en l'av&#232;nement d'un homme-soldat comme on pourrait le croire au vu de sa post&#233;rit&#233; dans les rangs nazis. Au contraire, l'Homme type id&#233;al selon lui est une &#233;l&#233;vation de l'esprit telle qu'il ne ferait plus qu'un avec le monde, ou encore une chair sacr&#233;e d&#233;pourvue de sexualit&#233;, d&#233;pourvue d'&lt;i&gt;autre&lt;/i&gt;, car chacun devrait &#234;tre prot&#233;g&#233; de la contamination ext&#233;rieure. Or cette unification totale est avant tout un mythe ; ne supportant pas la d&#233;chirure qui le menace, il mit fin &#224; ses jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait aussi d&#233;celer dans toutes ces recherches sur une possible bisexualit&#233; originaire, cette obsession, cette n&#233;cessit&#233;, d'identifier quelque chose comme une modalit&#233; ou une structure qui puisse parler pour tout le monde, qui puisse tendre &#224; l'universel. Or, ce que le f&#233;minisme ou les mouvements de lib&#233;ration sexuelle mettent sur la table, c'est le jeu des diff&#233;rences. Aujourd'hui ce sont les mouvements trans et intersexes qui prolongent le combat. Mais pour que ces diff&#233;rences apparaissent, elles doivent se battre pour se rendre visibles : mettre dans la lumi&#232;re ce qui restait cach&#233;. C'est toujours le m&#234;me processus, le m&#234;me jeu, que nous r&#233;p&#233;tons ; et c'est autant de mani&#232;res d'interpr&#233;ter l'inconscient. Et au milieu de tout &#231;a, le phallus, c'est-&#224;-dire la ma&#238;trise, le pouvoir et les formes s&#251;res, semblent poursuivre leur chemin en changeant de masque sans que rien n'y paraisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l Temp&#234;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_153 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/local/cache-vignettes/L336xH500/solanasval-b9a1c.jpg?1765891129' width='336' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Une actrice tire sur Andy Warhol (Valerie Solanas)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ANZIEU Didier, &#171; La bisexualit&#233; dans l'auto-analyse de Freud &#187;, in &lt;i&gt;Bisexualit&#233; et diff&#233;rence des sexes&lt;/i&gt;, Nouvelle Revue de Psychanalyse, Gallimard, 2004, p. 277.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;FREUD Sigmund, &lt;i&gt;Trois essais sur la th&#233;orie de la sexualit&#233; &lt;/i&gt;(1905), cit&#233; par Pierre F&#233;dida dans &#171; Dissym&#233;trie dans la psychanalyse &#187; in &lt;i&gt;Bisexualit&#233; et diff&#233;rence des sexes&lt;/i&gt;, Folio Gallimard, p. 243.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;PONTALIS Jean-Bertrand, &#171; L'insaisissable entre-deux &#187;, in &lt;i&gt;Bisexualit&#233; et diff&#233;rence des sexes&lt;/i&gt;, Folio Gallimard, p. 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;FREUD Sigmund, &lt;i&gt;Trois essais sur la th&#233;orie sexuelle&lt;/i&gt;, Gallimard, 1987, p. 129.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;LEMBREZ Lucie, &lt;a id=&#034;Lucie_Lembrez20151&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a id=&#034;Lembrez20151&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;canismes de la sexualit&#233; en France, bisexualit&#233; et enjeux soci&#233;taux : l'essor d'une nouvelle r&#233;volution sexuelle (Th&#232;se de doctorat de Philosophie), Paris, Universit&#233; Sorbonne Paris Cit&#233;, 2015, 358 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;FREUD Sigmund, &#171; Sur la psychogen&#232;se d'un cas d'homosexualit&#233; f&#233;minine &#187;, in &lt;i&gt;N&#233;vrose, psychose et perversion&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1981, p. 134.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;LEMBREZ Lucie, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;FREUD Sigmund, &#171; Le moi et le &#231;a &#187;, in &lt;i&gt;Essais de psychanalyse&lt;/i&gt;, &#201;ditions Payot &amp; Rivages, 2001, p. 273.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;FREUD Sigmund, &#171; La f&#233;minit&#233; &#187;, in &lt;i&gt;Nouvelles conf&#233;rences de la psychanalyse&lt;/i&gt;, Gallimard, 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce propos le texte de Freud &lt;i&gt;Deuil et m&#233;lancolie&lt;/i&gt; (1917) o&#249;, sur fond de Premi&#232;re Guerre mondiale, il per&#231;oit dans la m&#233;lancolie un sentiment o&#249; le sujet s'auto-d&#233;pr&#233;ciant, vise en r&#233;alit&#233; l'objet du deuil introject&#233;, un &#234;tre mort, ou m&#234;me des id&#233;es mortes comme la patrie et la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit d'une dispute entre diff&#233;rents &#171; p&#232;res &#187; de la bisexualit&#233; qui prolonge celle entre Fliess et Freud. Fliess accusera Freud d'avoir divulgu&#233; le secret de leurs premi&#232;res recherches sur la bisexualit&#233; &#224; un de ses patients, H. Swoboda, qui en aurait ensuite parl&#233; &#224; Weininger, qui l'aurait repris sans citation dans son ouvrage. Freud fera allusion &#224; ces guerres de paternit&#233;, &#224; deux reprises, dans des notes de bas de page dans ses &lt;i&gt;Trois essais&lt;/i&gt;. Dans la note de l'&#233;dition de 1910, &#224; propos de Fliess : &#171; En 1906, W. Fliess a revendiqu&#233; la paternit&#233; de l'id&#233;e de bisexualit&#233; en tant qu'applicable &#224; tous les individus. &#187; Et &#224; propos de Weininger, non sans d&#233;dain : &#171; Parmi les non-sp&#233;cialistes, on consid&#232;re que la notion de bisexualit&#233; humaine a &#233;t&#233; &#233;tablie par O. Weininger, philosophe mort jeune, qui a &#233;crit un livre assez irr&#233;fl&#233;chi (&lt;i&gt;Sexe et caract&#232;re&lt;/i&gt;). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En biologie, le gonochorisme est la s&#233;paration compl&#232;te des sexes dans des individus distincts. Cette citation est extraite de : LE RIDER Jacques, &lt;i&gt;Modernit&#233; viennoise et crises de l'identit&#233;&lt;/i&gt;, PUF, 1990, p. 123.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;LE RIDER Jacques, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;Sexe et caract&#232;re&lt;/i&gt;, Paris, L'&#194;ge d'Homme, 1989, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 73.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BURCKARDT Jacob, cit&#233; par Otto Weininger, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 73.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 193.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 196.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 201.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;LE RIDER Jacques, &lt;i&gt;Modernit&#233; viennoise et crises de l'identit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1990 p. 111.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 206.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;WEININGER Otto, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 227.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce que cette chanson de Britney Spears nous apprend sur le travail</title>
		<link>https://trounoir.org/Ce-que-cette-chanson-de-Britney-Spears-nous-apprend-sur-le-travail</link>
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		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;GET TO WORK, BITCH !&lt;/p&gt;

-
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/arton31.jpg?1731403047' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='66' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte a pour but de montrer Britney Spears sous son jour le plus vrai : celui d'une star &lt;i&gt;r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;. Dans cette analyse de sa chanson &lt;i&gt;Work Bitch&lt;/i&gt;, et de ses enseignements sur la r&#233;elle nature du travail, nous pourrons voir en toute logique en quoi elle sera &lt;i&gt;la derni&#232;re des divas&lt;/i&gt;, celle par qui tout s'est effondr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/miroirs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/miroirs.jpg?1731403026' width='500' height='218' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_139 spip_document spip_documents spip_document_video spip_document_avec_legende&#034; data-legende-len=&#034;511&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;video-intrinsic-wrapper&#034; style='height:0;width:480px;max-width:100%;padding-bottom:62.5%;position:relative;'&gt; &lt;div class=&#034;video-wrapper&#034; style=&#034;position: absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034;&gt; &lt;video class=&#034;mejs mejs-139&#034; data-id=&#034;b460a31504c9e0fc15b64b2098546d1a&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;pluginPath&#034;:&#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/&#034;,&#034;loop&#034;:false,&#034;videoWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;videoHeight&#034;:&#034;100%&#034;}' width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; poster=&#034;local/cache-vignettes/L120xH90/pt8VYOfr8Toj940f-a8096.jpg?1765744874&#034; controls=&#034;controls&#034; preload=&#034;none&#034; &gt; &lt;source type=&#034;&#034; src=&#034;pt8VYOfr8To&#034; /&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/local/cache-vignettes/L120xH90/pt8VYOfr8Toj940f-a8096-5fa6f.jpg?1765891129' width='120' height='90' alt='Impossible de lire la video' /&gt; &lt;/video&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Britney Spears - Work B**ch (Official Music Video)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;From the album &#034;Britney Jean&#034;. Download now on iTunes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://smarturl.it/britneyjean?Iqid=yt&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://smarturl.it/britneyjean?Iqid=yt&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;Black Dog Films/Little Minx&lt;br class='autobr' /&gt;
Director : Ben Mor&lt;br class='autobr' /&gt;
Executive Producer : Coleen Haynes&lt;br class='autobr' /&gt;
Producer : Tony McGarry &lt;br /&gt;Music video by Britney Spears performing Work Bitch. (C) 2013 RCA Records, a division of Sony Music Entertainment&lt;br class='autobr' /&gt;
Best of Britney Spears : &lt;a href=&#034;https://goo.gl/GtiLUb&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://goo.gl/GtiLUb&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;div class=&#034;base64javascript20826015969edf37b428b66.43165744&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzU3MzI4OTYwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NTczMjg5NjAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;You want a hot body ? You want a Bugatti ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Tu veux un corps sexy ? Tu veux une Bugatti ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;You want a Maserati ? You better work bitch&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Tu veux une Maserati ? Faut que tu travailles, bitch&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;You want a Lamborghini ? Sippin martinis ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Tu veux une Lamborghini ? Siroter des martinis ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Look hot in a bikini ? You better work bitch &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Avoir l'air sexy en bikini ? Faut que tu travailles, bitch&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;You wanna live fancy ? Live in a big mansion ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Tu veux vivre dans l'opulence ? Vivre dans un manoir ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Party in France ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Faire la f&#234;te en France ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;You better work bitch, you better work bitch&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Faut que tu travailles, bitch, Faut que tu travailles, bitch !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;You better work bitch, you better work bitch&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Faut que tu travailles, bitch, Faut que tu travailles, bitch !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Now get to work bitch ! &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant va travailler bitch !&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Now get to work bitch ! &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant va travailler bitch !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;You want a hot body ? You want a Bugatti ? &lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il va de soi que l'&#233;conomie politique ne consid&#232;re le prol&#233;taire, c'est-&#224;-dire celui qui, sans capital ni rente fonci&#232;re, vit uniquement du travail, d'un travail unilat&#233;ral et abstrait, que comme ouvrier. Elle peut donc &#233;tablir en principe que l'ouvrier, tel un cheval doit gagner assez pour pouvoir travailler. Elle ne le consid&#232;re pas dans le temps o&#249; il ne travaille pas, en tant qu'homme, mais elle en laisse le soin &#224; la justice criminelle, aux m&#233;decins, &#224; la religion, aux tableaux statistiques, &#224; la politique et &#224; la charit&#233; publique. &#187;&lt;strong&gt; Marx, Manuscrits de 1844&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/fouet1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/fouet1.jpg?1731403015' width='500' height='244' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je m'explique et c'est assez simple. Ce que nous entendons comme travail de mani&#232;re courante, c'est le travail salari&#233;. C'est-&#224;-dire quand vous travaillez contre de l'argent. Dans cette d&#233;finition, tout ce qui n'est pas r&#233;tribu&#233; ne peut &#234;tre appel&#233; un travail. Cette conception a &#233;t&#233; la cible des critiques f&#233;ministes du travail : les femmes au foyer qui s'occupent du m&#233;nage, du repassage, et de pr&#233;parer le d&#238;ner pour leur famille, sont en fait des travailleuses. En effet, sans leur travail, l'&#233;conomie ne pourrait pas bien fonctionner. Donc cela met en &#233;vidence le fait qu'il y a du travail gratuit. On peut aller plus loin : ce travail gratuit va au-del&#224; du simple b&#233;n&#233;volat ou de la situation de la femme au foyer. Les temps de trajet pour aller au travail, c'est du travail gratuit. Se v&#234;tir, &#234;tre pr&#233;sentable, &#234;tre &#224; l'heure, c'est du travail gratuit. Certaines critiques f&#233;ministes diront m&#234;me qu'il y a un travail du genre : se maquiller, s'&#233;piler, faire attention &#224; son poids, &#224; ses cheveux, etc. et cela pour ressembler &#224; une &#171; vraie &#187; femme, une femme socialement acceptable. Toutes celles et ceux qui ont d&#233;j&#224; cherch&#233; du travail le savent : c'est un travail avant le travail. Certaines critiques animalistes ou &#233;cologistes vont m&#234;me encore plus loin : la nature est au travail. Des animaux aux processus agricoles, en passant par les for&#234;ts, tout cela fournit un travail gratuit, qui ne recevra pour compensation qu'une crise &#233;cologique majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que met en &#233;vidence Britney en mettant sur le m&#234;me plan corps sexy (&lt;i&gt;a hot body&lt;/i&gt;) et poss&#233;der une Bugatti, c'est que le travail est un concept probl&#233;matique. En effet, dans une d&#233;finition du travail qui n'est plus le travail salari&#233;, c'est-&#224;-dire celui qui est l&#233;gitimement consid&#233;r&#233; comme du travail, on est bien en peine de voir o&#249; commence et o&#249; termine le travail. En disant que le travail du corps qui permet d'&#234;tre sexy est bien un travail, au m&#234;me titre que le travail salari&#233; qui permet de gagner de l'argent et de s'acheter des biens, Britney le confirme : il y a du travail bien au-del&#224; du simple travail salari&#233;. En tant que pop-star elle ne peut que trop bien le savoir : avoir un corps parfait, soigner en permanence son apparence ou &#234;tre d&#233;sirable sont autant de travails gratuits qui sont les conditions &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; pour &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;, alors que son &#171; vrai &#187; travail r&#233;mun&#233;rateur est cens&#233; &#234;tre celui de chanteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi puisque le fait de r&#233;mun&#233;rer quelqu'un pour son travail est le fruit d'une d&#233;cision, alors cela fait qu'aucun travail n'est l&#233;gitime (et donc salari&#233;) en soi. La ligne de partage entre travail salari&#233; et travail gratuit n'a donc rien de naturel, et est plut&#244;t fix&#233;e par la soci&#233;t&#233;. Si l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et son &#233;conomie fonctionnent gr&#226;ce &#224; l'ensemble du travail effectu&#233;, qu'il soit r&#233;mun&#233;r&#233; ou non, Britney met ainsi au jour le fait, presque malgr&#233; elle, que l'&#233;conomie fonctionne gr&#226;ce au vol des fruits du travail gratuit, c'est-&#224;-dire gr&#226;ce au vol des fruits de la plus grande partie du travail effectu&#233; par tout le monde. Les strat&#233;gies des entreprises et de l'&#201;tat pour baisser les co&#251;ts (&lt;i&gt;cost-killing)&lt;/i&gt; et ainsi augmenter la plus-value consistent bien dans l'augmentation de la part de travail gratuit. Consid&#233;rer les individus comme des petites entreprises, qui est un des credos de l'&#233;conomie actuelle, signifie faire toujours plus porter le poids de la gestion administrative, ou du renouvellement de l'outil de travail, par exemple, sur les &#233;paules des travailleurs. Ainsi, un livreur &#224; v&#233;lo doit prendre en charge lui-m&#234;me l'entretien de son v&#233;lo, de sa sant&#233;, n'a aucune protection en cas d'accident ; le statut d'auto-entrepreneur en France a permis ce pacte de dupe qui en &#233;change de bien plus de travail gratuit, promettait un peu plus d'autonomie. On le voit &#233;galement dans le d&#233;sengagement de l'&#201;tat dans les affaires dites &#171; sociales &#187;. Les principales aides qui existent pour les plus pauvres et les plus marginaux sont des associations qui fonctionnent quasi-totalement gr&#226;ce au travail gratuit. On voit m&#234;me maintenant le SAMU social (le 115) renvoyer vers des squats, &#224; savoir des organisations qui, en plus de fonctionner gr&#226;ce au travail gratuit, sont consid&#233;r&#233;es comme totalement ill&#233;gales et ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, ce qu'implique le caract&#232;re l&#233;gitime du travail salari&#233; par rapport au travail gratuit est qu'il s'agit pour les entreprises et l'&#201;tat de ne consid&#233;rer les individus que sur leur temps de travail salari&#233; et l&#233;gitime : le reste du temps, c'est l'affaire de la police/justice ou de l'administration, ou en tout cas, &#231;a ne m&#233;rite pas vraiment que l'on s'y int&#233;resse. Ainsi, consid&#233;rer la hi&#233;rarchisation de la soci&#233;t&#233; non plus comme distribu&#233;e par le montant des salaires, mais bien par la partition entre travail l&#233;gitime ou non, &#224; savoir salari&#233; ou non, nous montre qu'il y a tout un pan du monde du travail dont nous ignorons l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Souffrir et sourire&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme est la mesure de toutes choses &#187; &lt;strong&gt;Protagoras&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme affirme en Dieu ce qu'il nie en lui-m&#234;me. &#187;&lt;strong&gt;Ludwig Feuerbach&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/fouet2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/fouet2.jpg?1731403015' width='500' height='244' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tripalium&lt;/i&gt; est un mot latin qui d&#233;signe un dispositif de torture utilis&#233; &#224; l'&#233;poque romaine. Il s'agit de trois morceaux de bois dispos&#233;s en &#233;toile, et o&#249; le sujet est attach&#233;, pr&#234;t &#224; &#234;tre tortur&#233;. C'est l'origine &#233;tymologique du mot travail. Bien que les mots ne signifient plus la m&#234;me chose, le travail a gard&#233; un peu du sens de son lointain anc&#234;tre. En effet, le travail est toujours connot&#233; au sens d'effort, de douleur que l'on est pr&#234;te &#224; ressentir en l'&#233;change d'un r&#233;sultat. C'est bien ce que montre Britney : en adoptant une esth&#233;tique BDSM soft dans son clip, pratique qui met au centre l'exploration de la douleur et des relations de domination, elle met bien en lumi&#232;re ce lien. C'est donc bien ce que donne le corps qui est au travail, un peu de son &#233;nergie, un peu d'usure de ses muscles, de ses articulations, un peu de fatigue de son cerveau, etc. Dans cette conception du travail, le travailleur perd un peu de lui-m&#234;me, se donne. On voit bien le lien entre travail et douleur physique. Tout travail est usure du corps. Il est d'ailleurs significatif que les anglophones disent &lt;i&gt;to workout&lt;/i&gt; pour d&#233;signer le fait de faire de l'exercice physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarque que dans son clip, tout a l'air simple : la chor&#233;graphie tr&#232;s physique qui semble ex&#233;cut&#233;e facilement, les images s'encha&#238;nent de mani&#232;re fluide, Britney et les autres danseurs semblent tout &#224; fait assur&#233;s dans leurs mouvements et leurs positions comme si cela leur &#233;tait naturel. Mais pourtant, Britney nous le rappelle, encore une fois presque malgr&#233; elle, que tout &#231;a n'est qu'un gigantesque mensonge : partout il n'y a que travail et corps qui s'usent. Il n'y a qu'&#224; penser aux heures pass&#233;es &#224; travailler les chor&#233;graphies, aux heures pass&#233;es &#224; apprendre &#224; danser, aux personnes qui ont s&#233;lectionn&#233; les danseuses ; les acteurs qui ont d&#251; passer des castings, &#224; toutes les personnes qui s'occupaient du maquillage, des coiffures, de la lumi&#232;re, des costumes, s&#251;rement faits de mati&#232;res qui viennent de l'autre bout du monde, qui ont d&#251; &#234;tre achemin&#233;es pour &#234;tre transform&#233;es &#224; la bonne taille ; l'&#233;lectricit&#233; vient d'un travail du charbon ou du nucl&#233;aire autour desquels travaillent des milliers de personnes ; cette fameuse Bugatti qui tourne gr&#226;ce au p&#233;trole r&#233;colt&#233; probablement au Venezuela ou dans le Moyen-Orient par le travail accumul&#233; d'&#233;norm&#233;ment de personnes ; jusqu'aux ordinateurs utilis&#233;s pour monter et diffuser le clip, compos&#233;s de nombreux m&#233;taux rares, tr&#232;s s&#251;rement extraits gr&#226;ce au travail de milliers et de milliers de personnes en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a ni gr&#226;ce naturelle, nous dit Britney, ni talent tomb&#233; du ciel : il n'y a que du travail accumul&#233; et des corps qui s'usent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est bien cela le f&#233;tichisme : se mettre &#224; adorer quelque chose en lui attribuant des qualit&#233;s divines, en omettant volontairement ou non tout le travail qui l'a r&#233;ellement constitu&#233;. L'un des ph&#233;nom&#232;nes les plus &#233;clairants &#224; ce sujet est celui du culte du cargo qui eu lieu en M&#233;lan&#233;sie (regroupement d'&#238;les situ&#233;es au Nord-Est de l'Australie, dans l'oc&#233;an Pacifique) pendant la colonisation occidentale de la fin du XIXe au XXe si&#232;cle. En effet, voyant arriver des cargos entiers charg&#233;s de marchandises, sans rien savoir du travail qui avait permis de les fabriquer, se mirent &#224; adorer les bateaux comme de v&#233;ritables divinit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Britney nous le rappelle donc, presque malgr&#233; elle, que l'homme (ou plut&#244;t son corps) est &#224; la mesure de toute chose, et que de ce fait toute idole, que ce soit la divinit&#233; chr&#233;tienne ou m&#233;lan&#233;sienne, la diva de la pop ou de la politique, le patron-star des nouvelles technologies ou le grand &#233;crivain rebelle n'ont rien de magique, et qu'ils sont plut&#244;t le fruit du travail corporel humain, et simplement humain, constitu&#233; dans son immense majorit&#233; de travail gratuit. De ce fait elle nous rappelle &#233;galement l'interd&#233;pendance qu'ont les humains entre eux : il est strictement impossible de vivre une vie compl&#232;tement coup&#233;e du travail des autres. Ainsi, aussi loin que l'on cherche, il n'y a que du travail, produit par des corps qui s'usent ; ainsi, aussi loin que l'on cherche, il n'y a pas de magie ou d'idoles qui ne soient du travail humain plac&#233; dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tout travail est r&#233;compens&#233;&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Le capitalisme est, &#224; bien des &#233;gards, un syst&#232;me absurde : les salari&#233;s y ont perdu la propri&#233;t&#233; du r&#233;sultat de leur travail et la possibilit&#233; de mener une vie active hors de la subordination. Quant aux capitalistes, ils se trouvent encha&#238;n&#233;s &#224; un processus sans fin et insatiable, totalement abstrait et dissoci&#233; de la satisfaction de besoins de consommation, seraient-ils de luxe. Pour ces deux genres de protagonistes, l'insertion dans le processus capitalistique manque singuli&#232;rement de justifications. &#187; &lt;strong&gt;Boltanski et Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Tel, p. 40&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/fouet3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/fouet3.jpg?1731403016' width='500' height='245' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La grande question est alors : pourquoi travailler ? Pourquoi perdre un peu de soi, d&#233;penser de l'&#233;nergie, pour avoir de la douleur ? Spontan&#233;ment nous r&#233;pondrons : pour r&#233;colter les fruits de son travail. Faire du sport, construire sa maison, faire pousser des l&#233;gumes, sont du travail dont les fruits nous paraissent &#233;vidents. Les fruits ne sont jamais de l'argent, ils sont la transformation de quelque chose : son corps, son potager, des morceaux de bois, etc. Cependant, il y a un cas o&#249; nous ne jouissons pas des fruits de notre travail : c'est le cas du travail salari&#233;. Les fruits de notre travail sont r&#233;cup&#233;r&#233;s par quelqu'un d'autre, en l'&#233;change d'une certaine somme d'argent. Mais la question qu'il faut se poser maintenant est : comment est fix&#233; le salaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Britney semble colporter une des plus grandes promesses mensong&#232;res qui existe en Occident : celui de la m&#233;ritocratie. En effet, des responsables politiques, philosophes et autres grands pontes y colportent sans arr&#234;t l'id&#233;e, ou plut&#244;t l'id&#233;al, d'une soci&#233;t&#233; dont l'organisation hi&#233;rarchique aurait comme crit&#232;re celui du m&#233;rite. Il y a dans leur conception un peu n&#233;buleuse du m&#233;rite, &#224; la fois l'id&#233;e que les m&#233;ritants sont ceux qui ont le plus travaill&#233;, et l'id&#233;e qu'ils sont ceux qui ont effectu&#233; le travail le plus utile socialement. Il n'y a, en effet, pas de spectacle plus amusant qu'un grand patron qui a h&#233;rit&#233; de l'entreprise de papa, et qui explique sans sourciller qu'il est l&#224; gr&#226;ce &#224; son simple m&#233;rite. Il est tout aussi risible de voir le tr&#232;s solennel respect que portent certaines personnes qui gagnent bien leur vie &#224; l'&#233;gard des &#233;boueurs ou des caissiers, des sortes de h&#233;ros du petit peuple, qui ont le m&#233;rite de faire un boulot de merde tr&#232;s mal pay&#233;, tout en &#233;tant tr&#232;s utile au bon fonctionnement de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tour &#224; tour dans les discours, selon qu'on soit de droite ou de gauche, la m&#233;ritocratie est pleinement d&#233;j&#224;-l&#224;, et cela veut dire que les pauvres et les riches ont chacun bien m&#233;rit&#233; leur condition, ou simplement un id&#233;al qu'il faudra faire advenir, avec des histoires d'&#233;galit&#233; des chances (comprendre : des chances d'appartenir aux plus hautes sph&#232;res de la soci&#233;t&#233;), ou de discrimination positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la r&#233;alit&#233; est bien diff&#233;rente : il n'y a aucun lien entre la place dans la hi&#233;rarchie de la soci&#233;t&#233; et le m&#233;rite de chacun (que ce soit en termes de quantit&#233; de travail, ou d'utilit&#233; sociale du travail), et, m&#234;me si on le d&#233;sirait vraiment, la m&#233;ritocratie r&#233;elle ne serait possible qu'au prix d'une transformation radicale de la soci&#233;t&#233; qui n'irait pas dans le sens de ceux qui la professent. Il nous faut plut&#244;t voir que c'est la possession d'argent qui fixe en grande partie la hi&#233;rarchie dans notre soci&#233;t&#233; et nous voyons bien qu'il n'y a absolument aucun lien entre m&#233;rite et argent, et de ce fait entre m&#233;rite et salaire. Il y a bien des acharn&#233;s du travail qui restent pauvres toute leur vie, et des oisifs qui sont tr&#232;s riches ; il y a des gens qui font un travail extr&#234;mement utile socialement (les agriculteurs par exemple sans qui aucun richissime patron ne pourrait se nourrir) et qui vivent dans la plus grande mis&#232;re, et des gens compl&#232;tement inutiles aux autres et qui vivent dans l'abondance totale (nous pouvons m&#234;me affirmer que les riches sont socialement inutiles, et ont quelque chose de l'ordre du parasite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette histoire de m&#233;rite semble &#234;tre une bonne mani&#232;re de mettre tout le monde au travail. En effet, promettre &#224; tout pauvre qu'il pourra un jour devenir riche gr&#226;ce &#224; ses efforts acharn&#233;s au travail &#224; de quoi faire r&#234;ver. Faire miroiter une vie facile pass&#233;e &#224; bord d'une Lamborghini (&lt;i&gt;You want a Lamborghini&lt;/i&gt;) et &#224; faire des f&#234;tes en France (&lt;i&gt;party in France&lt;/i&gt;), et tout cela gr&#226;ce &#224; la richesse r&#233;colt&#233;e par le travail acharn&#233; de n'importe qui de suffisamment m&#233;ritant, semble &#234;tre, en Occident, une id&#233;ologie bien partag&#233;e &#224; la fois par les gouvernements, les chefs d'entreprises et les publicitaires. Nul complot des puissants &#224; voir l&#224;-dedans, mais plut&#244;t une mani&#232;re de justifier et l&#233;gitimer aux yeux de tout le monde et &#224; leurs propres yeux leur place dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boltanski et Chiapello nous d&#233;crivent bien cette contradiction essentielle qu'il y a dans le capitalisme : d'un c&#244;t&#233; des travailleurs qui se font d&#233;poss&#233;der du fruit de leur travail et acceptent des conditions de vie mis&#233;rables, et de l'autre des capitalistes qui cherchent &#224; tout prix &#224; s'enrichir, au-del&#224; de toute consid&#233;ration pour une quelconque id&#233;e de justice, de bien commun ou de morale. Cette contradiction donne naissance &#224; ce qu'ils appellent un esprit du capitalisme, qui est &#171; l'id&#233;ologie qui justifie l'engagement dans le capitalisme &#187; (p.41), autrement dit qui r&#233;pond &#224; la question : qu'est-ce qui fait travailler les pauvres ? Qu'est-ce qui leur donnerait envie de participer &#224; ce pacte de dupe ? Il nous semble que cette id&#233;e que la m&#233;ritocratie est d&#233;j&#224; en acte dans la soci&#233;t&#233;, et qu'il suffit de se mettre au boulot pour monter dans sa hi&#233;rarchie en est un tr&#232;s puissant moteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi alors Britney diffuserait-elle, elle aussi, cette id&#233;e mensong&#232;re ? Nous ne le pensons pas. Il semble plut&#244;t que Britney se moque. De la m&#234;me mani&#232;re que les &lt;i&gt;drag queen&lt;/i&gt; mettent en &#233;vidence l'inexistence de la vraie femme en essayant de pousser le plus loin possible les exigences contradictoires de la f&#233;minit&#233;, le clip est une caricature tous azimuts du concept de m&#233;ritocratie, en ayant constamment recours &#224; l'hyperbole. En effet, d'une part il d&#233;crit de mani&#232;re extr&#234;mement exag&#233;r&#233;e le mode de vie de ceux qui ont acc&#232;s au meilleur, vant&#233; &#224; la fois par la publicit&#233; et la pornographie, o&#249; l'on c&#244;toie des voitures qui sont exag&#233;r&#233;ment des voitures, des femmes qui sont exag&#233;r&#233;ment des femmes, o&#249; l'on danse avec son corps parfait dans le d&#233;sert, ou sur l'eau bleue-lagon peupl&#233;e de requins, et o&#249; l'on s'amuse ostensiblement avec ses amis riches, jeunes, et avec des corps d'acteurs pornos. D'autre part, elle se moque de cette id&#233;e de travail m&#233;ritoire colport&#233; par les puissants : Britney crie comme eux de se mettre au travail, en nous promettant un mode de vie d'aisance, toute en mettant ensuite un coup de fouet qui semble exag&#233;r&#233;ment fort. Elle campe l&#224; une sorte de Margaret Thatcher en latex, qui nous fait saliver avec sa carotte/godemich&#233; n&#233;olib&#233;rale dor&#233;e, ses grandes promesses d'autonomie et d'&#233;panouissement personnel, et en m&#234;me temps, nous frappe par-derri&#232;re avec son martinet aust&#233;ritaire. &lt;i&gt;Get to work bitch !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La derni&#232;re des idoles&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://trounoir.org/IMG/jpg/livefancy.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://trounoir.org/IMG/jpg/livefancy.jpg?1731403025' width='500' height='218' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la mise en sc&#232;ne hyperexag&#233;r&#233;e fait exploser toute tentative de prendre &#224; tout jamais au s&#233;rieux l'id&#233;e m&#233;ritocrate. Une fois que la fum&#233;e s'est dissip&#233;e, que le stroboscope s'est &#233;teint, on se sent comme au sortir d'un songe qui a trop dur&#233; ; il n'y avait en fait que des &#234;tres rabougris et ridicules qui d&#233;pla&#231;aient des vases, dont nous regardions les ombres avec int&#233;r&#234;t. Le d&#233;calage entre le discours et la r&#233;alit&#233; est tellement &#233;norme que l'on a simplement envie de rire. Il n'y a plus qu'&#224; remercier Britney pour cette prise de conscience : les promesses de cette vie &#233;th&#233;r&#233;e bleue-lagon, de ces corps ultra-pornos ultra-bright, de ces bijoux et amis dor&#233;s, mais en toc, sont d'un ridicule consomm&#233;, de m&#234;me que ceux qui la font miroiter : des sortes de personnages sadiques, toujours &#224; vanter n'importe quoi pourvu que l'on se mette au travail, toujours &#224; la recherche de quelque pauvre &#226;me &#224; fesser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette com&#233;die a trop dur&#233;, nous dit Britney. Il y a &#224; tirer le frein d'urgence. Elle nous a montr&#233; qu'il n'y avait partout que de la mise au travail des corps, et en majorit&#233; du travail gratuit, essentiel au bon fonctionnement de la soci&#233;t&#233;, et pourtant qui n'est jamais ni reconnu ni r&#233;tribu&#233;. Elle nous a fait voir que toute idole &#233;tait un f&#233;tiche qui masquait tout le travail et l'usure de corps qui l'avaient fait na&#238;tre. Elle nous a montr&#233; par l'hyperbole que la promesse d'une soci&#233;t&#233; hi&#233;rarchis&#233;e en fonction du m&#233;rite, et donc que chacun &#233;tait r&#233;tribu&#233; en fonction de son m&#233;rite personnel, &#233;tait un mensonge tellement gros qu'il en devenait amusant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, Britney est en col&#232;re : elle veut que cette folie s'arr&#234;te ! Plus aucun prol&#233;taire ne sera fouett&#233; impun&#233;ment ! La peur doit changer de camp ! Ni Britney, ni ses camarades n'&#233;couteront plus les divas aust&#233;ritaires, les &lt;i&gt;drag queens&lt;/i&gt; de la finance, les ic&#244;nes pop et n&#233;olib&#233;rales, non plus que les cost-killer body-build&#233;s, les patrons-gourous au sourire ultra-bright ou les politiciens cingl&#233;s avides de fric. Elle et ses copines ne se laisseront plus faire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s elle, ni Aya Nakamura, ni Bernie Sanders, ni nouvelle diva encore inconnue. Britney Spears sera la derni&#232;re des idoles. Elle nous a dit de ne plus &#233;couter aucune idole, car toute diva &#224; la fonction de cacher le rapt, et le travail gratuit sur lequel fonctionne l'&#233;conomie, et de ce fait ne fait que prolonger le fonctionnement macabre de la soci&#233;t&#233;. Ces derniers mots seront : N'&#233;coutez pas les idoles. Apr&#232;s quoi nous ne l'entendrons plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ensuite ? Il s'agira de commencer &#224; vivre sa vie non plus &#224; travers les idoles, mais de partir de son environnement le plus proche. Ne plus vivre &#224; travers les fictions de Libert&#233;, d'&#201;tat, de Soci&#233;t&#233;, d'Amour, de M&#233;rite, de Travail, de R&#233;volution, de Richesse, etc. Ne plus esp&#233;rer. Ne plus fantasmer une utopie qui ne viendra jamais, un paradis qui se m&#233;riterait. Et ne jamais oublier Britney, la derni&#232;re des divas, par qui tout s'est effondr&#233;. Elle dansait si bien entre les requins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma R.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De la puissance des femmes wolofs au S&#233;n&#233;gal</title>
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		<dc:subject>Analyse</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>International</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;flexions sur le f&#233;minisme occidental&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/arton33.jpg?1731403048' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est toujours int&#233;ressant d'&#234;tre confront&#233; &#224; des mani&#232;res de fonctionner qui nous sont tout &#224; fait &#233;trang&#232;res. Une fois la fascination ou la r&#233;pulsion initiale d&#233;pass&#233;es, un vertige nous prend : ce que nous prenions pour le plus connu et le plus &#233;vident s'effondre. Et malgr&#233; tous nos efforts pour essayer de domestiquer une r&#233;alit&#233; qui nous est difficilement compr&#233;hensible, il y a toujours quelque chose qui r&#233;siste. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est l'effet qu'a provoqu&#233; ce texte sur nous, alors que cela n'avait pourtant rien d'&#233;vident. En effet, pourquoi aller voir une r&#233;alit&#233; qui nous est si &#233;loign&#233;e, celle des femmes Wolofs, leur rapport au mariage, aux hommes, &#224; la sexualit&#233; et &#224; l'argent ? Nous pourrions ainsi face &#224; celle-ci avoir la r&#233;action qui semble la plus partag&#233;e : celle de comparer la condition des femmes Wolofs avec celle des femmes occidentales. Une certaine mani&#232;re de compter les points, et donc de s'interdire tout vertige. Que l'on pose les femmes Wolofs comme des victimes d'un syst&#232;me de domination phallocentrique, ou au contraire comme un mod&#232;le &#224; suivre de femmes puissantes, nous passons toujours &#224; c&#244;t&#233; de l'essentiel : celui d'interroger, de mani&#232;re d'autant plus radicale qu'elle nous est &#233;trang&#232;re, notre propre rapport, que nous soyons un homme ou une femme, &#224; l'argent, la sexualit&#233;, la norme sociale ou m&#234;me &#224; l'existence. &lt;br class='autobr' /&gt; Face &#224; un tel chambardement, nos concepts si confortables de domination, d'&#233;galit&#233;, ou d'&#233;mancipation, que nous a livr&#233;s la tradition f&#233;ministe occidentale, et dont le r&#244;le critique n'est plus &#224; prouver, semblent devenir dans cette situation contre-productifs, participant plut&#244;t &#224; la neutralisation de toute alt&#233;rit&#233;. Nous nous retrouvons donc avec un f&#233;minisme universalisant en crise, pris dans ses propres contradictions, dont le sujet politique &#8211; les femmes du monde entier - ne vit qu'en Occident. Ce texte nous ouvre donc de pr&#233;cieuses pistes pour la fondation d'un f&#233;minisme de l'&#233;tranget&#233; et du vertige qu'il nous faudra poursuivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes quatre brus &#224; &#234;tre assises sur la marche en b&#233;ton devant la maison Gueye : Cogna, Marieme, Nogay et moi. Nous y sommes depuis le repas et il est autour de 16h. Nous buvons du th&#233; et discutons des connaissances communes des unes et des autres et nous nous taquinons mutuellement (togne), nous partageons nos astuces, rions parfois tr&#232;s fort de ce que nous allons faire aux hommes. Mbene la belle-m&#232;re sort de la maison et se joint &#224; nous. Cogna se l&#232;ve pour aller lui chercher une chaise en plastique. Maintenant Mbene est assise sur LA seule vraie chaise de la cour. Les discussions s'estompent. Une enfant est assise sur son petit si&#232;ge en plastique. Une autre tire sur le dossier pour prendre la chaise. Elles se disputent. Mbene intervient. Elle dit &#224; la premi&#232;re sur un ton qui n'offre pas d'alternative de pr&#234;ter sa chaise. L'autre jubile. La premi&#232;re &#233;clate en sanglots. Marieme et Nogay lui caressent la t&#234;te pour la consoler, mais elles ne disent rien. Je note que personne n'ose contester la d&#233;cision de Mbene, alors qu'elles commentent habituellement les actions des autres, surtout lorsqu'il s'agit d'enfants. Il y a toujours quelqu'un pour dire &#171; baye ko ! &#187; (laisse-le/la !). Mais les femmes de la maison n'ont pas ces interactions avec Mbene. Mbene &#233;chappe syst&#233;matiquement &#224; toute forme d'interaction de ce genre. Maintenant Mbene parle, elle parle vite en articulant peu, un cure-dent dans la bouche. Elle a une voix forte et a un ton tranchant. Lorsqu'elle est assise, elle a les jambes un peu &#233;cart&#233;es. Je remarque qu'elle est petite pour la premi&#232;re fois, car elle m'a toujours sembl&#233; grande. Elle a un certain embonpoint, mais n'est pas aussi grosse que sa co&#233;pouse. Mbene porte un pagne et un haut taill&#233; dans le m&#234;me wax. Le haut est beaucoup plus ample que celui des plus jeunes, un volant est relev&#233; et j'aper&#231;ois ses colliers de reins aux grosses perles rouges et noires. Je baisse les yeux, g&#234;n&#233;e, par cette image de la sexualit&#233; de cette femme de 50 ans. Elle a les pieds et les mains d&#233;cor&#233;s au henn&#233;. Elle porte un mouchoir de t&#234;te (moussor) en permanence, ou un bonnet pour cacher ses cheveux. &#192; Kayar beaucoup de femmes portent des mouchoirs de t&#234;te, mais elles les nouent de fa&#231;on &#224; laisser appara&#238;tre leurs tresses, ce qui n'est pas le cas de Mbene, elle est trop &#226;g&#233;e pour cela maintenant, sa coquetterie est plus discr&#232;te, moins suggestive. Un moment elle appelle un enfant, elle crie son nom, l'enfant accourt, elle lui donne de l'argent, l'envoie &#224; la boutique pour lui acheter quelque chose. Elle n'a pas boug&#233;, tout est venu &#224; elle. Mbene ne reste pas longtemps avec nous, elle se l&#232;ve et dispara&#238;t dans la maison, car nous ne sommes pas ses &#233;gales (moroom) elle n'a pas de raison de passer du temps avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quelle puissance ai-je pens&#233; ! Nous allons parler de cela, de puissance, de sexe, d'argent, de relations entre femmes et aussi un peu de fascination. Ma fascination et celle d'autres, pour une mani&#232;re d'&#234;tre femme qui tranche assez radicalement avec les mani&#232;res d'&#234;tre femme en Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La curiosit&#233; pour les femmes wolofs est pr&#233;sente dans beaucoup de travaux d'anthropologie sur le S&#233;n&#233;gal avec lesquels j'ai d&#251; discuter ou me disputer (tout est affaire de ton). Au-del&#224; des fronti&#232;res du monde universitaire, on retrouve fr&#233;quemment dans les m&#233;dias ou dans la litt&#233;rature la marque de ces interrogations sur des sujets aussi vari&#233;s que la polygamie, le mariage, la d&#233;pense quotidienne et la sexualit&#233;. La question qui semble pos&#233;e &#224; chaque fois peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e &#224; &#171; comment sont-elles plus domin&#233;es/&#233;mancip&#233;es que les femmes blanches occidentales ? &#187;. Le choix revenant &#224; faire une apologie de la libert&#233; de ces femmes ou au contraire de s'attrister sur leur condition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car se poser la question de l'&#233;mancipation ou de la domination des femmes c'est se poser la question du f&#233;minisme tel qu'il domine aujourd'hui en Occident. On parle ici du f&#233;minisme qui pense un sujet f&#233;minin unique, qui cherche seulement &#224; &#233;valuer son assujettissement et qui voit l'&#233;galit&#233; homme-femme comme seul horizon politique possible. Ce f&#233;minisme pose deux probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, d'un point de vue m&#233;thodologique, ce f&#233;minisme poursuit des buts qui sont difficilement conciliables avec ceux de l'anthropologie. Marylin Strathern&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article de Marylin Strathern qui d&#233;taille les difficult&#233;s du &#171; mariage &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; insiste sur un grand paradoxe de la recherche f&#233;ministe qui, d'un c&#244;t&#233;, vient opposer la singularit&#233; du regard de la chercheuse femme face au chercheur homme de l'anthropologie classique, et donc souligne l'int&#233;r&#234;t de la diversit&#233; des chercheurs ; mais qui, de l'autre c&#244;t&#233;, oublie une des pr&#233;mices de l'anthropologie qui est d'observer la diversit&#233; des points de vue et non de reconduire le m&#234;me. Elle critique ainsi le fait d'utiliser la matrice conceptuelle occidentale sur les femmes, &#233;labor&#233;e en Occident pour observer les autres soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, d'un point de vue id&#233;ologique, ce f&#233;minisme qui calque ses concepts et ses valeurs sur d'autres situations conduit aussi &#224; recr&#233;er une forme de domination et &#224; moraliser le discours. Lila Abu-Lughod&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abu-Lughod, Lila. (2002). Do Muslim Women Really Need Saving ? (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a bien montr&#233; la mani&#232;re dont les discours f&#233;ministes occidentaux peuvent &#234;tre r&#233;utilis&#233;s &#224; des fins inacceptables puisqu'elle d&#233;nonce la volont&#233; de l&#233;gitimer, par un discours f&#233;ministe, l'action arm&#233;e entreprise par les &#201;tats-Unis en Afghanistan. Prendre ses distances avec ce f&#233;minisme h&#233;g&#233;monique, ne veut pas dire tomber dans le relativisme culturel. Il s'agit d'accepter de laisser tomber certains pr&#233;suppos&#233;s sur les rapports homme-femme qui appartiennent &#224; notre monde et de regarder finement comment d'autres femmes vivent, se lient, et s'accommodent des r&#232;gles ou les am&#233;nagent et ce que cela nous apprend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parlerai ici de trois aspects qui concernent les femmes et qui sont volontairement choisis parmi les sujets qui font parler, autant la presse que la litt&#233;rature anthropologique : la sexualit&#233; et son lien &#224; l'argent, le mariage et une de ces formes singuli&#232;res, la polygamie. Il s'agit ici non plus de regarder les femmes wolofs &#224; la lueur du f&#233;minisme occidental comme cela a tant &#233;t&#233; fait, mais de regarder un peu le f&#233;minisme &#224; la lueur des femmes wolofs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sexualit&#233; : Art et r&#232;gles du combat&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Son corps d&#233;gageait les odeurs qui inspiraient. Son boubou remont&#233; aux &#233;paules d&#233;gageait la chute du bras et celle des reins et on devinait des cuisses longues &#224; travers un pagne ray&#233; de bandes rouges et blanches qu'elle aimait particuli&#232;rement. [&#8230;] Le grand pagne ressemblait au petit pagne utilis&#233; pendant les nuits sauvages. Les petits pagnes &#224; bandes &#233;taient de toutes les couleurs, mais le mariage du rouge et du noir &#233;tait recherch&#233;. La couleur rouge donnait aux sursauts de la jouissance la m&#234;me intensit&#233; que la mise &#224; mort du taureau dans une ar&#232;ne de corrida. &#187; (Bugul ; 1990 : 142)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ken Bugul est une &#233;crivaine s&#233;n&#233;galaise qui relate dans son &#339;uvre son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On retrouve ici quasiment tous les &#233;l&#233;ments de la sexualit&#233; wolof : l'odeur consid&#233;r&#233;e comme cr&#233;atrice de d&#233;sir et d'imagination, les accessoires du d&#233;sir comme le petit pagne ou &lt;i&gt;betio&lt;/i&gt; en wolof, et la m&#233;taphore du combat pour d&#233;signer la relation sexuelle. Il manque pourtant un &#233;l&#233;ment tr&#232;s important &#224; cette recette : l'argent, qu'on ne saurait r&#233;duire &#224; une contrepartie, mais qui est ins&#233;parable de la sexualit&#233;, comme il est ins&#233;parable de toute relation d'intimit&#233;, nous y reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les sens sont impliqu&#233;s dans la sexualit&#233; ou plut&#244;t dans la pr&#233;paration de l'acte sexuel. Ces &#171; pr&#233;liminaires &#187; commencent en effet longtemps avant l'acte sexuel en tant que tel comme l'a bien d&#233;crit Isma&#235;l Moya (2017). Il ne s'agit pas seulement de faire l'amour, mais bien d'&#234;tre d&#233;sir&#233;e et de s&#233;duire. Pour cela les femmes ont recours &#224; ce qu'elles appellent des astuces &lt;i&gt;(fe&#241;). &lt;/i&gt;Par astuces sont d&#233;sign&#233;s autant les choix vestimentaires, les accessoires, comme les colliers de reins (ou perles de hanches,&lt;i&gt; ser&lt;/i&gt; en wolof) que les aliments qui donnent du go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les boutiques de femmes dans les quartiers p&#233;riph&#233;riques sont parmi les endroits o&#249; l'on fait le plus d'allusions &#224; la sexualit&#233; et de plaisanteries grivoises. Ce n'est pas seulement d&#251; au fait qu'il y a toujours un attroupement de femmes pour acheter &#224; la derni&#232;re minute un aliment manquant pour le &lt;i&gt;tiebu jen &lt;/i&gt;,mais aussi au fait que les aliments eux-m&#234;mes sont charg&#233;s d'une connotation sexuelle. Les femmes rient quand je demande du poivre, du vinaigre ou du piment en s'exclamant &lt;i&gt;&#171; danga xam lu saaf, defal nank doo nelaw tey &#187;&lt;/i&gt; (tu sais ce qui est bon/piment&#233;, attention tu ne vas pas dormir aujourd'hui). Malheur &#224; moi si je demande du gingembre, les rires m'accompagnent alors pendant plusieurs m&#232;tres. Je ne m'attendais pas &#224; me faire expliquer par des femmes de l'&#226;ge de ma m&#232;re que le karit&#233; est un bon lubrifiant et qu'il allonge les p&#233;nis. Je ne m'attendais pas &#224; rougir dans les discussions de femmes lorsqu'elles parlent tr&#232;s cr&#251;ment de comment c'&#233;tait bon hier soir en mimant des gestes de co&#239;t. &#192; part le go&#251;t des aliments qui &#171; donnent envie &#187;, il y a aussi les bruits des colliers de rein qui s'entrechoquent, les odeurs enivrantes de l'encens des parfums, des cr&#232;mes et les couleurs motifs et inscriptions sur les colliers de rein, les draps, les petits pagnes tiss&#233;s. L'esth&#233;tique de ces accessoires sexuels m&#233;lange pornographie et romantisme sans les opposer contrairement &#224; ce qui est courant en Occident (Moya ; 2016). Car la sexualit&#233; n'est pas du tout taboue dans la religion musulmane telle qu'elle est pratiqu&#233;e au S&#233;n&#233;gal, tant qu'elle concerne un homme et une femme mari&#233;s ensemble. Elle est au contraire pr&#233;sente au quotidien dans la vie des femmes, dans les discussions, dans les gestes de beaut&#233; quotidiens (la plupart des femmes portent leurs perles de hanches en permanence sous leurs tenues quotidiennes), dans la cuisine et dans leur &#171; course aux armements &#187;, (Moya, 2016) leur acquisition permanente de nouveaux objets pour stimuler le d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une sexualit&#233; color&#233;e, parfum&#233;e, savoureuse et bruyante des femmes est &#233;videmment surprenante pour des Occidentaux qui sont habitu&#233;s &#224; l'aspect tabou de celle-ci h&#233;rit&#233; du christianisme et r&#233;actualis&#233; par la pornographie, mais elle est tentante aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; cette tentation, trois b&#233;mols : cette sexualit&#233; n'est possible que dans le mariage (1), qui est parfois polygame (2), et l'argent n'est jamais loin (3). Avant de d&#233;velopper en d&#233;tail les deux premiers points, je vais revenir sur la question de l'argent et de son lien avec la sexualit&#233; qui est une bonne porte d'entr&#233;e sur le monde des femmes wolofs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Argent et Sexe : &#171; Lu neex du doy &#187; (on n'a jamais assez des bonnes choses)&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Pour &#234;tre compl&#232;te, dans le sch&#233;ma de la sexualit&#233; ordinaire tout du moins, une relation sexuelle satisfaisante pour le mari se traduit, le soir ou le lendemain, par un cadeau &#224; l'&#233;pouse : des tissus, un parfum ou, souvent, de l'argent. Delloo njukkal (&#171; rendre le contre-don &#187;), Sargale (&#171; remerciement &#187;), &#171; D&#233;coration &#187; (en fran&#231;ais) &#8230; Les noms donn&#233;s &#224; ces cadeaux sont explicites : le mari honore son &#233;pouse par un don en raison du plaisir qu'elle lui a procur&#233;. &#171; L'arsenal, c'est un cadeau. Tout ce que fait ta femme pour te rendre heureux, c'est un cadeau. L'argent qu'elle d&#233;pense pour ces trucs-l&#224;, &#231;a n'est pas du gaspillage. Dans l'islam, tout ce qu'une femme peut faire pour rendre son mari heureux, elle doit le faire et il doit la remercier. Et r&#233;ciproquement. &#187; Ce n'est sans doute pas un hasard si certains encens sont nomm&#233;s Compte banquaire, Sama Junni (&#171; mon billet de 5 000 francs CFA &#187;) ou Keytou Keurgui (&#171; les papiers de la maison &#187;) &#187;. (Moya ; 2017)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit ici, l'argent ou le cadeau est une &#233;tape de la sexualit&#233; maritale, mais l'argent a aussi un r&#244;le &#224; jouer dans les relations pr&#233;maritales ou extra-maritales. Lors de mon ann&#233;e &#224; l'universit&#233; de Saint Louis, nous avions dans l'internat de filles de grands d&#233;bats entre nous sur &#171; Vaut-il mieux un mari riche, vieux et moche ou jeune beau et pauvre &#187;. L'&#233;crasante majorit&#233; &#233;tait pour le mari riche, vieux et moche, m&#234;me si certaines avan&#231;aient qu'il ne fallait pas qu'il soit trop vieux pour qu'il puisse porter sa femme en cas de maladie de celle-ci. En attendant de trouver le mari riche ma voisine de chambre C. collectionnait les &#171; pr&#233;tendants &#187; comme elle les appelait : untel qui travaille dans un magasin de v&#234;tement et lui en offre, untel qui paye sa cr&#232;me &#233;claircissante (&lt;i&gt;Leeral&lt;/i&gt;), untel qui l'invite au restaurant, untel qui lui offre des boissons&#8230; Tout l'art &#233;tant de faire en sorte que chacun se sente l'unique, et de laisser esp&#233;rer &#171; le pr&#233;tendant &#187; sans lui donner vraiment satisfaction, sans qu'il n'y ait jamais de rapport sexuel effectif. Cette pratique a aussi &#233;t&#233; observ&#233;e et d&#233;crite par Thomas Foucquet (2014)&lt;i&gt; &lt;/i&gt;parmi des &#233;tudiantes dakaroises&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Il y a fort &#224; parier que le fait que les &#233;tudiantes vivent dans des internats &#224; l'&#233;cart de leur famille leur conf&#232;re une certaine libert&#233; d'agir, et que la pr&#233;carit&#233; des bourses &#233;tudiantes explique le fait que le &lt;i&gt;doxaan&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Se traduit habituellement par &#171; draguer &#187; ou &#171; faire la cour &#224; &#187;, mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; existe surtout dans ces milieux. Mais ce n'est pas parce que cette pratique est limit&#233;e &#224; une minorit&#233; qu'elle ne nous enseigne pas des nombreuses possibilit&#233;s d'une soci&#233;t&#233;. Au contraire, &#224; mon avis le &lt;i&gt;doxaan&lt;/i&gt; n'est qu'un des nombreux exemples de l'imbrication entre sexualit&#233; et argent dans la soci&#233;t&#233; wolof. Que la sexualit&#233; soit l&#233;gitime comme dans le cadre du mariage, ou ill&#233;gitime comme c'est le cas du&lt;i&gt; doxaan&lt;/i&gt;, qu'elle soit effective comme dans le cas du mariage ou seulement sugg&#233;r&#233;e, comme horizon dans la s&#233;duction du &lt;i&gt;doxaan&lt;/i&gt;, l'argent est l&#224;. Mais il faut interpr&#233;ter ce fait avec prudence et se garder de tomber trop vite dans des automatismes de pens&#233;e pudibonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre ce qu'est la d&#233;marche anthropologique, imaginez qu'une chose similaire se passe chez nous, qu'un homme laisse sur la table de nuit un billet ou un cadeau avec un petit mot &#171; en souvenir d'hier &#187;. Cela serait sans doute un geste consid&#233;r&#233; comme &#171; d&#233;plac&#233; &#187;. C'est ce d&#233;placement justement qui est int&#233;ressant. Ici, lorsque l'argent se m&#234;le avec la sexualit&#233; (de mani&#232;re visible) on pense &#224; la prostitution, car c'est l'unique forme qui autorise l'&#233;change du &#171; plaisir de l'homme contre de l'argent pour la femme &#187; (Moya ; 2017). Cependant Isma&#235;l Moya nous alerte :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Il serait pourtant d&#233;risoire de vouloir r&#233;duire la sexualit&#233; conjugale &#224; l'attente d'un cadeau qui, du reste, ne couvre m&#234;me pas les frais engag&#233;s par une femme pour se procurer les moyens de combattre. Cette derni&#232;re &#233;tape de la relation sexuelle conduit plut&#244;t &#224; se demander si la centralit&#233; de l'orgasme dans notre conception de la sexualit&#233; n'entra&#238;ne pas une forme de myopie analytique. La jouissance des femmes est secondaire et celle des hommes intervient au terme d'une longue et complexe phase de pr&#233;liminaires ma&#238;tris&#233;e de bout en bout par les femmes, et qui ne marque pas la fin de la relation sexuelle. Cette configuration conforte, certes, la relation asym&#233;trique entre mari et femme que constitue le mariage &#224; Dakar, mais l'arsenal f&#233;minin du plaisir a d'autres effets que d'extraire un orgasme aux hommes. Il conf&#232;re &#224; l'&#233;pouse une capacit&#233; d'agir, c'est-&#224;-dire une forme de ma&#238;trise sur son mari. Si le mari est le &#171; ma&#238;tre de maison &#187; (boroom k&#235;r), l'&#233;pouse est en regard la &#171; ma&#238;tresse de la chambre &#224; coucher &#187; (boroom n&#233;eg). Un proverbe wolof le dit tr&#232;s explicitement : &#171; l'homme qui d&#233;tache son pantalon est un agneau &#187; (goor bu tekkee tubeyam, xarum tubaabeer la). La sexualit&#233;, comme le mariage, est un combat. Les femmes ne sont pas sans armes. &#187; (Moya ; 2017)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi replacer ces dons d'argent dans un contexte o&#249; l'argent est de toute fa&#231;on omnipr&#233;sent dans les relations, qu'elles soient familiales, amicales ou m&#234;me de voisinage. Se demander ou se donner de l'argent au S&#233;n&#233;gal n'est pas quelque chose qui est consid&#233;r&#233; comme g&#234;nant ou particuli&#232;rement obligeant. De toute fa&#231;on l'argent circule vite et dans tous les sens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour mieux comprendre les modalit&#233;s de la circulation de l'argent au S&#233;n&#233;gal (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du seul domaine de la sexualit&#233;, l'argent a une place tr&#232;s importante dans les relations hommes/femmes. Mais il y circule dans un certain sens. Que cela soit dans le choix du conjoint ou ensuite dans la vie maritale et dans la sexualit&#233;, l'argent a un r&#244;le fondamental. Chaque &#233;tape c&#233;r&#233;monielle dans la vie d'un couple est l'occasion de prestations souvent sous la forme d'argent (comme la dot, exemple le plus connu de prestation lors du mariage, mais qui n'est pas la seule chez les Wolofs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Islam tel qu'il est v&#233;cu au S&#233;n&#233;gal, le mari a l'obligation de donner &#224; sa femme l'argent n&#233;cessaire pour ses besoins et ceux de ses enfants. Cela s'appelle la &#171; d&#233;pense quotidienne &#187; et il est courant de voir une femme r&#233;clamer d'une voix autoritaire, une main tendue et l'autre sur la hanche &lt;i&gt;&#171; may ma depass &#187;&lt;/i&gt; (offre/donne-moi la d&#233;pense) &#224; son mari. Ainsi l'argent circule-t-il souvent de la main d'un homme vers la main d'une femme. Ceci est particuli&#232;rement vrai dans un couple, mais c'est aussi vrai d'une m&#232;re et de ses fils adultes. La relation fr&#232;re s&#339;ur est peut-&#234;tre la seule qui ne soit pas concern&#233;e par cette affirmation, car un fr&#232;re et une s&#339;ur s'entraident r&#233;ciproquement sans qu'il y ait de sens &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces hommes donneurs d'argent et ces femmes receveuses, les Occidentaux ont du mal &#224; se d&#233;faire d'une interpr&#233;tation marxiste ou potestative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ce sujet l'article de St&#233;phane Vibert montre les travers de cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ces interpr&#233;tations l'homme &#233;tant le donneur, le d&#233;tenteur du capital financier, il serait aussi le dominant. Ces interpr&#233;tations ont le gros d&#233;faut d'&#234;tre tr&#232;s peu dynamiques et de cacher une vision tr&#232;s moralisante &#224; la fois des rapports homme-femme, mais aussi de la sexualit&#233;. En effet, bien que les femmes re&#231;oivent, elles ne sont pas passives comme le verbe pourrait le laisser entendre. En v&#233;rit&#233; elles prennent, comme j'ai essay&#233; de le montrer avec cette main tendue et cette injonction qu'elles prononcent &#171; &lt;i&gt;may ma&lt;/i&gt; &#187;. L'expression en wolof est importante, les femmes n'utilisent pas le verbe &lt;i&gt;&#171; jox &#187;&lt;/i&gt; (donner), mais le verbe &#171; offrir &#187;, ce n'est pas une simple transaction comme on peut l'entendre dans &#171; sexualit&#233; transactionnelle &#187; ou &#171; &#233;change &#233;conomico-sexuel &#187; les expressions habituellement utilis&#233;es en anthropologie, mais un cadeau qui est demand&#233; comme un d&#251;. C'est ce que les anthropologues Broqua et Docquet (2013) ont appel&#233; &#171; retourner les armes des hommes contre eux &#187; : les normes de la masculinit&#233;, comme l'obligation d'entretien ou le fait d'&#234;tre celui &#171; qui paye &#187;, celui qui doit se montrer g&#233;n&#233;reux, se retournent contre les hommes dans une soci&#233;t&#233; ou de plus en plus de femmes ont acc&#232;s &#224; des ressources financi&#232;res (via le commerce informel par exemple), mais continuent &#224; exiger l'argent des hommes. Finalement les hommes aussi se retrouvent contraints dans cette situation, accul&#233;s eux aussi &#224; leurs obligations. Ils s'en plaignent critiquant le &#171; mat&#233;rialisme &#187; des femmes. Comme j'ai ri devant les r&#233;cits innombrables d'hommes plum&#233;s par des amantes ou des femmes exigeantes, brandissant la cessation des relations sexuelles ou le divorce comme menace. Ce n'est pas que la jouissance f&#233;minine ne compte pas, mais que le sexe est meilleur avec l'argent que sans et, au pire s'il ne contente pas, il reste l'argent, comme me l'a expliqu&#233; une amie : &#171; &lt;i&gt;amul pertement&lt;/i&gt; &#187; (il n'y a pas de perte) !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette exclamation fait r&#233;f&#233;rence &#224; un dicton : jaay fonde amul pertement, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;capituler, la sexualit&#233; offre une capacit&#233; d'agir dans d'autres domaines de la vie sociale. Que la sexualit&#233; se r&#233;alise comme dans le cas d'un couple l&#233;gitime ou que la femme fasse miroiter la possibilit&#233; sexuelle comme dans les couples non mari&#233;s, c'est la sexualit&#233; qui est obligeante pas l'argent. La sexualit&#233; est un pouvoir qui d&#233;pend de la g&#233;n&#233;rosit&#233; des femmes et en contrepartie de laquelle on attend quelque r&#233;compense de la part de l'homme et non quelque chose qui s'ach&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons voir que dans le mariage, la sexualit&#233; est aussi un des seuls moments qui r&#233;unissent un &#233;poux et une &#233;pouse, puisque le mariage est bien plus une affaire de cohabitation entre femmes qu'une affaire de couple.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mariage :&#171; Le mariage ce n'est pas la m&#232;re &#224; boire, seulement la belle-m&#232;re &#224; avaler &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce dicton populaire fran&#231;ais prend des r&#233;sonances particuli&#232;res quand on l'applique au contexte wolof. Si en France, la belle-famille a &#233;t&#233; et reste parfois une dimension importante du mariage, surtout apr&#232;s la naissance des enfants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lemarchant C.. Belles-filles : Avec les beaux-parents, trouver la bonne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est sans commune mesure avec le r&#244;le de la belle-m&#232;re dans la vie d'une bru au S&#233;n&#233;gal. Dans la soci&#233;t&#233; wolof, ce sont uniquement les femmes qui ont des relations avec leur belle-famille. En effet, la soci&#233;t&#233; wolof est ce qu'on appelle une soci&#233;t&#233; patri-virilocale (m&#234;me s'il y a quelques nuances importantes &#224; consid&#233;rer lorsqu'on parle des r&#232;gles de r&#233;sidence) : la jeune mari&#233;e emm&#233;nage dans la maison de son mari et de toute la famille de celui-ci apr&#232;s le mariage. Or les relations que les femmes ont avec leurs belles-m&#232;res et les autres femmes de la maison de leur mari (principalement les &#233;pouses des fr&#232;res de leur mari) sont au c&#339;ur de l'exp&#233;rience du mariage &lt;i&gt;(seey)&lt;/i&gt; pour les femmes Wolof. L'entente ou non avec ces femmes d&#233;termine leur vie quotidienne. C'est ce que Bintou, une de mes interlocutrices, a exprim&#233; tr&#232;s clairement lorsque je demandais pourquoi elle ne se s&#233;parait pas de son mari duquel elle se plaignait souvent, principalement car il ne lui donnait pas assez d'argent pour vivre et pour assurer les besoins de ces enfants. Je savais que c'est une cause de divorce tr&#232;s fr&#233;quente au S&#233;n&#233;gal (Dial, 2008). Bintou m'a r&#233;pondu que si elle se s&#233;parait, elle devrait se remarier, int&#233;grer une nouvelle maison, peut-&#234;tre mal tomber et se retrouver dans une maison o&#249; elle ne s'entendrait pas bien avec les autres femmes. Au moins, dans la maison o&#249; elle se trouve actuellement, sa belle-m&#232;re est gentille et elle s'entend bien avec toutes les femmes de la maison qui l'aident financi&#232;rement et mat&#233;riellement. Celles-ci lui donnent des couches, de l'argent, des m&#233;dicaments quand elle est malade, et lui permettent de ne pas cuisiner, car elle a un enfant en bas &#226;ge et qu'elle est mari&#233;e &#224; l'a&#238;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit donc que cette femme &#233;value sa situation conjugale uniquement sur la base de ses relations avec les femmes de la maison et non pas avec son mari. Le mariage est r&#233;ussi, car son int&#233;gration dans ce monde f&#233;minin est r&#233;ussie. Le mari est mauvais, mais pas le mariage. C'est fondamental de mon point de vue, car cela &#233;claire un point aveugle de certains travaux sur les femmes wolofs, centr&#233;s sur les rapports homme-femme : le mariage n'est pas du tout une histoire &#224; deux comme en Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde wolof, le mariage c'est trois choses diff&#233;rentes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une c&#233;r&#233;monie religieuse (&lt;i&gt;takk&lt;/i&gt; en wolof se traduit par attachement) qui marque l'entr&#233;e dans une vie d'adulte. Il s'agit d'un rituel musulman qui ne marque que le d&#233;but de la sexualit&#233; l&#233;gitime. C'est une &#233;tape incontournable de la vie pour avoir de la l&#233;gitimit&#233;. Le mariage est un imp&#233;ratif pour l'homme et pour la femme, ne pas se marier pour une femme est tr&#232;s mal vu. On dira d'une femme non mari&#233;e qu'elle a &#233;t&#233; ensorcel&#233;e et elle sera marginalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;placement act&#233; par une autre c&#233;r&#233;monie : l'entr&#233;e en r&#233;sidence &lt;i&gt;(c&#233;yt) &lt;/i&gt;o&#249; la femme rejoint le domicile de son mari qui est aussi la plupart du temps la maison des parents de celui-ci, et de ses fr&#232;res et &#233;pouses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cohabitation sur le temps long &lt;i&gt;(seey) &lt;/i&gt;avec le mari, mais aussi avec les affins et affines (toutes les personnes qui sont li&#233;es par les liens de mariage). Le mot &lt;i&gt;seey &lt;/i&gt;en wolof signifie &#224; la fois et selon le contexte mariage, foyer, cohabitation et sexualit&#233;. Il n'y a pas une seule c&#233;r&#233;monie, comme c'est le cas chez nous, mais plusieurs rituels (mariage religieux, entr&#233;e en r&#233;sidence de l'&#233;pouse, bapt&#234;me du premier enfant) qui construisent le mariage, la relation entre les deux familles, le statut de la nouvelle &#233;pouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien que dans ce contexte il est difficile de penser la condition des femmes uniquement au sein du rapport homme-femme. De fait, les femmes et leurs maris ne partagent que tr&#232;s peu de choses et de temps ensemble : les hommes sont absents toute la journ&#233;e, le soir et le midi ils mangent dans leur chambre la plupart du temps pendant que les femmes mangent ensemble. Je me suis souvent dit que ce que partagent l'homme et la femme mari&#233;s c'est peut-&#234;tre exclusivement la sexualit&#233; et l'argent. Les maris sont les grands absents du mariage en quelque sorte. L'enjeu du mariage sur le long terme &lt;i&gt;(seey) &lt;/i&gt;d'apr&#232;s toutes les femmes que j'ai rencontr&#233;es c'est la cohabitation entre femmes. Les femmes disent comme une rengaine &lt;i&gt;&#171; seey si dafa jafe &#187; &lt;/i&gt;(le mariage comme cohabitation c'est difficile) parce que c'est &#224; cet endroit qu'il faut faire des efforts, travailler &lt;i&gt;(ligueey) &lt;/i&gt;dans tous les sens du terme et particuli&#232;rement dans le sens de travailler sur ces relations avec les autres femmes pour qu'elles soient bonnes. Travailler sur ces relations dans ce contexte a un sens pr&#233;cis. Il y a une dimension proprement personnelle dans la mont&#233;e en puissance de l'&#233;pouse dans la maison, qui est li&#233;e aux efforts que fournit la bru et &#224; son habilet&#233; relationnelle. Si le temps reste n&#233;cessaire pour devenir une bru respect&#233;e et int&#233;gr&#233;e, il ne suffit pas d'attendre que le temps passe. Il s'agit donc pour les brus de fournir ce que nous appellerons un &#171; travail au quotidien &#187; pour prouver ses qualit&#233;s d'&#233;pouse et de bru et progresser dans ce monde de femmes hi&#233;rarchis&#233;. Cet aspect est tr&#232;s important pour comprendre ce qu'est une maison &lt;i&gt;(k&#235;r) &lt;/i&gt;comme espace de sociabilit&#233;, car, malgr&#233; l'existence de statuts et d'&#226;ges de la vie, les efforts et qualit&#233;s individuelles ont un r&#244;le important &#224; jouer dans la respectabilit&#233; qui est accord&#233;e &#224; une femme dans cet espace. Ces efforts sont &#224; la base de l'organisation m&#234;me du quotidien des brus qui ne se contentent pas de remplir leurs devoirs, mais n&#233;gocient leur place dans un monde d'interconnaissance qui s'&#233;tend au-del&#224; de la maison. Pour monter en puissance dans la maison, il faut savoir concilier &#224; la fois travail m&#233;nager et ce qu'on pourrait appeler la socialit&#233;. Cette socialit&#233; consiste &#224; se montrer, ou &#171; se rendre visible &#187; (Dessertine, 2016) dans certains espaces comme la cour, les salons des amies, etc., mais aussi &#224; interagir de la bonne mani&#232;re avec les personnes qui s'y trouvent jusqu'&#224; atteindre une totale ma&#238;trise de la bonne parole lorsqu'on devient une femme puissante. Il est int&#233;ressant de constater que la mont&#233;e en puissance se traduit par une conqu&#234;te progressive de l'espace. Les brus doivent ainsi d'abord &#234;tre pr&#233;sentes et entretenir leurs relations dans la maison, puis petit &#224; petit, elles peuvent s'&#233;loigner de mani&#232;re &#233;pisodique pour faire des visites &#224; leurs amies et leur famille, pour finalement &#234;tre quasiment toujours absentes de l'espace domestique comme les belles-m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mariage, on l'a compris est avant tout une cohabitation avec des femmes dans un monde hi&#233;rarchis&#233; au sein duquel le temps et les actions individuelles des brus permettent leur accroissement. Cependant, il y a une autre caract&#233;ristique du mariage que nous n'avons pas encore explor&#233;e : la polygamie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Polygamie : Et si la polygamie offrait une capacit&#233; d'agir &#224; des femmes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La polygynie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Se dit d'une union entre un homme et plusieurs femmes.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est souvent pens&#233;e en anthropologie ou dans la presse comme participant ou incarnant la domination masculine. L'institution de la polygamie est en effet souvent expliqu&#233;e par ce qu'elle apporte aux hommes : un pouvoir &#233;conomique &#8211; puisqu'elle permettrait aux hommes d'accro&#238;tre le nombre de femmes et d'enfants qui travaillent pour eux (Diop, 1985) ou un bien-&#234;tre sexuel, puisqu'elle permettrait de pallier la frustration sexuelle des hommes quand les femmes se trouvent dans des p&#233;riodes o&#249; elles ne peuvent pas avoir de rapport sexuels, c'est-&#224;-dire lors des r&#232;gles ou de l'allaitement (Goody &amp; Fortes, 1973). Lorsque la polygamie est pens&#233;e comme moyen de pr&#233;server le pouvoir des a&#238;n&#233;s (Meillassoux, 1994), il s'agit toujours d'hommes qui contr&#244;lent l'acc&#232;s aux femmes et en tirent un pouvoir politique. &#192; ces explications, le travail de O. Journet et S. Fainzang (1988) ajoute une description fine des rivalit&#233;s entre femmes et l'avantage que cette comp&#233;tition conf&#232;re aux hommes. Dans la presse, on trouve l'id&#233;e sous-jacente que la polygamie serait r&#233;serv&#233;e aux femmes non &#233;duqu&#233;es : ainsi, dans un article dans Le Monde (Kane, 2018), l'auteur s'&#233;tonne de ce que les femmes instruites soient attir&#233;es par la polygamie. Cet &#233;tonnement rejoint celui des anthropologues et des d&#233;mographes qui avaient pr&#233;vu que la polygamie dispara&#238;trait progressivement, alors que si le taux d'unions polygames diminue, il reste tout de m&#234;me&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;important&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La paup&#233;risation, l'urbanisation, l'occidentalisation, l'individualisation, la&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'article intitul&#233; &lt;i&gt;Peut-on &lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#233;chapper &#224; la polygamie &#224; Dakar ? &lt;/i&gt;(Antoine &amp; Moukala, 1995) part de ce constat d'une baisse relativement lente de la polygamie pour explorer les raisons de sa perduration, tant du c&#244;t&#233; des hommes que des femmes. Il montre que la polygamie touche toutes les couches de la population sans discrimination par niveau de vie, ethnie ou profession. Pour P. Antoine, l'acceptation de la polygamie par les femmes est &#233;troitement li&#233;e &#224; la religion et &#224; l'imp&#233;ratif d'&#234;tre mari&#233;e ou de se remarier &#224; n'importe quel prix. Or il est int&#233;ressant de consid&#233;rer la polygamie, sujet pol&#233;mique par excellence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est int&#233;ressant de lire par exemple les commentaires de l'article de Kane (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sous l'angle de la r&#233;sidence pour apporter un autre point de vue sur le lien entre polygamie et domination masculine. Ainsi, quand on s'int&#233;resse aux arrangements spatiaux en lien avec les statuts matrimoniaux, on constate que les femmes qui rejoignent un m&#233;nage polygame (donc la deuxi&#232;me, troisi&#232;me ou quatri&#232;me femme) jouissent d'une plus grande libert&#233; dans leur choix de r&#233;sidence. Elles peuvent rester dans la maison de leur famille, ou avoir un logement autonome o&#249; leur mari vient les visiter r&#233;guli&#232;rement. Si elles re&#231;oivent la visite de leur mari r&#233;guli&#232;rement, elles ne vivent pas en permanence avec lui et se consid&#232;rent comme plus ind&#233;pendantes, voire chef de leur propre m&#233;nage (Ba Gning &amp; Antoine, 2015). Elles ne doivent pas emm&#233;nager dans la maison familiale, cohabiter avec les femmes des fr&#232;res de leurs maris et &#234;tre sous l'autorit&#233; de la belle-m&#232;re. Ce dernier point est extr&#234;mement important puisque les &#233;pouses &#233;valuent leur condition &#224; partir de la r&#233;ussite de la cohabitation avec leurs affines et plus particuli&#232;rement leur belle-m&#232;re. Consid&#233;rer la polygamie sous l'angle de la domination masculine ne semble donc pas recouvrir toutes ses implications. On voit bien que la question de la r&#233;sidence ne peut pas &#234;tre ici &#233;lud&#233;e, car elle permet de prendre en compte certaines des motivations des femmes d'opter pour la polygamie comme le fait d'&#233;chapper &#224; la cohabitation avec la belle-m&#232;re et dans une moindre mesure avec le mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est arriv&#233; tr&#232;s fr&#233;quemment qu'une femme me demande si je voulais &#234;tre sa co&#233;pouse : &#171; &lt;i&gt;b&#235;ggo nek suma wujj ? &#187;&lt;/i&gt; sur un ton de semi-plaisanterie un peu dragueur. Au d&#233;but, choqu&#233;e je r&#233;pondais &lt;i&gt;&#171; Lutax ? Bay togn ! &#187;&lt;/i&gt; (Pourquoi ? Arr&#234;te de plaisanter/d&#233;conner). Mais les femmes tr&#232;s s&#233;rieusement me disaient qu'on pourrait ainsi s'entraider (pour les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, les enfants), qu'avoir un mari que la moiti&#233; de la semaine c'&#233;tait moins fatiguant. En effet dans les m&#233;nages polygames l'homme est cens&#233; partager tr&#232;s &#233;quitablement son argent et ses nuits entre les deux, trois ou quatre femmes. La fatigue &lt;i&gt;(cono)&lt;/i&gt; dont elles me parlaient &#233;tait &#224; la fois li&#233;e aux t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, &#224; la belle-famille, mais aussi &#224; la question de la sexualit&#233; comme me l'indiquait le sourire complice. La co&#233;pouse a donc cette double image d'&#234;tre &#224; la fois une rivale, avec laquelle on est en comp&#233;tition (comme toutes les femmes du m&#234;me &#226;ge d'ailleurs) pour &#171; donner le meilleur de soi &#187; et une alli&#233;e, une complice avec laquelle on partage la sexualit&#233;, le travail, les enfants. Rien n'est plus dangereux pour un homme que des co&#233;pouses qui s'allient, qui peuvent faire des gr&#232;ves du sexe en m&#234;me temps, qui peuvent arr&#234;ter de cuisiner pour lui en m&#234;me temps. Affamer un homme dans tous les sens du terme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une forme sp&#233;cifique d'union qui est l'exemple par excellence des possibilit&#233;s qu'offre la polygamie. Il s'agit du &lt;i&gt;takko &lt;/i&gt;(attachement) aussi appel&#233; mariage par corde. Le&lt;i&gt; takko&lt;/i&gt; est la contraction d'une forme d'union sans les obligations li&#233;es &#224; la cohabitation induite par l'installation d'une &#233;pouse chez son mari. Ainsi dans cette forme d'union, le couple ne partage pas la m&#234;me r&#233;sidence et l'homme est dispens&#233; de son devoir d'entretien financier. Les deux conjoints peuvent m&#234;me passer des ann&#233;es sans se voir et sans avoir de rapports sexuels comme le d&#233;crit Fatou Bintou Dial (2003) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsqu'un homme devient polygame apr&#232;s sa retraite, dans la plupart des cas, il s'agit d'un remariage avec une femme divorc&#233;e, ayant souvent des enfants. Si l'homme doit prendre en charge sa femme et les enfants qu'ils ont eus ensemble, il n'y a pas d'exigence en ce qui concerne les enfants que son &#233;pouse a eus d'une autre union. Le nouveau polygame poss&#232;de souvent sa maison et sa famille, il ne prend pas en charge l'h&#233;bergement de cette nouvelle femme, il peut se contenter de lui rendre visite de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re ou &#233;pisodiquement. Dans les cas de polygamie o&#249; l'homme &#233;pouse une femme divorc&#233;e ou veuve avec des enfants en charge, il peut donner sa participation aux d&#233;penses de la maison les jours qu'il passe avec sa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nouvelle &#233;pouse, mais la prise en charge des enfants de celle-ci ne lui incombe pas lorsqu'il ne passe pas la nuit avec celle-ci. L'homme peut y participer s'il en a envie, mais ce n'est pas une obligation. Dans ce cas nous voyons que la polygamie n'entra&#238;ne pas forc&#233;ment un changement du train de vie des hommes. Il s'y ajoute que certains couples ne partagent pas la vie commune, il s'agit des femmes d&#233;j&#224; divorc&#233;es (quelquefois &#224; plusieurs reprises) et qui veulent &#234;tre en conformit&#233; avec leur religion qui les incite au mariage, et &#224; la soci&#233;t&#233; qui tol&#232;re difficilement la solitude des femmes. Le mari est un &lt;i&gt;&#171; takkoo &lt;/i&gt; &#187; (un mari social). Ces femmes dans ces situations ne sont mari&#233;es que pour le statut et quelquefois la vie sexuelle. Certains hommes polygames ne vivent m&#234;me pas dans la m&#234;me ville que leur &#233;pouse : l'homme peut &#234;tre &#224; Dakar et sa femme dans les r&#233;gions situ&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du pays ou l'inverse. &#187; (Dial, 2008 : 127).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;takko &lt;/i&gt;permet &#224; la femme d'&#234;tre mari&#233;e, tout en gardant une relative autonomie. L'existence d'un tel statut est r&#233;v&#233;latrice de l'importance du statut matrimonial pour une femme, mais aussi des souplesses que cette soci&#233;t&#233; a am&#233;nag&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de ses propres r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette forme de mariage semble pouvoir disculper une femme du soup&#231;on de ne pas vouloir se remarier tout en lui permettant de rester dans son logement, de ne pas bouleverser ses habitudes et de garder son ind&#233;pendance. &#187; (Ba Gning &amp; Antoine, 2015).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit tr&#232;s souvent d'une forme d'union qui permet aux femmes divorc&#233;es de se remarier afin de correspondre &#224; la norme. Ceci est aussi en lien avec la religion musulmane puisque c'est le mari, dans l'islam, qui assure le salut de l'&#226;me de sa femme. Gagner de l'autonomie ne peut se faire que dans et par le mariage, et devenir une femme respect&#233;e ne peut se faire qu'en ayant un comportement exemplaire envers ces affins, nous y reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
M&#232;re Diouf (64 ans) habite avec son fils et sa bru dans la maison qu'elle a fait construire elle-m&#234;me gr&#226;ce &#224; ses activit&#233;s de commer&#231;ante. Elle s'est remari&#233;e apr&#232;s un premier divorce avec un homme d&#233;j&#224; polygame qui habite Thi&#232;s (une heure de route de Kayar). Ils sont en takko et se voient tr&#232;s rarement :au d&#233;but, il lui rendait visite, mais elle me dit qu'&#233;tant aveugle d&#233;sormais, il ne peut plus entreprendre le voyage. Cela fait donc deux ans qu'ils ne se sont pas vus, car m&#232;re Diouf a, elle aussi, des probl&#232;mes de sant&#233; qui la contraignent dans ses d&#233;placements.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les femmes qui sont engag&#233;es dans ce type d'union peuvent vivre sous le toit d'un membre de leur famille (fr&#232;re, m&#232;re ou enfant) ou avoir un logement autonome (qu'elles ont fait construire comme m&#232;re Diouf) ou qui a &#233;t&#233; construit pour elles. Elles &#233;chappent ainsi &#224; la cohabitation avec la belle-famille, et mieux encore &#224; la pr&#233;sence du mari la majeure partie du temps. C'est les vacances du mariage en quelque sorte ! Il faut pr&#233;ciser que ces arrangements sont r&#233;serv&#233;s &#224; des femmes &#226;g&#233;es ou divorc&#233;es, qui ont d&#233;j&#224; fait les preuves de leur capacit&#233; &#224; &#234;tre mari&#233;es &#171; normalement &#187; &#224; s'occuper de leur belle-famille, mais aux vues des carri&#232;res matrimoniales des femmes, c'est-&#224;-dire &#224; la fr&#233;quence des divorces et des remariages, c'est en quelque sorte l'horizon possible de toutes les femmes. Ces arrangements produisent la possibilit&#233; d'avoir &#171; la paix &#187; socialement parlant en vidant le mariage de tous les aspects contraignants, rien ne reste d'autre que la forme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette lumi&#232;re faite sur la sexualit&#233; et l'argent, le mariage, la polygamie nous montre qu'une ethnographie fine permet de voir autre chose que ce que l'on s'attendait &#224; y voir au premier abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l&#224; o&#249; l'on pourrait projeter dans le rapport argent-sexualit&#233; un rapport de prostitution ou de domination de l'homme sur la femme, nous avons observ&#233; des &#233;changes complexes, ou la sexualit&#233; prime sur l'argent, qui met la femme dans une position de pouvoir plus que dans une position de soumission. Il en va de m&#234;me pour les rapports dans le mariage qui d&#233;montrent que l'homme occupe dans le foyer une place qui peut sembler d&#233;risoire quand on la compare &#224; l'exigence et &#224; l'impact des rapports f&#233;minins en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la polygamie, tant d&#233;cri&#233;e dans nos contr&#233;es, elle devient ici un moyen de l&#233;gitimation et d'&#233;mancipation pour la femme qui d&#233;sire se concentrer sur autre chose que sur la vie du foyer.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pourquoi &#233;prouvons-nous des scrupules &#224; nous d&#233;hancher, &#224; faire fr&#233;mir nos reins, &#224; marcher en nous dandinant, en rel&#226;chant notre bassin, en &#233;cartant naturellement nos membres ? [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les femmes du golfe de Guin&#233;e se battaient pour am&#233;liorer leurs conditions de vie mat&#233;rielle, nos interminables paroles sur les hommes nous enferraient dans des valeurs &#233;trang&#232;res. Ces femmes de Lom&#233; ou de Cotonou pouvaient acheter un homme si elles le voulaient, pr&#234;ter de l'argent &#224; leurs &#201;tats quand ils en avaient besoin, occuper les avenues hupp&#233;es des grandes capitales, investir dans les SICAV et les places boursi&#232;res. Pendant ce temps, nous, nous essayions de convaincre l'homme que nous avions compris le pourquoi du comment de l'id&#233;ologie des autres. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayez de dissuader les femmes de Dantokpa ou du Grand March&#233; de Lom&#233; de rester &#224; la maison parce qu'elles travaillent trop ! Elles vous enverraient pa&#238;tre ailleurs. Elles travaillent gagnent de l'argent et parfois plus de libert&#233; que les hommes et vous voulez leur parler d'&#233;galit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont sup&#233;rieures pardi ! &#187; (Bugul ; 1990 : 185-187)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'un c&#244;t&#233; une situation sur papier (l'homme est le chef de famille, une femme doit se marier pour &#234;tre respectable) et il y a ce qui est v&#233;cu et le champ de possibles qu'une communaut&#233; imagine, permet, pour le vivre en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous apprennent les femmes wolofs est que l'existence et de surcro&#238;t l'existence comme communaut&#233; est une chose qui s'arrache, qui se n&#233;gocie ou qui s'accepte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce que dans cette soci&#233;t&#233; que nous venons de d&#233;crire, il y a un rapport d'interd&#233;pendance totale c'est-&#224;-dire intrins&#232;que et extrins&#232;que, en ce qui concerne le genre, qu'il y a puissance, qu'il y a rapport de force. : les hommes d&#233;pendent des hommes, les hommes d&#233;pendent des femmes, les femmes d&#233;pendent des femmes, les femmes d&#233;pendent des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que &#231;a veut dire ici d&#233;pendre ? &#199;a veut dire avoir un code commun, une mani&#232;re de faire et d'&#234;tre ensemble qui comporte en elle-m&#234;me tout un syst&#232;me de valeurs, de hi&#233;rarchie, de reconnaissance, une &#233;thique, des rapports de pouvoirs qui lui sont propres. Les femmes ne d&#233;pendent pas des autres femmes de la m&#234;me mani&#232;re dont elles d&#233;pendent des hommes, mais tous ces rapports s'influencent et interf&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le dire autrement, la force des femmes wolofs vient d'une mani&#232;re de s'affranchir ou de r&#233;sister qui a consist&#233; non pas &#224; remettre en question les cadres donn&#233;s, mais &#224; faire communaut&#233; &#224; l'int&#233;rieur de ces cadres pour en tirer parti. Et faire communaut&#233; ici, ce n'est pas simplement &#234;tre solidaire ou s'&#233;pauler, c'est, comme on l'a dit, faire vivre une &#233;chelle de valeur qui nous soit propre qui soit suffisamment complexe, g&#233;n&#233;reuse, intransigeante et forte pour que l'on puisse s'y rapporter, s'y accrocher, cro&#238;tre et d&#233;cro&#238;tre &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, &#224; ces diff&#233;rentes &#233;chelles de valeurs genr&#233;es (femme-femme, femme-homme, homme-femme, homme-homme) s'ajoutent d'autres &#233;chelles de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en termes d'obligations sociales, le genre est une donn&#233;e parmi d'autres et n'est pas LA donn&#233;e centrale : il faut se demander aussi quelle est la place dans la soci&#233;t&#233; (plus ou moins riche, respectable ?), dans le foyer (quel r&#244;le, quelle anciennet&#233; ?), quel rapport d'&#226;ge (plus jeune ou plus &#226;g&#233; ?) pour comprendre une interaction entre deux personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation qu'a une femme avec un mari se situe au milieu des relations qu'elle entretient avec sa belle-m&#232;re, avec ses &#233;ventuelles belles-s&#339;urs ou co&#233;pouses - donn&#233;e qui diff&#232;re en fonction du temps qu'elle a pass&#233; dans le foyer - mais aussi de celles qu'elle entretient avec ses beaux-fr&#232;res, qui seront soumises aux crit&#232;res d'&#226;ge. Cette diversit&#233; des postures l&#233;gitimes que l'on peut endosser dans une relation en fonction des diff&#233;rents facteurs qui entrent en compte est aussi valable &#224; l'ext&#233;rieur du foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet entrem&#234;lement et cette complexit&#233; permettent de ne pas avoir &#171; tous ses &#339;ufs dans le m&#234;me panier &#187; . On ne n&#233;gocie pas sa situation matrimoniale et familiale seulement avec un mari, mais avec tous les habitants de sa maison, et en particulier, lorsqu'on est une femme, avec les femmes de sa maison. Elles permettent aussi aux relations homme-femme de ne pas se cantonner aux questions de s&#233;duction et de sexualit&#233;, faisant de la relation mari-femme une relation parmi d'autres qui ne caract&#233;rise pas et n'&#233;puise pas toutes les relations homme-femme. Le prisme du genre, s'il faut en prendre un, n'est pas op&#233;rant en tant que tel, on ne peut comprendre les relations homme-femme qu'en ayant une vision globale du tissu de liens entourant chaque personne, &#224; fortiori dans le foyer. Ainsi une femme est-elle toujours &#224; la fois la femme d'un homme, mais aussi la s&#339;ur d'un autre. Dans la maison de son mari elle doit ob&#233;ir, dans celle de son fr&#232;re elle est ob&#233;ie. De la m&#234;me mani&#232;re dans sa vie la femme sera bru, mais aussi belle-m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement : les femmes ont gard&#233; des domaines exclusifs. Si vous demandez &#224; un homme d'organiser une c&#233;r&#233;monie de mariage au S&#233;n&#233;gal, il sera confondu et vous renverra vers sa femme. Pas parce qu'il a la flemme, mais parce qu'il ne l'a jamais fait et est incapable de le faire, la femme &#233;tant en charge de la perp&#233;tuation de la soci&#233;t&#233; wolof et de ses cycles de vie, c'est elle qui est en charge et elle qui sait. Il y a plusieurs champs de connaissances qui en tant que savoir appartiennent exclusivement aux femmes qui destinent et d&#233;terminent les hommes, mais dont les hommes ignorent tout : l'organisation du foyer sous toutes ses formes ( l'&#233;pouse est une aiguille &lt;i&gt;(puso)&lt;/i&gt; nous dit une chanson wolof, elle tisse des liens entre les gens dans la famille et fait tenir ensemble la maison), les c&#233;r&#233;monies de la vie familiale (mariages, bapt&#234;mes, fun&#233;railles) - qui ponctuent la vie des individus les faisant passer d'un &#226;ge &#224; l'autre et qui r&#233;affirment les liens familiaux et surtout d'affinit&#233; au cours des &#233;changes de prestations - et donc en g&#233;n&#233;ral la reproduction sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, et pour ces raisons que nous venons d'&#233;voquer, les femmes ne tendent pas &#224; l'&#233;mancipation ni &#224; l'&#233;galit&#233; ni &#224; la jouissance, elles tendent &#224; la puissance et c'est cette aspiration aussi, en tant que telle, qui les rends inexplosables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme puissante et reconnue sera d'ailleurs celle qui aura d&#233;velopp&#233; l'intelligence relationnelle n&#233;cessaire pour n&#233;gocier son bonheur et celui de son entourage aupr&#232;s de cet entourage m&#234;me, pour r&#233;ussir &#224; faire fonctionner cette horlogerie minutieuse que sont les rapports humains. Et cette femme est puissante, pr&#233;cis&#233;ment, de ce qui l'entoure et de ce qui la d&#233;passe, est puissante en tant que partie tout &#224; coup saillante de l'iceberg des coups d'&#233;clat et des victoires quotidiennes. C'est, aussi, une posture dans le monde : comment d&#233;sirer l'&#233;galit&#233; quand on se sent sup&#233;rieure demande Ken Bugul ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne nous lancerons pas ici dans un parall&#232;le qui serait forc&#233;ment tronqu&#233;, partiel, parachut&#233; entre la femme wolof et la femme occidentale et qu'ose Ken Bugul. Mais ce dont il faudrait &#224; notre sens convenir, c'est que le f&#233;minisme occidental actuel gagnerait &#224; sortir de ses prismes. Les questions pourtant essentielles de justice, d'identit&#233;, d'&#233;galit&#233;, d'oppression, qui polarisent l'int&#233;gralit&#233; du d&#233;bat actuel, si elles sont essentielles, sont prises d'une telle mani&#232;re qu'elles ne permettent comme issue que la prise de conscience, la d&#233;nonciation, la solidarit&#233;. Rien qui ne permette de se saisir d'un destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;nergie que la femme occidentale consacre &#224; la refondation et &#224; la red&#233;finition des cadres soci&#233;taux et des concepts r&#233;publicains, elle ne l'a plus pour son quotidien. Cette tendance dangereuse &#224; se faire l'arbitre de toutes les situations, &#224; lutter contre des maux absolus l'accable et la dessaisit de sa r&#233;alit&#233; et de ses int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous tirons alors ici une grande le&#231;on de l'observation des femmes wolofs, c'est qu'il est diff&#233;rents niveaux d'actions possibles, que nous r&#233;sumerons ici grossi&#232;rement en un niveau absolu, grav&#233;, l&#233;gislatif et un niveau quotidien, mouvant, officieux et que ce second niveau, sur lequel elles se sont concentr&#233;es et dans lequel elles excellent est un niveau qui donne prise dans la victoire comme dans l'&#233;chec et qu'il est essentiel d'investir pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Delcy Ball&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Abu-Lughod, Lila. (2002). Do Muslim Women Really Need Saving ? Anthropological Reflections on Cultural Relativism and Its Others. &lt;i&gt;American Anthropologist, 104&lt;/i&gt;(3), 783-790.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine, Philippe, &amp; Moukala, Jeanne. (1995). &lt;i&gt;Peut-on &#233;chapper &#224; la polygamie &#224; Dakar ? &lt;/i&gt;Paris : Les cahiers du CEPED 32&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ba Gning, Sadio, &amp; Antoine, Philippe. (2015). Polygamie et personnes &#226;g&#233;es au S&#233;n&#233;gal. [Polygamy and the Elderly in Senegal]. &lt;i&gt;Mondes en d&#233;veloppement, 171&lt;/i&gt;(3), 31-50.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Broqua, Christophe, &amp; Doquet, Anne. (2013). Penser les masculinit&#233;s en Afrique et au-del&#224;. [Considering Masculinity in Africa and Beyond]. &lt;i&gt;Cahiers d'&#233;tudes africaines, 209 - 210&lt;/i&gt;(1), 9-41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dessertine, Anna. (2016). &lt;i&gt;Pr&#233;sences imminentes. Mobilit&#233;s et production des espaces dans un village malink&#233; de Guin&#233;e. &lt;/i&gt;Paris Ouest Nanterre La D&#233;fense, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dial, Fatou Binetou. (2008). &lt;i&gt;Mariage et divorce &#224; Dakar, Itin&#233;raires f&#233;minins&lt;/i&gt;. Paris : Karthala-Crepos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diop, Abdoulaye-Bara. (1985). &lt;i&gt;La Famille Wolof tradition et changement&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fainzang, Sylvie, &amp; Journet, Odile. (1988). &lt;i&gt;La femme de mon mari : anthropologie du mariage polygamique en Afrique et en France&lt;/i&gt;. Paris : L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foucquet, Thomas. (2014). La clandestinit&#233; comme strat&#233;gie. Sur la &#8216;sexualit&#233; transactionnelle' &#224; Dakar. In C. Broqua et C. Deschamps (Ed.), &lt;i&gt;L'&#233;change &#233;conomico sexuel &lt;/i&gt;(pp. 125-151). Paris : &#233;ditions de l'EHESS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goody, Jack, &amp; Fortes, Meyer. (1973). &lt;i&gt;The Character of kinship&lt;/i&gt;. Cambridge [Eng.] : University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kane, Coumba. (2018). Au S&#233;n&#233;gal, la polygamie ne rebute plus les femmes instruites. La pratique, combattue autrefois par les f&#233;ministes, attire une nouvelle g&#233;n&#233;ration de femmes. Par choix, mais aussi du fait de la pression sociale. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ken Bugul. (1999). &lt;i&gt;Riwan ou le chemin de sable.&lt;/i&gt; Pr&#233;sence Africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lemarchant, Clotilde. (1999). &lt;i&gt;Belles-filles : Avec les beaux-parents, trouver la bonne distance&lt;/i&gt;. Rennes : Presses universitaires de Rennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meillassoux, Claude. (1994). La conqu&#234;te de l'a&#238;nesse. In Attias-Donfut C. &amp; Leopold Rosenmayr (Eds.), &lt;i&gt;Vieillir en Afrique&lt;/i&gt;. Paris : PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moya, Isma&#235;l. (2017a). &#171; Perles de hanches et fum&#233;es d'encens &#187;. &lt;i&gt;Terrain, 67.&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moya, Isma&#235;l. (2017b). &lt;i&gt;De l'argent aux valeurs. Femmes, &#233;conomie et soci&#233;t&#233; &#224; Dakar. &lt;/i&gt;Paris : Soci&#233;t&#233; d'ethnologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Strathern, Marilyn. (1987). An Awkward Relationship : The Case of Feminism and Anthropology. &lt;i&gt;Signs, 12&lt;/i&gt;(2), 276-292.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'article de Marylin Strathern qui d&#233;taille les difficult&#233;s du &#171; mariage &#187; entre anthropologie et f&#233;minisme explicite parfaitement les points forts et faibles de la recherche f&#233;ministe dans un article qui est toujours &#233;tonnement actuel : Strathern, M. (1987). An Awkward Relationship : The Case of Feminism and Anthropology. &lt;i&gt;Signs,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;12&lt;/i&gt;(2), 276-292&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Abu-Lughod, Lila. (2002). Do Muslim Women Really Need Saving ? Anthropological Reflections on Cultural Relativism and Its Others. &lt;i&gt;American Anthropologist, 104&lt;/i&gt;(3), 783-790.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ken Bugul est une &#233;crivaine s&#233;n&#233;galaise qui relate dans son &#339;uvre son exp&#233;rience qui porte une dimension tr&#232;s anthropologique. Ken Bugul a pass&#233; dix ans de sa vie en Europe avant de retourner au S&#233;n&#233;gal vers ses 35 ans. Dans ses &#233;crits elle questionne sa place dans ces deux mondes. Son livre &lt;i&gt;Riwan ou le chemin de sable&lt;/i&gt; est consacr&#233; &#224; sa relation avec un marabout dont elle devient 28e &#233;pouse, elle y expose sa vision des mariages polygames apr&#232;s ses multiples d&#233;ceptions amoureuses en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Se traduit habituellement par &#171; draguer &#187; ou &#171; faire la cour &#224; &#187;, mais mentionne aussi ici cette pratique intraduisible des &#233;tudiantes qui consiste &#224; collectionner les pr&#233;tendants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour mieux comprendre les modalit&#233;s de la circulation de l'argent au S&#233;n&#233;gal : Moya, Isma&#235;l. (2017b). &lt;i&gt;De l'argent aux valeurs. Femmes, &#233;conomie et soci&#233;t&#233; &#224; Dakar. &lt;/i&gt;Paris : Soci&#233;t&#233; d'ethnologie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce sujet l'article de St&#233;phane Vibert montre les travers de cette anthropologie &#171; potestative &#187; : Vibert, S. 2017. Sortir de l'anthropologie potestative. In Autorit&#233; et Pouvoir en perspective comparative. Paris : Presses de l'Inalco&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette exclamation fait r&#233;f&#233;rence &#224; un dicton : jaay fonde amul pertement, boo ci amul benefice, amna ci wang (vendre de la bouillie de mil c'est sans perte, s'il n'y a pas de b&#233;n&#233;fice il y a les grosses fesses [car la bouillie de mil fait prendre du poids et notamment des hanches et des fesses, atour de beaut&#233; au S&#233;n&#233;gal].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lemarchant C.. &lt;i&gt;Belles-filles : Avec les beaux-parents, trouver la bonne distance.&lt;/i&gt; Nouvelle &#233;dition [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1999 &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Se dit d'une union entre un homme et plusieurs femmes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La paup&#233;risation, l'urbanisation, l'occidentalisation, l'individualisation, la scolarisation et la f&#233;minisation du travail, etc., sont autant de facteurs qui auraient pu conduire &#224; une att&#233;nuation progressive de la polygamie [&#8230;]. Pendant de nombreuses ann&#233;es, la polygamie est rest&#233;e &#224; un niveau &#233;lev&#233; au S&#233;n&#233;gal, mais depuis une quinzaine d'ann&#233;es, les indicateurs issus des enqu&#234;tes d&#233;mographiques et de sant&#233; (EDS) s'infl&#233;chissent &#224; la baisse. Jusqu'au milieu des ann&#233;es 1990, pr&#232;s d'une femme mari&#233;e sur deux &#233;tait dans une union polygame, alors que, en 2011, elles ne sont plus qu'un tiers dans cette situation (34,7 %) La baisse touche aussi bien le milieu rural que les villes (Mondain et al, 2004). Parmi les femmes ayant suivi des &#233;tudes secondaires et plus, une sur cinq est en union polygame en 2011, alors que chez les femmes non scolaris&#233;es 40 % sont dans cette situation. [...] La proportion de polygames dans le groupe des hommes mari&#233;s est pass&#233;e de 37,6 % en 1992 &#224; 17,2 % en 2011. Cette diminution est flagrante en milieu urbain o&#249; la proportion passe de 30 % &#224; 10 % &#187;. (Antoine &amp; Moukala, 1995 : 6).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est int&#233;ressant de lire par exemple les commentaires de l'article de Kane dans Le Monde (Kane, 2018) pour se rendre compte de l'indignation que suscite la polygamie chez les lecteurs fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le capitalisme a ses limites</title>
		<link>https://trounoir.org/Le-capitalisme-a-ses-limites</link>
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		<dc:date>2020-03-28T19:25:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Judith Butler</dc:subject>
		<dc:subject>Soin</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Judith Butler </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Judith Butler discute de la pand&#233;mie de COVID-19 et de ses effets politiques et sociaux croissants en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://trounoir.org/+-Capitalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Judith-Butler-+" rel="tag"&gt;Judith Butler&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Soin-+" rel="tag"&gt;Soin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Coronavirus-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://trounoir.org/+-Judith-Butler-161-+" rel="tag"&gt;Judith Butler &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://trounoir.org/IMG/logo/arton34.jpg?1731403047' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La catastrophe est plan&#233;taire. La pand&#233;mie mondiale. L'&#233;conomie se d&#233;sagr&#232;ge. L'anthropoc&#232;ne une v&#233;rit&#233; incontestable. Alors que le paradigme de notre temps ne peut d&#233;sormais que se penser &#224; l'&#233;chelle du monde, Judith Butler aborde la question de l'&#233;pid&#233;mie du Covid-19 et du syst&#232;me de sant&#233; am&#233;ricain pour mettre en lumi&#232;re les in&#233;galit&#233;s sociales et l'invisibilisation des subalternes. Elle y r&#233;pond avec le concept d'&#233;galit&#233; radicale qu'elle d&#233;veloppe dans son dernier livre The Force of Nonviolence et qui appelle &#224; imaginer une fa&#231;on enti&#232;rement nouvelle pour les humains de vivre ensemble dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.versobooks.com/blogs?post_author=38137&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.versobooks.com/blogs?post_author=38137&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
19 mars 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;ratif de confinement co&#239;ncide avec une nouvelle prise de conscience de notre interd&#233;pendance mondiale pendant ce nouvel espace-temps ouvert par la pand&#233;mie. D'une part, on nous demande de nous s&#233;questrer nous-m&#234;mes dans des unit&#233;s familiales, des logements partag&#233;s ou des domiciles individuels, priv&#233;s de contact social et rel&#233;gu&#233;s dans des sph&#232;res d'isolement relatif ; d'autre part, nous sommes confront&#233;s &#224; un virus qui traverse rapidement les fronti&#232;res, inconscient de l'id&#233;e m&#234;me de territoire national.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tout le monde n'a pas de foyer ou de &#171; famille &#187; et un nombre croissant de la population aux &#201;tats-Unis est sans abri ou en errance.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Le foyer &#187; est donc consid&#233;r&#233; comme un espace de protection, mais ce n'est gu&#232;re vrai pour beaucoup de gens. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux &#201;tats-Unis, une strat&#233;gie nationale est formul&#233;e, r&#233;voqu&#233;e et appara&#238;t donc sous forme de politiques publiques confuses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et la question de savoir qui vivra et qui mourra appara&#238;t &#224; notre pr&#233;sident comme un probl&#232;me de rentabilit&#233; que les march&#233;s d&#233;cideront. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces conditions, comment se poser la question des cons&#233;quences de cette pand&#233;mie pour penser l'&#233;galit&#233;, l'interd&#233;pendance mondiale et nos obligations les uns envers les autres ? Le virus ne fait pas de discrimination. &lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait dire qu'il nous traite de mani&#232;re &#233;gale, nous expose de mani&#232;re &#233;gale au risque de tomber malade, de perdre quelqu'un de proche, de vivre dans un monde de menace imminente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par la fa&#231;on qu'il a de se d&#233;placer et de porter ses coups, le virus d&#233;montre que la communaut&#233; humaine est dans une &#233;gale vuln&#233;rabilit&#233;. Dans le m&#234;me temps, cependant, l'&#233;chec de certaines r&#233;gions ou de certains &#201;tats &#224; anticiper (les &#201;tats-Unis sont peut-&#234;tre maintenant le membre le plus notoire de ce club), le renforcement des politiques nationales et la fermeture des fronti&#232;res (souvent accompagn&#233;es d'une panique x&#233;nophobe), et l'arriv&#233;e d'entrepreneurs d&#233;sireux de capitaliser sur la souffrance mondiale, t&#233;moignent tous de la rapidit&#233; avec laquelle une extr&#234;me in&#233;galit&#233;, qui comprend le nationalisme et l'exploitation capitaliste trouve des moyens de reproduire et de renforcer leurs pouvoirs dans les zones pand&#233;miques. Cela ne devrait pas surprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des soins de sant&#233; aux &#201;tats-Unis en est un reflet particuli&#232;rement exemplaire. Un sc&#233;nario que nous pouvons d&#233;j&#224; imaginer est la production et la commercialisation d'un vaccin efficace contre le COVID-19. &lt;br class='autobr' /&gt;
Clairement d&#233;sireux de marquer des points politiques pour assurer sa r&#233;&#233;lection, Trump a d&#233;j&#224; cherch&#233; &#224; acheter (en esp&#232;ces), en exclusivit&#233; am&#233;ricaine, les droits sur un vaccin &#224; une soci&#233;t&#233; allemande, CureVac, financ&#233;e par le gouvernement allemand. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le ministre allemand de la Sant&#233;, qui n'a pas d&#251; en &#234;tre ravi, a confirm&#233; &#224; la presse allemande que l'offre avait &#233;t&#233; faite. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un homme politique allemand, Karl Lauterbach, a d&#233;clar&#233; : &#034;La vente exclusive d'un &#233;ventuel vaccin aux &#201;tats-Unis doit &#234;tre emp&#234;ch&#233;e par tous les moyens. Le capitalisme a des limites.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pr&#233;sume qu'il s'est oppos&#233; &#224; l'&#233;tablissement d'un &#171; usage exclusif &#187; et qu'il n'aurait pas &#233;t&#233; plus satisfait de cette m&#234;me disposition si elle ne s'&#233;tait appliqu&#233;e qu'aux Allemands. Esp&#233;rons-le, car nous pouvons d'ores et d&#233;j&#224; imaginer un monde dans lequel la vie europ&#233;enne est valoris&#233;e au-dessus de celle des autres - nous voyons cette valorisation se jouer violemment aux fronti&#232;res de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas de sens de se demander &#224; nouveau, &#224; quoi pensait Trump ? La question a &#233;t&#233; pos&#233;e tellement de fois dans un &#233;tat d'exasp&#233;ration totale que nous ne pouvons plus &#234;tre surpris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela ne signifie pas que notre indignation diminue avec chaque nouvel exemple d'absence d'&#233;thique ou d'auto-valorisation infamante. S'il avait &#233;t&#233; victorieux dans son effort d'acheter l'hypoth&#233;tique vaccin et d'en restreindre son utilisation aux seuls citoyens am&#233;ricains, penserait-il que les citoyens am&#233;ricains auraient applaudi ses efforts, ravis &#224; l'id&#233;e d'&#234;tre d&#233;livr&#233;s d'une menace mortelle alors que les autres peuples ne le seraient pas ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Vont-ils adorer ce genre extr&#234;me d'in&#233;galit&#233; sociale, l'exceptionnalisme am&#233;ricain, et de s'auto-proclamer &#171; brillant &#187; de la m&#234;me mani&#232;re que l'on conclut un march&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Imagine-t-il que la plupart des gens pensent que le march&#233; devrait d&#233;cider de comment le vaccin est d&#233;velopp&#233; et distribu&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-il seulement m&#234;me envisageable dans son monde d'insister sur un probl&#232;me de sant&#233; mondial qui devrait, en ce moment, transcender la rationalit&#233; du march&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
A-t-il raison de pr&#233;sumer que nous vivons aussi dans les param&#232;tres d'un monde imaginaire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si de telles restrictions sur la base de la citoyennet&#233; nationale ne s'appliquent pas, nous verrons s&#251;rement les riches et les assur&#233;s se pr&#233;cipiter pour se garantir l'acc&#232;s &#224; un tel vaccin lorsqu'il sera disponible, m&#234;me si le mode de distribution garantit que seuls certains y auront acc&#232;s et que d'autres seront abandonn&#233;s &#224; leur pr&#233;carit&#233; qui ne fera que s'intensifier. Les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques et sociales garantiront au virus un r&#244;le discriminant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le virus seul ne fait pas de discrimination, mais nous, les humains, le faisons certainement, anim&#233;s et form&#233;s que nous sommes par les pouvoirs imbriqu&#233;s du nationalisme, du racisme, de la x&#233;nophobie et du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il semble probable que nous vivrons au cours de l'ann&#233;e &#224; venir un douloureux sc&#233;nario dans lequel certaines cr&#233;atures humaines revendiqueront leur droit de vivre au d&#233;triment de celui des autres, en r&#233;inscrivant la fausse distinction entre des vies sacr&#233;es et des vies sacrifiables, c'est-&#224;-dire celles qui devraient &#234;tre prot&#233;g&#233;es contre la mort &#224; tout prix et celles dont la vie est consid&#233;r&#233;e comme ne m&#233;ritant pas d'&#234;tre prot&#233;g&#233;e contre la maladie et la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a ayant lieu dans le contexte de la course &#224; la pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine dans laquelle les chances de Bernie Sanders d'obtenir la nomination d&#233;mocrate semblent d&#233;sormais tr&#232;s &#233;loign&#233;es, mais pas statistiquement impossibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nouvelles projections qui font de Biden le leader incontest&#233; sont d&#233;vastatrices par les temps qui courent pr&#233;cis&#233;ment parce que Sanders et Warren repr&#233;sentaient Medicare for All, un programme de sant&#233; publique complet qui garantirait des soins de sant&#233; de base pour tous dans le pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un tel programme mettrait un terme aux compagnies d'assurance priv&#233;es ax&#233;es sur le march&#233; qui abandonnent r&#233;guli&#232;rement les malades, imposent des menues d&#233;penses qui deviennent litt&#233;ralement impayables et perp&#233;tuent une hi&#233;rarchie brutale entre les assur&#233;s, les non-assur&#233;s et les non assurables.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'approche socialiste de Sanders en mati&#232;re de soins de sant&#233; pourrait &#234;tre plus justement d&#233;crite comme une perspective sociale-d&#233;mocrate qui ne diff&#232;re pas substantiellement de ce qu'Elizabeth Warren a pr&#233;sent&#233; dans les premi&#232;res &#233;tapes de sa campagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce sens, la couverture m&#233;dicale est un &#171; droit humain &#187; signifiant que chaque &#234;tre humain a droit aux soins de sant&#233; dont il a besoin. Mais pourquoi ne pas le comprendre comme une obligation sociale, qui d&#233;coule de la vie en soci&#233;t&#233; les uns avec les autres ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour obtenir un consensus populaire sur une telle notion, Sanders et Warren devraient convaincre le peuple am&#233;ricain que nous voulons vivre dans un monde dans lequel aucun d'entre nous ne refuse de soins de sant&#233; &#224; aucun autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d'autres termes, nous devrions accepter un monde social et &#233;conomique dans lequel il est radicalement inacceptable que certains aient acc&#232;s &#224; un vaccin qui peut leur sauver la vie alors que d'autres s'en verraient refuser l'acc&#232;s au motif qu'ils ne peuvent pas payer ou dont l'assurance ne couvrirait pas les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des raisons pour lesquelles j'ai vot&#233; pour Sanders lors de la primaire californienne avec une majorit&#233; de d&#233;mocrates inscrits est qu'il a, avec Warren, ouvert un moyen de r&#233;imaginer notre monde comme s'il &#233;tait ordonn&#233; par un d&#233;sir collectif d'&#233;galit&#233; radicale, un monde dans lequel nous nous sommes li&#233;s pour pers&#233;v&#233;rer sur le fait que ce qui est n&#233;cessaire pour vivre, y compris les soins m&#233;dicaux, serait disponible &#224; &#233;galit&#233;, peu importe qui nous sommes ou si nous en avons les moyens financiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette politique aurait pu &#233;tablir une solidarit&#233; avec d'autres pays qui se sont engag&#233;s &#224; offrir des soins de sant&#233; universels, et aurait pu ainsi &#233;tablir une politique transnationale des soins de sant&#233; r&#233;solue &#224; r&#233;aliser un id&#233;al d'&#233;galit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nouveaux sondages font &#233;merger un choix national restreint entre Trump et Biden pr&#233;cis&#233;ment alors que la pand&#233;mie a mis &#224; l'arr&#234;t la vie quotidienne, intensifiant la pr&#233;carit&#233; des sans-abri, des non-assur&#233;s et des pauvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e que nous pourrions devenir un peuple qui souhaite voir un monde dans lequel la politique de sant&#233; est accessible &#224; toutes les vies de mani&#232;re &#233;gale, d&#233;mantelant l'emprise du march&#233; sur les soins de sant&#233; qui distingue entre ceux qui en sont dignes et ceux qui peuvent &#234;tre facilement abandonn&#233;s &#224; la maladie et &#224; la mort, fut bri&#232;vement une id&#233;e vivante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous en sommes venus &#224; nous percevoir diff&#233;remment quand Sanders et Warren ont propos&#233; cette autre possibilit&#233;. Nous avons compris que nous pourrions commencer &#224; penser et &#224; &#233;valuer en dehors des termes que le capitalisme nous impose.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si Warren n'est plus candidate et qu'il est peu probable que Sanders reprenne de l'&#233;lan, nous devons encore nous demander, particuli&#232;rement maintenant, pourquoi nous comportons-nous toujours comme un peuple oppos&#233; &#224; l'id&#233;e de traiter chaque vie avec une &#233;gale valeur ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi certains se r&#233;jouissent-ils encore &#224; l'id&#233;e que Trump chercherait &#224; obtenir un vaccin pour prot&#233;ger la vie des Am&#233;ricains (tel qu'il les d&#233;finit) avant tous les autres ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La proposition de sant&#233; universelle et publique a relanc&#233; un imaginaire socialiste aux &#201;tats-Unis, qui doit maintenant attendre pour se r&#233;aliser sous la forme d'une politique sociale et d'un engagement public dans ce pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement, en ce temps de pand&#233;mie, aucun de nous ne peut attendre. Cet id&#233;al doit maintenant &#234;tre maintenu en vie dans les mouvements sociaux qui sont moins riv&#233;s sur la campagne pr&#233;sidentielle que sur la lutte &#224; long terme qui nous attend. Ces visions courageuses et compatissantes, moqu&#233;es et rejet&#233;es par &#034;le r&#233;alisme&#034; des capitalistes, avaient suffisamment de temps d'antenne, suffisamment d'attention pour laisser un nombre croissant - certains pour la premi&#232;re fois - d&#233;sirer un monde transform&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que nous pourrons garder ce d&#233;sir vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduit de l'anglais par Tati-gabrielle&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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